samedi 19 mai 2012

LE DOUX PARFUM D'EROS

LE DOUX PARFUM D'EROS (Erosu Wa Amaki Kaori) de Toshiya Fujita (1973)

Koichi fait la rencontre d’Etsuko, une styliste de mode habitant une ancienne base américaine transformée en quartier résidentiel. C’est un garçon viril qui a vite fait de séduire la jeune célibataire en mal d’amour. Il s’installe chez elle et vit à son crochet. Un jour, un couple d’amis d’Etsuko, sans travail comme Koichi, décide de s’installer chez elle. Une sulfureuse vie à quatre commence…

Difficile de bien cerner cette histoire. Ici, il semble qu’on ait droit à une parabole témoignant des maux d’une certaine époque. Le « roman porno » qui flirte avec le film d’auteur. Ce dernier n’étant ici guère compréhensible. Cette histoire qui est pratiquement construite comme un huis-clos avec 4 personnages enfermés dans un appartement un peu pourri n’est pas des plus faciles à suivre. C’est le Japon d’après-guerre, sans doute en train de se remettre de ses blessures et la jeunesse de prétendre à l’émancipation…


Le film, formellement très soigné, est vraiment magnifique. Ses images sont souvent très somptueuses et bourrées d’idées probablement symboliques, mais encore faut-il pouvoir les déchiffrer correctement. Le discours est plutôt nébuleux et lorsqu’on ne nous met pas devant les yeux des séquences érotiques assez réussies, le long-métrage en devient gentiment ennuyeux. De nombreuses questions nous interrogent sans pour autant qu’on en trouve des réponses. LE DOUX PARFUM D’EROS en devient frustrant car pas loin d’être incompréhensible.


Toutefois, le réalisateur ménage quelquefois des séquences particulièrement impressionnantes comme cette décapitation au ralenti d’un cochon. Il y a aussi quelques bizarreries comme ce mannequin dans le salon de l’appartement avec comme visage une photo d’Alain Delon fumant une cigarette. Et lorsque Koichi fantasme sur le fait de s’envoyer en l’air avec une hôtesse d’un bar, une cage à oiseaux vient servir d’outil de censure pour nous cacher le coït rêvé… Et que signifie cette vague tentative de suicide dans la baignoire?

Le film parle d’une forme d’errance à travers le personnage principal, un photographe vagabond qui s’incruste chez une jeune femme qu’il croit connaître. Leurs rapports sont étranges, conflictuels… Sans pour autant y trouver matière à résolution ou évolution. Sur la longueur c’est plutôt agaçant. Vide existentiel, quête éperdue de sexe?


L’auteur de LADY SNOWBLOOD (Shurayukihime), réalisé la même année, offre un spectacle assez particulier avec LE DOUX PARFUM D’EROS. Sans doute plus surprenant qu’il n’est réellement décevant, il faut sans doute plusieurs visions pour pouvoir en saisir tout le sens, ou bien encore avoir une bonne connaissance historique des événements de l’époque pour bien en saisir toute la portée? En l’état, cela demeure un « roman porno » très visuel qui charme sans problème le regard. Avec des beautés asiatiques comme Hiroko Isayama et Kaori Momoi, le film spectacle est quand même  assuré avec un minimum de plaisir…

2 commentaires:

  1. Ah celui là je l'ai vu. Assez frappé par l'audace et l'ambiance très particulière et effectivement plus auteurisante et porté sur le spleen et la déprime guérie par le sexe. Par contre sur la ongueur ça manque un peu de consistance, je me suis pas mal ennuyé sans saisir complètement où l'on voulait en venir. Ca m'a donné le sentiment d'être plus que creux que ce que le ton sérieux veut bien faire croire...

    RépondreSupprimer
  2. Tu me rassures, Justin... Ca fait plaisir, d'une certaine manière, de savoir que l'on pense pareil. Quelques jolies idées visuelles, mais dans l'ensemble ce n'est franchement pas très passionnant à suivre...

    RépondreSupprimer

Au revoir...

Au revoir...
Related Posts with Thumbnails page counter
Web Counter