mercredi 31 octobre 2012

lundi 29 octobre 2012

ALBUM PHOTOS : VIOL SOUS LES TROPIQUES

 VIOL SOUS LES TROPIQUES (Emanuelle E Gli Ultimi Cannibali)  de Joe D'Amato (1977)

samedi 27 octobre 2012

LANTERNE PHALLIQUE : FLOWER & SNAKE


Ce vendredi soir pluvieux est l’occasion parfaite de s’enfermer dans une salle de cinéma. Qui plus est lorsqu’il s’agit de la deuxième soirée organisé par le Zinéma de Lausanne, petit cinéma alternatif de la ville qui s’octroie chaque dernier vendredi de chaque mois une séance spéciale dans le cadre d’un festival de « films pour adultes » qui se dévoile sous le nom très explicite de La Lanterne Phallique. Après les expérimentations pornographiques de SUKA OFF en septembre dernier, octobre est l’occasion de s’offrir un nouveau spectacle « éducatif » qui se compose d’une thématique spécifique bien explorée à travers un film et qui sera suivi ensuite d’une performance particulière…

En ce 26 octobre 2012, on explore le thème du bondage avec la diffusion du long-métrage FLOWER & SNAKE (Hana To Hebi) de Takashi Ishii (2004). Un titre curieux qui, sous couvert d’une intrigue incluant des affaires de yakuzas, révèle très vite son caractère érotique et bien pervers où un boss de 95 ans reçoit pour le paiement d’une dette d’un homme d’affaire véreux la femme de celui-ci, une danseuse de tango mondialement reconnue. Celle-ci, contre son gré, va alors plonger dans un monde de dérives sexuelles duquel on ne sort pas indemne…





Cette œuvre vaut spécialement le coup d’œil pour ses pratiques sadomasochistes plutôt explicites où s’entremêlent fétichisme, tortures et usage de cordages où le corps d’une femme est malmené dans diverses postures de soumission. Le réalisateur accordant une large portion de son long-métrage à des sévices spécifiques pour bien détailler le calvaire de son personnage féminin. De la douleur et du plaisir. Des tableaux visuellement aussi somptueux que grotesques qui, bien que parfois répétitifs, proposent des rituels sexuellement assez élaborés. La fascination qu’occasionne ce spectacle qui pourrait choquer les âmes les plus sensibles revient spécialement à la comédienne Aya Sugimoto dont la performance physique est des plus remarquables.

Enchaînant beauté et climat sordide à la fois, FLOWER & SNAKE reste tout de même beaucoup trop long à suivre et n’évite malheureusement pas une certaine lassitude devant cette débauche de pratiques déviantes qui finissent par perdre un peu de leur impact sur une durée trop étendue. Toutefois, le film reste une véritable curiosité à découvrir, détaillant avec un regard généreux ses gros délires SM.












Cette seconde soirée à La Lanterne Phallique nous offrait également l’occasion, après la fiction japonaise, de voir une démonstration en direct de la pratique de bondage au sein même des locaux du Zinéma. Les invités de l’événement, deux femmes et un homme se préparent ensuite sous un crochet installé au milieu de la salle à effectuer à la suite deux performances. Tout d’abord, un homme attache une femme aux seins nus devant un parterre de spectateurs pour ensuite alterner par une variante où l’homme se fera ensuite lui-même encorder par un autre partenaire féminin. L’ensemble était baigné par une musique enivrante rappelant le Japon traditionnel tandis que s’enchaînent les figures géométriques où les corps se retrouvent liés d’une multitude de cordages dans un jeu de dominant/dominé, suspendus au-dessus du sol.











Spectaculaire réceptacle de sensations étranges, la vision de cette pratique est subjuguant et très troublant.  L’enchaînement très rapide de nœuds qui se font et se défont sur le buste, les hanches, les poignets, les chevilles et les jambes avec une dextérité incroyable préfigure une danse des sens littéralement époustouflante. Voir un corps qui valse dans les airs, tourbillonnant sur lui-même, se donnant entièrement à la maîtrise de son partenaire qui l’expose et en révèle autant sa force que sa fragilité, sa sensualité. A mille lieux d’un exposé graphique de ce que beaucoup pourrait considérer comme une déviance sexuelle, les « performers » dévoile ici un Art complexe d’une beauté réellement saisissante.

