dimanche 31 juillet 2011

DECOMPTE DU MOIS : JUIN

Dès le mois de juin et durant tout l'été, c'est la grande folie des achats. Du coup, les acquisitions de ce mois-ci sont particulièrement conséquentes. J'en profite pour agrémenter ma collection de slashers avec une belle série de films d'horreurs et toujours une bonne poignée de séries B, voire Z, des "anime" érotiques et quelques longs-métrages pornographiques. Petite provision au rayon des Blu-Rays dont la grande nouvelle est la sortie du fabuleux film de Joe Dante PANIC SUR FLORIDA BEACH pour lequel l'éditeur lui a concocté un traitement royal. Ca tombe bien, le film le méritait largement!

Niveau musique, je poursuis mon exploration des bandes originales de films des années 70 avec quelques belles découvertes par des compositeurs qui m'était inconnu jusque là : Georges Garvarentz, Franco Micalizzi et quelques autres... Et puis, grande nouvelle, enfin une B.O. bien complète de l'excellent score que Bruce Broughton a composé pour YOUNG SHERLOCK HOLMES! Yes!!!

En lecture, c'est la grosse provision de livres. J'ai enfin réussi à me procurer la série de roman TNT écrit par Michaël Borgia et puis j'ai déboursé une véritable fortune pour acquérir un bouquin de référence sur la "nunsploitation", ces bons vieux films de nonnes pas très catholiques! Et puis j'ai ouvert une section spéciale pour les bandes dessinés adultes de l'éditeur Elvifrance. Ma collection commençant à prendre du volume, cela méritait bien une section à part. Rien que les titres, ça donne envie de s'y plonger non? Et je vous raconte pas les couvertures... Tout ceci est détails dans de prochains messages avec force de scans bien explicites! Pour l'instant, la liste des achats du mois de Juin! Enjoy!

Films en DVD : LA 7EME MALEDICTION (Yuan Zhen-Xia Yu Wei Si-Li) de Ngai Kai Lam (1986) - LA VIACCIA de Mauro Bolognini (1961) - SOLDAT BLEU (Soldier Blue) de Ralph Nelson (1970) - LE MONSTRE DES OUBLIETTES (The Beast In The Cellar) de James Kelley (1970) - SATURN 3 de Stanley Donen (1980) - MASSACRES DANS LE TRAIN FANTÔME (The Funhouse) de Tobe Hooper (1981) - LA MAISON NUCINGEN de Raoul Ruiz (2008) - DANCE IN THE VAMPIRE BUND (Dansu In Za Vanpaia Bando) de Akiyuki Shinbo (2010) - POUPOUPIDOU de Gérald Hustache-Mathieu (2011) - NOCES SANGLANTES (He Knows You're Alone) de Armand Mastroianni (1980) - UNE NUIT EN ENFER (Hell Night) de Tom DeSimone (1981) - THE HOUSE OF SORORITY ROW de Mark Rosman (1983) - VOEUX SANGLANTS (The Initiation) de Larry Stewart (1984) - MOTEL DES SACRIFICES (Mountaintop Motel Massacre) de Jim McCullough Sr. (1986) - LE BAL DE L'HORREUR (Prom Night) de Paul Lynch (1980) - LE BAL DE L'HORREUR 2 - HELLO MARY LOU (Hello Mary Lou : Prom Night II) de Bruce Pittman (1987) - LE BAL DE L'HORREUR 3 - DERNIER BAISER AVANT L'ENFER (Prom Night III : The Last Kiss) de Ron Oliver & Peter R. Simpson (1990) - LE BAL DE L'HORREUR 4 : DELIVREZ-NOUS DU DIABLE (Prom Night IV: Deliver Us From Evil) de Clay Borris (1992) - ANGEL BLADE Vol. 2 de Masami Ôbari (2001) - ANGEL BLADE Vol. 3 de Masami Ôbari (2001) - ANGEL BLADE Vol. 4 de Masami Ôbari (2001) - TARZANA, SEXE SAUVAGE (Tarzana, Sesso Selvaggio) de Guido Malatesta (1969) - THE FACE OF EVE de Robert Lynn & Jeremy Summers (1968) - LES FRENETIQUES (The Last Horror Film) de David Winters (1982) - VALENTINA de Giandomenico Curi & Gianfranco Giagni(1988-1989) - LE FAISEUR D'EPOUVANTES (The Manitou) de William Girdler (1978) - LE JOURNAL INTIME D'UNE NYMPHOMANE de Jesus Franco (1973) - MIDORI (Shôjo Tsubaki: Chika Gentô Gekiga) de Hiroshi Harada (1992) - LA NUIT DE LA COMETE (Night Of The Comet) de Thom Eberhardt (1984) - ALIEN FROM L.A. de Albert Pyun (1988) - LEVIATHAN de George P. Cosmatos (1989) - DEUX ESPIONNES AVEC UN PETIT SLIP A FLEUR (Ópalo De Fuego: Mercaderes Del Sexo) de Jess Franco (1980) - BABY FESSE (Baby Face) de Alexy De Renzy (1977) - PRETTY PEACHES de Alexy De Renzy (1978) - BABY FACE 2 de Alexy De Renzy (1986) - PRETTY PEACHES 2 de Alexy De Renzy (1987)


Films en Blu-Ray : BLOOD ISLAND (Kim Bok-Nam Salinsageonui Jeonmal) de Chul-soo Jang (2010) - GRINDHOUSE de Quentin Tarantino & Robert Rodriguez (2007) - BOULEVARD DE LA MORT (Death Proof) de Quentin Tarantino (2007) - PLANETE TERREUR (Planet Terror) de Robert Rodriguez (2007) - LES YEUX DE JULIA (Los Ojos De Julia) de Guillem Morales (2010) - PANIC SUR FLORIDA BEACH (Matinee) de Joe Dante (1993)


