lundi 3 décembre 2012

DECOMPTE DU MOIS : NOVEMBRE


Cela faisait longtemps que je n'avais plus fait une telle razzia sur les films en Blu-Ray. Il faut dire qu'en ce moment, il y a plein de sorties alléchantes sur ce support en "Haute Définition" qui redorent le blason de longs-métrages qui le méritent amplement. Ainsi, c'est désormais possible de voir des oeuvres aussi diverses que LA NUIT DU CHASSEUR, LES LIAISONS DANGEREUSES ou encore LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS et aussi des longs-métrages incroyables de Jess Franco dans une qualité tout bonnement exceptionnelle. Ainsi, la redécouverte est quasi-totale devant ces merveilles du 7ème Art.

Dans le lot, je me suis également offert de nombreux films parmi mes préférés que j'ai découvert durant cette année 2012 au cinéma. J'ai également déniché dans un supermarché le coffret de l'intégralité de la saga STAR WARS à un prix raisonnable et puis aussi quelques titres en promotions qu'il aurait été regrettable de laisser filer...

Niveau musique, c'est assez léger ce mois-ci. Quelques jours après le concert merveilleux de BAT FOR LASHES, je me suis fait plaisir en m'offrant le luxueux vinyle où est offert le CD en bonus. Et puis aussi le premier disque d'une artiste "black" assez prometteuse. Vivement la sortie de l'album... Niveau littérature, une sélection éclectique où se mélange bouquin de photos, récits de production d'un éternel chef-d'oeuvre, romans surréalistes ou pornographiques, bandes dessinées pour jeunes lecteurs aux dessins très évocateurs, éditions exceptionnelles de vieux récits d'horreur pour la première fois disponibles en version française et pour finir la nouvelle sortie d'un roman graphique de Kamimura... L'extase n'est pas loin. Enjoy!


Films en DVD : LES ENFANTS DU PARADIS de Marcel Carné (1945) - GYO de Takayuki Hirao (2012) - BARBE BLEUE de Catherine Breillat (2009)

Films en Blu-Ray : LA NUIT DU CHASSEUR (Night Of The Hunter) de Charles Laughton (1955) - TERMINATOR (The Terminator) de James Cameron (1984) - LES LIAISONS DANGEREUSES (Dangerous Liaisons) de Stephen Frears (1988) - THE TREE OF LIFE de Terrence Malick (2009) - A SINGLE MAN de Tom Ford (2009) - SHAME de Steve McQueen (2011) - LES TROIS MOUSQUETAIRES (The Three Musketeers) de Paul W.S. Anderson (2011) - NOUVEAU DEPART (We Bought A Zoo) de Cameron Crowe (2011) - MARTHA MARCY MAY MARLENE de Sean Durkin (2011) - OSLO, 31 AOÛT (Oslo, 31. August) de Joachim Trier (2011) - LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS (Return Of The Living Dead) de Dan O'Bannon (1985) - DEMONS (Dèmoni) de Lamberto Bava (1985) - DEMONS 2 (Dèmoni 2) de Lamberto Bava (1986) - LA COMTESSE NOIRE (Female Vampire) de Jess Franco (1973) + LES AVALEUSES (Erotikill) de Jess Franco (1973) - STAR WARS : EPISODE IV - UN NOUVEL ESPOIR (Star Wars Episode IV : A New Hope) de George Lucas (1977) - STAR WARS : EPISODE V - L'EMPIRE CONTRE-ATTAQUE (Star Wars Episode V : The Empire Strikes Back) de Irvin Kershner (1980) - STAR WARS : EPISODE VI - LE RETOUR DU JEDI (Star Wars Episode VI : The Return Of The Jedi) de Richard Marquand (1983) - STAR WARS : EPISODE I - LA MENACE FANTÔME (Star Wars Episode I : The Phantom Menace) de George Lucas (1999) - STAR WARS : EPISODE II - L'ATTAQUE DES CLONES (Star Wars Episode II : Attack Of The Clones) de George Lucas (2002) - STAR WARS : EPISODE III - LA REVANCHE DES SITH (Star Wars Episode III : Revenge Of The Sith) de George Lucas (2005) - THE HOLE de Joe Dante (2009) - OCEANS de Jacques Perrin & Jacques Cluzaud (2009) - EXORCISME ET MESSES NOIRES de Jess Franco (1975) + L'EVENTREUR DE NOTRE-DAME de Jess Franco (1975)

