jeudi 13 septembre 2012

Concerts : KIMBRA (Nouvelle-Zélande) + LICIA CHERY (Suisse)


C'est aux Docks de Lausanne que je refais mon plongeon parmi la foule des concerts. Non pas qu'il s'agisse de ma salle de spectacles favorite, mais il est quand même bien agréable d'y venir à pied depuis chez soi. Ticket en mains, c'est un double programme qui m'attend en ce mercredi soir pluvieux. Vers 19h30 le public est encore bien dispersé autour de l'entrepôt. Je n'ai donc pas de problèmes pour m'insérer dans la salle et y trouver une place avantageuse. Debout, quasiment au milieu et tout devant la scène, face au micro de l'artiste qui se perche sur les hauteurs... Parfait! En guise d'apéro musical, il s'agit d'abord d'une jeune artiste haïtienne en ouverture nommée Licia Chery. Et c'est peu après 20 heures que débutent les festivités. Sur la scène, toute une batterie d'instruments attendent dans la pénombre : synthétiseurs, percussions, diverses guitares électriques et tout plein de micros au milieu d'une mare de câblages comme autant de serpents se mouvant sur le sol. Le programme de la soirée va sans aucun doute être bien animée...


Pour l'instant, en guise de préambule, le guitariste de la chanteuse arpente la scène pour brancher son instrument et démarre sans tarder ses mélodies à la guitare sèche. A gauche, Licia s'avance gentiment face au public pour débuter son "showcase". Séduisante dans sa jolie robe, elle entame sa première chanson en anglais d'une voix suave... Choc! Quelle puissance dans les cordes vocales! Il ne faudra pas bien longtemps pour que la jeune femme nous captive immédiatement de son timbre musical bien affirmé. D'inspirations diverses, entre blues et soul avec des textes souvent plein de charme, drôles ou engagés, Licia Chery impressionne par son talent et sa présence illumine la place des Docks. La jeune femme sait également séduire son audience avec lequel elle se montre d'une aisance interactive délicieuse. Crescendo dans les applaudissements, claps des mains en rythme et un refrain repris - timidement - à tue-tête, le mini-concert de l'artiste prend des proportions presque intimistes, développant un lien fort avec ses spectateurs. Venue de Genève, il s'agit donc d'une artiste "locale" et c'est un vent de fraîcheur que l'on découvre devant nous. La voix porte de belles chansons, souvent entraînantes et bien secondé par un guitariste à la dextérité imparable. Celui-ci sera d'ailleurs mis à rude épreuve, se voyant demander de jouer toujours plus vite une mélodie obsédante. Le duo est excellent, le public rapidement conquis et en redemande. Admiratrice de Michael Jackson, elle propose même sa propre interprétation du classique "Beat It" qui gagne davantage d'émotions dans cette variation plutôt étonnante.



Licia Chery vient de sortir son premier album intitulé "Blue Your Mind" au mois de juin de cette année. Une belle réussite pour la chanteuse qui gagnerait à être davantage mise en avant sur la scène musicale suisse. Avoir eu la chance de l'admirer en "live" dans cette salle de concert, l'artiste montre qu'elle apporte une vraie présence sur scène, attachante aux yeux du public et dont la voix est terriblement accrocheuse. Cet avant-programme d'à peine une demie-heure fut une découverte de grande qualité qui donne envie d'en entendre bien plus. Et, apparemment, les spectateurs de ce soir semblent également séduits par le spectacle; l'ensemble des disques à disposition dans la boutique improvisée des Docks ayant rapidement disparus entre les mains de nouveaux fans. Ce n'est donc pas cette nuit que je posséderai ce précieux album mais me mettrai en quête au plus vite de ce "Blue Your Mind" qui me trotte déjà dans la tête! "You Make Me Blue, Baby... You Make Me Blue"... Pour la suite de l'actualité de Licia Chery, une seule adresse : http://www.liciachery.com