Musique : CATHERINE RINGER "Ring N'Roll" - BRIGITTE "Et vous, tu m'aimes?" - THE TREE OF LIFE by Alexandre Desplat - YOUNG SHERLOCK HOLMES by Bruce Broughton - THEY CAME TO ROB LAS VEGAS! by Georges Garvarentz - ZOMBI 2 by Fabio Frizzi - UN GATTO NEL CERVELLO by Fabio Frizzi - AMERICA PAESE DI DIO by Angelo Francesco Lavagnino & Armando Trovajoli - STRIDULUM by Franco Micalizzi - SHE KNEW NO OTHER WAY by Mike Rozakis - IL DIAVOLO NEL CERVELLO by Ennio Morricone - DA UOMO A UOMO by Ennio Morricone - DIO E CON NOI by Ennio Morricone - THE ITALIAN JOB by Quincy Jones - LES GANTS BLANCS DU DIABLE de Heinz Schäfer - HALLOWEEN II by Tyler Bates - APPASSIONATA by Piero Piccioni - THE PRODIGAL by Kaper Bronislau - CITY OF FEAR by Jerry Goldsmith - MASADA by Jerry Goldsmith + PART III & IV by Morton Stevens - JERICHO by Johnny Williams & Jerry Goldsmith - NEVER LET ME GO by Rachel Portman - DEADFALL by John Barry

Livres, Romans, BD & Mangas : DE PROFUNDIS : L'ETRANGE VOYAGE DE JONATHAN MELVILLE de Chanouga - RAHAN : INTEGRALE, Tome 1 de André Chéret & Roger Lécureux - BEAUTE, Tome 1 : Désirs exaucés de Kerascoët & Hubert - ECHO, Tome 3 : Course-Poursuite de Terry Moore - ECHO, Tome 4 : Collision de Terry Moore - ANTICRISTO : THE BIBLE OF NASTY NUN SINEMA & CULTURE de Steve Fentone - TNT : LES SEPT CERCLES de Michaël Borgia - TNT : LE GRAND CONGELATEUR de Michaël Borgia - TNT : LA BÊTE DU GOULAG de Michaël Borgia - TNT : HUIT PETITS HOMMES ROUGES de Michaël Borgia - TNT : LES JEUX D'HERCULE de Michaël Borgia - TNT : TERMINUS ELDORADO de Michaël Borgia - TNT : LE GRAND CHAPERON NOIR de Michaël Borgia - TNT : LES COBRAS DE LILLIPUT de Michaël Borgia - TNT :LE 10E MARI DE BARBE-BLEUE de Michaël Borgia

Bandes Dessinées Adulte (Elvifrance) : L'HERITIER - ZARA LA VAMPIRE : L'HERITIERE DE CORTEZ - ALLO? ICI LA MORT... - L'ICONE ENSANGLANTEE - ZARA LA VAMPIRE : AMOURS ROYALES - LE CRI DU CAPRICORNE - PERMUTATION - REINE D'ECOSSE - UN MORT DE TROP - LUCIFERA : JE SUIS UNE FEMME, PLUS UNE DIABLESSE - L'EBLOUISSEMENT DE LA MORT - UN VAMPIRE A PARIS - BEAUTE PLASTIQUE - L'EPOUSE ENFANT - POURRIR OU MOURIR - RETOUR EN FRANCE - HARA-KIRI - PUTREFACTION - MA MAÎTRESSE LA MORT - JEZABEL - LE SUD - SANG GITAN - LES FILLES DE LA MER - L'HOMME SANS MEMOIRE - CARNAVAL - DES HORIZONS DE HAINE - L'HORREUR EN VERSION ORIGINALE - LES DEUX JUGES - LE CRÂNE DE CRISTAL - GRAINES DE VIOLENCE - INCESTE - MOONA - ALAN PRICE N'EST PAS MORT - POUR VAINCRE LES SNOKORS - DE L'ARGENT A LA PELLE - JUSTICE PRIMITIVE - UN VAMPIRE A VENISE - LA CLEF DU REBUS - AU PREMIER CHANT DU COQ - LA DEESSE DE LA DOULEUR - JEUX DE MIROIR - LA PERLE D'ALLAH - SOUPCONS - CAUCHEMAR SPECTRAL - LA VENGEANCE DES TERRIFIANTS - CAUCHEMAR A HAITI - LA PORTE DE L'ENFER - LE LOUP BLANC - LES FANTÔMES DU CAMP D'EXTERMINATION - TRAHISON - LA TOMBE QUI PARLE - NO SMOKING - ROUGE SANG - L'ETERNEL CAUCHEMAR DE LINDA - L'OEIL DE NEFERTITI - LOHA LE MONSTRE SACRE - CONTAGION SPATIALE - LES FANATIQUES - SAFARI - CHEN MING - LA NUIT DE L'ANGOISSE - LE SIGNE DU DEMON - LE VICE ET LA VERTU - LE CRÂNE ET LA ROSE - AUX FRONTIERES DE LA HAINE - COEUR DE ROBOT - LA FILLE DE LA SORCIERE - LE PORTRAIT DU DIABLE - L'OEIL DE VERRE - LES HORREURS D'ARACHNE - FESTIVAL D'HORREUR - LES CHEMINS DE L'HORREUR - LE PLANTEUR - PAS GAI, LE GAY! - CULBUTANT : JE TE TIENS, TU ME TIENS... - LA FARINE DU DIABLE - LA RIVALE - SEXORAMA : LA NANA QUI VALAIT 10 MILLIONS - INVASION - JOUISSANCES SURNATURELLES - ZARA LA VAMPIRE : UNE BOMBE DANS LE CRÂNE - RAPTUS : MEURTRE A L'ARBALETE - LE TRAIN FANTÔME - VIDEO-TERREUR - ON N'OUBLIE PAS - OUTRE-TOMBE : LE VENT ET LA MORT


