lundi 31 octobre 2011

!! HAPPY HALLOWEEN !!

Un "Happy Halloween" de la part de la célèbrissime Vampira, icône du cinéma d'horreur de bon goût! Bonne fête à toutes/tous, qu'elle soit macabre et délirante à souhait, avec quantité de doux breuvages et de sucreries bien acides en abondance... Le tout arrosé d'une bonne quantité d'excellents films d'horreur! "Trick Or Treat!"

L’OKINAWA DES JEUNES FILLES

Shojo-tachi no Okinawa, autrement dit L’OKINAWA DES JEUNES FILLES. Un beau livre d’images en noir et blanc de jeunes filles pré-pubères mises en scène par Shinoyama Kishin, photographe (re)connu pour ses nus et autres œuvres d’art avant-gardiste. Ici, on est plutôt dans l'apparente simplicité. La jeunesse d'une groupe de japonaises est représentée à travers une série de clichés plein de fraîcheur, d’énergie et de beauté. L’artiste capture l’essence même de l’espièglerie et de la naissance d’une sensualité troublante. Toute l'expression d'un art d'une maîtrise absolue... C’est tout simplement magnifique! Enjoy...



lundi 24 octobre 2011

LUFF 2011 : Séances dominicales

Dimanche. Dernier jour du LUFF. Après la grosse soirée du samedi soir qui a bien dû achever les festivaliers encore présents aux aurores après les derniers concerts de la nuit, cette journée dominicale semble bien tranquille. Les rues de la ville sont pour la plupart désertes alors qu'il se trame encore bien des choses dans les diverses salles obscures dédiées à l'underground. Mais il y a encore des téméraires prêt à continuer à s'exploser les yeux avec des pellicules bien barrées pour encore quelques séances de cinéma alternatif...

Pour ma part, je consacre le reste de mon dernier jour de vacances au LUFF dès que le soleil commence à décliner pour rejoindre l'obscurité de la salle de l'Oblò un peu avant 18h30 pour la toute dernière projection d'une autre "Carte Blanche" octroyée à Stephen Thrower. L'ensemble de sa sélection personnelle ayant déjà été diffusé auparavant, il s'agit-là de la deuxième projection de DEATH BED - THE BED THAT EATS de George Barry (1977) après une première fois dans la plus petite des salles du Zinéma.

Même si j'ai déjà vu ce film il y a à peine quelques jours, cette étrange pellicule m'a laissé un souvenir si fort que je n'avais qu'une envie : pouvoir rapidement le revoir dans des meilleures conditions et toujours sur grand écran. La grande rareté de cette oeuvre ne donnerait sans doute aucune autre chance de pouvoir le savourer à nouveau sur la Toile... Face à un nouveau public venu découvrir un avatar des plus étranges du 7ème art, c'est encore une fois que je me régale devant cette extravagante histoire de lit qui croque tous ceux qui ont le malheur de s'y allonger. Que ce soit des hommes, des femmes, un curé ou des partouzeurs; il varie aussi avec ce qu'il trouve dans ses draps comme une pomme, des ailes de poulet, une mouche qui passait par là, une bouteille de vin, une valise qui traîne, etc... Tout se digère à l'intérieur du lit possédé comme dans une grande cuve d'acide. Un film vraiment bizarroïde, beau et envoûtant! Un régal...



