vendredi 18 mai 2012

5 SECONDES AVANT L'EXTASE

5 SECONDES AVANT L'EXTASE (Taimu Abanchûru : Zecchô 5-Byô Mae) de Yojiro Takita (1986)

Tokyo, 1986. Chaque nuit, Etsuko s’adonne aux plaisirs solitaires en pensant à son chef de service dont elle est amoureuse. Un soir, plus excitée que jamais, elle atteint un orgasme si puissant que son corps se transforme en « énergie extatique » qui lui fait traverser le temps. Arrivée dans le Tokyo de 2001, Etsuko fait la rencontre d’elle-même âgée de 15 ans de plus. Elle est mariée mais son couple bat de l’aile. Pour redresser la situation, Etsuko doit retourner en 1986. Mais par quel moyen?

Ce « roman porno » est une comédie atypique qui joue dans le registre de la science-fiction. Le scénario est intriguant et rappelle quelque peu celui de RETOUR VERS LE FUTUR (Back To The Future) de Robert Zemeckis, curieusement réalisé une année auparavant. De là à dire qu’il y a plagiat… De toute manière, les deux films débutant sur une bonne idée n’ont pas du tout les mêmes ambitions. Ici, nous sommes dans une petite comédie polissonne et même si l’intrigue est prometteuse il ne faudra pas en attendre beaucoup…


C’est amusant de voir comment les japonais imaginait le Tokyo du 21ème siècle au milieu des années quatre-vingt. La ville a été victime d’un deuxième séisme, Clint Eastwood est nommé président des Etats-Unis et les voyous du Japon ressemblent à des bikers digne d’un film post-nuke! Il y a aussi tout un travail au niveau des costumes qui, s’ils se donnent un look un brin rétro-futuriste, restent finalement bien ancré dans la décennie du kitsch. Les habitants ont des téléphones qui font des bruits de laser et on communique par télévisions interposées… C’est aussi tout ces petits détails qui font le sel de cette comédie d’un autre temps.

Si Etsuko tombe assez rapidement sur son mari de l’époque, s’assurant lui-même un job de détective privé qui traque les cas d’adultère, l’intrigue met quand même bien du temps à se nouer. Avant qu’elle ne réalise qu’elle fréquente déjà la personne qui sera sa famille, Etsuko ne fait pas grand-chose. Et le long-métrage d’aligner de nombreuses séquences sans réel intérêt : le petit garçon tatoué de 1986 s’envoie en l’air une petite jeunette pour nous montrer qu‘il a bien grandit depuis l‘époque; un jeune scientifique travaillant sur une machine à remonter le temps défaillante en profite pour titiller les parties intime de sa compagne…


Niveau sexe, 5 SECONDES AVANT L’EXTASE c’est surtout du frottage de culotte. Mis à part une scène anthologique où l’héroïne se masturbe dans son lit, aucune scène coquine n’est vraiment remarquable ou à la hauteur de son statut. Par contre, le réalisateur ménage des petits moments de comédie assez tordants, comme cette querelle entre le détective et sa femme d’aujourd’hui mis en scène comme une danse de tango ou encore Etsuko qui traîne n’importe comment son adorable petit chat Mikael qui la suit partout... C’est mignon. Mais l’ensemble du long-métrage est finalement bien trop mou pour emporter l’adhésion.


Dans son dernier acte, le long-métrage gagne tout de même gentiment en délire lorsque Etsuko se déclare enfin à elle-même et décide de se bouger enfin le cul pour pouvoir retourner en 1986. Quelques amusants échanges de dialogues et pour terminer une nouvelle séquence de plaisir solitaire avec un casque de lumières qui clignotent à savourer et puis c’est tout! On retiendra également dans le rôle principal de la fille qui n’est pas à sa place la jolie Kozue Tanaka au délicieux physique bien avantageux.

Dommage que le film n’exploite pas davantage son concept qui aurait pu donner une joyeuse aventure pleine de folies. Ici, tout ceci reste relativement sage; il lui manque ce petit grain qui aurait pu rendre le spectacle davantage appréciable. C’était une œuvre de jeunesse du réalisateur Yojiro Takita, respectable technicien qui fut récompensé par l’oscar du meilleur film étranger DEPARTURES (Okuribito) en 2009. Le bonhomme a donc bien fait du chemin depuis ce « roman porno» tout de même sympathique et non dénué de charme(s).

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