mercredi 21 novembre 2012

Concerts : BAT FOR LASHES + RACE HORSES (Angleterre)


20 novembre 2012. 20 heures. Retour aux Docks à Lausanne pour le concert attendu de BAT FOR LASHES. En avant-programme les anglais de RACE HORSES, qui voyagent avec Natasha Kahn, assurent un apéro musical sur un peu plus d'une demie-heure. Le groupe est plein d'énergie. Avec les cheveux dans les yeux et son look androgyne, le chanteur capture immédiatement les regards de part son dynamisme, tant vocal que scénique où il se démène comme un jeune fou, la guitare électrique à la main ou encore en se mettant carrément à genoux pour frapper avec entrain sur un tambour. La jeunesse musicale dans toute sa splendeur... Cette pop psychédélique à grosses mesures synthétiques se digère sans pour autant faire de grosses vagues. Pas de bouleversement pour les oreilles, l'ensemble est parfaitement rôdé. RACE HORSES est cool et plein de punch, faisant parfaitement office en guise d'hors d'oeuvre. On n'en gardera pas non plus de grands souvenirs. 

Une fois la scène débarrassée de ses instruments, le leader du groupe plonge dans la foule pour signer ses disques mis en vente dans un coin de la salle, seul point lumineux d'un lieu de concerts plongé dans l'obscurité. Il faudra attendre encore pas loin d'une quarantaine de minutes pour la mise en scène de l'artiste de la soirée, celle que la foule est venue en masse découvrir en "live". 



BAT FOR LASHES en concert, ce n'est pas simplement une chanteuse et sa voix. Il y a tout une suite d'instruments qui convie à l'ensorcellement. Et puis aussi un décor baigné d'un certain mystère, comme si l'on plongeait dans les profondeurs d'une grotte sombre éclairée par quelques lampes à huile. Celles-ci, disséminées parmi une grosse batterie, un piano, des synthétiseurs, un violoncelle, un thérémine...; ajoutent une touche particulière qui invite à la rêverie...

L'ambiance est installée, les musiciens rejoignent leurs appareils sous les applaudissements d'un public qui ne tarde pas bien longtemps à déchaîner sa passion pour les chansons de Natasha Kahn. Il faut dire que son univers enchante instantanément. Baignée dans une lumière douce la chanteuse est magnifique dans sa longue robe entrecoupée de noir et de blanc, laissant apercevoir en tournant sur elle-même un dos entièrement nu. Petite touche esthétique, sans doute en rappel à son dernier album "The Haunted Man" où elle figure dénudée, ses parties intimes à peine caché par le corps d'un homme qu'elle porte sur ses épaules. 
 
      © A. Schopfer

Entre ce nouveau disque et ses deux précédents, son concert alterne avec un égal plaisir un répertoire savoureux parmi ses trois oeuvres envoûtantes;  entre expérimentations sonores, atmosphère fantomatique, rythmes plus dansants et les émotions brutes qui se dégagent de ses derniers textes. Avec toujours le sourire aux lèvres, elle semble ravie d'être parmi nous tout en se trémoussant sans cesse sur les accords hypnotisants d'une musique qui fait voyager... 


Assise, accroupie, debout;  devant un piano, chantant une balade, jouant une petite comptine, sortant des maracasses... Elle tournoie, lève les bras, s'offre à son public...  BAT FOR LASHES c'est un pur ravissement des sens. Parfois sophistiqué, quelquefois épuré, son show enivrant n'est pas loin d'être bouleversant. Dans tous les cas, on s'y sent bien, comme si l'on flottait dans l'air, se laissant vivre et porter par des mélodies et des refrains que l'on ne se lassera pas d'emporter avec soi. Une heure plus tard, après un court rappel qu'on aurait désirer faire durer encore plus longtemps, on rejoint la nuit froide avec des sons et des images plein la tête qui transforment l'ambiance nocturne en un beau ciel étoilé. C'était fabuleux!    

dimanche 11 novembre 2012

DECOMPTE DU MOIS : OCTOBRE

Le petit décompte du mois d’octobre. Pas de grosses provisions cette fois-ci mais un choix sûr avec plein de bonnes petites choses en tous genres. Des films, de la musique, de la lecture…  