Dimanche double programme "Carte Blanche" à la suite car, après celle de Stephen Thrower s'ensuit, dans un tout autre genre, celle de Peaches Christ. Des tréfonds de l'Oblò, je remonte à la surface, longeant les ruelles sombres de l'Avenue de France pour revenir encore une dernière fois dans la salle Paderewski de la Cinémathèque suisse pour la diffusion d'un classique du cinoche bien déjanté : PHANTOM OF THE PARADISE de Brian De Palma (1974). Une variation très glam-gore du "Fantôme de l'Opéra" dans une délirante version rock! Un long-métrage où le travestissement est roi, ce qui ne pouvait que combler d'aise l'auteur de cette ultime "Carte Blanche" offerte par le LUFF 2011. Au fur et à mesure des visions des films sélectionnés par notre hôte Joshua Grannell - encore un fois, l'alter-ego masculin de Peaches Christ, pour tous ceux qui n'auraient pas encore compris! - on y retrouve d'une manière quasi obsessionnelle les thèmes qu'il chérit au cinéma et qu'il a brillamment retranscrit dans son premier et fabuleux ALL ABOUT EVIL. Une oeuvre finalement très intimiste qui nous aura quand même beaucoup révélé de la personnalité de son auteur...

Winslow Leach, jeune compositeur inconnu, tente désespérément de faire connaître l'opéra qu'il a composé. Swan, producteur et patron du label Death Records, est à la recherche de nouveaux talents pour l'inauguration du Paradise, le palais du rock qu'il veut lancer. Il vole la partition de Leach, et le fait enfermer pour trafic de drogue. Brisé, défiguré, ayant perdu sa voix, le malheureux compositeur parvient à s'évader. Il revient hanter le Paradise...



Beaucoup, beaucoup de passion et de fureur dans cette hymne à la création artistique, à la fois baroque et tragique avec de nombreuses chansons inoubliables et des personnages délirants incroyablement mis en scène dans un style grandiloquent parfaitement adapté à son sujet. C'est d'ailleurs ce qui fait tout le sel de cette histoire qui prend comme base scénaristique le mythe de Faust adapté au monde de la musique. La patte "De Palma" embrasse totalement l'écran à chaque nouvelle séquence avec ses audaces visuelles démentielles, sa recherche du plan qui tue et d'un cadrage ou effet de montage totalement hallucinant. La maîtrise technique est impressionnante. Davantage encore que son histoire pas forcément passionnante en dehors de ses influences diverses à l'intérieur de sa propre thématique, ce mélange incroyable prend toute sa dimension à travers sa mise en images qui est un véritable festival de pur cinéma. Monstrueusement lyrique! Intense de bout en bout! Magistral! Et puis y'a Jessica Harper qui pousse la chansonnette... Quelle voix! On ne peut qu'en tomber amoureux!




Alors que la salle Paderewski résonne encore de la (fabuleuse) musique du générique de fin de PHANTOM OF THE PARADISE, je me vois déjà devoir partir en courant pour la toute toute dernière projection de ce LUFF 2011. Terminant le festival comme il a commencé, c'est à dire au Zinéma (hélas). L'underground regagne ses caves les plus obscures de la ville. La thématique pornographique "noir" lesbien arrive à sa fin avec les deux derniers films de Maria Beatty regroupés sous le titre "Post Apocalypse & Demons"... L'occasion de pouvoir regarder le travail le plus récent de cette artiste avec la "Première mondiale" de LILITH (MOTHER OF EVIL). Un court-métrage aux couleurs démoniaques qui débute sur une monstrueuse femme hermaphrodite dans de sombres décors minimalistes. Bientôt rejoint par un couple de jeunes frères - Abel & Cain, notez bien les références religieuses! - où le trio infernal passent leur temps en en prodiguant des fellations avant de se défoncer mutuellement le cul dans un esprit sadomasochiste très familial... Sorte de vidéoclip "trash" ultra coloré, gay et gore, le résultat est déjà bien longuet alors qu'il ne fait qu'à peine un peu plus de 10 minutes. Ce nouvel avatar d'un univers "érotique" qui semblait jusqu'à présent tourner tranquillement en rond, prend soudainement une nouvelle tournure avec du sexe "hard" entre hommes. On y gagne en brutalité mais on y perd en glamour. Et la vulgarité de l'ensemble n'en fait pas une oeuvre parmi les plus mémorables de sa génitrice. Vu et déjà oublié!