Une démonstration de shibari/kinbaku avec des pointures dans le domaine qui auront sans nulle doute fasciné un public d’adeptes et de curieux qui se sont déplacés en masse ce soir-là. A tel point que le Zinéma aura dû refuser du monde par manque de place. Un succès qui aura fait au moins une jalouse en la personne d’une voisine d’étage, bien agacée par la gêne sonore occasionnée par l’after-party de cette manifestation alternative; au point d’essayer de balancer des seaux d’eau sur la tronche des spectateurs avant de poursuivre en nous envoyant énergiquement quelques patates depuis une fenêtre de l’immeuble. La Lanterne Phallique n’y a apparemment pas que des amis. 

Histoire de poursuivre l’expérience un peu plus loin, l’Art des cordes proposé par Air Shibari Lausanne se poursuit ce samedi 27 octobre 2012 avec un atelier ouvert au public. Qui a dit « Attache-moi!»?…


lundi 22 octobre 2012

LUFF 2012 : Séances dominicales




Après un samedi soir de festival; les films, les concerts, la bière et les éventualités nocturnes… Difficile de se remettre d’attaque pour une journée dominicale au sein du LUFF. Malgré les gueules de bois ou les « shameover  » comme dirait John Waters - lorsqu’un plan cul se termine mal et qu’on se retrouve à boire pour oublier, le public est quand même bien présent aujourd’hui pour les derniers soubresauts d’une manifestation qui a déjà célébré sa clôture la nuit passée. Il faut dire que ce dimanche réserve tout de même son lot de réjouissantes surprises. Ouverture exceptionnelle de la librairie Humus - John Waters viendra même y faire un détour pour y dénicher notamment un bouquin sur Pasolini. Possibilité de rencontrer le « Pape du trash » en personne, obtenir une dédicace, se faire tirer le portrait en sa compagnie... Dans le « salon blanc », l’équipe du LUFF se détend quelque peu avec ses stars et invités à quelques pas des fans, se prélassant tranquillement sur des canapés.



Pour bien terminer tranquillement cette dernière journée « underground », le LUFF propose encore de se mater quelques pellicules bien barrées sur grand écran. A partir de 16h00, on se dirige tranquillement dans la salle Paderewski complètement vide si  ce n’est notre invité de marque de cette onzième édition du Lausanne Underground Film & Music Festival qui prépare en avance son futur petit discours de présentation pour la dernière sélection de sa « Carte Blanche »: la diffusion sur grand écran de l’éprouvant film de  Agustí Villaronga IN A GLASS CAGE (Tras El Cristal) datant de 1987. John Waters étant un grand fan de ce long-métrage, une citation alléchante du réalisateur de PINK FLAMINGOS s’affiche d’ailleurs sur le poster du film espagnol : « They don’t make art-shockers like this anymore. IN A GLASS CAGE is a great film, but I’m scared to show it to my friends ». John Waters finira pour en parler au public du LUFF,  déclamant une immense passion pour cette œuvre atypique qui continue encore aujourd’hui à être un spectacle particulièrement marquant.


Suite à un suicide raté, Klaus, un ancien nazi pédophile, se retrouve prisonnier d'un caisson de verre lui permettant de vivre sous assistance respiratoire. Incapable de gérer la situation, sa femme souhaite engager une nurse. C'est alors qu'arrive Angelo, jeune infirmier tout juste sorti de l'adolescence... Avec un sujet aussi difficile comme premier long-métrage, Villaronga met en scène un psychodrame fort et dérangeant. L’atmosphère y est terriblement pesante tout en parvenant à distiller une imagerie  d’une beauté réellement troublante. Un poème visuel stylisé et passionnant sur le comportement humain et sa capacité à accomplir les pires atrocités. Un véritable film « d’horreurs » qui, sans être trop graphique, parvient à être constamment perturbant. La distribution apportant énormément au malaise ambiant, notamment les performances de jeunes comédiens confrontés à des situations très éprouvantes. Un spectacle pour public averti, forcément inoubliable!


