lundi 30 septembre 2013

DECOMPTE DU MOIS : SEPTEMBRE



Films en DVD : A GUN FOR JENNIFER de Todd Morris (1997) - WILD HONEY de Don Edmonds (1972) - DEXTER (The Fourth Season) - DEXTER (The Fifth Season) - DEXTER (The Sixth Season)

Films en Blu-Ray : CARNAGE (Corruption) de Robert Hartford-Davis (1968) – LA PORTE DU PARADIS (Heaven’s Gate) de Michael Cimino (1980) - LES NUITS BRÛLANTES DE LINDA de Jesús Franco (1975) - AMITYVILLE, LA MAISON DU DIABLE (The Amityville Horror) de Stuart Rosenberg (1979) - AMITYVILLE II : LE POSSEDE (Amityville II : The Possession) de Damiano Damiani (1982) - AMITYVILLE 3-D de Richard Fleischer (1983) - JEU D'ENFANT (Child's Play) de Tom Holland (1988) - CHUCKY, LA POUPEE DE SANG (Child's Play 2) de John Lafia (1990) - CHUCKY 3 (Child's Play 3) de Jack Bender (1991) - LA FIANCEE DE CHUCKY (Bride Of Chucky) de Ronny Yu (1998) - LE FILS DE CHUCKY (Seed Of Chucky) de Don Mancini (2004) - LA MALEDICTION DE CHUCKY (Curse Of Chucky) de Don Mancini (2013) - VENDREDI 13 (Friday The 13Th) de Sean S. Cunningham (1980) - LE TUEUR DU VENDREDI (Friday The 13Th Part 2) de Steve Miner (1981) - MEURTRES EN 3 DIMENSIONS (Friday The 13Th Part III) de Steve Miner (1982) - VENDREDI 13 : CHAPITRE FINAL (Friday The 13Th: The Final Chapter) de Joseph Zito (1984) - VENDREDI 13, CHAPITRE 5 : UNE NOUVELLE TERREUR (Friday The 13Th : A New Beginning) de Danny Steinmann (1985) - JASON LE MORT-VIVANT (Jason Lives : Friday The 13Th Part VI) de Tom McLoughlin (1986) - VENDREDI 13, CHAPITRE 7 : UN NOUVEAU DEFI (Friday The 13Th Part VII : The New Blood) de John Carl Buechler (1988) - VENDREDI 13, L'ULTIME RETOUR (Friday The 13Th Part VIII : Jason Takes Manhattan) de Rob Hedden (1989) - JASON VA ENFER (Jason Goes To Hell : The Final Friday) de Adam Marcus (1993) - JASON X de James Isaac (2001)- FREDDY CONTRE JASON (Freddy Vs. Jason) de Ronny Yu (2003) - VENDREDI 13 (Friday The 13Th) de Marcus Nispel (2009) 

Musiques (vinyles) : MANIAC by Rob

Livres, Romans, Bandes dessinées, Mangas : CHAINSAW CONFIDENTIAL de Gunnar Hansen – HEAVENLY BODIES de Paul Koudounaris – JUSTINE OU LES MALHEURS DE LA VERTU de Sade – PORNSTAR de Anthony Sitruk – OH VIOLETTE OU LA POLITESSE DES VEGETAUX de Lise Deharme – CAUCHEMAR DANS LA RUE de David Sala & Robin Cook – FERALS, Tome 2 : DANS LA GUEULE DES LOUPS de David Lapham & Gabriel Andrade – LA GRANDE PAGAILLE DU DILETTA de Osamu Tezuka




MERCHANDISING : THE BEYOND




Parmi les nombreuses oeuvres marquantes de Lucio Fulci, L'AU-DELÀ (... E Tu Vivrai Nel Terrore! L'Aldilà) a une place à part. C'est une somptueuse oeuvre sur la décrépitude du monde dans laquelle le fameux réalisateur fait usage d'effets sanglants nauséeux digne du plus insupportable des cauchemars. Dans cette oeuvre d'une morbidité somptueuse, une figure mystérieuse est là pour nous prévenir des terribles événements qui nous attendent...

