samedi 19 mai 2012

LE VIOLEUR A LA ROSE

LE VIOLEUR A LA ROSE (Reipu 25-Ji: Bôkan) de Yasuharu Hasebe (1977)

Un inconnu viole et cambriole des femmes. Mais ses victimes sont étrangement charmées par la force sexuelle de leur bourreau qui semble les éveiller à une sensualité pure et vraie. Certaines lui demandent même de repasser. Mais le gentleman violeur a de gros soucis : un mystérieux gang d’homosexuels le harcèle…

Ici, on rentre dans un sous-genre assez particulier du film érotique japonais : « le roman porno violent »! Yasuharu Hasebe, notoirement célèbre pour sa contribution à la série « pinky violence » intitulé BOULEVARD DES CHATTES SAUVAGES - plus connu internationalement sous le titre STRAY CAT ROCK - apporte ici une œuvre à sensations pour le studio Nikkatsu.

Ce long-métrage étonnant à plus d’un titre est un récit à la lisière du fantastique. Bardé d’un tatouage d’une rose incolore sur son bras, celle-ci gagne tout à coup des couleurs à mesure que le violeur abuse d’une de ses victimes répétées. Comme si la rose lui donnait un pouvoir particulier. Encore plus surprenant, les femmes deviennent rapidement consentantes sous les assauts sexuels de leur tortionnaire. Comme si le fait d’être prise de force leur procurait une jouissance extrême… Il n’y aura pas plus d’explications, le scénario laissant dans le vague le plus complet sur la provenance de cette gravure poétique incarnée dans la peau. A travers ce dessin, c’est la représentation en somme du mâle suprême, charismatique; irrésistible malgré son comportement violent, pourvoyeur de plaisirs infinis.


Adjoint à ses escapades immorales, le mystérieux violeur au blouson rouge embarque avec lui un pompiste rencontré dans une station d’essence. Consentant et voyeuriste, il ne tarde pas bien longtemps à devenir actif dans ces délits toujours plus condamnables. Pourtant, bien qu’il ait devant lui le pouvoir d’abuser du corps des femmes en toute impunité, l’homme n’arrive jamais à en profiter pleinement et encore moins à faire apprécier le viol à ses partenaires et ainsi à les combler. De cette situation, Hasebe présente LE VIOLEUR A LA ROSE comme une sorte de rite initiatique où le maître enseigne son disciple aux plaisirs sauvages tout en continuant à dépouiller ses victimes qui sont finalement prêtes à payer pour se faire baiser.


Film révoltant et choquant? Assurément, du moins pour la gente féminine qui se retrouve ici représentée comme « chair à pâté » uniquement disponibles pour exaucer les plus sombres désirs des hommes, mais néanmoins en jouissant des abus de leur propre corps. Le scénario, en apparence simpliste est beaucoup plus complexe que l’on ne pense. La rose, fleur que l’on offre pour séduire une femme, est comme un outil dont le violeur use ici pour obtenir ce qu’il veut. Une sorte de pouvoir magique qui a bien sûr un revers de médaille : en plus de faire succomber les femmes, l’homme au blouson rouge est poursuivi par une bande d’homosexuels qui n’en désirent pas moins que de goûter à l’incontournable extase viril ! Dément. Peut-être à la limite du ridicule ou du mauvais goût, le film ne l’est franchement pas. Et à mesure que l’intrigue se noue, une escalade de violence est inévitable pour en trouver sa résolution… et arrive sans doute enfin le moment pour le pompiste de vraiment se révéler comme la personne qu’il est réellement au fond de lui : un homme!

Film foncièrement déplaisant à regarder, l’excitation se dégageant presque exclusivement des scènes de viol, le long-métrage de Yasuharu Hasebe est fascinant de bout en bout. Réaliste et brutal dans ses descriptions d’actes sexuels, il s’affranchit néanmoins de tout superflu. Concentré sur les malfrats, le film ne suggère qu’une seule fois la mise en avant du crime de viol via un article dans un magazine. Mis à part ça, il n’y aura pas d’investigation ni d’intervention de la police ou encore moins d’une conscience ou d’une quelconque justice… On est ici du côté du « Mal/Mâle».


Il est intéressant d’assister progressivement à l’endoctrinement d’une personne ordinaire - le pompiste - qui se retrouve bien malgré lui entraîné par un personnage mystérieux, de prime abord plutôt convivial et au visage avenant, le poussant bien malgré lui à commettre l’irrépressible acte. On en vient peut-être même aux sources des pulsions morbides, comme le laisse suggérer le scénario avec l’arrivée de l’homosexualité perçu comme quelque chose de contre-nature. D’ailleurs, c’est par le biais de ces personnages stéréotypés qu’arrivera un déchaînement de violence crasse qui ferait presque passer les viols féminins comme quelque chose d’agréable.

Quoiqu’il en soit, LE VIOLEUR A LA ROSE est une œuvre dérangeante au discours politiquement très incorrect qui n’a absolument rien perdu de sa force après trente cinq années depuis sa sortie au Japon. Pur moment de cinéma qui se réclame autant de la bobine d’exploitation racoleuse que d’une œuvre à réflexion ô combien douteuse mais qu’on ne peut s’empêcher de trouver brillante de bout en bout!

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