vendredi 27 mai 2011

LA TRES EXTRAORDINAIRE EXPERIENCE DU DR. GRORDBORT

En ce moment, dans la belle demeure qu'est la Maison D'Ailleurs à Yverdon, depuis le 10 avril et jusqu'au 21 août 2011, on a l'occasion d'admirer les travaux du néo-zélandais Greg Broadmore. Cet artiste, auteur et designer graphique bosse pour la société d'effets spéciaux Weta Workshop, créé par le réalisateur Peter Jackson. Cette présentation exclusive en Suisse offre l'opportunité d'admirer la très extraordinaire expérience du Dr. Grordbort. Un choc esthétique fait de peintures, sculptures et d'objets divers comme des armes à feu rétro-futuristes. Un voyage exceptionnel détaillant une sorte de safari meurtrier où l'on suit les aventures de Lord Cockswain, accompagné de la troublante Moon Mistress, incroyable guerrière aux hypnotiques lobes thoraciques, s'échinent à massacrer les étonnantes créatures qui peuplent la planète Venus. La grande force du monde créé par Broadmore est son incroyable richesse dans les moindres petits détails et un humour machiste qui donne à cette expérience particulière un ton iconoclaste qui invite à une envoûtante flânerie. Si vous êtes dans les parages, n'hésitez pas...


Salutations, jeunes hommes et femmes de la Terre. J'espère que vous prendrez plaisir à déambuler dans cette exposition qui vous permettra de vous familiariser avec notre système solaire et de mieux comprendre la place que vous y occupez.

En entrant dans ce lieu, je vous invite à faire une incroyable expérience : entrapercevoir une épopque oubliée. En traversant cette exposition, vous découvrirez des illustrations d'exploits héroïques, des images exaltant le courage, un aperçu des luttes audacieuses de nos forces armées, une présentation de certaines bizarreries biologiques extraterrestres (sans oublier la description de quelques-unes des nouvelles armes qui peuvent êtres employées pour "examiner" ces bestioles d'un peu plus près) et bien d'autres choses encore.

Vous y découvrirez des hommes extraordinaires - dont le plus admirable d'entre tous : le gentleman explorateur et naturaliste Lord Cockswain -, qui vous serviront de modèles de moralité et de bonne tenue. J'en suis convaincu : leur physique altier et leurs vertueux exploits sauront vous inspirer.

Les éminentes informations disséminées dans cette exposition vous aideront à être fin prêts lorsque vous prendrez la bonne décision : vous engager dans l'armée, afin de prendre part au plus noble des combats qui est d'imposer les valeurs de la courtoisie et de la plomberie décente dans toute la galaxie.


Les portraits des plus nobles représentants qui composent notre société, pourront inspirer les plus intrépides d'entre nous. Peux-être trouverez-vous la force de soutenir notre cause en rejoignant nos troupes d'élite. Quelques bigots, que l'on pourrait faire arrêter pour leur infâme propagande de démoralisation nationale, trouvent à se plaindre des manières de nos soldats. Car ceux-ci sont des gaillards rudes et résistants, d'anciens joueurs de rugby pour la plupart. Pas le genre d'hommes à dire "s'il vous plaît" ou "merci". Ils préfèrent passer leur temps à botter le cul de nos ennemis. Et c'est ce qui fait leur force, quoi qu'on en dise.

Armés de canons d'assaut de haut voltage, d'une multitude de bombes à gaz et de gourdins capables de provoquer de sérieuses migraines, ces troupes lourdement blindées propagent une onde de choc au-devant de nos déploiements militaires - nos valeureux combattants enseignent à la piétaille extraterrestre le respect et quelques rudiments de savoir-vivre, comme l'art de respirer en étant dépourvu de tête. Alors n'hésitez plus : engagez-vous!



jeudi 26 mai 2011

TEENAGE WASTELAND : THE SLASHER MOVIE UNCUT

TEENAGE WASTELAND : THE SLASHER MOVIE UNCUT de J.A. Kerswell

Je viens de terminer, en à peine quelques jours, ce chouette bouquin qui dresse l'historique du "slasher", une catégorie du film d'horreurs où, pour en résumer les grandes lignes, on aligne les cadavres de manière plus ou moins explicites dans une intrigue plus ou moins vraisemblable héritée des DIX PETITS NEGRES d'Agatha Christie...