jeudi 21 juillet 2011

PALEO 2011 : PJ HARVEY, le corbeau noir

PALEO FESTIVAL : 21 juillet 2011

Le ciel est couvert par des cumulus bien floconneux et même, par certains endroits, on y décèle une belle couleur bleue. Cela change largement de la météo guère enchanteresse d'hier soir... Le terrain est toujours aussi impraticable mais au moins cela ne s'aggravera pas davantage, du moins pour aujourd'hui. Du coup, c'est plutôt agréable de se balader au Paléo et d'avoir même quelques petits rayons de soleil à l'horizon. On se plaindrait presque qu'on a un peu trop chaud...

Le début de programme d'une journée de festival n'est souvent pas très enthousiasmant et l'on se contente simplement de pouvoir passer le temps en allant voir n'importe quoi, juste histoire de découvrir ce qu'il y a à cette heure-là, sans trop savoir ce que l'on va voir...

Je n'aime pas le reggae et ce n'est pas en me vendant Congotronics Vs. Rockers sous cette appellation que cela va m'enchanter. Toutefois, je me dis que je peux toujours être surpris. Et bien m'en a pris de m'attarder sous un "Chapiteau" passablement vide pour découvrir ce collectif congolais assez particulier qui mixe instrumentations traditionnelles avec des expérimentations électroniques. Qui plus est, la troupe se voit accompagnée de plusieurs artistes de la scène internationale avec des participations de divers horizons tels que Deerhof, Juana Molina et même Wildbirds & Peacedrums! En tout, 19 musiciens! L'ensemble est une création pétrie d'influences diverses lui donnant une sonorité originale et énergique; qui donne la pêche! Curieux à voir sur scène, c'est un peu la grande parade où des musiciens noirs à peau de bête se croisent avec une minuscule asiatique sautillante sur un pied; une dame d'Argentine aux percussions et des voix autant féminines que masculines et qui portent et vous transportent... Un mixage d'univers assez exceptionnel. Grande découverte!! C'est juste un petit peu dommage de voir que les organisateurs de concerts se doivent de respecter à la minute les horaires du programme; interrompant parfois brutalement la fête musicale, comme ce fut le cas ici...

En bonne compagnie, je parcours le site de l'Asse de long en large alors que Jean-Louis Aubert se fait déjà entendre sur la Grande Scène. Le public, venu en masse pour le voir (de loin!) et l'écouter, lui font un triomphe alors qu'il met immédiatement une ambiance de feu dans l'air... Agréable d'écouter ses anciennes chansons alors qu'il officiait au sein du groupe Téléphone, tout en se baladant sur de la paille tout propre au milieu de gens qui se bécottent sans aucune pudeur... Petit détour aux alentours de la Ruche, espace dédié aux arts du cirque et des spectacles de rue pour voir un duo de femmes trapézistes s'envoyer en l'air dans un petit décor qui rappelle les petits théâtres des années 30; revoir une photographie des marionnettes humaines dans un couloir rouge avant de revenir vers le "Club Tent" pour se garder une place dans la foule venue voir Anna Calvi.

Beaucoup de monde par ici pour écouter une sacrée voix... Armée d'une guitare et accoutrée comme un mec; costard noir bien serré, cheveux lissés et bien tirés en arrière, Anna est accompagné d'un batteur et d'une autre jeune femme qui s'occupera de manipuler toute une galerie d'instruments allant d'une grosse cymbale à un énorme accordéon posé sur une table devant elle. Ce qui frappe tout de suite ici, c'est la grande qualité des cordes vocales de la chanteuse qui donne à son spectacle relativement tranquille une aura assez envoûtante. Mais, décidément, ce ne sera pas davantage un coup de coeur, n'arrivant pas à me laisser complètement porter par le talent de la chanteuse. Il faudra que je lui redonne une chance sur platine, peut-être plus tard...


Il est pas loin de 21 heures. C'est le moment de dévorer une saucisse avant de se faufiler entre les gens pour être au coeur de la plaine et bien au centre de vision de la scène où PJ Harvey ne tardera pas à arriver. C'est quand même énorme comme décor pour un concert pas aussi festif que certains l'espéraient, plus proche d'un show sans fioritures que d'une avalanche de lumières colorés. Polly Jean arrive comme un sombre corbeau sorti d'une brume épaisse, des plumes bien noires en guise de couvre-chef et une impressionnante collection d'instruments à cordes qui passeront entre ses mains, changeant quasiment de guitare à chaque nouvelle chanson. Si le décor se révèle bien trop grand pour un concert finalement relativement calme, PJ Harvey nous gratifie d'une performance pleine d'émotions avec une ribambelle de chansons qui bouleversent le coeur. Poésie d'un lyrisme noir qu'on apprécierait encore davantage si le rendez-vous s'était fait plus intimiste. N'en pouvant plus, au bout d'un moment, je me décide avec un ami d'écouter d'une oreille la suite et la fin du concert d'un peu plus loin tout en sirotant une boisson énergétique pour tenir le coup jusqu'à la fin de la soirée...