Musique CD : BAT FOR LASHES "The Haunted Man"

Musique Vinyles : AZEALIA BANKS "1991" - BAT FOR LASHES "The Haunted Man"

Livres, Romans, Bandes Dessinées & Mangas : TODAY'S LEVITATION de Natsumi Hayashi - KING KONG STORY Edition René Château - 5E AVENUE, 5 HEURES DU MATIN : AUDREY HEPBURN, DIAMANTS SUR CANAPE ET LA GENESE D'UN FILM CULTE de Sam Wasson - LE COEUR NET de Chris Marker - 18 MEURTRES PORNOS DANS UN SUPERMARCHE de Philippe Bertrand - LA BARONNE N'AIME PAS QUE CA REFROIDISSE de Philippe Bertrand - FEROCE de Jean-François Chabas & David Sala - CREEPY, Volume 1 - EERIE, Volume 1 - MARIA de Kazuo Kamimura

mercredi 21 novembre 2012

Concerts : BAT FOR LASHES + RACE HORSES (Angleterre)


20 novembre 2012. 20 heures. Retour aux Docks à Lausanne pour le concert attendu de BAT FOR LASHES. En avant-programme les anglais de RACE HORSES, qui voyagent avec Natasha Kahn, assurent un apéro musical sur un peu plus d'une demie-heure. Le groupe est plein d'énergie. Avec les cheveux dans les yeux et son look androgyne, le chanteur capture immédiatement les regards de part son dynamisme, tant vocal que scénique où il se démène comme un jeune fou, la guitare électrique à la main ou encore en se mettant carrément à genoux pour frapper avec entrain sur un tambour. La jeunesse musicale dans toute sa splendeur... Cette pop psychédélique à grosses mesures synthétiques se digère sans pour autant faire de grosses vagues. Pas de bouleversement pour les oreilles, l'ensemble est parfaitement rôdé. RACE HORSES est cool et plein de punch, faisant parfaitement office en guise d'hors d'oeuvre. On n'en gardera pas non plus de grands souvenirs. 

Une fois la scène débarrassée de ses instruments, le leader du groupe plonge dans la foule pour signer ses disques mis en vente dans un coin de la salle, seul point lumineux d'un lieu de concerts plongé dans l'obscurité. Il faudra attendre encore pas loin d'une quarantaine de minutes pour la mise en scène de l'artiste de la soirée, celle que la foule est venue en masse découvrir en "live". 



BAT FOR LASHES en concert, ce n'est pas simplement une chanteuse et sa voix. Il y a tout une suite d'instruments qui convie à l'ensorcellement. Et puis aussi un décor baigné d'un certain mystère, comme si l'on plongeait dans les profondeurs d'une grotte sombre éclairée par quelques lampes à huile. Celles-ci, disséminées parmi une grosse batterie, un piano, des synthétiseurs, un violoncelle, un thérémine...; ajoutent une touche particulière qui invite à la rêverie...

L'ambiance est installée, les musiciens rejoignent leurs appareils sous les applaudissements d'un public qui ne tarde pas bien longtemps à déchaîner sa passion pour les chansons de Natasha Kahn. Il faut dire que son univers enchante instantanément. Baignée dans une lumière douce la chanteuse est magnifique dans sa longue robe entrecoupée de noir et de blanc, laissant apercevoir en tournant sur elle-même un dos entièrement nu. Petite touche esthétique, sans doute en rappel à son dernier album "The Haunted Man" où elle figure dénudée, ses parties intimes à peine caché par le corps d'un homme qu'elle porte sur ses épaules. 
 
      © A. Schopfer

Entre ce nouveau disque et ses deux précédents, son concert alterne avec un égal plaisir un répertoire savoureux parmi ses trois oeuvres envoûtantes;  entre expérimentations sonores, atmosphère fantomatique, rythmes plus dansants et les émotions brutes qui se dégagent de ses derniers textes. Avec toujours le sourire aux lèvres, elle semble ravie d'être parmi nous tout en se trémoussant sans cesse sur les accords hypnotisants d'une musique qui fait voyager... 


