vendredi 18 mai 2012

HONG KONG REQUIEM

HONG KONG REQUIEM (Sikijo Ryoko: Hong Kong Bojo) de Masaru Konuma (1973)

Akiko est une femme au foyer qui s’ennuie dans son couple. Elle vit une passion adultère avec un collègue de son mari et décide de le suivre à Hong Kong où il vient d’être muté. Le mari d’Akiko part à leur recherche, sans succès. Désespéré, il se laisse entraîner dans le milieu interlope de la ville par un mystérieux métis sino-japonais qui le plonge dans la drogue et le proxénétisme. Jusqu’au jour où il finit par apprendre la terrible vérité sur sa femme infidèle.

Voici un « roman porno » plutôt exotique car celui-ci n’a pas été tourné en terres japonaises mais à Hong Kong. Konuma ne joue pas pour autant les touristes à mesure des vagabondages de son héros, car il ne nous présente pas cette ville sous ses plus beaux côtés. C’est avant tout une lente descente aux enfers pour le mari trompé à mesure qu’il cherche sa compagne qui l’a abandonné. Il n’y a finalement que sa belle-sœur - charmante Setsuko Ogawa - qui s’inquiète pour lui en le suppliant de revenir très vite au Japon. Mais il ne fait pas long avant de faire de malheureuses rencontres : un inquiétant personnage qui se dit vouloir l’aider pour finir par lui trouver une prostituée qui se drogue et qui est le parfait sosie de son épouse…


HONG KONG REQUIEM n’est pas à proprement parler un film érotique. Même si le film comporte son lot de séquences de nudité, il s’agit davantage d’une histoire axée sur un homme qui cherche à comprendre les raisons qui ont poussées sa femme à le quitter. Une fois que l’on arrive à Hong-Kong, le long-métrage trouve une saveur héritée des polars désenchantés sur fond de musique jazzy. Le film développe une fascinante relation entre le mari trompé très influençable et son ami sino-japonais au caractère plutôt pervers; les deux hommes finissant par commettre crimes et viols.


 A travers cette sordide histoire, Masaru Konuma joue sur plusieurs genres pour aboutir à une œuvre hybride, un mélange assez surprenant qui le rapproche peut-être plus du cinéma d’exploitation que du « roman porno ». Il comporte de nombreuses scènes assez hallucinantes dont la plus grande réussite reste une longue séquence surréaliste où notre pauvre ère succombe à un « bad trip » ponctué d’images cauchemardesques qu’on croirait issues d’un délire psychédélique.

Si les comédiennes sont ici plutôt reléguées au second plan; le rôle de Junko Miyashita étant réduit à une peau de chagrin; il est important de saluer les grandes performances de ces deux interprètes masculins. Hirokazu Inoue personnifie l’homme trompé à la fois perdu et déterminé à comprendre sa situation, tandis que Kazuhiko Yakata est une sorte de gangster trouble et dangereux qui se sert de sa nouvelle connaissance à Hong Kong pour le transformer en sadique sans conscience.

Drame adultère sur fond de film noir, HONG KONG REQUIEM est une œuvre puissante et visuellement très riche, le réalisateur composant souvent des plans incroyables tandis que le scénario riche en rebondissements offre une intrigue superbe et finalement assez émouvante sur un couple de la classe moyenne en apparence paisible mais qui va lier son destin dans une grande ville chinoise qui ne tardera pas très longtemps à les avaler. Chef-d’œuvre!

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