Si cela ne tenait qu'à moi, je serai sans doute parti à ce moment-là, plus rien ne m'intéressant vraiment dans le reste de la sélection des concerts de la nuit... Ne serait-ce qu'une infime curiosité de voir un groupe de gamins californiens s'emparer à leur tour, avec la vaillance de leur jeune âge, du "Club Tent" pour nos transmettre leurs émois postadolescents... On ne tarde pas trop avant de tirer nos propres conclusions de cette attroupement juvénile tout droit sorti d'un AMERICAN PIE qui se transforme en pseudo SCOTT PILGRIM en ayant une guitare en main. La rigolade est de mise et l'on ne tarde pas trop avant de se retirer vers un ailleurs plus calme et moins clinquant... Il ne restera donc plus qu'à subir quelques assauts musicaux de The Strokes depuis la colline, voyant la Grande Scène à nouveau s'enflammer pour un exutoire rock bien carré et efficace qui fait son office sans toutefois emballer complètement. Des notes pleine puissance qui redonnent toute sa fièvre à un journée de Paléo Festival finalement plutôt tranquille et agréable à défaut d'être inoubliable...

Ah oui, et puis il y a l'odyssée de retour qui est toujours aussi agaçante à effectuer, spécialement lorsqu'on ne retrouve plus son véhicule de retour sur un parking bondé et mal éclairé. Mais on y arrivera, 20 minutes plus tard... Les yeux se ferment et c'est un plaisir de quitter le terrain et son odeur pestilentiel. Dur retour à cause de la fatigue, mais on est toujours vivants, je crois qu'on a donc dû rentrer se coucher sans encombres hier soir...

Ambiances :

mercredi 20 juillet 2011

PALEO 2011 : PORTISHEAD en live!

PALEO FESTIVAL : 20 juillet 2011

Paléo 2011 sous la pluie. Heureusement, pour ce second jour de festival il y a une petite accalmie au niveau du mauvais temps. Mais, putain, qu'est-ce qu'il fait froid pour une période d'été! Sur place, au milieu des mélomanes qui débarquent, cela laisse quand même un terrain bien détrempé et boueux juste comme il faut. On se dit que ça fera du bien pour la peau... N'ayant pas eu le temps d'acheter une paire de bottes de pluie pour la circonstance, c'est avec de bonne grosses godasses que j'arpente la colline du festival en me promenant parmi les nombreux stands qui parsèment le gigantesque espace de l'Asse.

Aujourd'hui, le gros morceau de bravoure, c'est le concert prévu sur la grande scène à 21h30, raison pour laquelle je me suis déplacé à Nyon cette année. D'ici là, bien le temps de flâner sous les différentes tentes et chapiteaux pour faire quelques petites découvertes, boire un petit sirop artisanal et dévorer une gauffre couverte de crème fraîche. C'est assis sur un banc juste à côté du "Club Tent" que j'écoute Beak, un projet solo de l'architecte musical de Portishead Geoff Barrow. Exploration bruitiste et expérimentale, ce petit voyage minimaliste nous projette dans un cosmos enivrant qu'il fait bon d'écouter à distance tout en regardant les festivaliers se balader parapluie à la main en éparpillant la gadoue tout partout sur la pointe des pieds...

Au Paléo, les saveurs sont très exotiques, comme les stands très diversifiés de nourritures ou encore la musique provenant de divers horizons proposant un beau panorama qui excitent les sens. Sous le "Chapiteau" je me joins à l'estrade pour découvrir en live Bonobo, une formation DJ à la base et qui s'attaque ici à la scène en mêlant diverses influences pour un résultat à la rythmique sympathique et entraînante mais dont les interventions de Ruby Wood, plantureuse jeune femme à la robe ouverte jusqu'au bas de son dos mais dont la voix guère expressive se mélange plus que de raison aux beats incessants d'une instrumentation électro-jazz. Plaisant mais anecdotique.

Le véritable plaisir d'écoute aura lieu un peu plus tard, alors que le ciel se découvre gentiment et que les spectateurs se réfugient où la boue se fait plus rarissime : sous la tente "Le Détour" avec Oh The Tiger Mountain! Un masque de tigre attaché au micro sur le devant de la petite scène où va se produire un artiste marseillais à barbe et cheveux longs; une belle gueule, un sourire carnassier et des yeux malicieux. Des mains qui savent gratter une guitare, une silhouette qui sait se déhancher et surtout une voix suave qui a du coffre et qui sait fondre son public instantanément. Le gaillard au doux nom de Matthieu Poulain a le charisme du diable et une attitude propre à faire chavirer les jeunettes qui minaudent tout en mouillant certainement leur petite culotte. Le spectacle est simple et franc, presque intime comme on peut l'être avec son copain ou sa copine. Cette proximité donne une ambiance et une chaleur unique à un concert sous influences blues et soul, bien rythmé par les percussions de son acolyte Kid Francesco. Leur premier disque sort en septembre prochain. On meurt déjà d'impatience.

Marche dans la boue. Eclabousse. Amusant de voir ces quelques chaises roulantes peinant dans le terrain pour assister aux spectacles du jour... Retour au "Club Tent" pour assister au concert d'Anika, nouvelle ambassadrice trip-hop et toujours sous la protection de Geoff Darrow. Le soleil se couche, je monte sur la grille tout au-devant du chapiteau, à l'abri du terrain aux copeaux humides. On nous annonce la chanteuse, le public doit être prêt à succomber... L'artiste, grande blonde toute habillée de noir et à la coupe de cheveux strict fait la tronche, n'adresse qu'un regard froid et dédaigneux aux spectateurs et use d'une voix sans entrain pour des reprises des classiques de Bob Dylan et des Pretenders à la mode synthétique. La musique enveloppe les paroles d'une chanteuse qui ne s'entend guère et s'écoute péniblement. Je tiendrai 20 minutes. Pas un sourire, pas de présence, pas de jeu de scène... même le bassiste semble fatigué alors que la nuit n'est même pas encore tombé. Je ne donne pas davantage de temps à une artiste qui ne donne rien aux curieux venus l'écouter.