Assise, accroupie, debout;  devant un piano, chantant une balade, jouant une petite comptine, sortant des maracasses... Elle tournoie, lève les bras, s'offre à son public...  BAT FOR LASHES c'est un pur ravissement des sens. Parfois sophistiqué, quelquefois épuré, son show enivrant n'est pas loin d'être bouleversant. Dans tous les cas, on s'y sent bien, comme si l'on flottait dans l'air, se laissant vivre et porter par des mélodies et des refrains que l'on ne se lassera pas d'emporter avec soi. Une heure plus tard, après un court rappel qu'on aurait désirer faire durer encore plus longtemps, on rejoint la nuit froide avec des sons et des images plein la tête qui transforment l'ambiance nocturne en un beau ciel étoilé. C'était fabuleux!    

dimanche 11 novembre 2012

DECOMPTE DU MOIS : OCTOBRE

Le petit décompte du mois d’octobre. Pas de grosses provisions cette fois-ci mais un choix sûr avec plein de bonnes petites choses en tous genres. Des films, de la musique, de la lecture…  

J’ai enfin réussi à me dégoter en DVD un film de Julio Medem que j’adore depuis presque 20 ans déjà. Hélas, cette édition est une véritable catastrophique d’un point de vue technique. Ce n’est pas avec ce disque que l’on va rendre hommage à ce film bien trop méconnu. Pour ce qui est des œuvres de jeunesse de Michele Soavi, j’ai dû me tourner vers l’Italie pour obtenir ces titres munis d’une version originale (hélas, sans sous-titres). Il n’est décidément pas aisé de trouver son bonheur…

Du point du vue de la HD, c’est tout de même un petit peu mieux mais il faut se tourner vers les USA pour se dénicher de belles éditions de films formidables comme le mésestimé HALLOWEEN III ou encore faire confiance à un éditeur français cette fois-ci pour nous offrir une pépite venue d’Allemagne avec le film incroyable de Gerald Kargl. Quelle joie!

Pour la musique, le paquet garni est en provenance du Japon, que ce soit le CD ou les vinyles. Avec quelques raretés remplit de soupirs, aussi bien d’extase et de souffrance. Des bandes audios à ne pas glisser dans toutes les oreilles… mais qui combleront totalement les miennes!

Et puis finalement, avec une sélection bien particulière de mangas, je me régale avec des histoires où se mélangent l’érotisme, l’horrifique et le surréalisme avec trois auteurs incontournables. Que pouvais-je rêver de mieux que ces merveilleux achats pour remplir ce mois automnale plutôt triste et grisâtre. Enjoy!



Films en DVD : SCHOOLGIRLS IN CHAINS de Donald M. Jones (1973) - L'ECUREUIL ROUGE (La Ardilla Roja) de Julio Medem (1993) - SANCTUAIRE (La Chiesa) de Michele Soavi (1989) - LA SECTE (La Setta) de Michele Soavi (1991)

Films en Blu-Ray : BLACK MAGIC RITES (Riti, Magie Nere E Segrete Orge Nel Trecento) de Renato Polselli (1973) - HALLOWEEN II de Rick Rosenthal (1981) - HALLOWEEN III : LE SANG DU SORCIER (Halloween III : Season Of The Witch) de Tommy Lee Wallace (1982) - SCHIZOPHRENIA - LE TUEUR DE L'OMBRE... (Angst) de Gerald Kargl (1983)

Musique CD : AI NO DOREI by Mabuki Junko

Musique Vinyles : M. KAWAHARA & THE EXOTIC SOUNDS "Kokotsu /Ecstasy" - HAUSU by Asei Kobayashi & Mickie Yoshino - ULTRAMAN Original Soundtrack

Mangas : ANAMORPHOSIS de Shintaro Kago - BLACK PARADOX de Junji Ito - L'HOMME QUI AIMAIT LES FESSES de Osamu Tezuka

mercredi 7 novembre 2012

AVANT-PREMIERE : L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR





Dracula, Frankenstein, La Momie, L'Homme Invisible... Parmi tous les "Universal Monsters", mon préféré restera toujours L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR! Sortie en 1954, cette "Creature From The Black Lagoon" de Jack Arnold, futur metteur en scène qui nous offrira les fabuleux TARANTULA et L'HOMME QUI RETRECIT (The Incredible Shrinking Man), surgit des profondeurs presque 60 ans plus tard pour diriger face au public ses inquiétantes mains palmées sur quelques écrans de cinéma.  La pellicule de ce classique du 7ème Art a été restaurée pour l'occasion et bénéficie désormais d'une mise à jour du procédé 3D qui lui apporte une immersion inédite à ce jour. 


