mardi 19 mars 2013

MORITURIS

MORITURIS de Raffaele Picchio (2011)

En 47 avant J.C., la rébellion des gladiateurs levée par Spartacus est brisée par les armées de Jules César. Les guerriers héroïques furent damnés pendant des siècles puis oubliés. A l’aube d’une apocalypse imminente, les légions ressuscitées se lèvent pour reprendre leur liberté. Prisonniers des geôles de l’enfer, leur heure est venue de s’affranchir du monde des morts et de marcher à nouveau sur Rome…

Avec un texte d’entrée si prometteur, ce MORITURIS a tout pour mettre la bave aux lèvres. On croirait presque se retrouver en face d’un péplum maousse mais les amateurs de fresques historiques seraient bien déçus devant le résultat final car ici on bien plus proche d’un film d’horreur que d’autre chose. Car le sous-texte de son titre alléchant, « Legions Of The Dead », annonce davantage la couleur de cette sanglante aventure; plus proche d’une énième version alternative avec des morts-vivants bizarroïdes que les bons vieux gladiateurs combattant, sueur et tripes au ventre, dans l’immense décor d’une arène romaine. Du coup, à mi-chemin entre l’extase et la perplexité, ce MORITURIS a de quoi désarçonner les amateurs de frissons historiques et d’horreurs graphiques. Même son poster, délicieux étalage éhonté d’une décadence d’une autre époque, aura également trompé son monde… Alors, ce film… Le résultat est-il à la hauteur d’une certaine espérance cinématographique? Que pourrait-on attendre d’une pareille offre filmique? Certainement pas une œuvre pareille!

Petite production italienne, MORITURIS est un long-métrage horrifique sans réelles moyens techniques mais avec de réelles ambitions. Certainement celles d’offrir un spectacle monstrueusement complaisant dans l’horreur crasse et réaliste avec un point de vue surréaliste. Des gladiateurs zombies qui s’en prennent à un groupe de jeunes gens en route pour une soirée discothèque en plein air? Difficile de faire plus improbable. Et le résultat final ne ment pas sur la marchandise puisque c’est exactement ce que le spectateur recevra en pâture, et rien d’autres! Pratiquement dégraissé de tout superflu, l’action se résume en trois actes. Un préambule très bavard où l’on installe des personnages agaçants dans un décor donné, une sacré grosse dose de situations sexuelles motivées par la torture et le viol et enfin la « vengeance » de ces esclaves combattants venus d’une glorieuse époque pour découper et crucifier avec tout le sadisme requis ces jeunes adultes infects pris en flagrant délit d’agressions physiques dans un décor forestier nocturne.






Le film de Raffaele Picchio s’apparente à une certaine idée du cinéma porno contemporain. Une intrigue prétexte qui dérive rapidement au « gonzo » pour contenter ses amateurs à grands coups de séquences de sexe et de violence passablement dérangeantes Et à ce jeu, il faut dire que MORITURIS est assez saisissant. Au-delà d’un scénario très bête qui ne s’embarrasse d’aucune logique ou crédibilité, le spectacle agressif s’acharne autant sur les protagonistes que sur le potentiel spectateur lui-même. Ce qu’il lui renvoie à la face n’est pas bien joli à voir car la démonstration gratuite d’humiliations à caractère sexuel et l’acharnement sadique qui s’ensuit avec les gladiateurs romains est propre donner la nausée à n’importe qui possèdant encore une certaine once de sensibilité. Forcément, MORITURIS remue, dérange et déconcerte si bien qu’on est pratiquement obligé de se poser la question qui tue : Pourquoi regardons nous tout ça? Aurait-on le droit d’apprécier ce genre de dérive filmique qui, au détour du genre « torture porn », se contente simplement d’aligner les sévices corporelles et les délires les plus gore? Sans aucune honte, oui. Sans chercher à condamner la production de ce film pour ce qu’elle est : opportuniste et voyeuriste, salace et incroyablement complaisant. Répréhensible? Forcément. Mais n’est-ce pas le lot d’un certain genre de films d’horreur qui, sous des dehors auteurisant, cherche parfois à justifier ces éclats visuels qui tâchent et marquent les corps et les esprits?



MORITURIS revient à un certain âge d’or du cinéma d’horreur italien. Non pas celui qui à fait la fierté de son genre à travers ses plus illustres représentants, mais plutôt celui de ces petites bandes déviantes, ces bobines d'exploitation incroyablement culottées qui ne cherchaient rien d’autres qu’illustrer une histoire en apparence simpliste pour en dévoiler tous les tourments pervers de l’être humain. Sur la forme, c’est complètement grotesque, presque ridicule et pour ainsi dire curieusement amusant, comme peuvent l’être ces bandes dessinées à destination des adultes qui sont également en provenance d’Italie et édité en France par « Elvifrance » où on n’y trouvera rien d’autres que sa basique dose de sexe malsain et d’explosions de violence où l’on tord, poignarde, déchire, découpe, transperce les corps pour les réduire en chair à pâté. Voici donc la dernière et en soi brillante illustration de ce que peut donner le « cinéma » dans son exploitation la plus totale, entre effroi, consternation et hilarité. Définitivement pas pour tout le monde mais uniquement pour les fans les plus « hardcore » de films d’horreur qui se doivent de jeter un œil - ne serait-ce qu’un - à ce MORITURIS qui ne pourrait décemment laisser indifférent les cinéphiles les plus endurcis.


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