John Waters reviendra encore une ultime fois dans la salle Paderewski pour la toute dernière séance consacrée à son propre cinéma avec DESPERATE LIVING  qui constitue avec PINK FLAMINGOS et FEMALE TROUBLE ses trois œuvres « trash » mises en boîte dans les années 70. Si ici on ne retrouve pas Divine à l’écran, le spectacle n’en est pas moins outrageant et constitue pour son auteur une véritable évolution dans sa mise en scène qui prend ici une dimension épique, toutes proportions gardées. On y retrouve bien sûr son univers si particulier et ses personnages dégoûtants qui se regroupent ici dans un état totalitaire à travers Mortville, une sorte de bidonville crasseux abritant tous les rebuts de la société sous le joug de l‘ignoble Reine Carlotta.


Bien rythmé et ponctué par des dialogues et des situations d’un mauvais goût remarquable; ce récit délirant remplit de furies lesbiennes hystériques offre à Mink Stole le rôle d’une bourgeoise névrosée qui est en soi un spectacle à elle seule. Une performance incroyable qui transforme le long-métrage en véritable odyssée surréaliste. Choquant tout en étant irrésistiblement hilarant de bout en bout, Waters n’a vraiment peur de rien et réalise avec DESPERATE LIVING une de ses œuvres phares. Pour les amateurs de son cinéma, c’est un incontournable! Une excellente façon de terminer cette mini-rétrospective LUFF avec l’une des figures les plus importantes du cinéma « trash »!





La toute dernière projection de la soirée dans la salle Paderewski,  SWEET MOVIE de Dusan Makavejev (1974), permet à un public venu en masse de découvrir cet étrange film mélangeant des artistes de tous horizons. Ce long-métrage met en parallèle plusieurs histoires pour un résultat qui mixe satyre, sexe et controverse politique. On n’est pas ici dans un cinéma traditionnel mais plutôt devant une œuvre d’art anarchique, entre performances et pseudo-documentaire. Souvent révoltant, parfois dégoûtant mais aussi drôle, beau et sexy, le contenu de ce film ne laissera personne insensible devant des images démentes, poétiques, révoltantes ; générant parfois un certain malaise. Sans concessions et avec une bonne dose de provocation, qu’on la juge gratuite ou nécessaire, le cinéma de Makavejev n’est pas forcément pour tous les goûts et peut être à ne pas à mettre devant tous les regards. Naviguant quelquefois sur le fil du rasoir avec certaines séquences tendancieuses qui révulsera les esprits les plus sensibles, SWEET MOVIE est une expérience étonnante et unique qui a tout à fait sa place au LUFF dont c’est tout à son honneur de ressortir ce long-métrage sévèrement censuré dans de nombreux pays qui nous a été présenté ici dans sa version la plus complète.




Voilà. C'est fini! Bonne nuit. C’est le moment de récupérer un peu. A l’année prochain, c’est évident!

dimanche 21 octobre 2012

LUFF 2012 : Séances du samedi

      © M. Audergon

Les aléas d'un festival. Ce qui est merveilleux avec ce genre de manifestation, ce sont les surprises (in)dépendantes ou non de son organisation. Et ce samedi du LUFF restera définitivement marqué par la non-présence du groupe punk écossais Oi Polloi, interdit de concert par la Municipalité lausannoise. CENSURE! ABERRATION!! Une bien triste décision prise en compte pour « des raisons de sécurité » qui suscitera l’indignation des amateurs et organisateurs de l’événement.