La suite, pour en finir une bonne fois avec ce festival qui vire de plus en plus dans le "hardcore" crasse et sans imagination, un véritable long-métrage de la part de Maria Beatty : THE RETURN OF THE POST APOCALYPTIC COWGIRLS! Un titre de fou qui dure 80 minutes pour une bonne dose de foufounes poilues à déchirer avec ses doigts! Un projet dingue qui ne justifie absolument pas sa durée vu que ce film est exactement la même chose que d'habitude : à savoir une enfilade de lesbiennes qui mélangent leur langue et leurs doigts entre elles! Des claques et des fessées - et puis un peu de pipi - ponctuent cette bande vidéo d'une affreuse banalité...

Toutefois, on dira que l'ambitieuse réalisatrice persévère dans la recherche de décor naturel unique puisque celui de ce long-métrage atypique se compose principalement d'un gigantesque cimetière d'avions militaires en piteux état perdu au milieu du désert. Des images impressionnantes à voir, à défaut d'une véritable recherche artistique dans sa description sommaire d'un monde post-apocalyptique. De toute manière, arrière-plan sophistiqué ou non, l'important c'est de voir des gouines se défoncer naturellement la moule ou encore de prendre le temps de percer une bite en plastique avec une aiguille de cactus!... Et sur presque une heure et demie, c'est un tantinet pénible à suivre. Pas de surprises, pas de scénarios, l'ennui pointe rapidement son nez. Alors on juge les "actrices" au physique souvent guère avantageux... Si on aime les grosses black à cul d'éléphant ou les femmes plutôt masculines couvertes de tatouages dégueux, il y a peut-être de quoi prendre son pied un petit moment. Il reste que l'univers porno "trash" de Maria Beatty est anti-érotique au possible. On préférera sans peine ses duos humides et minimalistes dans un noir/blanc esthétique plutôt que ces sèches aventures dans un désert aride...

Et voilà. Le LUFF 2011 ferme ses portes. Rideau. Merci, c'était très cool. Allez! Bonne nuit... et à l'année prochaine!

dimanche 23 octobre 2011

LUFF 2011 : Séances du samedi

Voici enfin venu le weekend LUFF avec ses nombreux événements qui devraient attirer par milliers les adeptes de l’Underground par l’image et/ou le son. Pourtant, en ce qui concerne votre chroniqueur, ces deux journées vont plutôt être légères en terme de programmation. Ayant déjà assisté à la projection de SHINING SEX hier au soir à la salle Paderewski, j’ai décidé - bien qu’ayant beaucoup apprécié le long-métrage expérimental de Jess Franco - de ne pas tenter le diable pour une seconde séance; cette fois-ci au Zinéma. Du coup, je passe mon tour pour la séance de 14h30; ce qui me laissera juste assez de temps pour terminer mon compte-rendu d’hier avant de m’enfuir à toutes jambes pour découvrir le nouvel opus du jour dans la sélection « Gore Factor » …

Première production de Mördred Pictures, voici le polar « trash » CALIBRE 9 de Jean-Christian Tassy (2011)! Yann, un urbaniste magouilleur, se retrouve en possession d’un calibre 9 possédé par l’âme d’une prostituée. Ensemble, ils vont nettoyer la ville de sa gangrène dont le cœur n’est autre que le maire lui-même.

Dès les premières images du long-métrage, on sent immédiatement que l’on s’est embarqué dans une véritable galère. Petit film fauché mais avec un désir enragé de verser dans le subversif, CALIBRE 9 accumule les tares cinématographiques à un rythme de fou furieux. Scénario crétin, dialogues provocateurs complètement nazes, mise en scène éclatée avec montage ultra-cut en dépit du bon sens, arrêt sur images, ralentis ridicules, effets stroboscopiques qui ne sert à rien, jeux de lumières ringards, photographie tellement obscure qu’on ne distingue pas vraiment ce qu’il se passe à l’écran… C’est un véritable florilège bêtement stylisé qui essaie de lorgner du côté de John Woo pour devenir au final qu’une de ses pellicules ratées qui se réclame d’être un cinglant exemple de cinéma de mauvais goût alors que le résultat n’est qu’une pitoyable tentative subversive qui nous fait bâiller d’ennui. Même plus que cela, c’est du cinoche de petit malin qui n’arrive qu’à faire de la merde filmique, même pas vomitive. Du caca puéril, hautement ridicule; tout comme ce pseudo discours anarchiste envers la société actuelle et ses dirigeants corrompus jusqu’à l’os. Nul!