Au début des années 80, aussi loin que remonte mes souvenirs, je me rappelle encore d'une fameuse diffusion du film à la télévision à l'occasion d'une "Dernière Séance" présenté par Eddie Mitchell sur FR3. A l'époque, pour découvrir ce long-métrage avec ses effets en relief, le spectateur pouvait s'offrir une paire de lunettes bricolée à découper dans un magazine TV ; avec ces fameux verres en plastiques fins, l'un rouge et l'autre bleu. Bien que le procédé ne fut pas grandement convaincant, et provoquait plus d'effets de mal de tête qu'autre chose, l'événement fut néanmoins marquant. Aujourd'hui, grâce aux technologies de pointe et à l'engouement des spectateurs des salles de cinéma pour la 3D depuis quelques années, voici une belle occasion nostalgique de savourer à nouveau cette incroyable histoire dans des conditions optimales.


Le samedi 3 novembre 2012 dès 22 heures, au Panic! Cinéma à Paris dans le IVème arrondissement,  se déroulait l'avant-première de L'ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR qui  faisait peau neuve pour le plus grand plaisir du public venu en masse ce soir-là. Le temps d'une projection, la salle se transforma en ciné-club et nous transporta à nouveau dans les années cinquante avec cet incontournable du film de monstre rétro. Et les choses furent plutôt bien faites, spécialement au niveau de l'animation qui était très bon enfant avec ses deux pin-ups en maillot de bain aux côtés d'un avatar de la créature du lagon qui s'échinait à effrayer ces belles demoiselles sexy venus faire des bulles de savon au milieu des spectateurs déjà confortablement assis sur leurs fauteuils rouges. En préambule, un petit show débridé, les demoiselles hurlant à tue-tête pourchassé par ce crapaud humanoïde libidineux. 




Pour ce qui est du long-métrage de Jack Arnold, celui-ci fut présenté par Jean-Pierre Putters, célèbre fondateur de la revue de cinéma fantastique "Mad Movies" et auteur des fameux pavés littéraires à la gloire des créatures bizarres et bricolées avec trois fois rien pour le cinéma, à savoir les fameux "Ze Craignos Monsters". Le bonhomme, visiblement bien éméché ou alors coutumier d'un humour à chier, était accompagné dans ses divagations autopromotionnelles par un autre journaliste de Mad, Rurik Sallé qui semblait uniquement vouloir faire tapisserie. Cette longue et pénible introduction fut accompagnée d'un grand quiz cinéma pour gagner quantité de petits badges à l'effigie de l'affiche de cette avant-première. Ce préambule fut également accompagné de nombreux changements des lunettes 3D pour une partie du public craignant de posséder des paires défectueuses.  Une ambiance bien délirante et bruyante, dans un pur esprit de cour de récréation...


C'est donc avec pratiquement trois quarts d’heure après vingt deux heures que la diffusion de L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR débuta enfin... La (re)découverte du film noir/blanc dans une salle bondée et en 3D fut merveilleux. La copie numérique était magnifique, d'une qualité incroyable et permettant d'apprécier pleinement les effets de profondeur des décors naturels, tout autant que les nombreuses apparitions d'une main palmée qui s'avance devant l’écran, juste devant le nez du public, premier aperçu terrifiant d'une créature que l’on a dérangée dans son propre habitat.

Le long-métrage développe une imagerie poétique enivrante - l'atmosphère d'un lagon s'y prêtant idéalement, alignant les séquences savoureuses; parfois drôles, quelquefois inquiétantes et toujours formellement somptueuses; parmi cette équipée de scientifiques qui traque inlassablement un monstre inconnu. Celui-ci, rapidement fasciné par la jeune femme du groupe, ne tardera pas très longtemps avant de la kidnapper pour l'emmener dans ses eaux personnelles pour son propre compte. La baignade de Kay Lawrence, interprété par la ravissante Julie Adams, à travers le lagon et suivie par la créature depuis les eaux sombres de son territoire est d'une belle puissance d'évocation, à la fois pleine de suspense et d'un érotisme troublant. 



