samedi 27 octobre 2012

LANTERNE PHALLIQUE : FLOWER & SNAKE


Ce vendredi soir pluvieux est l’occasion parfaite de s’enfermer dans une salle de cinéma. Qui plus est lorsqu’il s’agit de la deuxième soirée organisé par le Zinéma de Lausanne, petit cinéma alternatif de la ville qui s’octroie chaque dernier vendredi de chaque mois une séance spéciale dans le cadre d’un festival de « films pour adultes » qui se dévoile sous le nom très explicite de La Lanterne Phallique. Après les expérimentations pornographiques de SUKA OFF en septembre dernier, octobre est l’occasion de s’offrir un nouveau spectacle « éducatif » qui se compose d’une thématique spécifique bien explorée à travers un film et qui sera suivi ensuite d’une performance particulière…

En ce 26 octobre 2012, on explore le thème du bondage avec la diffusion du long-métrage FLOWER & SNAKE (Hana To Hebi) de Takashi Ishii (2004). Un titre curieux qui, sous couvert d’une intrigue incluant des affaires de yakuzas, révèle très vite son caractère érotique et bien pervers où un boss de 95 ans reçoit pour le paiement d’une dette d’un homme d’affaire véreux la femme de celui-ci, une danseuse de tango mondialement reconnue. Celle-ci, contre son gré, va alors plonger dans un monde de dérives sexuelles duquel on ne sort pas indemne…





Cette œuvre vaut spécialement le coup d’œil pour ses pratiques sadomasochistes plutôt explicites où s’entremêlent fétichisme, tortures et usage de cordages où le corps d’une femme est malmené dans diverses postures de soumission. Le réalisateur accordant une large portion de son long-métrage à des sévices spécifiques pour bien détailler le calvaire de son personnage féminin. De la douleur et du plaisir. Des tableaux visuellement aussi somptueux que grotesques qui, bien que parfois répétitifs, proposent des rituels sexuellement assez élaborés. La fascination qu’occasionne ce spectacle qui pourrait choquer les âmes les plus sensibles revient spécialement à la comédienne Aya Sugimoto dont la performance physique est des plus remarquables.

Enchaînant beauté et climat sordide à la fois, FLOWER & SNAKE reste tout de même beaucoup trop long à suivre et n’évite malheureusement pas une certaine lassitude devant cette débauche de pratiques déviantes qui finissent par perdre un peu de leur impact sur une durée trop étendue. Toutefois, le film reste une véritable curiosité à découvrir, détaillant avec un regard généreux ses gros délires SM.












Cette seconde soirée à La Lanterne Phallique nous offrait également l’occasion, après la fiction japonaise, de voir une démonstration en direct de la pratique de bondage au sein même des locaux du Zinéma. Les invités de l’événement, deux femmes et un homme se préparent ensuite sous un crochet installé au milieu de la salle à effectuer à la suite deux performances. Tout d’abord, un homme attache une femme aux seins nus devant un parterre de spectateurs pour ensuite alterner par une variante où l’homme se fera ensuite lui-même encorder par un autre partenaire féminin. L’ensemble était baigné par une musique enivrante rappelant le Japon traditionnel tandis que s’enchaînent les figures géométriques où les corps se retrouvent liés d’une multitude de cordages dans un jeu de dominant/dominé, suspendus au-dessus du sol.











Spectaculaire réceptacle de sensations étranges, la vision de cette pratique est subjuguant et très troublant.  L’enchaînement très rapide de nœuds qui se font et se défont sur le buste, les hanches, les poignets, les chevilles et les jambes avec une dextérité incroyable préfigure une danse des sens littéralement époustouflante. Voir un corps qui valse dans les airs, tourbillonnant sur lui-même, se donnant entièrement à la maîtrise de son partenaire qui l’expose et en révèle autant sa force que sa fragilité, sa sensualité. A mille lieux d’un exposé graphique de ce que beaucoup pourrait considérer comme une déviance sexuelle, les « performers » dévoile ici un Art complexe d’une beauté réellement saisissante.

Une démonstration de shibari/kinbaku avec des pointures dans le domaine qui auront sans nulle doute fasciné un public d’adeptes et de curieux qui se sont déplacés en masse ce soir-là. A tel point que le Zinéma aura dû refuser du monde par manque de place. Un succès qui aura fait au moins une jalouse en la personne d’une voisine d’étage, bien agacée par la gêne sonore occasionnée par l’after-party de cette manifestation alternative; au point d’essayer de balancer des seaux d’eau sur la tronche des spectateurs avant de poursuivre en nous envoyant énergiquement quelques patates depuis une fenêtre de l’immeuble. La Lanterne Phallique n’y a apparemment pas que des amis. 

Histoire de poursuivre l’expérience un peu plus loin, l’Art des cordes proposé par Air Shibari Lausanne se poursuit ce samedi 27 octobre 2012 avec un atelier ouvert au public. Qui a dit « Attache-moi!»?…


4 commentaires:

  1. Merci pour ce bel article! ça donne envie.
    De qui sont les photos?
    merci

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  2. Merci! :)
    Les photos ont été prises par moi-même. ;)

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  3. J'aurais souhaité en utiliser deux si tu es ok.
    Contactes moi ici et je t'explique.
    contact@berenice-v.com

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  4. ...Le lien esthétique et la corde du corps.Très beau.

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Au revoir...

Au revoir...
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