lundi 22 octobre 2012

LUFF 2012 : Séances dominicales




Après un samedi soir de festival; les films, les concerts, la bière et les éventualités nocturnes… Difficile de se remettre d’attaque pour une journée dominicale au sein du LUFF. Malgré les gueules de bois ou les « shameover  » comme dirait John Waters - lorsqu’un plan cul se termine mal et qu’on se retrouve à boire pour oublier, le public est quand même bien présent aujourd’hui pour les derniers soubresauts d’une manifestation qui a déjà célébré sa clôture la nuit passée. Il faut dire que ce dimanche réserve tout de même son lot de réjouissantes surprises. Ouverture exceptionnelle de la librairie Humus - John Waters viendra même y faire un détour pour y dénicher notamment un bouquin sur Pasolini. Possibilité de rencontrer le « Pape du trash » en personne, obtenir une dédicace, se faire tirer le portrait en sa compagnie... Dans le « salon blanc », l’équipe du LUFF se détend quelque peu avec ses stars et invités à quelques pas des fans, se prélassant tranquillement sur des canapés.



Pour bien terminer tranquillement cette dernière journée « underground », le LUFF propose encore de se mater quelques pellicules bien barrées sur grand écran. A partir de 16h00, on se dirige tranquillement dans la salle Paderewski complètement vide si  ce n’est notre invité de marque de cette onzième édition du Lausanne Underground Film & Music Festival qui prépare en avance son futur petit discours de présentation pour la dernière sélection de sa « Carte Blanche »: la diffusion sur grand écran de l’éprouvant film de  Agustí Villaronga IN A GLASS CAGE (Tras El Cristal) datant de 1987. John Waters étant un grand fan de ce long-métrage, une citation alléchante du réalisateur de PINK FLAMINGOS s’affiche d’ailleurs sur le poster du film espagnol : « They don’t make art-shockers like this anymore. IN A GLASS CAGE is a great film, but I’m scared to show it to my friends ». John Waters finira pour en parler au public du LUFF,  déclamant une immense passion pour cette œuvre atypique qui continue encore aujourd’hui à être un spectacle particulièrement marquant.


Suite à un suicide raté, Klaus, un ancien nazi pédophile, se retrouve prisonnier d'un caisson de verre lui permettant de vivre sous assistance respiratoire. Incapable de gérer la situation, sa femme souhaite engager une nurse. C'est alors qu'arrive Angelo, jeune infirmier tout juste sorti de l'adolescence... Avec un sujet aussi difficile comme premier long-métrage, Villaronga met en scène un psychodrame fort et dérangeant. L’atmosphère y est terriblement pesante tout en parvenant à distiller une imagerie  d’une beauté réellement troublante. Un poème visuel stylisé et passionnant sur le comportement humain et sa capacité à accomplir les pires atrocités. Un véritable film « d’horreurs » qui, sans être trop graphique, parvient à être constamment perturbant. La distribution apportant énormément au malaise ambiant, notamment les performances de jeunes comédiens confrontés à des situations très éprouvantes. Un spectacle pour public averti, forcément inoubliable!


John Waters reviendra encore une ultime fois dans la salle Paderewski pour la toute dernière séance consacrée à son propre cinéma avec DESPERATE LIVING  qui constitue avec PINK FLAMINGOS et FEMALE TROUBLE ses trois œuvres « trash » mises en boîte dans les années 70. Si ici on ne retrouve pas Divine à l’écran, le spectacle n’en est pas moins outrageant et constitue pour son auteur une véritable évolution dans sa mise en scène qui prend ici une dimension épique, toutes proportions gardées. On y retrouve bien sûr son univers si particulier et ses personnages dégoûtants qui se regroupent ici dans un état totalitaire à travers Mortville, une sorte de bidonville crasseux abritant tous les rebuts de la société sous le joug de l‘ignoble Reine Carlotta.


Bien rythmé et ponctué par des dialogues et des situations d’un mauvais goût remarquable; ce récit délirant remplit de furies lesbiennes hystériques offre à Mink Stole le rôle d’une bourgeoise névrosée qui est en soi un spectacle à elle seule. Une performance incroyable qui transforme le long-métrage en véritable odyssée surréaliste. Choquant tout en étant irrésistiblement hilarant de bout en bout, Waters n’a vraiment peur de rien et réalise avec DESPERATE LIVING une de ses œuvres phares. Pour les amateurs de son cinéma, c’est un incontournable! Une excellente façon de terminer cette mini-rétrospective LUFF avec l’une des figures les plus importantes du cinéma « trash »!





La toute dernière projection de la soirée dans la salle Paderewski,  SWEET MOVIE de Dusan Makavejev (1974), permet à un public venu en masse de découvrir cet étrange film mélangeant des artistes de tous horizons. Ce long-métrage met en parallèle plusieurs histoires pour un résultat qui mixe satyre, sexe et controverse politique. On n’est pas ici dans un cinéma traditionnel mais plutôt devant une œuvre d’art anarchique, entre performances et pseudo-documentaire. Souvent révoltant, parfois dégoûtant mais aussi drôle, beau et sexy, le contenu de ce film ne laissera personne insensible devant des images démentes, poétiques, révoltantes ; générant parfois un certain malaise. Sans concessions et avec une bonne dose de provocation, qu’on la juge gratuite ou nécessaire, le cinéma de Makavejev n’est pas forcément pour tous les goûts et peut être à ne pas à mettre devant tous les regards. Naviguant quelquefois sur le fil du rasoir avec certaines séquences tendancieuses qui révulsera les esprits les plus sensibles, SWEET MOVIE est une expérience étonnante et unique qui a tout à fait sa place au LUFF dont c’est tout à son honneur de ressortir ce long-métrage sévèrement censuré dans de nombreux pays qui nous a été présenté ici dans sa version la plus complète.




Voilà. C'est fini! Bonne nuit. C’est le moment de récupérer un peu. A l’année prochain, c’est évident!

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