L'oeuvre de Jack Arnold, pour laquelle il donnera une suite une année plus tard en 1955 avec LA REVANCHE DE LA CREATURE (Revenge Of The Creature), garde encore aujourd'hui intacte ce charme fantastique qui semble inaltérable. L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR ne vieillit pas et reste toujours fascinant et finalement bien émouvant au regard du destin de son « monstre », poursuivit par des scientifiques acharnés qui n’hésitent pas à prendre les armes pour s’en débarrasser. Comme la plupart des personnages horrifiques sortis des « Universal Monsters », celui-ci est une figure tragique, presque romantique. Les plans montrant la créature s’approchant et ensuite portant dans ses bras sa femme proie sont emblématiques d’un cinéma d’épouvante suggestif absolument inoubliable. C’est une réelle chance de pouvoir (re)découvrir ce film dans des conditions optimales. Si vous le pouvez, ne le manquer pas ! Succombez à LA CREATURE DU LAC NOIR ! Dans les salles de Paris, dès ce mercredi 7 novembre 2012 ! 







mercredi 31 octobre 2012

lundi 29 octobre 2012

ALBUM PHOTOS : VIOL SOUS LES TROPIQUES

 VIOL SOUS LES TROPIQUES (Emanuelle E Gli Ultimi Cannibali)  de Joe D'Amato (1977)

samedi 27 octobre 2012

LANTERNE PHALLIQUE : FLOWER & SNAKE


Ce vendredi soir pluvieux est l’occasion parfaite de s’enfermer dans une salle de cinéma. Qui plus est lorsqu’il s’agit de la deuxième soirée organisé par le Zinéma de Lausanne, petit cinéma alternatif de la ville qui s’octroie chaque dernier vendredi de chaque mois une séance spéciale dans le cadre d’un festival de « films pour adultes » qui se dévoile sous le nom très explicite de La Lanterne Phallique. Après les expérimentations pornographiques de SUKA OFF en septembre dernier, octobre est l’occasion de s’offrir un nouveau spectacle « éducatif » qui se compose d’une thématique spécifique bien explorée à travers un film et qui sera suivi ensuite d’une performance particulière…

En ce 26 octobre 2012, on explore le thème du bondage avec la diffusion du long-métrage FLOWER & SNAKE (Hana To Hebi) de Takashi Ishii (2004). Un titre curieux qui, sous couvert d’une intrigue incluant des affaires de yakuzas, révèle très vite son caractère érotique et bien pervers où un boss de 95 ans reçoit pour le paiement d’une dette d’un homme d’affaire véreux la femme de celui-ci, une danseuse de tango mondialement reconnue. Celle-ci, contre son gré, va alors plonger dans un monde de dérives sexuelles duquel on ne sort pas indemne…





Cette œuvre vaut spécialement le coup d’œil pour ses pratiques sadomasochistes plutôt explicites où s’entremêlent fétichisme, tortures et usage de cordages où le corps d’une femme est malmené dans diverses postures de soumission. Le réalisateur accordant une large portion de son long-métrage à des sévices spécifiques pour bien détailler le calvaire de son personnage féminin. De la douleur et du plaisir. Des tableaux visuellement aussi somptueux que grotesques qui, bien que parfois répétitifs, proposent des rituels sexuellement assez élaborés. La fascination qu’occasionne ce spectacle qui pourrait choquer les âmes les plus sensibles revient spécialement à la comédienne Aya Sugimoto dont la performance physique est des plus remarquables.

Enchaînant beauté et climat sordide à la fois, FLOWER & SNAKE reste tout de même beaucoup trop long à suivre et n’évite malheureusement pas une certaine lassitude devant cette débauche de pratiques déviantes qui finissent par perdre un peu de leur impact sur une durée trop étendue. Toutefois, le film reste une véritable curiosité à découvrir, détaillant avec un regard généreux ses gros délires SM.












