dimanche 27 mai 2012

Freeze Me : PECHE MORTEL


PECHE MORTEL (Leave Her To Heaven) de John M. Stahl (1946), est un superbe drame avec une distribution quatre étoiles. La sublime Gene Tierney y détient le rôle principal pour lequel elle a obtenu une nomination à l’oscar de la meilleure actrice. Elle y interprète le portrait d’une jeune femme jalouse et possessive qui ruinera petit à petit son couple qu’elle forme avec le séduisant Cornel Wilde. Dans un second rôle on y retrouve le toujours impeccable Vincent Price dans le rôle d’un politicien…

Ce qui sidère dans ce film c’est l’utilisation assez remarquable du Technicolor par Leon Shamroy qui offre au long-métrage une sensationnelle patine visuelle qui lui permettra d’obtenir son seul et unique oscar, amplement mérité. PECHE MORTEL reste, plus de 60 après sa sortie en salles, un véritable ravissement pour les yeux! Une merveille! Enjoy!

mardi 22 mai 2012

DECOMPTE DU MOIS : AVRIL

Au mois d’avril, tu ne dépenseras plus une thune! C’est presque vrai… Du moins pour ce qui concerne l’achat de DVDs, dont l’implacable consommation a été passablement réduite. Néanmoins, un petit détour sur Amazon Angleterre pour profiter pleinement des prix dérisoires et me prendre quelques films de ninjas - dont l’un avec Franco Nero! - et puis aussi une bizarrerie romanesque avec Olivia Newton John et John Travolta, une série B « Schock »  avec Thierry Lhermitte et puis l’édition tant attendue du chef-d’œuvre de Ken Russell. Petite provision mais pas des moindres avec bien quelques petites merveilles dans le lot. Et puis aussi le « Director’s Cut » d’un autre chef-d’œuvre par Peter Weir en Haute Définition. Joie.

Au niveau de l’excès, j’ai dévalisé une grande portion de mangas chez mon libraire. La faute à un ami français qui m’a poussé à découvrir la série BERSERK. Et je ne lui en veux pas, tellement c’est fabuleux! Comment ai-je pu passer à côté ces dernières années? La suite, au mois de mai!

Pour finir, niveau musique, petit passage via le site internet de Nonesuch Records pour me choper des disques de Jonny Greenwood et puis j’ai également pas mal farfouillé chez Finders Keepers pour trouver quelques belles découvertes en matière de « soundtracks » de films exotiques. Et puis, ô bonheur, d’acquérir des bandes originales de films de Jean Rollin. Et sur différents formats : CD, Vinyles, K7 Audio… Quand on aime on ne compte pas! Enjoy!


Films en DVD : LE CRI DES TENEBRES (Cries Of The Night) de William Fruet (1980) - UN ETE D'ENFER de Michael Schock (1984) - LES DIABLES (The Devils) de Ken Russell (1971) - L'IMPLACABLE NINJA (Enter The Ninja) de Menahem Golan (1981) - NINJA ULTIME VIOLENCE (Revenge Of The Ninja) de Sam Firstenberg (1983) - SECONDE CHANCE (Two Of A Kind) de John Herzfeld (1983)

Films en Blu-Ray : PINA de Wim Wenders (2011) - PIQUE-NIQUE A HANGING ROCK (Picnic At Hanging Rock) de Peter Weir (1975)

Musique CD : BOLLYWOOD BLOODBATH by Bappi Lahiri, Sapan Jagmohan, Asha Bhosle, Laxmikant-Pyarelal, R.D. Burman & More - NORWEGIAN WOOD by Jonny Greenwood - THE B-MUSIC OF JEAN ROLLIN by Various Artists - "LIFE IS DANCE!" by Various Artists - FASCINATION de Philippe D'Aram - REQUIEM POUR UN VAMPIRE de Pierre Raph - FEVER RAY "Fever Ray" - MILLA JOVOVICH "The Divine Comedy" - ÓLÖF ARNALDS "Innundir Skinni" - GET THE BLESSING "Oc Dc" - GOOGOOSH  "Googoosh" - THRENODY FOR THE VICTIMS OF HIROSHIMA; POPCORN SUPERHET RECEIVER; POLYMORPHIA; 48 RESPONSES TO POLYMORPHIA by Krzysztof Penderecki/ Jonny Greenwood