Personnifié à l'écran par l'envoûtante comédienne italienne Cinzia Monreale (créditée ici sous le nom "Sarah Keller"), le personnage d'Emily se présente comme une jeune et frêle aveugle qui ne se déplace pas sans son berger allemand prénommé Dickey! De ce rôle particulier, avec ses yeux blancs terrifiants, l'actrice a créé une figure quasi-icônique, messagère essentielle des horreurs futures !

Aujourd'hui, tiré de ce qui est certainement une des images les plus marquantes de ce long-métrage, le personnage incarné avec un charme troublant par Cinzia Monreale, passe à la postérité. Tout récemment, vient de sortir au Japon une statuette qui va certainement ravir les cinéphiles adeptes de merchandising luxueux. Dans la même lignée que MacFarlane faisait avec ses "Movie Maniacs" et les plus grands personnages du cinéma d'horreur, ici est reproduit fidèlement le personnage d'Emily mais dans un format largement supérieur. Dotée d'une taille de 30 cm, c'est bien plus qu'une simple figurine! Une splendeur, figée dans cette fameuse posture qui rejoue ici sa première apparition au milieu d'une route déserte, se retrouvant face à face avec le personnage interprété par Catriona MacColl au volant de son automobile. Assisté de son compagnon à quatre pattes, la jeune aveugle est tout simplement magnifique dans son format "statuette", parfait reflet de son interprète jusque dans les moindre détails. Il y a un respect maniaque dans ce brillant travail de sculpture. Les couleurs sont respectueuses et rendent très bien l'atmosphère qui se dégage de cette scène emblématique d'un classique du cinéma d'horreur!

Un objet de collection qui fera sans doute le bonheur des fanatiques du film de Fulci, autant qu'à ceux qui adorent ce personnage qui a sans doute marqué plus d'une génération de spectateurs. Voici donc l'occasion de posséder un morceau de L'AU-DELA, pour une terreur éternelle! Enjoy!

































vendredi 20 septembre 2013

LES INVINCIBLES

LES INVINCIBLES de Frédéric Berthe (2013)

L'annonce d'un tournoi international de pétanque organisé par le célèbre Darcy, va bouleverser la vie de Momo, et réveiller ses rêves enfouis par les aléas de la vie: devenir champion et vivre de sa passion. Galvanisé par sa rencontre avec Caroline, Momo va faire la paix avec lui-même et affronter les préjugés. Déclassés, rejetés, cabossés, ils sont devenus : Les Invincibles.

Je n’ai rien contre les comédies populaires, spécialement celles venant de France. Par contre, et c’est particulièrement flagrant ces dernières décennies, celles-ci sont souvent assez catastrophiques. L’idée de départ est parfois sympathique mais le résultat final est souvent franchement pénible et très bas de gamme. Comme si le spectateur de ce genre de films se contentait du minimum syndical avec son scénario linéaire, l’humour lourd et prévisible… Hélas, les plus gros succès récents de certaines de ces œuvres montrent bien que le niveau n’a pas besoin d’être vraiment très évolué pour établir un « hit » ! Du coup, ça fleurit plus que de raison, avec toujours un nivellement par le bas, avec le moins d’efforts possible, que ce soit en terme de constructions comiques et je ne parle même pas en ce qui concerne d’éventuelles qualités cinématographiques.