Profitant d'une mauvaise performance pour s'éclipser et aller s'avaler une petite assiette avant de découvrir ENFIN Portishead droit devant moi! Moment fort en perspective. L'occasion aussi de retrouver de bons vieux copains que je ne quitterai plus jusqu'à la fin de la soirée... Bientôt 21 heures 30 et nous voici déjà face à la grande scène. La foule s'attroupe, les nuages sombres recouvrent le ciel mais il ne pleut pas... Les fans s'excitent, hurlent, crient... Beth Gibbons est là, la musique s'emballe, le concert commence et le public s'enflamme. La voix de l'artiste hypnotise autant qu'elle émeut, les chansons sont sublimes et le spectacle à la hauteur de l'attente... Le groupe se dévoile dans un maelstrom d'images qui forment une véritable oeuvre d'art contemporaine filmée en vidéo, toute droit sortie des ténèbres d'un rêve comme autant d'émotions prenant vie au gré de ses formes et qui invite surtout à l'enivrement de sons et sensations. On y plonge le coeur ouvert à voir une artiste de ce calibre à mettre autant de son âme dans sa musique... pour finir par un rapprochement auprès de son public en serrant des mains anonymes et prodiguant des accolades à qui voudrait la serrer dans ses bras. Alors que la musique soutient l'action, c'est ainsi le temps fort de ce jour de Paléo 2011 qui s'achève en apothéose orgasmique suprême!



Mais la soirée n'est pas encore finie car peu avant minuit, il y a encore les Chemical Brothers à voir aussi au même endroit. De la musique techno en festival, pourquoi pas, mais qu'y a-t'il vraiment à voir? Un monstrueux show de lumières soutenus par des projections de formes numériques qui se répètent indéfiniment. Un peu comme la formule musicale du groupe qui propose des "samples" bien ravageurs secouant le public dans tous les sens. Les petits jeunes qui sautent sur place à hurler "Fuck Yeah!", "This is the best shit ever!" et autres "Oh My God! There's a circle of light"... L'ambiance boîte de nuit en plein air, avec les petites loupiotes qui clignotent. Passé 15 ans, il n'y a vraiment pas de quoi s'extasier. D'autant plus qu'on a largement l'impression que le groupe a préparé son CD compilant quelques-uns de ses meilleurs tubes avant de presser "Play" en se cachant dans le noir... Et après, on vient de temps en temps sur le bord de scène faire un petit coucou les bras en l'air à un public rendu fou par leurs sons bien épais. Atmosphère de dingue! Amusant mais rapidement saoûlant. Aucun regret à quitter la place avant l'apothéose finale qui s'entend sans doute à des kilomètres à la ronde.

Prendre la voiture dans un parking de boue. Des véhicules qui patinent quelque peu et puis ensuite qui s'enfilent à l'indienne pour quitter l'Asse et le Paléo Festival... Plus de 2 heures 30 du matin une fois atteint son chez soi. On déchausse ses godasses bien dégueulasses. Plongée dans les draps. On ferme les yeux et on dort. Au plus profond de soi, les oreilles sifflant légèrement des beats ingurgités. C'était une chouette soirée...

Ambiances :


samedi 9 juillet 2011

NIFFF 2011 / Day 9

NIFFF 2011 / Day 9 : 9 juillet 2011

Cela fait déjà 9 jours que je dors sur un matelas posé dans un salon baigné par les légers rayons de soleil lorsque je rentre chaque matin à l’aube après une formidable journée passé au milieu de différents films répartis à travers diverses salles de cinémas à Neuchâtel… Neuf jours de marathon intensif… Un rythme qui ne faiblit pas et dont on voit - enfin, diront sans doute certains esprits fatigués - la fin avec cette dernière journée pour le moins bien remplie. Plus trop le temps de flâner dans les ruelles de Neuchâtel, ni de manger correctement ou de prendre un long bain réparateur… Non, c’est bientôt midi et les séances de la journée vont bientôt commencer…

Aujourd’hui, c’est le tour d’un cinéma fantastique moins graphique qu’à l’accoutumée, plus cérébral et peut-être disons le plus pointu avec des œuvres qui demande davantage d’implication de la part des spectateurs que des applaudissements salvateurs à chaque giclée de sang qui tâche l’écran… Des films qui s’annoncent visuellement moins extrêmes mais que l’on espère tout aussi enthousiasmants.




Contre toute attente, je me décide à sacrifier la projection de TOWER, suite aléatoire d’épisodes tirés d’une série TV russe créé par Denis Neymand, pour finalement aller voir END OF ANIMAL de Sung-Hee Jo (2010), un film coréen diffusé dans le cadre de la Compétition internationale. Non pas que le sujet me passionne particulièrement mais aux dires des quelques personnes qui l’ont déjà vu, cela devrait peut-être me plaire… alors que la plupart des avis sont plutôt négatifs. Une manière plutôt cocasse d’appréhender un long métrage qui m’a été présenté comme « c’est chiant mais je pense que tu vas aimer! »….