Musique Vinyles : FASCINATION de Philippe D'Aram - REQUIEM POUR UN VAMPIRE de Pierre Raph

Musique K7 Audio : FASCINATION de Philippe D'Aram - REQUIEM POUR UN VAMPIRE de Pierre Raph

Bandes dessinée, & Mangas : MAX ET NINA, Tome 6 : Quitte Ou Double de Dodo & Ben Radis - L'ENFANT INSECTE de Hideshi Hino - BERSERK, Tome 1 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 2 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 3 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 4 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 5 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 6 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 7 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 8 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 9 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 10 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 11 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 12 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 13 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 14 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 15 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 16 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 17 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 18 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 19 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 20 de Kentaro Miura - BERSERK, Tome 21 de Kentaro Miura


dimanche 20 mai 2012

HARCELEE!

HARCELEE! (Osou!) de Yasuharu Hasebe (1978)

Kumiko, pervenche de son état, est amoureuse de Tamura, le chef de service de son commissariat. Mais Tamura, homme à femmes, lui préfère ses petites collègues secrétaires. Terriblement frustrée, Kumiko finit par être harcelée par ses propres fantasmes : chaque fois qu’elle pense à Tamura, elle s’imagine en train d’être sauvagement agressée par un violeur invisible. Jusqu’au jour où elle est victime d’un viol bien réel. Tamura mène l’enquête, et c’est l’occasion rêvée pour Kumiko de se rapprocher de lui…

Un an après avoir mis en scène LE VIOLEUR A LA ROSE qui inaugurait le « roman porno violent », Yasuharu Hasebe récidive avec une nouvelle histoire de viols à l’aide, cette fois-ci des accords symphoniques de Beethoven. Loin de se répéter, le réalisateur se sert de sa thématique de prédilection pour décortiquer les propres désirs qui tourmentent une jeune contractuelle.


Caméra à l’épaule, le cinéaste distille une ambiance héritée du giallo avec son inquiétant assaillant dont on ne voit jamais le visage. On distingue des mains gantées qui se pose sur la victime pour la menotter, lui mettant aussi du ruban adhésif sur la bouche pour l’empêcher de crier et lui couvrir les yeux pour ne pas être reconnu.  Pas de viol stylisé, la mise en scène se fait chaotique et souvent dans la pénombre. Si bien que l’on n’en voit pas grand-chose… Et à chaque fois, on use de la même technique pour abuser de Kumiko. D’où découle un léger sentiment de répétition.


Asami Ogawa interprète la pauvre « victime » qui ne semble guère traumatisée par ce qui lui arrive… Et si, finalement, l’acte du viol en lui-même lui permettait de se libérer sexuellement? Dans ce scénario fantasmée, difficile de distinguer ce qui est vrai ou non. Et le visage vide et sans émotion de l’actrice ne facilite pas une identification déjà pénible pour cette héroïne qui semble traverser les événements sans qu’ils aient la moindre emprise sur elle.

Si l’intrigue de HARCELEE! n’est pas des plus simple à décortiquer, Hasebe nous gratifie heureusement d’une mise en scène souvent très réussie et énergique. Particulièrement dans sa séquence d’introduction où Kumiko, au volant de son automobile, se voit prise en chasse par un camion de transport. Au niveau de l’action, tout ceci est quand même nettement plus convaincant à voir que les retombées psychologiques que ces actes de dépravations ont pour effet sur la femme-flic. Et puis il y a aussi l’usage de la musique classique qui insuffle au long-métrage une émotion qu’il parviendrait difficilement à obtenir sans ce support musical.


Au final, ce film de Yasuharu Hasebe n’est de loin pas aussi prenant que sa précédente œuvre à la thématique similaire. La faute sans doute à une histoire aux partis pris nébuleux, aux séquences sexuelles répétitives et dont la résolution finale ne convainc pas. La faute en incombe peut-être à sa très peu réactive actrice principale qui n’aide pas vraiment à nous impliquer davantage dans cette bizarre histoire de viol libérateur. 

JOURNAL EROTIQUE D'UNE SECRETAIRE

JOURNAL EROTIQUE D'UNE SECRETAIRE (OL Kanno Nikki: Ah! Watashi No Naka De) de Masaru Konuma (1977)

Asami, secrétaire, 24 ans, vit avec son père veuf qui voudrait bien la marier. Mais elle est la maîtresse de son chef de service qui lui a promis le mariage. Un jour, elle comprend qu’elle n’est qu’un jouet sexuel pour lui. Tombée des nues, Asami décide de tout quitter : son père, son amant, son travail… et de partir sur les routes.