Du coup, voir arriver LES INVINCIBLES au cinéma, c’est quand même un peu en traînant la patte que je me décide, avec moins d’enthousiasme que de bonne volonté, d’aller se réfugier dans une salle obscure car on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise… Sans tenir compte d’avis préalables, juste en ayant visionné au cinéma la bande annonce avant un autre film sans doute plus alléchant que celui-ci, que je pars à la découverte du long métrage de Frédéric Berthe qui est un cinéaste qui ne me dit rien au premier abord… Heureusement, d’ailleurs, car si j’avais fait quelques maigres recherche j’aurais tout de suite vu qu’il s’agissait du coupable qui avait commis cette horrible, immonde, insupportable chose qui s’appelait HOLLYWOO ; première expérience de cinéma avec une Florence Foresti à baffer dans son grand rôle pour le grand écran.


Du coup, c’est vierge d’infos que je découvre LES INVINCIBLES, nouvelle grosse comédie populaire qui narre une histoire dont on semble connaître immédiatement la finalité. Ce n’est pas pour autant qu’on fait la fine bouche car une histoire qui parle de pétanque, sujet plutôt rarement voire pas du tout abordé au cinéma, voilà qui apporte un poil d’intérêt et de fraîcheur pour contrer les scénarios timbre-poste où l’on anticipe les moindres mouvements des protagonistes. Ici, grâce à un rythme constamment soutenu et un art du montage qui ne s’embarrasse pas de traîner ses personnages à palabrer au soleil sur des terrasses à café, les événements s’enchaînent sans temps mort.

Présentant ces parties de boules plus complexes qu’on ne voudrait le croire, LES INVINCIBLES n’est pas pour autant un traité technique qui s’étend à décrire en long et en large les procédés pour gagner une partie, voire un tournoi international de pétanque. Comme le dit l’un des héros de l’histoire « ce n’est pas compliqué, y’a qu’à lancer ! », le film démontre avec simplicité de beaux combats échangés entre les joueurs, sans tirs trop farfelus pour douter de la crédibilité de la trajectoire de la boule. Et puis c’est davantage l’histoire de personnages plutôt qu’un film de sport. Et c’est déjà là que le long-métrage étonne par le portrait peu aimable de ceux-ci. Confrontations au goût d’actualité avec la position entre la France avec ses étrangers où notre champion de pétanque venu d’Algérie se voit avoir affaire avec des français beaufs, chauvins, opportunistes, chômeurs, condescendants et racistes que personnifient avec une verve acerbe des acteurs talentueux comme Daniel Prévost et Edouard Baer. Et puis, depuis un autre point de vue, il y a toute l’ironie du personnage incarné par Depardieu dont le metteur en scène joue avec la position sociale de l’acteur sur la scène internationale. Bien évidemment, la représentation n’est pas forcément très fine, voire subtile, mais cela fonctionne tout de même du tonnerre à l’écran ; que ce soit en tant qu’élément comique que pour servir une dramaturgie correctement construite. C’est sans doute grâce à l’alchimie d’une riche distribution de comédiens qui visiblement prennent du plaisir à être là et à servir des dialogues souvent bien vus. Il se dégage aussi du film un charme rétro qui rappelle les « vieilles » comédies franchouillardes d’antan ; ce qui est un bon point, spécialement quand on compare avec la morosité créative de ses schémas vus et revus dans le genre.

C’est avec un certain plaisir qu’on retrouve à l’écran un Gérard Depardieu taillé pour son rôle, dont le gros physique sied à merveille à son personnage. L’acteur respire le personnage tellement il semble faire corps avec lui. Le quotient de sympathie est quasiment immédiat, et ce dès la scène d’ouverture. Le duo qu’il forme avec Atmen Kelif – dont l’idée originale du film vient de lui – est une petite perfection d’alchimie cinématographique ; de même que celle que ce dernier établi avec sa partenaire féminine, une Virginie Efra admirable de sensibilité et qui apporte au long-métrage un charme fou ! Voici donc là le trio gagnant qui s’oppose aux « odieux » français, un rien caricaturaux mais finalement tellement vrais. Et puis, une histoire où Galabru met son grain de sel, il n’y a pas mieux pour faire sourire le spectateur et apprécier ce spectacle (un soupçon) plus soigné que la moyenne et qui redonne un peu confiance en ce cinéma populaire qui s’apprécie sans vouloir en demander trop. Juste de pouvoir passer un agréable moment avec une bonne histoire, de bons comédiens, de l’humour et des bons sentiments sans en être écœuré et pris pour un gros débile. En soi, LES INVINCIBLES est un petit exploit qui mérite d’être salué.