Lors d'une froide journée, Sun-Young effectue en taxi le long trajet qui la ramènera chez sa mère, où elle doit accoucher. Cette perspective doit réjouir la timide jeune femme, surtout que l'auto-stoppeur fraîchement embarqué par son chauffeur en cours de route se montre très désagréable à son égard. Il semble tout savoir sur elle et, entre autres insanités, entame un étrange compte à rebours, suivi d'un flash, un bruit assourdissant, puis le néant... À son réveil, Sun-Young est seule. L'électricité ne marche plus et des grognements effrayants émanent des bois. Quelque chose de terrible est arrivé au monde et les survivants que Sun-Young croise ne s'avèrent pas d'une grande aide, bien au contraire...

Du fantastique traité sur un mode réaliste et surtout minimaliste. Le décor se résume à une voiture en panne perdue dans un coin de campagne désertique où une jeune femme se débat avec passivité pour sa propre survie... Dénonciation des tourments de la condition féminine en Corée, END OF ANIMAL nous montre une fin du monde dans un style épuré où les personnages que l’héroïne rencontre s’abandonnent progressivement à leurs pulsions animales. Œuvre contemplative qui joue autant avec notre patience qu’avec nos nerfs, voici un film qui lorgne plus du côté du cinéma d’auteur à la Tarkovsky que d’un simple divertissement inoffensif. Sa radicalité formelle et thématique laissera sans doute beaucoup de spectateurs sur le bord de la route, lassés par son côté froid et hermétique. C’est pourtant ce qui fait toute la force d’un long-métrage qui baigne constamment dans un surréalisme cauchemardesque. La relative lenteur de END OF ANIMAL plonge le spectateur dans une ambiance lancinante que nous fait bien ressentir toute la dégradation physique et mentale de son interprète principale. Une ambiance incroyablement pesante se dégage de ces deux heures de projection pour aboutir à un crescendo émotionnel qui nous emmène dans une impasse. Incompréhensible, certes, mais rendant toute l’expérience proposée par END OF ANIMAL particulièrement troublante. Et cela vaut largement le coup d’œil!

En sortant du Temple du Bas, je retrouve Lukas et Sibylle qui se sont bien amusés en allant assister à la projection de GRIFF THE INVISIBLE. On se regroupe maintenant tous pour aller découvrir un film dont la plupart d’entre nous ont beaucoup d’attente. Il s’agit de l’adaptation cinématographique d’un - paraît-il - excellent bouquin écrit par Lionel Shriver qui a remporté l’Orange Prize en 2005. Sibylle l’a lu sur les conseils de sa maman - qui avait beaucoup apprécié cette lecture - et se réjouis maintenant d’en découvrir le pendant cinématographique…

WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN raconte le point de vue d’une mère vis-à-vis de son enfant à problème qui, le jour de son seizième anniversaire fait un carnage dans son lycée. Un portrait dérangeant d’un enfant malveillant que la réalisatrice Lynne Ramsay essaie de saisir à travers une mise en scène complexe, plus proche du cinéma expérimental que du gros mélodrame classique. Ici, on cherche davantage à saisir le malaise ambiant qui se dégage de cette relation mère-enfant que d’en expliquer les cause et les effets. On est loin d’une analyse psychologique ou d’un suspense familial tragique. L’auteure s’attache surtout à décrire le désarroi de cette femme qui a eu un enfant malgré elle et qui peine à essayer de se faire aimer par son fils. Dans le rôle difficile de la femme qui accouche d‘un monstre, Tilda Swinton est absolument exceptionnelle; tout comme le reste d’une formidable distribution allant de John C. Reilly à l’effrayant Ezra Miller dans le rôle du gamin perfide.



WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN se sert de sa belle esthétique extrêmement léchée pour nous plonger dans une famille parfaite en apparence. Transformant le long-métrage en une expérience sensorielle complètement captivante; curieux contraste entre l’angoisse latente qu’inspire l’œuvre et sa séduisante beauté plastique. Il semble que seule la mère ne semble percevoir la trouble mécanique des rapports silencieux qu’elle entretient avec un gamin manipulateur; le père étant lui-même bien loin de se douter de ce qui se trame derrière son dos, guère averti par son épouse qui essaye pourtant de bien faire pour élever son enfant. Alors qu’il s’agit avant tout d’un drame familial, ce film se révèle comme un puissant film d’horreur devant lequel on aurait envie de crier sans fin. Evocateur de sensations particulières, WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN est sans conteste l’un des films les plus forts du festival!

Un peu d’air, cela fait du bien! Enchaîner à la suite deux longs-métrages aussi intense, ce n’est pas facile de s’en remettre. Le NIFFF touchant à sa fin, on aura donc encore eu droit à une belle dose d’émotions fortes durant ce dernier jour. Et ce n’est pas fini. A 20 heures aura lieu un autre long-métrage qui s’annonce bien éprouvant. Mais avant cela, une petite pause qui s’annonce plutôt récréative avec un des premiers films gore de l’histoire du cinéma : THE FLESH EATERS de Dan Curtis (1964). Mais pour cela, il va falloir remonter au Théâtre du Bas, dans cette détestable salle n°2 et ces sièges qui vous détruise un dos en 90 minutes chrono! Heureusement, c’est avec plaisir que je retrouve Annick pour découvrir ensemble ce film depuis les plus hauts gradins où juste derrière nous se trouve ce fameux projecteur « beamer » bien fatigué qui diffuse une image si pixellisée qu’il serait honteux d’appeler ça du cinéma. Il serait peut-être temps de changer la machine, non? Heureusement, il s’agit pour ma part de ma dernière séance dans cet endroit et ce n’est pas peu dire que j’en suis fort content.




