jeudi 17 mai 2012

LA CHAMBRE NOIRE

LA CHAMBRE NOIRE (Anshitsu) de Kiriro Urayama (1983)

L’écrivain Nakata vit avec les souvenir douloureux de la mort de sa femme fauchée par une voiture quelques années auparavant. Accident ou suicide? Le doute persiste. Pour fuir tout sentiment de culpabilité, Nakata renonce pour toujours au mariage et à la paternité. Devenu libre, il se lance dans une quête obsessionnelle de sexe et consigne ses aventures sulfureuses dans un livre, « La chambre noire », véritable essaie philosophique sur la sexualité, la procréation et le devenir du genre humain.

Pour commémorer - en 1983- le 70ème anniversaire du prestigieux studio japonais Nikkatsu, ce « roman porno » joue les bouchées doubles… Non pas en terme de nudité et de sexualité à l’écran mais plutôt au niveau d’un œuvre ici moins explicite que d’habitude, qui « pense » davantage en terme de réflexions et de durée. D’ordinaire, ces films-là ne dépassant que très rarement la septantaine de minutes; or LA CHAMBRE NOIRE dure plus de deux heures!

Basé sur une littérature primée au Japon, le film de Kirio Urayama a tout pour diviser le public habituel de ces « romans » cinématographiques roses. Les pérégrinations de son personnage principal sont comme autant de légers collages entre diverses relations tardives entre un homme tourmenté et ses conquêtes. Bavardes et parfois ennuyeuses, elles sont néanmoins traversées par quelques belles idées esthétiques, comme lorsque Nakata fouette sa compagne à contre-jour dans la chambre à coucher; une séquence où l’homme fait l’amour à une femme lesbienne ou encore l’atmosphère rougeâtre d’une pièce qui vire au bleu lorsque l’on souffle sur la flamme d’une bougie…

L’œuvre possède aussi un très bel atout en ce qui concerne sa distribution de comédiens dominée principalement par la performance de Kôji Shimizu qui est très charismatique. Pas suffisamment toutefois pour susciter une réelle empathie vis-à-vis de son personnage. Cette spirale de la quête du désir étant un peu trop intellectualisée pour convenir parfaitement au cahier des charges d’une production « roman porno ».


Si le film est tout de même intéressant dans son approche, la dramaturgie de l’intrigue ayant de quoi passionner les adeptes de la complexité des rapports humains, celle-ci reste hélas trop superficielle pour qu’on se sente réellement impliqué. Cette production Nikkatsu se la joue sans doute plus cérébrale que nécessaire et risque bien de ne contenter ni les anciens adeptes du genre ni de ranger de nouveaux fans à ses côtés. Dommage.

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