Golden Blog Awards

En lice pour les Golden Blog Awards, votre cher Cinéphiliquement-Vôtre s'expose enfin dans ce genre de manifestations qui sert à mettre en lumière les "meilleurs" sites qui parsèment la blogosphère; et ce dans tous les domaines. Un univers de fou!

Pour votre chroniqueur, ce n'est pas pour la recherche de reconnaissance mais plutôt pour le plaisir simple d'être vu et visité davantage. Un truc tout simple qui pourrait booster mon envie d'écrire davantage et de vous faire partager toujours plus souvent mes préférences et découvertes en matière culturelle. Des choses d'hier et d'aujourd'hui. Avec toujours cette petite touche déviante qui parsème, de temps à autre, mes articles d'un soupçon d'érotisme et/ou de pornographie.

Si ça vous plaît, votez pour ce blog! Merci pour votre soutien. 

WHITE HOUSE DOWN

WHITE HOUSE DOWN de Roland Emmerich (2013)

Membre de la police du Capitole, John Cale vient de se voir refuser le job dont il rêvait : assurer la protection du président des Etats-Unis. Espérant éviter à sa fille une déception lorsqu'il lui apprendra la nouvelle, il l'emmène visiter la Maison Blanche. C'est à ce moment qu'un groupe paramilitaire lourdement armé attaque le bâtiment. Alors que le gouvernement américain sombre dans le chaos, Cale va tenter de sauver sa fille, le président, et le pays tout entier...

Voici donc la nouvelle production boursouflée du réalisateur d'INDEPENDENCE DAY. Après l'invasion extra-terrestre et puis le gros lézard qui dévaste New York, la période glacière et la fin du monde, Emmerich s'en prend cette fois-ci directement au président des Etats-Unis. Une bonne occasion pour cet adepte de gros spectacles démesurés de s'amuser avec ses jouets cinématographiques et une nouvelle fois de tout casser à l'écran! En décrivant une prise de force sur la célèbre Maison Blanche, il bousille à nouveau ici des symboles américains, une douce ironie de la part de celui qui est sans doute l'étranger le plus patriote envers les USA. Avec son nouveau film, c'est un peu le retour au cinéma d'action des années 90 avec ses héros musclés, les échanges de vannes à deux balles et surtout une avalanche de pyrotechnie qui fait honneur au mot "divertissement". 


Tout d'abord, pour débuter en douceur, on a droit à l'inévitable exposition qui s'évertue à mettre en place ses personnages et à installer le décor. Une partie un peu longuette mais néanmoins plaisante qui met un point d'honneur à décrire Channing Tatum comme la nouvelle figure pour le cinéma d'action actuel. S'il ne démérite pas avec sa carrure de gros bras, il lui manque néanmoins le charisme d'un Bruce Willis ou encore d'un Schwarzenegger d'alors pour lui assurer la sympathie du public. Finalement, il reste une figure assez banale comme "action hero" et fait un peu tomber à plat toute tentative de suspense à échelle humaine entre lui, les méchants de l'histoire et les otages imbrigués dans ce drame à résonance politique. Un peu fourre-tout à ce propos, le scénario s'étale sur divers sujets sensibles comme la sécurité, les conflits avec l'étranger, les anciens combattants, etc.. En préambule, il se sert même de son lieu d'intrigue pour nous octroyer une sorte de visite guidée des locaux où se baladent les hommes les plus puissants du monde. Il surprend toutefois en ne mettant pas les fait d'actes terroristes en présentant à l'image des vilains arabes mais plutôt en dirigeant la véritable menace parmi ses confrères américains. L'occasion pour le vieillissant James Woods - c'est assez évident, déjà lors de sa première apparition où on le voit retirer de son veston un pin's représentant le drapeau US - de camper un personnage dangereux quand même un peu plus évolué que la moyenne. Autre figure qui semble inévitable aux côtés des affreux, celle de la fille du héros qui se trouve au mauvais moment au mauvais endroit. Victime potentielle, sujet de toutes les tensions de son futur sauveur, elle n'est là que pour insuffler des problèmes supplémentaires, quelques dialogues hilarants et bien entendu d'actes héroïques en l'honneur de son président adoré alors que tout semble perdu! 