Les surprises ne sont hélas pas encore terminées. A 14 heures 30 au cinéma Oblò, petite salle alternative plongée dans les profondeurs de la Terre, la rétrospective de l’auteur Christoph Schlingensief consacrée à l’histoire de l’Allemagne se voit entachée d’un fâcheux problème technique. La pellicule du long-métrage TERROR 2000 - INTENSIVSTATION DEUTSCHLAND (1992) n’est affublée d’aucun sous-titres. Un détail tout de même contraignant pour tous les spectateurs ne comprenant pas les dialogues en langue allemande. Qu’à cela ne tienne, il reste encore la possibilité de diffuser le film en DVD mais, curieusement parmi toutes les œuvres du réalisateur diffusées au LUFF qui sont également disponibles sur ce support, c’est la seule que les gens de l’Oblò semblent avoir égarée. Le long-métrage exposant la montée de l’extrême droite sera finalement projeté dans la langue d’Hitler avec, comme préambule, les grands axes de l’histoire du film racontée par la présentatrice bénévole bien embêtée par ce contretemps.


D'autres soucis techniques nous attendent directement à la Cinémathèque suisse durant la découverte de l’unique copie en 35mm du second long-métrage de Richard Stanley LE SOUFFLE DU DEMON (Dust Devil) datant de 1992. La bande sonore du film souffre d’un Dolby Stéréo défaillant qui perturbe passablement la vision de cette magnifique œuvre envoûtante à plus d’un titre. Toutefois, cela n’a pas de prix de pouvoir savourer sur grand écran dans la gigantesque salle Paderewski ce « Final Cut » plus complet d’une vingtaine de minutes comparée à la version « officielle » qui occulte toutes les séquences incluant des comédiens africains dont les producteurs américains ne comprenaient pas leurs dialogues dû à leur fort accent. Un justificatif absurde.




La dernière découverte en terme de Compétition Internationale de l’Underground est une erreur en soi, une mauvaise surprise qui débouche sur une errance cinématographique abyssale. TOAD ROAD de Jason «  Wanker » Banker (2012) est une grosse branlette d’amateurs, façon LE PROJET BLAIR WITCH où l’on passe ici surtout son temps à se défoncer la tronche entre potes et à brûler des poils de cul. Le voilà le « Meilleur Film » du festival, consacré lors de la Cérémonie de remise des prix du LUFF heureusement bien vite expédiée avant la présentation en guise de « Film de Clôture » du PINK FLAMINGOS par John Waters lui-même présent dans la salle.




Un moment jubilatoire bien vite tempéré par une copie tronquée auquel il manque quantité d’instants « trash » dans ce classique absolu de l’underground, dont notamment un final immonde où Divine savoure un étron de chien à pleine bouche! Au fond de la salle un spectateur mécontent criera son dépit alors que la pellicule saute et se termine par un écran noir sans générique de fin! Censure involontaire de la part du LUFF, encore une fois, mais qui a sérieusement perturbé la programmation de cette journée!


Finalement, en guise de petite douceur nocturne, il reste la diffusion du film argentin FUEGO de Armando Bo (1969) dans le cadre de la « Carte Blanche » accordée à John Waters. Une histoire d’amour tragique où l’époustouflante Isabel Sarli est une déesse « de feu » aux pulsions sexuelles incontrôlables. Un film étrangement romantique, irradiant d’un érotisme d’une puissance évocatrice phénoménale; élégamment portée par une géniale bande sonore répétitive et 100% hypnotisante. La bizarrerie ultime d’une journée très spéciale!




samedi 20 octobre 2012

LUFF 2012 : Séances du vendredi


L‘underground, ce n’est pas que du cinéma! Durant quelques jours et jusqu’à la fin de cette semaine, Lausanne se métamorphose tranquillement en plateforme alternative où, l’air de rien, de nombreux événements sont reliés au LUFF. C’est le festival « off » : Exposition, Workshop, Radio, Dédicace, Installation, Performance. Des préliminaires attractifs. A l’étage de la libraire Humus, rue des Terreaux 18bis, il y a la possibilité d’admirer les travaux de collages de Kosuke Kawamura. Ce japonais, directeur artistique du magazine « Erect », revisite la culture pop et manga de manière punk hallucinatoire et irrévérencieuse. Il touche à tous les supports sans discrimination, illustrant des pochettes de Cds, livres, t-shirts, pub ou affiches.