Après le film JOURNAL EROTIQUE D’UNE INFIRMIERE de Chûsei Sone réalisé en 1976, voici que le studio Nikkatsu nous propose une portrait d’un tout autre genre avec ce nouveau « journal » qui décrit le quotidien d‘une secrétaire. Une série à l’intérieur du genre « roman porno » qui comportera 7 opus consacré à l’OL que l’on traduit par « Office Lady ».


C’est dans ce film qu’apparaît pour la toute première fois Asami Ogawa. Une jeune femme de 22 ans, beauté assez ordinaire à la frêle anatomie qui contraste assez violemment avec les physiques beaucoup plus sensuelles d’actrices de première génération comme Naomi Tani, Junko Miyashita ou Mari Tanaka. Elle y dégage une image de fragilité et de timidité qui la rendra extrêmement attachante aux yeux du public et ce malgré des talents de comédiennes guère exceptionnels.

Le quotidien de la secrétaire se passe entre des journées au bureau au milieu de ses collègues qui tapent à la machine à écrire et des soirées à s’occuper de son papa veuf qui noie son ennui dans l’alcool. Et puis, de temps en temps, dans une chambre d’hôtel louée pour l’occasion, elle couche avec son boss en attendant un avenir meilleur…Le film de Konuma transpire la tristesse et la mélancolie des femmes qui ne voient pas l’horizon avec espoir. Izumida, collègue d’Asami, tombe sans arrêt amoureuse de ses partenaires qui en profite pour abuser d’elle au bureau et dans n’importe quelle situation. Le réalisateur arrive très bien à saisir la détresse de la jeune femme lors d’une scène d’attouchements dans un ascenseur qui aura bien secoué l’employée…  Les années passent vite et si on ne se trouve pas un époux avant la trentaine; et devenir une femme au foyer modèle; on peut s’entendre dire qu’on a raté sa vie. JOURNAL EROTIQUE D’UNE SECRETAIRE dénote cet état des faits.


Le papa d’Asami, proche de la retraite, essaie de mettre sa fille à l’abri du besoin en organisant une rencontre avec un bon parti… Izumida, de son côté, tombera sous le charme du vieil homme en se disant que finalement il est gentil et aime l’alcool également, cela devrait sans doute suffire à son propre bonheur… Asami, guère avancée par sa situation avec son supérieur hiérarchique finit par tomber amoureuse d’un marchand de rue qui teint des petits poussins... L’avenir, grande inconnue, ne brille pas au beau fixe.

L’illustration, par les rapports sexuels, des relations entre les personnages, place la femme dans une position souvent inconfortable. Il n’y aura finalement que lorsque Asami se donnera volontairement à son vendeur ambulant qu’elle semble trouver un instant de bonheur éphémère. Ironie du sort, ce ne sera que l’unique scène du film que le cinéaste met en scène de manière surréaliste. Un moment poétique dans un quotidien morne et sans couleurs.


En essayant de renoncer à sa condition de femme que la société japonaise lui dicte, la femme chez Konuma décide finalement de se reprendre en main. Il faudra tout de même qu’il y ait eu viol avant cette décision plutôt sage. Toutefois, même s’il plane sur le destin d’Asami un parfum de liberté et de solitude assumée, Konuma n’est pas dupe face à cette existence nouvelle et incertaine qui s‘offre à elle. Et au film d’offrir un véritable morceau de bravoure filmique en utilisant « Watashi wa kaze / Je suis le vent », une chanson entonnée par Carmen Maki où par le biais des paroles le réalisateur laisse s’exprimer les sentiments de son héroïne. Mais il ne faudra sans doute pas bien longtemps avant que les hauts buildings de Tokyo qui entourent la jeune femme ne se renferment sur elle. Emouvant.

samedi 19 mai 2012

FLEUR EMPOISONNEE

FLEUR EMPOISONNEE (Shôwa Erotica: Bara No Kifujin) de Katsuhiko Fujii (1980)

Au cours de l’hiver 1941, Kumiko, une marquise, fuit son vieil époux pervers et trouve refuge dans les bras d’un artiste. Ce dernier décide d’aller à la rencontre du marquis, reclus dans son manoir, pour lui demander de quitter Kumiko. La requête de l’amant n’étonne pas le vieil homme outre mesure. Il l’invite même à séjourner chez lui quelques jours, le temps de lui narrer l’histoire de Kumiko. Un étrange huis clos s’installe.

