lundi 1 avril 2013

CAPRICES : BJÖRK & AMON TOBIN



Le 11 mars dernier, une soirée de lundi, comment débuter très fort une nouvelle semaine par une suite de concerts perdus dans les montagnes suisses? Ce jour-là, à Crans-Montana, dans le décor d'une station de ski, c'est avec une joie non dissimulée que je sillonne les collines et les monts en compagnie d'un ami au volant d'une voiture pour rejoindre les tentes empilées d'un chapiteau improvisé qui sert de refuge à quantité d'artistes internationaux venus faire le déplacement jusqu'aux hauteurs de la Suisse enneigée pour donner une série de concerts d'anthologie. Parmi les vedettes de cette dixième édition du festival, il y a deux noms qui m'ont poussés à faire le déplacement jusque tout là-bas : Björk et Amon Tobin! La première, la petite islandaise que j'ai déjà découvert et redécouvert sur de grandes scènes ces dernières années avec un plaisir sans cesse renouvelé; et un autre que je découvrirais ce soir-là en "live", dont le show promet d'être dantesque!

La soirée débute sur la grande scène du festival. Les lieux se remplissent gentiment et ne seront pas bourrés à craquer car, en Suisse et aussi important que soit l'artiste, s'afficher ainsi en concert en semaine n'est pas une garantie assurée d'avoir un spectacle à guichets fermés. Il faut dire aussi que l'espace est énorme et recueille bien quelques milliers de fans de Björk. Comme à chaque fois que la chanteuse se produit en public, on est en droit de s'attendre à quelque chose d'unique, tant d'un point de vue musical que du show proprement dit! Et ce fut fabuleux! Revêtue d'une immense perruque et d'une robe cousue aux couleurs de l'univers, la petite femme de bientôt cinquante ans déborde d'une énergie fantastique. Débutant son concert avec "Cosmogony", c'est dès le départ que l'on pénètre une autre dimension qui va faire voyager son public durant un peu plus d'une heure. Björk est accompagné sur scène par quelques musiciens qui s'occupent de la batterie d'organes synthétiques pour une ambiance sonore immédiatement impressionnante. Et, au milieu de la grande scène, juste derrière l'artiste qui chante ses paroles envoûtantes, un incroyable choeur islandais constitué d'une quinzaine de jeunes femmes. Voici son poumon central, ses vocalises prodigieuses et son émotion qui, dès l'instant que la musique se met en branle, vous file des frissons comme seules l'artiste et son oeuvre sont capables d'en produire... C'est fantastique!





Au fond de la scène, un écran géant diffuse des images de la planète Terre; la lune, ses continents vus depuis le ciel. Comme Björk, son public voit le monde depuis les cieux. Spectacle céleste, planant et puissant. La chorale ajoutée aux accords que l'on connait sur platine et dans diverses autres variations, parvient encore ici à nous surprendre et à créer une nouvelle brèche atmosphérique qui surpasse absolument tout! L'émotion qui s'en dégage vous submerge et vous met les larmes aux yeux devant tant de beauté! La "playlist" du concert comporte 16 titres, mélange idéal qui alterne les pièces musicales de son dernier album avec d'autres plus anciennes qui nous rappellent son attachement sans faille à un lyrisme qui puise ses sources dans les entrailles de la terre et aux confins de l'univers. Quel bonheur de vibrer aux mélodies angéliques de "Unravel" ou encore "Jòga"; que Björk déconstruit à nouveau pour mieux l'explorer en compagnie de ses compatriotes islandaises, lui donnant ainsi une nouvelle forme fantastique, toujours aussi inoubliable!

Au-dessus de la scène, on remarque dans la pénombre des petits éclairs électriques. Défaillance technique? Non. Durant le concert, à plusieurs reprises, une gigantesque boule métallique descend rejoindre les artistes pour se déchaîner devant le public en grosse décharge digne du plus bel orage. Telle une magicienne en pleine maîtrise des éléments, Björk déchaîne un tonnerre électrique qui met en transe la foule alors que les derniers morceaux de son concert plonge son spectacle dans une ambiance digne d'une boîte de nuit en pleine transe techno! De la folie pure, que les basses démentielles de "Pluto" et surtout "Declare Independence" transforme en fièvre... Björk met le feu, le public en extase en réclame encore avant de jouir comme une furie! L'artiste vient de faire parvenir son public à un orgasme musical. Trop fort! On en ressort comblé, épuisé et ravi! L'artiste clôture ainsi son concert avec succès et le public sourit et hurle son plaisir! 




La deuxième partie de soirée sera encore davantage chargée en électricité. Le brésilien Amon Tobin va épater son public avec un show vraiment exceptionnel. S'il est souvent difficile d'apprécier un artiste "électro" en concert, dont la personne sur scène à tout le temps la tête plongée dans ses machines, l'artiste de cette nuit à réussi à exécuter une performance visuelle tout simplement incroyable. Devant le public, une gigantesque structure cubique occupe toute la place. Il s'agit d'une sorte d'énorme écran tridimensionnel dans lequel l'artiste se planque pour une performance qui a tout de la prouesse cinématographique. Tel un film futuriste qui se déroule, se détruit et se reconstruit, les images composent un univers époustouflant dont l'immersion totale est assurée par une musique avant-gardiste prodigieuse. Caché dans un carré blanc à peine transparent, Tobin apparaît parfois aux yeux du public dans cette case aménagée comme le tableau de bord d'un vaisseau spatial. Au détour d'un choc lumineux, il se dévoile aux yeux du public en train de tout diriger depuis sa centrale; images et musique dans une communion d'un autre monde... Ainsi, devant nous, le show est spectaculaire à plus d'un titre!  Sensations inédites, qui flattent autant les yeux que les oreilles, Amon Tobin emporte une adhésion unanime, rendant ainsi son public complètement fou. Au-delà d'une transe quasi-sexuelle, le concert propose une expérience dont on ne ressort pas indemne. La structure particulière du show en fait un spectacle assez unique dont il faut le voir en "live" pour pleinement halluciner. Et l'artiste est généreux, car après plus d'une heure de son "ISAM 2.0" - intitulé de son concert - Amon Tobin improvise et expérimente encore, doublant ainsi son temps de présence face au public. Entre les deux, il s'affiche très cool avec les spectateurs, se présentant en costume d'astronaute, bien décidé à emmener ses fans sur une autre planète. Mission réussie au-delà de toutes espérances. Le concert d'Amon Tobin est de ceux dont on se souviendra toute sa vie. Mémorable! 




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