J’ai enfin réussi à me dégoter en DVD un film de Julio Medem que j’adore depuis presque 20 ans déjà. Hélas, cette édition est une véritable catastrophique d’un point de vue technique. Ce n’est pas avec ce disque que l’on va rendre hommage à ce film bien trop méconnu. Pour ce qui est des œuvres de jeunesse de Michele Soavi, j’ai dû me tourner vers l’Italie pour obtenir ces titres munis d’une version originale (hélas, sans sous-titres). Il n’est décidément pas aisé de trouver son bonheur…

Du point du vue de la HD, c’est tout de même un petit peu mieux mais il faut se tourner vers les USA pour se dénicher de belles éditions de films formidables comme le mésestimé HALLOWEEN III ou encore faire confiance à un éditeur français cette fois-ci pour nous offrir une pépite venue d’Allemagne avec le film incroyable de Gerald Kargl. Quelle joie!

Pour la musique, le paquet garni est en provenance du Japon, que ce soit le CD ou les vinyles. Avec quelques raretés remplit de soupirs, aussi bien d’extase et de souffrance. Des bandes audios à ne pas glisser dans toutes les oreilles… mais qui combleront totalement les miennes!

Et puis finalement, avec une sélection bien particulière de mangas, je me régale avec des histoires où se mélangent l’érotisme, l’horrifique et le surréalisme avec trois auteurs incontournables. Que pouvais-je rêver de mieux que ces merveilleux achats pour remplir ce mois automnale plutôt triste et grisâtre. Enjoy!



Films en DVD : SCHOOLGIRLS IN CHAINS de Donald M. Jones (1973) - L'ECUREUIL ROUGE (La Ardilla Roja) de Julio Medem (1993) - SANCTUAIRE (La Chiesa) de Michele Soavi (1989) - LA SECTE (La Setta) de Michele Soavi (1991)

Films en Blu-Ray : BLACK MAGIC RITES (Riti, Magie Nere E Segrete Orge Nel Trecento) de Renato Polselli (1973) - HALLOWEEN II de Rick Rosenthal (1981) - HALLOWEEN III : LE SANG DU SORCIER (Halloween III : Season Of The Witch) de Tommy Lee Wallace (1982) - SCHIZOPHRENIA - LE TUEUR DE L'OMBRE... (Angst) de Gerald Kargl (1983)

Musique CD : AI NO DOREI by Mabuki Junko

Musique Vinyles : M. KAWAHARA & THE EXOTIC SOUNDS "Kokotsu /Ecstasy" - HAUSU by Asei Kobayashi & Mickie Yoshino - ULTRAMAN Original Soundtrack

Mangas : ANAMORPHOSIS de Shintaro Kago - BLACK PARADOX de Junji Ito - L'HOMME QUI AIMAIT LES FESSES de Osamu Tezuka

mercredi 7 novembre 2012

AVANT-PREMIERE : L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR





Dracula, Frankenstein, La Momie, L'Homme Invisible... Parmi tous les "Universal Monsters", mon préféré restera toujours L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR! Sortie en 1954, cette "Creature From The Black Lagoon" de Jack Arnold, futur metteur en scène qui nous offrira les fabuleux TARANTULA et L'HOMME QUI RETRECIT (The Incredible Shrinking Man), surgit des profondeurs presque 60 ans plus tard pour diriger face au public ses inquiétantes mains palmées sur quelques écrans de cinéma.  La pellicule de ce classique du 7ème Art a été restaurée pour l'occasion et bénéficie désormais d'une mise à jour du procédé 3D qui lui apporte une immersion inédite à ce jour. 


Au début des années 80, aussi loin que remonte mes souvenirs, je me rappelle encore d'une fameuse diffusion du film à la télévision à l'occasion d'une "Dernière Séance" présenté par Eddie Mitchell sur FR3. A l'époque, pour découvrir ce long-métrage avec ses effets en relief, le spectateur pouvait s'offrir une paire de lunettes bricolée à découper dans un magazine TV ; avec ces fameux verres en plastiques fins, l'un rouge et l'autre bleu. Bien que le procédé ne fut pas grandement convaincant, et provoquait plus d'effets de mal de tête qu'autre chose, l'événement fut néanmoins marquant. Aujourd'hui, grâce aux technologies de pointe et à l'engouement des spectateurs des salles de cinéma pour la 3D depuis quelques années, voici une belle occasion nostalgique de savourer à nouveau cette incroyable histoire dans des conditions optimales.