Masochiste jusqu’au bout, alors que le long-métrage déplaisait dès les premières minutes, je suis resté jusqu’au générique final de CALIBRE 9. Bien mal m’en a pris, car une fois le film terminé il faut déjà se dépêcher pour aller assister à la suite du programme du jour qui ne se trouve pas du tout dans le même quartier… A nouveau, c’est le stress pour être à l’heure, quittant l’horrible Zinéma pour se diriger encore une fois vers les locaux de la Cinémathèque suisse pour une nouvelle découverte dans la sélection LUFF « Compétition Longs-Métrages » : HELLACIOUS ACRES : THE CASE OF JOHN GLASS de Pat Tremblay (2011) !

Malgré quelques petites minutes de retard face à l’horaire prévu, la séance n’a heureusement toujours pas commencée... Grâce soit rendu à la présence de son jeune réalisateur canadien, toujours en pleine présentation de son film. A peine arrivé, je vois le bonhomme dégageant de ses affaires personnels quelques articles promotionnels pour son long-métrage afin de les montrer à son public : affiche, t-shirt et même un string pour les demoiselles! Cet actif de la scène underground de Montréal se montre du coup déjà bien sympathique avant même d’avoir découvert sa nouvelle œuvre. La salle est bourrée de monde. Le réalisateur en profite, avant de prendre congé de cette séance, pour prendre une photo de son public venu assister à cette diffusion dans l’agréable salle Cinématographe…

Un beau jour, dans une grange isolée, John Glass se réveille d’un long sommeil cryogénique avec une grosse gueule de bois. Ignorant tout de l’endroit où il se trouve mais aussi de qui il est, un enregistrement lui apprend que la planète a non seulement été dévastée par une guerre mondiale, mais que des extra-terrestres l’ont également envahie. Et comme si cela ne lui pesait pas suffisamment sur les épaules, il se voit confier une mission d’importance planétaire : rétablir l’atmosphère afin de sauver les quelques représentants restants de l’espèce humaine.

Chouette, un film de SF post-apocalyptique! Mais attention, ici on joue plutôt le minimalisme plutôt que la représentation outrancière d’une fin du monde comme on a pu en voir dans de nombreuses productions italiennes durant les années 80... Ici, HELLACIOUS ACRES dispose de décors désertiques naturels et d’un scénario dont les partis pris rappellent ceux d’un jeu vidéo. Anti-épique au possible, le long-métrage suit les longues balades d’un survivant désigné malgré lui pour sauvez le monde. Mais il n’a rien d’un mercenaire ou d’un soldat de l’armée; et son costume utilitaire de cyborg improvisé va lui donner bien des problèmes dans sa mission.

HELLACIOUS ACRES est un film absurde très rafraîchissant et bourré d’un humour bien senti, qui fera immanquablement penser à celui des Monty Python. Des situations cocasses et des dialogues surréalistes, le long-métrage de Pat Tremblay en regorgent… Avec peu de moyens, il arrive merveilleusement à créer un projet audacieux qui a une bonne gueule avec ses quelques rôles encastrés dans des costumes de boîtes de conserve sur pattes. Hilarant mais avec une bonne dose de tragique, il joue l’avenir de la planète avec un héros pleutre pour qui on s’attache très rapidement. Situations gentiment surréalistes, charmants effets spéciaux « old school » et bande sonore qui déboîte, le « cas de John Glass » est un réjouissant moment de cinéma qui prend à rebrousse-poil les codes d’un genre populaire pour aboutir à une œuvre iconoclaste un brin délirante et très réussie, autant sur le plan visuel que scénaristique. Une sacrée découverte qui nous vient tout droit du Canada. A ne pas manquer, si vous avez l’occasion de le voir! Film culte en perspective…




