dimanche 23 octobre 2016

Au LUFF 2016 : Ressentis, Jour 4

 




Curiosité propre à son époque, MÄDCHEN, DIE NACH MÜNCHEN KOMMEN (THE SWINGING CO-EDS, de son titre international) fait partie de ses pseudos-documentaires qui se basent sur des études sexologiques qui décortiquaient les moeurs des jeunes filles. Véritable genre en soi, il existe quantité de films sur le sujet dont la série la plus célèbre reste très certainement SCHULMÄDCHEN-REPORT qui comporte pas moins de 13 longs-métrages. Ces « rapports » se focalisant à chaque fois sur les activités sexuelles d’un milieu particulier : le sexe à l’école, l’amour au bureau, les galipettes au camp de ski… Les possibilités sont infinies.  D’un point de vue cinématographique, ce sont souvent des productions racoleuses dont le prétexte est uniquement de pouvoir afficher quantité de nudités à l’écran.

Situé à Münich, il s’agit là d’un nouveau rapport avec ce « Sexe aux Jeux Olympiques » qui ne présente bien entendu aucun athlète mais se focalise surtout sur un autre genre de sport avec de jeunes délurées parmi lesquelles on retrouve Christina Lindberg dans un petit rôle. Lors de la présentation du film, l’actrice suédoise a confessé n’avoir jamais vu le film jusqu’à ce jour et que ses souvenirs de tournage se résumait à la douce qualité des couchettes germaniques. Après avoir vu le résultat final, elle espère juste avoir été bien payée pour avoir joué dans cette farce érotique. Reflet d’un certain temps où les spectateurs n’avaient pas d’autres alternatives pour épancher leurs désirs voyeuristes que de regarder ce genre de « documentaires » qui ne présentent bien entendu que peu d'intérêt aujourd’hui.

Première déception dans le cadre de la sélection officielle des longs-métrages en compétition cette année, TABLOID VIVANT ne m’aura pas convaincu avec son thriller « artistique ». Si le sujet de ce peintre alternatif est intriguant, moteur d’une nouvelle forme d’expression aux conséquences potentiellement dangereuses, le traitement est particulièrement ardu à suivre car très cérébral avec toutes ses théories cherchant à transcender l’art de la peinture. Qui plus est, les personnages de cette intrigue sont antipathiques et irritants. Ce qui n’aide pas à s’immerger dans ce délire bien prise de tête. Je me suis donc retrouvé à décrocher très rapidement pour ne plus vraiment m’y intéresser. Malgré le fait qu’il y a quelques belles recherches visuelles. Comme cette idée des humains qui, progressivement, se décolorent au profit d’un art qui vampirise littéralement ses protagonistes.

C’est dans le cadre de la sélection LUFF de documentaires que j’ai découvert ce « Triptyque Résonance » qui regroupe donc trois courts petits films dont le sujet se base sur des expérimentations sonores, focalisant ses investigations sur les vibrations et réverbérations dans un milieu de friches industrielles, des champs de neige, en pleine forêt, dans les dunes ou encore sur un cargo navigant sur la Seine comme nous le propose Marie Bottois avec son SLOW-AHEAD. On y découvre ce que les structures architecturales et les éléments naturels ont à nous livrer. Parfois proche d’une installation d’art contemporain, ces œuvres sans aucun dialogue invitent à une plongée dans un univers sonore très puissant, parfois hypnotique. Curieux et totalement underground. Les habitués des concerts du LUFF seront en terrain connu et probablement aux anges tandis que les autres ne ressortiront de là qu’avec les oreilles bourdonnantes.


L’écrivain Jim Tushinski a effectué un travail colossal pour son documentaire/hommage à l’une des figures majeures de l’érotisme gay, I ALWAYS SAID YES, consacré au méconnu Wakefield Poole. Le bonhomme étant le véritable précurseur d’un genre auquel il a offert une certaine noblesse avec des œuvres comme BOYS IN THE SAND et BIJOU. Ce portrait émouvant explore son vécu bien mouvementé. Un film qui se savoure comme une véritable mine d’informations, si dingue et foisonnante qu’il faudrait peut-être plusieurs visionnages pour digérer l’accumulations d’événements qui parsèment ce parcours de vie. Complexe, parfois triste mais surtout d’une honnêteté bouleversante, les multiples vies de Wakefield Poole montrent l’incroyable versatilité de l’artiste ; excellant dans de nombreux domaines. Débutant danseur dans des ballets, avant de devenir chorégraphe à Broadway pour continuer dans la création d’œuvres expérimentales qui l’amèneront à réaliser dans le monde de la pornographie gay. Mais c’est encore loin d’être fini…  C’est aussi tout un pan de l’histoire de l’homosexualité en Amérique qui s’y affiche, révélant certains points historiques souvent méconnus. Un récit souvent surprenant et richement documenté où l’homme se positionne en véritable survivant d’une époque révolue qui n’a pas fini de fasciner. Un documentaire remarquable, tout bonnement indispensable !

















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