Cette seconde soirée à La Lanterne Phallique nous offrait également l’occasion, après la fiction japonaise, de voir une démonstration en direct de la pratique de bondage au sein même des locaux du Zinéma. Les invités de l’événement, deux femmes et un homme se préparent ensuite sous un crochet installé au milieu de la salle à effectuer à la suite deux performances. Tout d’abord, un homme attache une femme aux seins nus devant un parterre de spectateurs pour ensuite alterner par une variante où l’homme se fera ensuite lui-même encorder par un autre partenaire féminin. L’ensemble était baigné par une musique enivrante rappelant le Japon traditionnel tandis que s’enchaînent les figures géométriques où les corps se retrouvent liés d’une multitude de cordages dans un jeu de dominant/dominé, suspendus au-dessus du sol.











Spectaculaire réceptacle de sensations étranges, la vision de cette pratique est subjuguant et très troublant.  L’enchaînement très rapide de nœuds qui se font et se défont sur le buste, les hanches, les poignets, les chevilles et les jambes avec une dextérité incroyable préfigure une danse des sens littéralement époustouflante. Voir un corps qui valse dans les airs, tourbillonnant sur lui-même, se donnant entièrement à la maîtrise de son partenaire qui l’expose et en révèle autant sa force que sa fragilité, sa sensualité. A mille lieux d’un exposé graphique de ce que beaucoup pourrait considérer comme une déviance sexuelle, les « performers » dévoile ici un Art complexe d’une beauté réellement saisissante.

Une démonstration de shibari/kinbaku avec des pointures dans le domaine qui auront sans nulle doute fasciné un public d’adeptes et de curieux qui se sont déplacés en masse ce soir-là. A tel point que le Zinéma aura dû refuser du monde par manque de place. Un succès qui aura fait au moins une jalouse en la personne d’une voisine d’étage, bien agacée par la gêne sonore occasionnée par l’after-party de cette manifestation alternative; au point d’essayer de balancer des seaux d’eau sur la tronche des spectateurs avant de poursuivre en nous envoyant énergiquement quelques patates depuis une fenêtre de l’immeuble. La Lanterne Phallique n’y a apparemment pas que des amis. 

Histoire de poursuivre l’expérience un peu plus loin, l’Art des cordes proposé par Air Shibari Lausanne se poursuit ce samedi 27 octobre 2012 avec un atelier ouvert au public. Qui a dit « Attache-moi!»?…


lundi 22 octobre 2012

LUFF 2012 : Séances dominicales




Après un samedi soir de festival; les films, les concerts, la bière et les éventualités nocturnes… Difficile de se remettre d’attaque pour une journée dominicale au sein du LUFF. Malgré les gueules de bois ou les « shameover  » comme dirait John Waters - lorsqu’un plan cul se termine mal et qu’on se retrouve à boire pour oublier, le public est quand même bien présent aujourd’hui pour les derniers soubresauts d’une manifestation qui a déjà célébré sa clôture la nuit passée. Il faut dire que ce dimanche réserve tout de même son lot de réjouissantes surprises. Ouverture exceptionnelle de la librairie Humus - John Waters viendra même y faire un détour pour y dénicher notamment un bouquin sur Pasolini. Possibilité de rencontrer le « Pape du trash » en personne, obtenir une dédicace, se faire tirer le portrait en sa compagnie... Dans le « salon blanc », l’équipe du LUFF se détend quelque peu avec ses stars et invités à quelques pas des fans, se prélassant tranquillement sur des canapés.



Pour bien terminer tranquillement cette dernière journée « underground », le LUFF propose encore de se mater quelques pellicules bien barrées sur grand écran. A partir de 16h00, on se dirige tranquillement dans la salle Paderewski complètement vide si  ce n’est notre invité de marque de cette onzième édition du Lausanne Underground Film & Music Festival qui prépare en avance son futur petit discours de présentation pour la dernière sélection de sa « Carte Blanche »: la diffusion sur grand écran de l’éprouvant film de  Agustí Villaronga IN A GLASS CAGE (Tras El Cristal) datant de 1987. John Waters étant un grand fan de ce long-métrage, une citation alléchante du réalisateur de PINK FLAMINGOS s’affiche d’ailleurs sur le poster du film espagnol : « They don’t make art-shockers like this anymore. IN A GLASS CAGE is a great film, but I’m scared to show it to my friends ». John Waters finira pour en parler au public du LUFF,  déclamant une immense passion pour cette œuvre atypique qui continue encore aujourd’hui à être un spectacle particulièrement marquant.


