mardi 3 janvier 2012

ALAPAAP

ALAPAAP de Tata Esteban (1984)

Un film d’horreur des années 80 en provenance des Philippines! Si avec ça, cela ne donne pas un bon petit spectacle déviant… ALAPAAP est une production fauchée qui lorgne quelque peu sur le gros succès horrifique que fut EVIL DEAD en 1981. Autrement dit, nous avons là un groupe de jeunes gens venus se retrouver dans une petite cabane isolée en milieu forestier. Forcément, une puissance démoniaque rôde dans les parages et va commettre d’horribles choses durant la dernière demi-heure du long-métrage…

La mise en place du scénario est assez catastrophique. On débute par une sorte de vidéoclip bon marché où l’on alterne entre un concert « cuir et lunettes noires » dans une boîte de nuit qui est mixé avec des images du viol d’une jeune femme aux abords d’une chute d’eau…

Suite à cette introduction déconcertante, l’intrigue devient toutefois plus limpide car on y suit un gaillard qui se remet difficilement d’une overdose à l’hôpital où ses amis le soutiennent en lui tenant compagnie. Et quoi de mieux qu’une sortie à la campagne pour oublier la drogue? Encore mieux, lorsqu’on est accompagné par des petites copines qui ont bien décider de faire la fête… Mais une fois bien installé, ils apprennent le récent décès de la fille du vieux monsieur qui les accueille par chez lui… Violée et martyrisée, c'est l’esprit de la victime qui ne tardera pas à reprendre forme humaine pour se venger à peine 2 mois après cette malencontreuse agression... Non pas sur ses tortionnaires, mais sur cette bande de copains qui se trouvent justement au mauvais endroit au mauvais moment! Ben ouais, c’est comme ça chez les Philippins…


ALAPAAP est un produit horrifique plutôt sympathique car même s’il s’agit d’une classique histoire de fantôme revanchard comme on en trouve à la pelle dans le cinéma fantastique asiatique, celui-ci mélange allégrement de l'érotisme bien affiché et de la violence graphique… Ainsi, à mesure que l’intrigue avance, le spectateur aura droit à une bonne dose de nudité - tant féminine que masculine - et un quota de morts violentes pour les adeptes de gore.

L’ensemble est bien entendu assez mal branlé par faute de moyens conséquents mais le réalisateur s’échine tout de même à créer une jolie atmosphère inquiétante à bases de projecteurs rouges et de fumigènes en veux-tu en voilà! Et puis ses actrices ne sont de loin pas timides… Spécialement la superbe Tanya Gomez dans le rôle de l’esprit réincarné à l’œillade bien mauvaise! Les petits cocos, vous allez payer de votre vie!!

Niveau déviances à tous étages, en plus de son viol collectif sous une douche naturelle, ALAPAAP offre une belle séquence limite zoophile où une jeune femme endormie avec son masque de beauté blanc sur la gueule se voit proscrit un cunnilingus par un berger allemand avant que ce dernier ne décide à la dévorer purement et simplement… Il y a aussi cette mort excessive d’un personnage qui se brûle le visage à coups d’air chaud provenant d’un sèche-cheveux… Grand moment du film qui rappellerait presque les gros excès gore d’un Lucio Fulci qui aurait sans doute été fier du résultat à l’écran!

Spectacle horrifico-sexuel plutôt plaisant devant lequel on ne s’ennuie pas vraiment, ALAPAAP assure donc son quota de petits plaisirs pour les amateurs de productions bidouillées avec trois fois rien mais qui dégage surtout un véritable amour pour les ambiances folles baignées d’une bonne nappe de synthétiseurs Bontempi.

Et, pour terminer, une conclusion un peu ratée mais qui devrait faire sourire les adeptes de ces productions horrifiques qui pullulaient dans les années 80. Aucune originalité, déjà vue et revue cent mille fois mais bon… Le coup du « mauvais cauchemar » ça marche toujours, comme disait l‘autre… Un long-métrage bien daté, sans second degré ni cynisme, ça se savoure tout de même avec grand plaisir… Ajoutons à cela une bonne dose de dialogues hilarants - le doublage anglais, forcément horrible - voilà un dément petit spectacle d’horreurs et de sexe philippins comme aimerait en avoir à disposition plus facilement. Car oui, le film n’est bien entendu pas disponible dans une version DVD légale mais plutôt en « bootleg » recadré et tiré d’une VHS heureusement pas trop fatiguée… Mondo Macabro, au s’cours! A quand une édition valable pour réhabiliter ce « chef-d’oeuvre » perdu?

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