Heureusement, pour un film d'action décomplexé, l'intrigue se résume pour le reste du temps à un gigantesque terrain de chasse pour une suite ininterrompue de tueries et de destructions massives. Entre les nombreuses fusillades, explosions, courses-poursuites et autres batailles effrénées, WHITE HOUSE DOWN délivre véritablement son quota avec toute l'efficacité nécessaire. On y retrouve le plaisir qu'a Emmerich d'éliminer à grande échelle, n'hésitant pas à en faire trop et à surcharger son intrigue d'armes lourdes, d'avions, d'hélicoptères...  Ca dézingue à tout va au bazooka, avec un missile longue portée... Il y a même de la menace nucléaire dans le lot! C'est une artillerie complète qui se présente à l'écran et les pertes matérielles seront importantes, que ce soit sur terre ou en l'air; car même le boeing présidentiel ne sera pas oublié. Le mot d'ordre est avant tout "spectaculaire"!  


Roland Emmerich est un élève appliqué. Pour raconter son histoire, on le sent sous bonne inspiration car son long-métrage doit quand même beaucoup au classique des classiques en matière de cinéma à grand spectacle : à savoir le PIEGE DE CRISTAL de John McTiernan (1988) auquel WHITE HOUSE DOWN emprunte beaucoup. Autant il rejoue certaines situations à l'identique, décrit des actions de personnages qui rappelle les comportements des hommes de Hans Grüber et reprend certaines séquences explosives qui ont fait leurs preuves dans le film qui a consacré, en son temps, Bruce Willis comme homme d'action! A mesure que les événements s'enchaînent, cela devient même tellement évident qu'on pourrait presque parler de repompage éhonté. En ce sens, cette "Chute de la Maison Blanche" est un peu le parent pauvre du chef-d'oeuvre de McTiernan mais n'en demeure pas moins un "blockbuster" très réjouissant devant lequel on s'amuse beaucoup! Car la subtilité légendaire du cinéma de Roland Emmerich est aussi délirante que dans ses précédents longs-métrages. C'est très bête et bien bourrin, donc formidablement fun! On en ressort avec le sourire aux lèvres en se disant qu'on ne fait plus beaucoup ce genre de cinéma à notre époque. Les nostalgiques des plus grands "actioner" du 7ème Art devraient donc ici être très contents de pouvoir se régaler devant un film pareil. Et sur la grande toile, en Cinémascope, svp! On peut le dire, ça a de la gueule!


jeudi 19 septembre 2013

L'Art du DRACULA 3D

DRACULA. Par Dario Argento. Depuis plusieurs années déjà, le maestro du giallo est clairement sur la pente descendante avec ses œuvres les plus récentes qui peinent à tenir la comparaison avec la flamboyance de son cinéma des débuts. Avec ce dernier film, une énième adaptation du plus célèbre des vampires, le réalisateur a commis un long-métrage totalement "autre" qui a dû consterner plus d'un spectateur, fan de cinéma de genre ou fidèle admirateur du monsieur qui s'obstine à être toujours présent derrière la caméra.