Déjà 20 heures en ce samedi soir… Si le LUFF 2011 dure encore jusqu’à demain, il est déjà temps d’assister à la Cérémonie de Clôture du festival. Le moment pour les divers jury des compétitions de rendre leur verdict sur les films les plus à même de recevoir un prix. Il y a deux sortes de compétitions; celle des courts-métrages expérimentaux et l’autre consacrée aux longs-métrages. N’ayant qu’un intérêt très relatif à la sélection des courts du festival, je ne me sens pas du tout interpellé par les deux titres primés que je ne découvrirais sans doute jamais…

Par contre, le jury des longs-métrages se sont mis très vite d’accord sur un seul titre : THE OREGONIAN de Calvin Reeder. Le film ayant fait grosse impression pour son aspect complètement immersif qui nous met aux côtés d’une jeune accidentée perdue dans les contrées étranges de l’Oregon. Un bon choix pour un excellent film, bien que ce dernier soit tout de même l’un des plus accessible et moins underground de la sélection; sans doute en rapport avec le fait que celui-ci ait déjà été relevé par un autre festival, celui de Sundance. Néanmoins, cela n’enlève en rien la réussite artistique de l’œuvre qui pourra dans un proche futur être découvert et apprécié par un plus large public dès qu’il sera sans disponible en DVD!


Ce qui est aussi bien avec le LUFF, c’est que l’on ne s’embarrasse pas de grand discours pour la fin du festival. La Cérémonie étant très rapidement « bâclée » dans un esprit très minimaliste afin de passer au plus vite au « Film de Clôture » : un long métrage présenté comme une anthologie de sketchs sous le titre THE THEATRE BIZARRE.

Réalisé par 7 cinéastes très différents - Douglas Buck, Buddy Giovinazzo, David Gregory, Karim Hussain, Jeremy Kasten, Tom Savini et Richard Stanley - THE THEATRE BIZARRE est un projet conjoint entre la société américaine Severin Films et celle, française cette fois-ci, de Metaluna Productions. Une réunion qui débouche sur plusieurs récits mis à chaque fois en scène par un auteur différent. Le lien entre chaque histoire est fait par Jeremy Kasten qui, au travers d’un automate effrité incarné par Udo Kier sur la scène d’un théâtre « Grand Guignol », nous fait découvrir l’un après l’autre chacune des histoires suivantes :

THE MOTHER OF TOADS de Richard Stanley
I LOVE YOU de Buddy Giovinazzo
WET DREAMS de Tom Savini
THE ACCIDENT de Douglas Buck
VISIONS OF STAINS de Karim Hussain
SWEETS de David Gregory

Malgré l’impressionnant rassemblement de talents, THE THEATRE BIZARRE n’est pas un très bon film... Le fait de réunir des noms prestigieux derrière la caméra n’assurant pas forcément au long-métrage sa pleine réussite artistique... L’ensemble des sketchs étant sacrément bancal; il n’y aura que le travail de Douglas Buck pour vraiment titiller mon intérêt avec cette petite histoire d’une fillette qui s’interroge sur la mort suit à un tragique accident de moto dont elle a été est témoin… Un petit moment de cinéma plein de poésie qui contraste largement avec tout le reste qui n’est qu’une suite d’intrigues souvent très plates; prétextes à des débordements gore sans intérêt pour pallier leur manque flagrant d‘originalité. Même le fait de voir Debbie Rochon nue dans le segment rigolard mis en scène par Tom Savini ne suffit pas à en faire autre chose qu’une anecdotique et sale blague sanglante. On sombre dans la prétention crasse avec celui de Karim Hussain; qui débutait pourtant avec une belle idée de scénario; tandis que les « sucreries » de David Gregory managent juste quelques belles images pour un festin cannibale guère inoubliable. Ah oui… Oublions aussi celui de Richard Stanley où se commet la pauvre Catriona McColl en pseudo Mère des Crapauds toute dégoûtante. Le cocktail filmique servant de clôture au LUFF se révèle guère prenant, même pas amusant et largement oubliable. Dommage…