Suite à un suicide raté, Klaus, un ancien nazi pédophile, se retrouve prisonnier d'un caisson de verre lui permettant de vivre sous assistance respiratoire. Incapable de gérer la situation, sa femme souhaite engager une nurse. C'est alors qu'arrive Angelo, jeune infirmier tout juste sorti de l'adolescence... Avec un sujet aussi difficile comme premier long-métrage, Villaronga met en scène un psychodrame fort et dérangeant. L’atmosphère y est terriblement pesante tout en parvenant à distiller une imagerie  d’une beauté réellement troublante. Un poème visuel stylisé et passionnant sur le comportement humain et sa capacité à accomplir les pires atrocités. Un véritable film « d’horreurs » qui, sans être trop graphique, parvient à être constamment perturbant. La distribution apportant énormément au malaise ambiant, notamment les performances de jeunes comédiens confrontés à des situations très éprouvantes. Un spectacle pour public averti, forcément inoubliable!


John Waters reviendra encore une ultime fois dans la salle Paderewski pour la toute dernière séance consacrée à son propre cinéma avec DESPERATE LIVING  qui constitue avec PINK FLAMINGOS et FEMALE TROUBLE ses trois œuvres « trash » mises en boîte dans les années 70. Si ici on ne retrouve pas Divine à l’écran, le spectacle n’en est pas moins outrageant et constitue pour son auteur une véritable évolution dans sa mise en scène qui prend ici une dimension épique, toutes proportions gardées. On y retrouve bien sûr son univers si particulier et ses personnages dégoûtants qui se regroupent ici dans un état totalitaire à travers Mortville, une sorte de bidonville crasseux abritant tous les rebuts de la société sous le joug de l‘ignoble Reine Carlotta.


Bien rythmé et ponctué par des dialogues et des situations d’un mauvais goût remarquable; ce récit délirant remplit de furies lesbiennes hystériques offre à Mink Stole le rôle d’une bourgeoise névrosée qui est en soi un spectacle à elle seule. Une performance incroyable qui transforme le long-métrage en véritable odyssée surréaliste. Choquant tout en étant irrésistiblement hilarant de bout en bout, Waters n’a vraiment peur de rien et réalise avec DESPERATE LIVING une de ses œuvres phares. Pour les amateurs de son cinéma, c’est un incontournable! Une excellente façon de terminer cette mini-rétrospective LUFF avec l’une des figures les plus importantes du cinéma « trash »!





La toute dernière projection de la soirée dans la salle Paderewski,  SWEET MOVIE de Dusan Makavejev (1974), permet à un public venu en masse de découvrir cet étrange film mélangeant des artistes de tous horizons. Ce long-métrage met en parallèle plusieurs histoires pour un résultat qui mixe satyre, sexe et controverse politique. On n’est pas ici dans un cinéma traditionnel mais plutôt devant une œuvre d’art anarchique, entre performances et pseudo-documentaire. Souvent révoltant, parfois dégoûtant mais aussi drôle, beau et sexy, le contenu de ce film ne laissera personne insensible devant des images démentes, poétiques, révoltantes ; générant parfois un certain malaise. Sans concessions et avec une bonne dose de provocation, qu’on la juge gratuite ou nécessaire, le cinéma de Makavejev n’est pas forcément pour tous les goûts et peut être à ne pas à mettre devant tous les regards. Naviguant quelquefois sur le fil du rasoir avec certaines séquences tendancieuses qui révulsera les esprits les plus sensibles, SWEET MOVIE est une expérience étonnante et unique qui a tout à fait sa place au LUFF dont c’est tout à son honneur de ressortir ce long-métrage sévèrement censuré dans de nombreux pays qui nous a été présenté ici dans sa version la plus complète.




Voilà. C'est fini! Bonne nuit. C’est le moment de récupérer un peu. A l’année prochain, c’est évident!

Au revoir...

Au revoir...
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