De mon côté, après de mûres déceptions autour de ses derniers travaux, j'ai apprécié cette revisitation de loin pas essentiel mais qui représente pour votre chroniqueur une pellicule improbable et déglinguée. Visuellement, c'est assez la fête. Notamment grâce à la 3D qui lui permet d'utiliser l'effet tridimensionnelle d'une manière à renforcer l'impact de certaines actions avec grande efficacité, voire même d'ajouter une profondeur assez surprenante à de longues séquences atmosphériques. Dans le style foire d'effets, c'est tout de même assez prodigieux de générosité. Comme durant sa grande époque, Dario Argento semble s'amuser à expérimenter des petites choses, s'attarde sur certains détails de ses décors, joue avec les couleurs ou encore se lâche dans le gore... Tout ceci pour un spectacle plutôt étonnant dans ses partis pris, autant esthétique que du choix de ses comédiens, ce qui lui donne un persistant côté décalé sans pour autant virer dans la parodie. Ici, on est plutôt dans une grande bizarrerie naïve et surréaliste qui peut se transformer progressivement dans l’œil de l'amateur éclairé en spectacle agréable et parfois même assez touchant. Pour cela, il faut peut-être mettre de côté son cynisme, ses préjugés sur le cinéma passé et actuel d'Argento et savourer quelque chose de "différent", à défaut d'utiliser à bon escient le mot "originalité".

Dès l'annonce de son projet de faire un DRACULA 3D, Argento et son équipe s'est fait rire au nez. Les blagues - pas forcément très drôles - affluant de toutes parts alors que le film n'était même pas sorti. Aujourd'hui encore, il continue de faire tranquillement son chemin, sortant en DVD voire même en Blu-Ray un peu partout dans le monde. C'est ainsi donc que continue, avec les premières affiches du film au Festival de Cannes l'an passé, une campagne promotionnelle pour vendre son produit. Et là, quantité de visuels, tous plus farfelus les uns que les autres s'affichent.

Les infographistes et autres créateurs visuels semblent aligner les fautes de goût, les collages délirants, les dessins qui subliment ou au contraire rendent encore plus grotesques ce qu'ils sont censés représenter. La dernière en date (qui trône au début de la galerie ci-dessous) est magnifique et particulièrement séduisante et servira pour la campagne de sortie du film sur support vidéo aux Etats-Unis. Autant dire que les curieux risquent d'être sévèrement déçus s'ils s'imaginent un film aussi visuellement somptueux que les créateurs de l'affiche semble suggérer. C'est tout l'art du poster qui, grâce à son projet sans doute le plus fou de sa carrière, Argento redonne tout à coup une fièvre à l'imaginaire à travers des idées visuelles culottées.

Même si parfois aux bords du ridicule, l'incroyable campagne d'affichage mondiale autour de DRACULA 3D atteste d'une certaine vivacité créative parmi les plus follement originales de ces dernières années. Et dans la sélection faite ici, on y retrouve un charme désuet qui s'est hélas perdu avec le temps. Il est peut-être "chic" de se moquer et de dire que "c'est nul". Personnellement, je les apprécie à différents degrés. En évoquant les couvertures de romans de gare, assemblage racoleur, vieille imagerie façon "CD-Rom" à deux sous, effets "chocs" faciles pour de la sensation bon marché, le film DRACULA 3D fait donc ainsi parler de lui plus que jamais. En bons termes ou non, cela donne forcément envie de voir le résultat final, non? Et ces posters, qu'on les considère réussis ou ratés, auront donc accompli leur(s) effet(s)! Et c'est très fort! Et me redonne même l'envie de découvrir à nouveau cette oeuvre qui n'est finit plus de délivrer un charme rare. Et j'en suis presque sûr d'y prendre à chaque fois un plaisir encore plus grand. Savourez les affiches, elles sont bien plus exquises que vous ne le pensez!







Au revoir...

Au revoir...
Related Posts with Thumbnails page counter
Web Counter