Un « Workshop » fut organisé pour un maximum de 12 participants qui se sont initiés à l’art du collage durant un atelier de 4 heures avec un cutter, des magazines, une règle et de la colle. Ces premières œuvres amateurs ont également rejoint les œuvres du créateur jusqu’à la fin du festival.















Au « Salon Bleu » de la Cinémathèque suisse, une performance sculpturalogustative du duo Ruletka est à admirer. Deux artistes grimés en animaux, l’un à tête de cheval l’autre à tête de cochon, farcissent un squelette humain avec de la pâte à pain. Substitut de chair, tandis que du jus de betterave fait office de liquide vital rouge. La cage thoracique de cet anonyme est bourré de fruits et légumes. Etrange et dégoûtant? L’exercice est troublant. Rituel sous forme de bouleversement des règles de nutrition. Bon appétit.

Plus loin, en descendant une série d’escaliers qui nous éloignent un peu des curieux venus juste s’imprégner de l’ambiance du festival en savourant des bières, on rejoint l’obscurité d’une salle de cinéma pour découvrir ce que la Compétition Internationale propose à son public aujourd’hui. A 16h00, une seule sélection dans la programmation. Donc, pas le choix, le public doit savourer le long-métrage qui fut présenté pour la première fois au LUFF durant sa Cérémonie d’ouverture, il y a 2 jours. Un thriller horrifique en provenance de l’Australie, intitulé REDD INC. De Daniel Krige (2012). Redd, patron au tempérament devenu psychotique, force ses employés à trouver le responsable d'un crime dont il est accusé. Obnubilé par son objectif, chaque écart de conduite de la part de son staff se voit sanctionné de manière sanglante.



C’est SAW au bureau! Ce long-métrage plutôt sanguinolent qui procure un plaisir pervers quasi-immédiat semble davantage avoir sa place au NIFF qu’au LUFF. Bien sadique, porté par de superbes effets gore mis en boîte par le génial Tom Savini, il y a ici matière à être bien dégoûté, tout en grinçant des dents et - pourquoi pas? - tourner de l’œil. D’ailleurs, il semble bien que des spectateurs un peu trop téméraires n’ont pas supporter l’intensité de certaines séquences et se sont évanouis lors d’antécédentes projections lors de festivals. Un argument de vente racoleur qui fait bien son boulot car la séance au Cinématographe fut quasiment complète.



Film d’horreur, peut-être, mais il est aussi possible de prendre ce REDD INC. comme une comédie noire plutôt drôle à l’image de SEVERANCE de Christopher Smith (2006). Ici, la mauvaise blague prend place dans une bureaucratie où les témoins d’une affaire sordide se retrouvent séquestrées et victimes d’un système administratif tordu dirigé par « le meilleur patron du monde ». Une ambiance satirique où s’enchaîne tortures et morts violentes, le réalisateur s‘en prenant au monde de l‘entreprise et du système judiciaire... Rien de bien neuf à l’écran mais l’ensemble est emballé avec un certain panache qui rend l’expérience plutôt plaisante à suivre. Petit plaisir voyeuriste, on appréciera de voir Kelly Paterniti - troublant sosie de Danielle Harris - effectuer un petit striptease en webcam.

La suite du programme de la Compétition Internationale est moins heureuse avec la prochaine sélection titrée THE DEVIL’S BUSINESS de l’anglais Sean Hogan (2011). Deux tueurs à gages venus exécuter un contrat dans une demeure pour le compte de leur patron se retrouvent aux prises avec un adepte de cérémonies sataniques. Une intrigue en temps réel dans un décor unique où un trio de comédiens s’adonnent à des joutes verbales incessantes. Production bon marché réalisé avec trois fois rien, le film n’a pas davantage à nous offrir. L’économie de moyens ne décuple pas le talent et cette histoire aurait sans doute bien mieux fonctionné si elle s’était réduite à l’état de court-métrage.


