mardi 13 mars 2012

MOVIE MOMENTS : PSYCHOSE





Un fossé de presque 40 ans sépare PSYCHOSE d'Alfred Hitchcock de son remake soigneusement mis en scène par Gus Van Sant. Reprenant scrupuleusement, voire même plan par plan chaque séquence du film en y injectant de la couleur sur la "vieille" musique de Bernard Herrmann, cette revisitation est aussi agaçante que fascinante.Il y a tout d'abord la beauté des images colorisées via une travail assez somptueux sur la photographie. Anne Heche étant aussi un très bon choix pour le rôle de Marion Crane. Au-delà du mimétisme, la comédienne s'en tire très honorablement.

Au niveau de la scène de la douche, exercice cinématographique douloureux qu'il est quasiment impossible d'égaler aujourd'hui; Van Sant reprend donc la musique originale, garde quasiment les mêmes cadrages et le montage s'avère assez similaire à l'original. Toutefois, il lui manque un dynamisme que le réalisateur n'arrive pas à injecter à ce moment de cinéma. Le zoom rapide sur la bouche hurlante de Marion Crane n'aidant pas davantage à nous faire ressentir le choc et le désarroi de la victime durant cet agression dans son intimité. Pourtant, la reprise de cette scène est très respectueuse mais rien n'y fait, elle n'est jamais aussi percutante que l'originale... Van Sant y rajoute quelques images quasi-subliminales - dont deux plans d'un ciel orageux et la pupille de l'infortunée victime qui se dilate après l'avalanche de coups de couteau - et fait durer largement plus longtemps le moment où Marion se lave le corps; l'ensemble est toutefois d'une mollesse qui rend décevante cette reprise d'une séquence-clé du film...

Jouant plus sur une suspension du temps au niveau de la surprise avec l'arrivée de la "Mère" de Norman Bates, la scène semble tout à coup se jouer au ralenti, distillant tout de même une forme de malaise érotique - les mouvements du corps humide de la jeune femme - là où le meurtre original nous prenait surtout par surprise tout en nous choquant par la brutalité du crime. Dans la version colorisée, la victime au même titre que la musique semble attendre avant de jouer l'acte d'agression et la mort qui s'ensuit. Le meurtre sous la douche en devient à la limite grotesque, à l'image du plan large en plongée sur la victime qui s'effondre dans la baignoire les fesses bien écartées. Un plan osé, tout comme la présence du sang bien rouge contre le mur de la salle de bain, deux aspects plutôt audacieux que l'on ne retrouve pas dans le film en noir/blanc!

Toutefois, il est intéressant de noter le travail trés soigné de cette reconstitution qui s'autorise durant quelques brèves secondes à innover légèrement sa construction, s'essayant au modernisme le temps d'une forme de performance cinématographique qui, hélas, n'arrivera pas à provoquer les mêmes incroyables frissons suscités par la séquence dans le film de 1960. La mise en perspective des deux versions donnent quand même un intéressant aperçu/miroir d'un classique instantané de l'Histoire du Cinéma! A savourer également la version pornographique intitulé OFFICIAL PSYCHO PARODY qui rejoue à sa manière cet ultime bain de sang!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Au revoir...

Au revoir...
Related Posts with Thumbnails page counter
Web Counter