jeudi 20 octobre 2016

Au LUFF 2016 : Ressentis, Jour 2


En situant la majorité de son programme de films à la Cinémathèque suisse, le LUFF a repris les bonnes habitudes de l’établissement en ce qui concerne l’horaire de ses séances. Ce n’est pas bien  compliqué à retenir : 16h30, 18h30, 20h30, 22h30. Et c’est ainsi pour chaque nouvelle journée. Quatre possibilités pour autant d’alternatives cinématographiques : allant des longs ou courts-métrages, les diverses thématiques de rétrospectives et documentaires. L’embarras du choix. Les lieux tournent tous autour du Casino de Montbenon mais cette année il y a aussi la belle salle du Bellevaux, située sur les hauts de Lausanne. Cela demande un petit effort physique supplémentaire, puisqu’il faut se taper une petite dizaine de minutes de transport en bus. Mais ça vaut le coup. Spécialement quand c’est pour découvrir le premier long-métrage de la Compétition, THE EYES OF MY MOTHER.



Le choc. Première véritable découverte de cette cuvée LUFF 2016, le film de Nicolas Pesce est un chef-d’œuvre. Du genre qui vous bouscule et vous bouleverse. C’est un film d’horreur en noir et blanc. Filmé au plus profond de la campagne américaine avec un minimum de personnages et de dialogues. Le genre d’histoire qu’il faut se garder de raconter pour ne pas déflorer la merveille avant que vous n’ayez la chance de la découvrir par vous-même. Le plaisir en sera ainsi beaucoup plus intense. Le long-métrage fut déjà présenté au Festival de Sundance. C’est une œuvre auquel le public de cette manifestation culturelle n’est pas souvent confronté. L’impact n’en fut que plus grand. Et ce ne sera pas du goût de tout le monde. C’est aussi la découverte d’une nouvelle comédienne portugaise, Kika Magalhaes. Elle est y fabuleuse ! C’est difficile pour moi d’en parler davantage, mais sachez qu’il y a peu de chances que vous le regretteriez. C’est incroyable. C’est mémorable ! Beau et terrible en même temps. On en ressort la gorge noyée. C’est bête car après ça, on ne pourrait que se dire que tout le reste à découvrir nous semblera plus fade. Qu’on a déjà vu le meilleur !  C’est peut-être déjà le grand gagnant du Festival. En tout cas, ça commence très très fort !

Le LUFF a donné une « carte blanche » à Marc Caro. Deux films au choix. J’ai pris le Werner Herzog. LES NAINS AUSSI ONT COMMENCE PETITS.  Parce qu’un Herzog sur grand écran, c’est toujours grandiose. Spécialement quand le long-métrage n’est habité que par des nains. Placé bien en avant sur mon siège situé sur un des premiers rangs de la salle Padarewski pour regarder le film, ces « petites personnes» m’ont l’air de géants. La journée de découvertes cinématographiques continue en noir/blanc.  La puissance des images est insolite et destabilisante. Les nains rigolent et font des choses complètement folles en signe de rébellion. C’est fascinant et inconfortable. Même si le public rigole par intermittences, on ressent un certain malaise. C’est là que réside toute la force de ce chaotique spectacle ! Puissant et inoubliable !



Tourné dans la chaleur de Melbourne, CAT SICK BLUES est un slasher australien. Avec un humain à tête de chats. Vêtu d’un pullover rouge, de gants en forme de pattes aux griffes acérées et d’un masque de félin aux yeux trop mignons. C’est un homme déprimé qui se mue en serial-killer depuis qu’il a perdu son petit animal de compagnie.  Tuant 9 jeunes femmes et récoltant des hectolitres de sang pour une possible résurrection de la bête adorée. Oui, c’est trash ! Puéril, aussi. Si bien que le public rigole au début pour finir par ne plus en rire quand le spectacle sanguinolent devient carrément misogyne. Le tueur se rajoutant une bite de chat géante entre les jambes, pour complèter sa métamorphose. Je vous laisse imaginer. C’est à ce moment-là qu’un certain nombre de spectateurs désertent la salle, tout en balançant de petits commentaires acides à l’encontre du long-métrage. Vous aimez les minets et les vidéos à la mode « lol-cat » ? La surprise risque d’être brutale. Deuxième film de la Compétition officielle du LUFF 2016, cette comédie gore bien décalée et pas forcément très plaisante aura fait son petit effet. C’est plutôt chouette ! Miaou !




Bientôt 22h30. C’est l’heure de la dernière projection qui va clôturer cette deuxième journée de cinéma « underground ». Après Marc Caro, voici une seconde « carte blanche ». Accordé à Michel Froidevaux, créateur de la Fondation Internationale d’Arts et Littératures Erotiques (F.I.N.A.L.E.). Pour fêter ses 20 ans d’existence, il exhume une perle rare en copie 35mm.  Il s’agit d’un film français méconnu datant de 1975, LA FILLE DU GARDE-BARRIERE concocté par Jérôme Savary et Roland Topor et vendu comme « le premier burlesque érotique ». C’est un film épatant, en noir/blanc, tourné à la manière d’un film muet dans lequel le sexe ne serait pas interdit. Et c’est un véritable bonheur esthétique, d’une richesse visuelle affolante où chaque séquence regorge d’idées et d’humour. Soutenu par une musique comme à la grande époque, c’est un spectacle vraiment étonnant et assez unique qui, à l’époque, n’a pas trouvé son public et fut rapidement plongé dans l’oubli. Le métrage n’ayant, à ce jour, jamais été édité sur aucun support disponible, il s’agit d’une œuvre qui reste désespérément invisible. Ce qui est particulièrement dommage vu qu’il s’agit d’une véritable merveille ! C’est donc une opportunité assez incroyable qu’offre le festival de le découvrir sur grand écran et on ne saurait trop remercier la Fondation F.I.N.A.L.E. d’avoir exhumé ce trésor du cinéma français ! 




Les bandes annonces et un extrait :








2 commentaires:

  1. Déjà rien que l'affiche de The eyes of my mother est sublime, ça fait envie. Haha, tu as donc vu le Herzog ! Etrange expérience hein ? Déstabilisant est bien le mot. Surtout que si je me souviens bien le film n'a pas vraiment de sens, quand il se termine, on se demande vraiment s'il en a un. :D

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  2. Je crois que je pourrais aisément placer THE EYES OF MY MOTHER parmi mes films préférés découverts au cinéma en 2016. Je pense que c'est la plus belle découverte que j'ai faite au LUFF cette année.

    Oui, le Herzog est un film curieux. Une vraie expérience qui prend toute sa mesure sur grand écran. Sacré moment de cinéma!

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Au revoir...

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