Heureusement, le LUFF version cinéma ne se termine pas sur cette faute note car vers 23 heures a lieu la nouvelle « Carte Blanche » proposé par Peaches Christ! Une séance de cinéma bien déjanté puisqu’on nous offre à voir une copie 35mm en plutôt bon état du fabuleux film EVIL DEAD II de Sam Raimi (1987). Un classique du cinéma d’horreur qui accuse toujours assez bien le temps qui passe. Toujours aussi horriblement fun à voir… Joshua Grannell est bien entendu sur scène pour présenter ce long-métrage qui compte parmi ses films préférés. Un titre capital qui comporte tout ce qu’il aime au cinéma : du gore qui tâche, de l’humour bien débridée, des personnages fous et même du travestissement avec le personnage d’Henrietta qui est incarné… par un homme!

Quel plaisir de voir à nouveau EVIL DEAD II… Et surtout sur grand écran. L’odyssée horrifique d’Ash - fabuleux Bruce Campbell - gagne à être vu au cinéma car les extravagances filmiques de Sam Raimi sont encore plus impressionnantes à savourer sur la Toile... La mise en scène est aujourd’hui encore un travail impressionnant d’hystérie furieuse où la caméra prend la place du démon de la forêt pour explorer à tout berzingue les moindres recoins de son décor forestier; de permettre à son acteur principal de se livrer à un jeu de mime grotesque où l’esquisse d’une simple grimace traduit sur son visage tout les tourments physiques d’un personnage poussé dans ses derniers retranchements.

Presque 25 ans après sa sortie en salles, EVIL DEAD II n’a rien perdu de sa force d’évocation. A chaque nouvelle vision à travers les âges des supports vidéos; de la VHS au Laserdisc, des rééditions multiples en DVD jusqu’à sa récente remasterisation en Haute Définition ce chef-d’œuvre de Sam Raimi démontre qu’il figure désormais au panthéon des plus grands classiques du cinéma d’horreur. Et ce soir-là au LUFF, c’est enfin le grand moment de redécouvrir cette merveille enfin en version « originale » 35 mm avec ce si beau grain d’images et ses rayures intempestives qui ponctue une vraie séance de cinéma de quartier avec tout le décorum d’une salle remplie d’un public qui n’hésite pas à crier, siffler et applaudir devant ce gigantesque morceau de bravoure cinématographique. Incontournable!




Aaaaah! Ca fait du bien… Finalement, ce fut une belle clôture de festival. Mais attention, ce n’est pas encore la fin. Si ce samedi soir convient parfaitement pour faire la fête en se disant qu’on arrive à la fin, il reste encore toute la journée dominicale pour s’en mettre plein les yeux. Documentaires, courts-métrages et films ne s’arrêtent pas encore avant demain soir… De quoi contenter les plus acharnés d’entre nous qui ne veulent pas prendre un jour de repos avant le retour à un quotidien plus « normal »… Les yeux bien éclatés et l’estomac complètement vide - le LUFF ne laissant guère de temps aux festivaliers pour satisfaire tous leurs appétits - c’est avec un certain soulagement que je me dis qu’il est peut-être temps d’aller se faire un petit restaurant à 1 heure du matin avant de se crasher lamentablement sur une couette bien chaude à une heure indécente pour quelques heures de repos avant de sombrer une dernière fois avec délice dans les tréfonds de l’Underground lausannois pour l’ultime journée du LUFF 2011... A demain. A tout à l’heure, quoi!

Au revoir...

Au revoir...
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