THE FLESH EATERS raconte l’histoire d’un groupe de personnages qui se retrouvent confrontés à une bactérie mangeuse de chair humaine alors qu’ils sont bloqués sur une île déserte sur laquelle officie une étrange scientifique allemand…

Surprenante petite série B d’horreur en noir/blanc, particulièrement démonstrative en ce qui concerne un érotisme plutôt audacieux pour l’époque et quelques étonnantes séquences de violence graphique. Depuis 1964, année de sa sortie officielle, le long-métrage a passablement vieilli mais garde néanmoins tout le charme de ces petites productions fauchées accomplit avec trois fois rien… L’intrigue réserve son lot de surprises avec un scénario très bien construit qui ménage un bon suspense et quelques personnages qui font plaisir à voir comme cette actrice capricieuse et alcoolique, le bel aviateur musclé et protecteur, la plantureuse assistante ou encore le méchant nazi qui se révèle totalement durant la dernière bobine… Efficace et rarement ennuyeux, THE FLESH EATERS est savoureux à suivre de par ses dialogues et situations horrifiques, enchaînant en rythme les mises à mort spectaculaires. Les effets spéciaux sont rudimentaires mais ils fonctionnent encore parfaitement aujourd‘hui et le film nous offre même, dans son acte final, l’apparition d’une gigantesque créature que l’on croirait sortir d’une nouvelle de Lovecraft. Une jolie réussite issue des prémices du cinéma gore que le NIFFF a sorti de l’oubli pour nous l’offrir sur grand écran. Chouette!

Il est 19h30 et on sent que l’on arrive gentiment au bout de nos 9 jours de présence à Neuchâtel... Dans une petite demi-heure débutera la Cérémonie de clôture du NIFFF, avec les incontournables discours pompeux et surtout on connaîtra enfin les grands gagnants de cette année, issus des diverses compétitions qui composent le festival.

Du coup, l’officielle séance finale regroupe un nombre toujours plus hallucinant de spectateurs, de même que tout le gratin des célébrités présentes, jury et autres journalistes venus suivre la manifestation qui fête avec entrain toute la vitalité d’un cinéma fantastique toujours aussi enthousiasmant. On se croirait presque à Cannes avec tout ce déploiement technique caméra au point, à capter l’arrivée d’une foule bien compacte qui se dirige vers l’immense salle du Théâtre du Passage. Celui-ci est bien entendu comble et il y a encore de nombreux spectateurs sur liste d’attente dans l’espoir de se choper un billet qui se libérerait à la dernière minute. Tout le monde n’aura hélas pas la chance d’assister à ce rendez-vous incontournable…

Après l’habituel retard d’une quinzaine de minutes, voilà que débute enfin la procédure qui honorera, pour la onzième fois depuis ses débuts, les films les plus appréciés du festival. Je ne vais pas trop m’attarder sur les résultats qui, pour la plupart, ne sont vraiment pas une surprise… mais font tout de même plaisir! Notamment le fait de voir TROLL HUNTER à l’honneur avec pas moins de 3 récompenses : celui du « Prix H.R. Giger Narcisse du meilleur film » ainsi que le « Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen » et, peut-être le plus important, le « Prix du public« ! Une belle réussite pour ce film norvégien qui semble avoir conquis la majeure partie des festivaliers.

Je me prononcerai moins sur la « Mention spéciale du jury international » envers STAKE LAND ou encore le « Prix du meilleur film asiatique » attribué à HELLO GHOST de Kim Young-Tak, n’ayant pas vu ce dernier qui, à la base, ne m’intéressait pas du tout! Content, par contre, de voir THE VIOLENT KIND gagner le « Prix Mad Movies du film le plus Mad »; il le mérite largement. Et, du coup, cela rend son producteur complètement heureux en venant chercher son trophée sur scène. Je commenterai encore juste le « Prix Titra Film » attribué à INSIDIOUS de James Wan. Un prix pour l’aide au sous-titrage pour un film qui n’en a définitivement pas besoin vu la large distribution qu’est déjà offerte à ce long-métrage plutôt mauvais débarquant d’Hollywood. Il aurait peut-être mieux fallu offrir ce prix à un film qui ne bénéficie pas d’une aussi grande visibilité sur le territoire suisse! Enfin… Pour le reste, on se contentera de voir le palmarès complet qui est désormais affiché sur le site du festival.

A l’occasion de cette cérémonie de clôture, différentes personnalités s’afficheront sur scène, effectuant quelques « speeches » non dénués d’humour avant d’arriver au regroupement du Jury International présidé par William Lustig, remerciant les organisateurs pour leur accueil chaleureux et tout ce qui s’ensuivit… Avant les habituels cadeaux de différents sponsors; il faut bien soigner ses invités. Ce 11ème NIFFF se voit couronner d’un succès toujours plus grandissant, ayant toujours plus d’amateurs venant découvrir la grande richesse d’une manifestation cinématographique de plus en plus importante à l’échelle mondiale. Ce qui fait surtout plaisir, c’est de pouvoir découvrir une sélection d’une aussi bonne qualité que celle de cette année qui nous aura réservé de sacrées surprises tout au long de la semaine! Et maintenant que les formalités sont terminées, on embarque pour l’ultime projection tant attendue : MELANCHOLIA de Lars Von Trier…

À l'occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la sœur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre...