Le samedi 3 novembre 2012 dès 22 heures, au Panic! Cinéma à Paris dans le IVème arrondissement,  se déroulait l'avant-première de L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR qui  faisait peau neuve pour le plus grand plaisir du public venu en masse ce soir-là. Le temps d'une projection, la salle se transforma en ciné-club et nous transporta à nouveau dans les années cinquante avec cet incontournable du film de monstre rétro. Et les choses furent plutôt bien faites, spécialement au niveau de l'animation qui était très bon enfant avec ses deux pin-ups en maillot de bain aux côtés d'un avatar de la créature du lagon qui s'échinait à effrayer ces belles demoiselles sexy venus faire des bulles de savon au milieu des spectateurs déjà confortablement assis sur leurs fauteuils rouges. En préambule, un petit show débridé, les demoiselles hurlant à tue-tête pourchassé par ce crapaud humanoïde libidineux. 




Pour ce qui est du long-métrage de Jack Arnold, celui-ci fut présenté par Jean-Pierre Putters, célèbre fondateur de la revue de cinéma fantastique "Mad Movies" et auteur des fameux pavés littéraires à la gloire des créatures bizarres et bricolées avec trois fois rien pour le cinéma, à savoir les fameux "Ze Craignos Monsters". Le bonhomme, visiblement bien éméché ou alors coutumier d'un humour à chier, était accompagné dans ses divagations autopromotionnelles par un autre journaliste de Mad, Rurik Sallé qui semblait uniquement vouloir faire tapisserie. Cette longue et pénible introduction fut accompagnée d'un grand quiz cinéma pour gagner quantité de petits badges à l'effigie de l'affiche de cette avant-première. Ce préambule fut également accompagné de nombreux changements des lunettes 3D pour une partie du public craignant de posséder des paires défectueuses.  Une ambiance bien délirante et bruyante, dans un pur esprit de cour de récréation...


C'est donc avec pratiquement trois quarts d’heure après vingt deux heures que la diffusion de L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR débuta enfin... La (re)découverte du film noir/blanc dans une salle bondée et en 3D fut merveilleux. La copie numérique était magnifique, d'une qualité incroyable et permettant d'apprécier pleinement les effets de profondeur des décors naturels, tout autant que les nombreuses apparitions d'une main palmée qui s'avance devant l’écran, juste devant le nez du public, premier aperçu terrifiant d'une créature que l’on a dérangée dans son propre habitat.

Le long-métrage développe une imagerie poétique enivrante - l'atmosphère d'un lagon s'y prêtant idéalement, alignant les séquences savoureuses; parfois drôles, quelquefois inquiétantes et toujours formellement somptueuses; parmi cette équipée de scientifiques qui traque inlassablement un monstre inconnu. Celui-ci, rapidement fasciné par la jeune femme du groupe, ne tardera pas très longtemps avant de la kidnapper pour l'emmener dans ses eaux personnelles pour son propre compte. La baignade de Kay Lawrence, interprété par la ravissante Julie Adams, à travers le lagon et suivie par la créature depuis les eaux sombres de son territoire est d'une belle puissance d'évocation, à la fois pleine de suspense et d'un érotisme troublant. 



L'oeuvre de Jack Arnold, pour laquelle il donnera une suite une année plus tard en 1955 avec LA REVANCHE DE LA CREATURE (Revenge Of The Creature), garde encore aujourd'hui intacte ce charme fantastique qui semble inaltérable. L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR ne vieillit pas et reste toujours fascinant et finalement bien émouvant au regard du destin de son « monstre », poursuivit par des scientifiques acharnés qui n’hésitent pas à prendre les armes pour s’en débarrasser. Comme la plupart des personnages horrifiques sortis des « Universal Monsters », celui-ci est une figure tragique, presque romantique. Les plans montrant la créature s’approchant et ensuite portant dans ses bras sa femme proie sont emblématiques d’un cinéma d’épouvante suggestif absolument inoubliable. C’est une réelle chance de pouvoir (re)découvrir ce film dans des conditions optimales. Si vous le pouvez, ne le manquer pas ! Succombez à LA CREATURE DU LAC NOIR ! Dans les salles de Paris, dès ce mercredi 7 novembre 2012 ! 







Au revoir...

Au revoir...
Related Posts with Thumbnails page counter
Web Counter