dimanche 20 mai 2012

JOURNAL EROTIQUE D'UNE SECRETAIRE

JOURNAL EROTIQUE D'UNE SECRETAIRE (OL Kanno Nikki: Ah! Watashi No Naka De) de Masaru Konuma (1977)

Asami, secrétaire, 24 ans, vit avec son père veuf qui voudrait bien la marier. Mais elle est la maîtresse de son chef de service qui lui a promis le mariage. Un jour, elle comprend qu’elle n’est qu’un jouet sexuel pour lui. Tombée des nues, Asami décide de tout quitter : son père, son amant, son travail… et de partir sur les routes.

Après le film JOURNAL EROTIQUE D’UNE INFIRMIERE de Chûsei Sone réalisé en 1976, voici que le studio Nikkatsu nous propose une portrait d’un tout autre genre avec ce nouveau « journal » qui décrit le quotidien d‘une secrétaire. Une série à l’intérieur du genre « roman porno » qui comportera 7 opus consacré à l’OL que l’on traduit par « Office Lady ».


C’est dans ce film qu’apparaît pour la toute première fois Asami Ogawa. Une jeune femme de 22 ans, beauté assez ordinaire à la frêle anatomie qui contraste assez violemment avec les physiques beaucoup plus sensuelles d’actrices de première génération comme Naomi Tani, Junko Miyashita ou Mari Tanaka. Elle y dégage une image de fragilité et de timidité qui la rendra extrêmement attachante aux yeux du public et ce malgré des talents de comédiennes guère exceptionnels.

Le quotidien de la secrétaire se passe entre des journées au bureau au milieu de ses collègues qui tapent à la machine à écrire et des soirées à s’occuper de son papa veuf qui noie son ennui dans l’alcool. Et puis, de temps en temps, dans une chambre d’hôtel louée pour l’occasion, elle couche avec son boss en attendant un avenir meilleur…Le film de Konuma transpire la tristesse et la mélancolie des femmes qui ne voient pas l’horizon avec espoir. Izumida, collègue d’Asami, tombe sans arrêt amoureuse de ses partenaires qui en profite pour abuser d’elle au bureau et dans n’importe quelle situation. Le réalisateur arrive très bien à saisir la détresse de la jeune femme lors d’une scène d’attouchements dans un ascenseur qui aura bien secoué l’employée…  Les années passent vite et si on ne se trouve pas un époux avant la trentaine; et devenir une femme au foyer modèle; on peut s’entendre dire qu’on a raté sa vie. JOURNAL EROTIQUE D’UNE SECRETAIRE dénote cet état des faits.


Le papa d’Asami, proche de la retraite, essaie de mettre sa fille à l’abri du besoin en organisant une rencontre avec un bon parti… Izumida, de son côté, tombera sous le charme du vieil homme en se disant que finalement il est gentil et aime l’alcool également, cela devrait sans doute suffire à son propre bonheur… Asami, guère avancée par sa situation avec son supérieur hiérarchique finit par tomber amoureuse d’un marchand de rue qui teint des petits poussins... L’avenir, grande inconnue, ne brille pas au beau fixe.

L’illustration, par les rapports sexuels, des relations entre les personnages, place la femme dans une position souvent inconfortable. Il n’y aura finalement que lorsque Asami se donnera volontairement à son vendeur ambulant qu’elle semble trouver un instant de bonheur éphémère. Ironie du sort, ce ne sera que l’unique scène du film que le cinéaste met en scène de manière surréaliste. Un moment poétique dans un quotidien morne et sans couleurs.


En essayant de renoncer à sa condition de femme que la société japonaise lui dicte, la femme chez Konuma décide finalement de se reprendre en main. Il faudra tout de même qu’il y ait eu viol avant cette décision plutôt sage. Toutefois, même s’il plane sur le destin d’Asami un parfum de liberté et de solitude assumée, Konuma n’est pas dupe face à cette existence nouvelle et incertaine qui s‘offre à elle. Et au film d’offrir un véritable morceau de bravoure filmique en utilisant « Watashi wa kaze / Je suis le vent », une chanson entonnée par Carmen Maki où par le biais des paroles le réalisateur laisse s’exprimer les sentiments de son héroïne. Mais il ne faudra sans doute pas bien longtemps avant que les hauts buildings de Tokyo qui entourent la jeune femme ne se renferment sur elle. Emouvant.

4 commentaires:

  1. Celui là c'est pas loin d'être un grand film, j'aime vraiment beaucoup Masaru Konuma qui aorte une profondeur dramatique passionnante à ses Pinky. Il m'avait bien marqué celui là les dernières minutes sont particulièrement dépressives ça marque. Si tu ne l'a pas vu, "Harcelée" un autre film de fou furieux avec Asami Ogawa imagine De Palma qui croise le Polanski de "Répulsion" avec un pitch bien glauque et tordu.

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  2. J'aime aussi beaucoup le cinéma de Konuma. Ce sont très souvent d'excellentes réussites. Si tu ne les as pas encore vus, je te recommande de te procurer deux de ses chefs-d'oeuvre que sont LA VIE SECRETE DE MME YOSHINO ainsi que UNE FEMME A SACRIFIER... Disponibles en DVD zone 2 dans un joli coffret. :)

    Sinon, je viens justement de voir HARCELEE! cet après-midi. Tu trouveras ma chronique un peu plus haut! J'aime aussi beaucoup le cinéma de Hasebe mais j'ai été déçu sur ce coup-ci. Et ce n'est pas loin d'être la faute de Asami Ogawa. Finalement, je ne l'aime pas trop cette comédienne. Il me reste encore CHASSEUR DE VIERGES à voir avec elle. Je le regarderai prochainement...

    Si jamais la thématique de HARCELEE! t'interpelle, regarde LE VIOLEUR A LA ROSE du même réalisateur. C'est autrement plus réussi! ;)

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  3. Chasseur de vierge c'est très mauvais bon courage d'avance ^^. Je viens de lire ta chronique de Harcelée, pas tout à fait d'accord je t'ai répondu. J'aime beaucoup le cinéma d'Hasebe aussi, pas vu Le Violeur à la rose je me met en quête alors !

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  4. Eh bien, je suis servi avec Asami Ogawa. CHASSEUR DE VIERGES a pourtant l'air sympathique... J'en redirai des nouvelles très bientôt. :)

    Je serai très curieux d'avoir ton avis sur LE VIOLEUR A LA ROSE... Je crois bien que c'est mon Hasebe préféré parmi tout ceux que j'ai vu jusqu'à présent.

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Au revoir...

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