Grand film de dépressif, MELANCHOLIA est divisé en deux chapitres, reprenant les points de vue de la fin du monde à travers deux portraits de femmes interprétés respectivement par Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg. Deux visions qui se recoupent en présentant une perspective finale de l’existence vécu de manière aussi différente que complémentaire. Et Von Trier d’y injecter toute la noirceur du monde à travers les relations humaines lors d’une cérémonie de mariage qui ne déroule pas dans la joie et la bonne humeur…



Film spectaculairement intimiste MELANCHOLIA est le dernier voyage émotionnel de personnages qui voient là arriver la fin de toutes choses. Avec un savant dosage qui mélange sérénité et panique avant de virer dans la résignation, il décrit les derniers instants de la vie humaine à travers une série de personnages issue d’une famille qui vole en éclats. Et pour cela il convie à l’écran une belle distribution de comédiens dominé par le talent équitable de ces deux grands rôles féminins qui livrent des performances aussi bouleversantes que le film est plastiquement superbe et d’une émotion qui vous détruira au passage. Von Trier réalise ici ce qui est sans doute un de ses films les plus réussis d’une filmographie déjà bien exceptionnelle. C’en est presque dommage d’avoir à le découvrir en fin de festival, après s’être regardé une cinquantaine de longs-métrages sur une semaine, la fatigue et les émotions vous mettant à genoux devant ce dernier grand film que l’on reverra sans aucun doute avec un plaisir renouvelé lorsqu’il sortira officiellement dans les cinémas du monde entier.

Difficile d’exprimer ce que l’on ressent en voyant une œuvre pareille. Les avis divergents fusent; beaucoup de monde ont adoré tandis que certains ont proprement détesté; mais ce qui est sûr c’est que MELANCHOLIA n’a pas laissé grand monde insensible… Il donnera à coup sûr par la suite de grandes discussions entre cinéphiles avertis, pour l’instant il s’agit de s’en remettre et de réaliser que l’on vient de voir le dernier chef-d’œuvre du NIFFF, issu d’une sélection qui comporte un grand nombre d’œuvres fabuleuses qu’il fait bon d’avoir pu (re)découvrir sur grand écran!

A 23 heures passées, il est déjà bien trop tard pour pouvoir aller voir le NIGHT FISHING (Paranmanjang) de Chan-wook Park encore diffusé au Temple du Bas sans courir à s’en perdre haleine pour être présent en début de projection. Le célèbre réalisateur de OLD BOY et SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE a réalisé cet étrange court-métrage d’une trentaine de minutes avec un iPhone. Il paraîtrait que c’est formidable mais je n’aurai pas le courage de m’enfermer à nouveau dans une salle de cinéma directement après avoir pris un nouveau chef-d’œuvre labellisé « Von Trier » dans la gueule! Tant pis, on aura sans doute l’occasion de découvrir cette petite curiosité au détour d’une prochaine édition DVD…





Par contre, après avoir un peu traîné au cœur des tentes publics du NIFFF et parmi ses festivaliers autour d’une assiette chaude et d’un bon « drink », je me décide finalement à tenter une ultime projection avant de traîner ma carcasse fatiguée dans mon lit de fortune… Donc, pour finir le festival, je m’envoie encore un long-métrage à minuit et demie dans une salle encore incroyablement bondée d’un public toujours avide de se faire une bonne toile : NORWEGIAN NINJA (Kommandør Treholt & Ninjatroppen) de Thomas Cappelen Malling (2010).

Durant la Guerre Froide, la Norvège a trouvé un moyen imparable pour protéger sa neutralité: une troupe d’élite entraînée selon les principes millénaires des ninjas. Ces guerriers devront user de leurs plus extraordinaires pouvoirs pour vaincre un rival légèrement facho.

Lorsqu’on a les yeux éclatés, rien de tel qu’une comédie d’action bien délirante. Cette curiosité kitsch à l’esthétique emprunté aux films d’espionnage des années 70 est un bon moyen de terminer le NIFF sur une bonne ambiance faite de gros rires et d’applaudissement en chaîne. Sauf que l’œuvre en soi n’est de loin pas aussi dingue que son titre original. Passé la petite fraîcheur exotique des premiers instants, NORWEGIAN NINJA se révèle très vite être un de ces films dont le synopsis est cool mais dont le résultat final est loin d’être une franche réussite. Il n’y a vraiment pas de quoi se tordre de rire devant cette intrigue répétitive aux lourdauds effets comiques. Il manque surtout un bon grain de folie à ce long-métrage devant lequel j’ai bien de la peine à garder les yeux ouverts. J’en viens presque à souhaiter que cela se termine rapidement pour que je puisse enfin me décider à rentrer dormir un peu…


C’est à deux heures du matin, dans la nuit fraîche et les rues passablement désertes, que se termine pour moi le festival de Neuchâtel. Grande édition, peut-être même l’une de ses meilleures; avec beaucoup de belles surprises et de grands moments de cinéma. Dans l’ensemble, ce fut particulièrement orgasmique d’enchaîner merveilles sur merveilles, guère entachées par quelques très mauvais films dont j’aurais probablement oublié les titres dans pas très longtemps. Et puis il y a cet esprit très convivial de festival où l’on se retrouve pour célébrer un genre du 7ème Art qui est la plupart du temps dénigré par les exploitants des salles obscures. Et c’est d’autant plus précieux de venir en festival pour voir ces longs-métrages sur la grande toile. En temps normal, on aurait uniquement l’occasion de les voir en DVD, les distributeurs ayant relativement grande peine à les programmer dans les cinémas suisses. Donc merci au NIFFF d’exister et de continuer à nous faire découvrir les films les plus fantastiques, étranges, horrifiques, surréalistes et bizarres que des cinéastes plus ou moins inspirés accouchent chaque année. Il va sans dire que j’impatiente déjà pour l’année prochaine!

Au revoir...

Au revoir...
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