jeudi 17 mai 2012

PRISONNIERE DU VICE

PRISONNIERE DU VICE (Niizuma Jigoku) de Akira Kato (1975)

La belle et jeune Yuki décide de quitter son mari car elle ne supporte plus les perversités qu’il lui fait subir. Elle retourne dans sa ville natale où elle renoue avec quelques flirts de son adolescence. Avec l’un d’entre eux, elle s’initie aux plaisirs du sadomasochisme. Elle s’y plonge avec délice, pour le meilleur et pour le pire…

Voilà une histoire un peu plus « dure » que la moyenne, le studio Nikkatsu amorçant à cette période une tendance au SM dans le « roman porno ». L’intrigue, relativement simple, bénéficie d’une construction assez élaborée qui lui permet de dévoiler le passé de l’héroïne à travers une suite incessante d’allers-retours sous la forme de flashbacks. Au compte-goutte, le réalisateur prend son temps pour révéler les tenants et aboutissants de cette relation amoureuse qui s’est dégradée entre Yuki et son époux.


Le film dégage donc une atmosphère assez particulière, entre amertume et mélancolie tandis que Akira Kato élabore une mise en abîme quasi-freudienne en nous plongeant dans un gros rêve onirique qui constitue le gros morceau de bravoure du long-métrage. La construction du long-métrage est assez désarçonnant car on sort ici quelque peu d’un schéma dramatique classique. La dernière demi-heure du long-métrage abandonnant d’ailleurs toute narration traditionnelle pour aboutir à une sorte de puzzle mental et enchaîner des séquences sadomasochistes parmi les plus belles dans son genre.

A travers la PRISONNIERE DU VICE, le spectateur aura tout le loisir d’admirer la reine du genre, Naomi Tani, comédienne aux formes généreuses bien atypiques au Japon où les femmes ont souvent des petits seins; une véritable Vénus de l’Extrême-Orient… La comédienne s’investissant corps et âme dans des séquences de bondage particulièrement élaborées, comme d’être mise dans un filet suspendu dans le vide ou encore d’avoir le corps recouvert de cordes, parfaitement bien ficelé. Toutefois, ici le bondage n’est pas un acte de soumission mais plutôt une forme de redécouverte des plaisirs amoureux après une traumatisante relation qui s’est mal terminée.


On appréciera également la présence de Terumi Azuma dans le rôle de Natsuko, la jeune et magnifique épouse de l’homme qui va initier Yuki au plaisir du sadomasochisme. Deux performances éblouissantes par des femmes vénéneuses et diablement envoûtantes. Le plaisir troublant que l’on retire à la vision du film venant principalement des comédiennes magnifiées par une très belle photographie…

Entre un brillant exercice de style et une description visuelle somptueuse des pulsions sexuelles de leurs héroïnes, PRISONNIERE DU VICE est probablement l’un des « roman porno » les plus curieux de son catalogue. Il n’est pas certain qu’il plaise au plus grand nombre mais comblera très certainement d’aise les amateurs de pellicule ayant train au bondage, sans pour autant verser dans ses penchants les plus déviants (douleur, urologie et autres délires scatologiques). Une vraie curiosité à découvrir!

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