vendredi 18 mai 2012

L'EPOUSE, L'AMANTE ET LA SECRETAIRE

L'EPOUSE, L'AMANTE ET LA SECRETAIRE (Onna Shinnyushain 5-Ji Kara 9-Ji Made) de Katsuhiko Fujii (1982)

Sous prétexte de pouvoir la fréquenter plus facilement, un directeur d’entreprise recrute directement son amante. En fait, ses intentions sont bien moins romantiques : il veut en faire une call girl pour faciliter la signature de gros contrats avec des américains. Furieuse, l’amante se ligue avec l’épouse et la secrétaire du directeur. Les trois femmes séquestrent et condamnent l’homme à faire l’amour avec elles jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Comédie balourde aux rebondissement digne d’un vaudeville, ce film de Katsuhiko Fuji - grand spécialiste des adaptations de récits du Marquis De Sade - est à la base une revisitassions coquine d’un film avec Jane Fonda et Dolly Parton intitulé COMMENT SE DEBARRASSER DE SON PATRON (Nine To Five) datant de 1980.


Si l’intrigue et les supposés gags ne sont guère très intéressants à suivre, le long-métrage possède un très bel atout de charme en matière de distribution; principalement en ce qui concerne la voluptueuse Junko Asahina, véritable bombe sexuelle qui se démène sans compter dans cette histoire ridicule. Même affublée d’énormes lunettes qui lui bouffe la moitié du visage, elle reste hautement désirable. Ses nombreuses séquences érotiques constituent d’ailleurs le meilleur du long-métrage.

Malgré la stupidité de son humour, le film reste tout de même agréable à suivre. Notamment grâce à l’approche du réalisateur dans la représentation de la nudité. Le « roman porno » usuel ne pouvant pas afficher des images sexuelles explicites, Fuji arrive à détourner les codes de la censure de manière assez étonnante en présentant pour la première fois à l’écran une grosse touffe de poils pubiens. Que celle-ci soit issu d’une poupée gonflable ne change pas le fait que la mise en perspective est assez troublante. A travers les quelques péripéties administratives qui jalonnent le récit, le réalisateur arrive donc à concocter des plans réellement chauds comme une érection à travers le pantalon du patron qui se voit brosser en pleine journée l’entrejambe par sa secrétaire; la sous-directrice qui se fait doigter le cul à quatre pattes dans le bureau de la direction suite à l’application sur son sexe d’une crème « électrisante »… Le film use à de très nombreuses reprises de gros plans baignés d‘une lumière un peu trop blanchâtre, notamment sur les fesses de ses protagonistes comme il serait de coutume d’en voir dans une production pornographique.


Il y a aussi dans L’EPOUSE, L’AMANTE ET LA SECRETAIRE deux séquences particulières… Tout d’abord, pour conclure la signature d’un contrat, un client américain se voit offrir une jeune gamine étudiante sois disant encore vierge - son hymen est artificiel, elle n’en est pas à moins de son dixième dépucelage - en guise de bonus professionnel. Là, le long-métrage flirte avec la provocation gratuite dans son imagerie pédophile pour une scène grotesque qui n’était pas vraiment nécessaire.
Plus tard, après qu’elle se soit faite abusée par son patron sur la photocopieuse, la pauvre secrétaire se retrouve prise dans un viol collectif dans les toilettes par trois ouvriers du bâtiment. Le viol, finalement anodin, n‘assure aucune dramaturgie sur l‘ensemble de lintrigue et redevient encore une fois une séquence totalement gratuite.  On en rigolerait presque d’entendre la « victime » proclamé lors d’une douche salvatrice qu’elle « oublie rapidement les mauvaises choses ». Le film baigne constamment dans cet état d’esprit décontracté, à mi-chemin entre la misogynie crasse et la gaudriole la plus lamentable alors qu‘il semble y avoir tentative d‘un sous-texte à vocation féminine qu‘on aura bien du mal à déceler. Car ces demoiselles bien dévouées à leur boss essaient malgré tout de se sortir de l’emprise du mâle… L’heure de la vengeance a sonné!

La revanche des trois femmes est bien évidemment digne des frasques de leur patron. C’est l’occasion rêvée d’humilier bassement l’homme désormais sans défense et d’en profiter un maximum dans une ambiance digne d’une partouze bienheureuse!


Guère très original et pas particulièrement subtile dans ses effets comiques, L’EPOUSE, L’AMANTE ET LA SECRETAIRE reste néanmoins un divertissement honorable à suivre pour celui qui n’en demande pas trop en savourant avec extase une distribution féminine qui n’hésite jamais à tomber la robe pour bien se faire tringler. A ce jeu-là, le film est plutôt une réussite et son approche technique dans les scènes explicites, véritable entorse aux règles de la censure, en font un curieux objet au sein du catalogue « roman porno ».

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