19h30. La soirée se poursuit aux alentours du Casino de Montbenon, lieu de résidence de la Cinémathèque, le public se regroupe en masse devant le bâtiment, dans l’attente des prochaines festivités. Bien que l’arrivée de John Waters soit imminente; son « one man show » intitulé THIS FILTHY WORLD ayant lieu à dix minutes à pied d’ici, au Capitole, plus vieille salle de cinéma de la ville; il y a encore grande foule dans les environs. Les gens se préparant gentiment aux futurs concerts de la salle des Fêtes en buvant des coups dans le froid de la nuit. La présence au programme de l’ex-Sonic Youth Kim Gordon rameute donc pas mal de monde…




Pour les plus cinéphiles d’entre nous, c’est le moment d’un retour salvateur dans la chaleur bienveillante de la salle du Cinématographe pour une nouvelle découverte dans la sélection proclamée « Anarchy In Marxlands : Censorship in Soviet Satellites ». Encore une fois la salle est quasi-pleine pour la projection d’un film tchèque nommé LES PETITES MARGUERITES (Sedmikrásky) de Vera Chytilová (1966). Une œuvre engagée qui se présente comme une farce féministe avant-gardiste critiquant une forme de complaisance et de déshumanisation de la société matérialiste tout en prônant sa destruction. Complexe, le long-métrage est avant tout savoureux pour son imagerie abstraite, fait de collages surréalistes et de séquences de gaspillage de nourriture jugées proprement scandaleux à l’époque de sa sortie. Le film montre une somme géniale d’expérimentations visuelles. Ces innovations narratives spectaculaires qui jouent avec les outils de montage, musique, bruitages sonores et de la colorimétrie sont un bel exemple de la richesse de la Nouvelle Vague cinématographique de la Tchécoslovaquie. Ce long-métrage aux allusions politiques en discordance avec le régime de l’époque fut finalement condamné une année plus tard après sa sélection dans un festival d’Europe de l’Ouest. Du cinoche qui crie sa liberté d’expression. A voir absolument!


Dans la même catégorie d’œuvres « dangereuses » qui repoussent les limites de l’acceptable, il y avait la possibilité de voir également le très controversé SWEET MOVIE de Dusan Makavejev (1974). Autre œuvre forte cette fois-ci au contenu nettement plus explicite en guise de critique envers les politiques socialistes d’Europe de l’Est, le film contient quelques séquences de scatophilie et plus spécifiquement de pornographie infantile. De quoi bien choquer certain(e)s spectateurs/trices non averti(e)s qui peuvent avoir du mal à digérer ce genre d’imagerie. C’est l’expérience qu’a dû subir une amie qui s’est retrouvée bien remontée contre le LUFF et sa (non) présentation du film sans une véritable mise en contexte/perspective. Voilà de quoi initier un débat très intéressant sur ce qui est montrable ou non dans un festival, et surtout la responsabilité de celui-ci vis-à-vis d’un public souvent très passif devant ce qu’il regarde… Ainsi, se déroula le reste d’une soirée finalement plus mouvementée que prévue mais pas moins intéressante, m’obligeant à faire l’impasse sur un dernier film situé bien loin de la Cinémathèque au profit d’une discussion riche et en plein air avec une spectatrice occasionnelle qui se souviendra sans doute encore bien longtemps de son passage dans ce festival « underground ».

Pour ce qui est des nuits « musicales » du LUFF, c’est finalement un heureux concours de circonstance qui m’aura amené à veiller plus tardivement sur place qu’à mon habitude et d’avoir l’opportunité de traîner mon âme cinéphilique parmi les mélomanes égarés au milieu d’une « noise » intrigante. Et à l’heure tardive actuelle, jusqu’à presque 2 heures du matin, c’est avec une admiration collective que l’on dresse nos sens vers la performance scénique de Kim Gordon en duo avec Bill Nace pour une collaboration audacieuse qui a toute sa place dans une sélection sonore qui met parfois à mal nos oreilles. Cette petite heure de concert fut particulièrement envoûtante. Et c’est l’esprit gorgé de sons que je retrouve la nuit sombre et glaciale, en emportant avec soi un peu de l’atmosphère si spéciale du LUFF…

Au revoir...

Au revoir...
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