Réalisateur de la comédie L'EPOUSE, L'AMANTE ET LA SECRETAIRE sortie deux ans plus tard, Katsuhiko Fujii fut aussi le créateur d’une autre intrigue à multiples personnages qui, cette fois-ci, se révèle absolument délectable. Ayant pour toile de fond le déclenchement de la guerre du Pacifique, l’intrigue mystérieuse auquel nous convie le cinéaste s’apparente à une sorte de Cluedo érotique bien tordu.


En s’invitant dans la demeure du vicomte pour lui offrir une peinture de son épouse ainsi que pour lui demander la main de cette dernière, Akimoto, et par là même occasion le spectateur, pénètre la demeure isolée en plein cœur des montagnes Nagano. C’est ainsi que l’on s’enferme dans une sorte d’estrade théâtrale perverse où vont se croiser quantité de personnalités qui auront chacune un rôle à jouer dans l’histoire de l’infortunée demoiselle en apparence sous l’emprise d’un vieux cochon. Il y a tout d’abord la fille d’un héros japonais accompagné de ses deux gardes du corps; celle-ci étant une fétichiste du régime fasciste, elle porte un costume allemand et orne fièrement ses écussons nazis tandis que sous sa chemise et entre ses seins se dissimule une croix gammée. Plus tard, viendra s’ajouter un docteur et une infirmière; et puis aussi deux soldats japonais à la recherche d’un espion russe débarqueront en soirée pour y demander l’hospitalité à leur hôte. Tout ce beau monde, comme dans un grand échiquier humain, aura un rôle à jouer...

FLEUR EMPOISONNEE est un film visuellement somptueux. Le travail sur les décors et les costumes sont un régal pour les yeux; de même que la photographie du film qui génère des ambiances assez incroyables allant d’une atmosphère gothique à souhait pour parfois avoir des relents de thriller italien. Il faut dire qu’avec un intrus dans la maison, masqué de gants blancs et armé d’un rasoir, on n’est plus très loin d’un giallo. Pour encore plus renforcer l’affiliation de cette œuvre avec le genre en question, le réalisateur y incorpore également une petite comptine et un traumatisme de l’enfance via un petit moulin à vent qui aura bien entendu tout son impact lors des révélations finales. Cela fait partie des multiples surprises que comporte le long-métrage de Fujii qui ne cesse de surprendre par ses nombreuses idées à la fois visuelles et scénaristiques. Car on est loin d’avoir tout découvert…


Les séquences sexuellement explicites qui parsèment judicieusement l’intrigue sont à chaque fois d’un érotisme sadique assez jubilatoire. On y effectue le rasage intégrale du sexe féminin - pratique inhumaine selon notre ami le peintre! - et lorsqu’il s’agit d’enquêter sur la disparition du gros bijou de la jeune épouse, on nous gratifie d’un interrogatoire musclé qui vire dans une représentation du sadomasochisme le plus humiliant. Pauvre infirmière…

Le spectacle gratiné que nous offre le vicomte et ses convives atteint bientôt son point culminant avec la résolution des nombreuses questions accumulées à force d’événements inattendus. Et le dernier acte est encore une fois aussi surprenant que tout le reste. Il ne sombre pas, à quelques détails près, dans la facilité et se révèle même particulièrement jouissif et hautement pervers. On regrettera juste quelques petites faiblesses au niveau de la mise en scène, en particulier un accident de moto passablement raté, mais qui n’entache quasiment pas le plaisir qui procure son twist final bien amené et non dénué d’humour.


FLEUR EMPOISONNEE est donc un long-métrage sacrément réjouissant sur tous les points. Un petit joyau noir très divertissant qui possède à la fois un scénario aux multiples rebondissements tous très surprenants et surtout une beauté formelle chatoyant le regard à tout instant. Il faut aussi y rajouter la plastique sensuelle de ces deux comédiennes, Erina Miyai qui personnifie la malheureuse marquise sans oublier la perverse en uniforme nazie, l’étrange Yuko Asuka. Un « roman porno » formidable comme on aimerait en voir plus souvent. Indispensable!

Au revoir...

Au revoir...
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