Une fois passé l'enchantement engendré par Licia Chery, il ne faudra pas moins d'une bonne demie-heure pour que les techniciens des Docks s'affairent au milieu des instruments pour les derniers préparatifs du grand concert de la soirée. Pour sa première fois en Suisse, c'est l'occasion pour un public de plus en plus amassé contre le devant de la scène de venir voir de près cette chanteuse néo-zélandaise nommée Kimbra! Pour ma part, ce fut à travers le fabuleux vidéoclip "Settle Down" dévoilé durant l'automne 2011 que j'ai découvert cette artiste. Autant envoûté par sa voix que par son allure, il n'a pas fallut bien longtemps avant de devenir complètement accro... Pourtant, ce n'est pas avant 2012 que son album "Vows" est finalement sorti. Après maintes collaborations diverses et de "live" parsemés à travers le globe, Kimbra débarque enfin dans nos contrées. Depuis donc plus d'une année, c'est avec un curieux détachement que j'ai écouté certaines de ses chansons via le Net, affublé parfois de curieux vidéoclips qui démontraient déjà la nature particulière de cette femme au visage de poupée. Sans pour autant être obsédante, Kimbra n'a jamais réellement quitté mon esprit. Mais, jusqu'à ce soir-là, je n'avais pas encore acquis son disque et encore moins écouté l'intégralité de son oeuvre. Le concert de ce mercredi soir s'apparente donc presque à une totale découverte. Et ce fut un choc!


Plongé dans la pénombre, la scène des Docks est investit d'un quatuor de musiciens qui prennent place derrière leurs instruments sous les accords du célèbre thème de THE GODFATHER composé par Nino Rota. Une entrée sous influence pour Kimbra qui ne tarde pas à prendre les rênes de son spectacle qui s'annonce rapidement assez démentiel. La jeune demoiselle aux cheveux noirs s'affiche dans un look rétro et sexy avec sa robe de couleur rose remontée sur ses genoux, révélant des jambes menues montées sur des hauts talons. Un style à mi-chemin entre la lolita et une petite gamine à qui on aurait mis un micro entre les mains. Ses yeux exorbités et sa grande bouche aux contours soulignées d'un pétant rouge à lèvres lui donnent une aura qu'on croirait issu d'un concours de "cosplay". Derrière elle, son batteur s'affiche avec une coupe de cheveux bien échelonnée comme un gigantesque building. L'extravagance de cette bien étrange créature démontre d'emblée un fantastique univers coloré et englobe déjà la salle de sa musique aux rythmes trépidants...



Cette femme est une véritable tornade. Elle investit le devant de la scène avec tellement de passion qu'on est immédiatement pris dans une tourmente musicale endiablée. L'énergie qui se dégage de sa performance est tout simplement incroyable. Si l'écoute des chansons sur CD offre déjà une belle expérience du talent de Kimbra, on découvre véritablement l'artiste que lors d'un concert comme celui-ci. Entièrement centrée sur sa propre personne et sa voix d'or, Kimbra ne s'embarrasse d'aucun superflu. C'est elle et le public, une connexion unique qui fait passer des sensations et des émotions intenses; en plus d'avoir une furieuse envie de danser et de sautiller au milieu de la salle. Ce n'est pas tous les jours que l'on voit une artiste se donner à ce point, de partager sa fièvre musicale... Et c'est fantastique! Les mélodies à la fois entraînantes et envoûtantes de ses chansons servent de matière à Kimbra d'évoluer dans des déhanchements incroyables. Ses danses donnent à sa prestation scénique une dimension spectaculaire et incroyablement galvanisante. Son répertoire vocal est constamment surprenant et l'artiste s'autorise à développer de sublimes variations de ses chansons. Pour ce qui est de ses oeuvres les plus connues à ce jour comme "Settle Down" ou encore "Good Intent", les entendre en concert donne une fraîcheur nouvelle comme si on avait l'impression de la redécouvrir.


A mesure que le concert avance, l'artiste ne semble jamais faiblir. Et son sourire ravageur qui s'affiche si souvent sur ses lèvres atteste de sa bonne humeur d'être là et de chanter pour son public. C'est un véritable bonheur pour les yeux et encore plus pour les oreilles. Son hommage à Nina Simone - "Je l'aime" annonce-t'elle au public en français - où elle interprète la fabuleuse chanson "Plain Gold Ring" est un grand moment et donne ainsi à son audience une ivresse musicale sans cesse renouvelée...





Au terme d'un peu plus d'une heure de musiques à taper des pieds et de chansons qui s'ancrent durablement dans la tête, Kimbra arrive doucement au bout de son superbe répertoire. Ce n'est finalement qu'après un seul rappel que l'artiste se pose finalement à travers une ultime chanson un peu plus douce et reposante, comme une manière de souhaiter une bonne fin de soirée à son public avant de se retirer de la scène. Une sortie sans doute un peu rapide, voire même un peu expédiée mais l'originalité, la folie et la beauté de cette heure que l'on vient de passer nous laisse sur une note pleine d'enchantements. La magie de Kimbra à fait son effet. Et c'était merveilleux!

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