L'auteur revient donc à la source, à savoir les débuts à travers le théâtre "Grand Guignol" et les prémices du genre via des oeuvres comme UNE SOIREE ETRANGE (The Old Dark House) de James Whale et bien entendu l'incontournable PSYCHOSE (Psycho) d'Alfred Hitchcock; les enquêtes policières allemandes, dites "Krimi" écrites par Edgar Wallace et l'influence du "giallo" par les cinéastes italiens pour finalement débuter par la référence ultime; à savoir LA NUIT DES MASQUES (Halloween) de John Carpenter.

On est loin de l'étude du "slasher" mais plutôt la mise en perspective d'un adorateur du genre qui présente une sorte d'exposé, richement illustré et à la mise en page très colorée, sur ces films en se focalisant principalement sur ce qu'il appelle "L'Âge D'Or" de ces oeuvres allant de 1978 à 1984; avec d'exposer l'exploitation des différentes franchises allant des plus connus comme VENDREDI 13 et les "Freddy", aux plus obscurs (MASSACRE A LA PERCEUSE de Amy Holden Jones) et aussi l'arrivée de "l'enfer de la vidéo" qui tua (!) peu à peu le genre au cinéma avant que celui-ci ne revienne en force grâce au succès de SCREAM de Wes Craven et, pour finir, la vague des nombreux remakes des "classiques" de la grande époque! Il y a même quelques chapitres où l'auteur s'aventure sur les parodies du genre, l'influence du "slasher" sur les productions plus grand public ou disserte encore sur les règles qui consacre la "Final Girl" de chaque histoire; à savoir la survivante des massacres filmées...

Ce livre ne rentre pas dans des analyses très complexes de chaque film appartenant à cette catégorie mais doit certainement les survoler à peu près tous, de près comme d'un peu plus loin. Privilégiant sans aucun doute ses préférés alors que d'autres sont simplement cités. L'ensemble est toutefois bigrement intéressant, même pour l'amateur éclairé à qui il donnera certainement envie de revoir ses préférés et d'en découvrir encore d'autres... Kerswell se concentre surtout sur les productions américaines, canadiennes et britanniques qui ont assurés la plus grande pérennité du genre, un peu au détriment du reste du monde mais mentionne toujours les productions italiennes, indiennes, australiennes en les développant plus succintement.

TEENAGE WASTELAND : THE SLASHER MOVIE UNCUT n'est certainement pas la référence absolue en terme d'ouvrage sur le genre "slasher" mais reste très certainement l'un des meilleurs bouquins qui soit sortis sur cette thématique horrifique. C'est avant tout le partage d'une passion par un gars qui dévore absolument tout sur le sujet et en fait une synthèse assez enthousiasmante qui (re)donne envie de voir un maximum de films. De plus, le livre est un bel objet dont on a plaisir à feuilleter les pages avec de bien belles photographies, posters et jaquettes vidéos de tout horizons. Les fans de films d'horreur devraient beaucoup apprécier!

mercredi 25 mai 2011

MOVIE MOMENTS : JEUX INTERDITS DE L'ADOLESCENCE

JEUX INTERDITS DE L'ADOLESCENCE (Maladolescenza) de Pier Giuseppe Murgia (1977)

Derrière ce joli titre d'une poésie un brin sulfureuse se trouve un film qui n'est plus prêt d'être disponible officiellement en DVD. Il y a quelques années, il existait bien une édition DVD allemande sortie chez X-Rated Kult, mais celui-ci est depuis devenue bien ardue à dénicher... De par sa thématique qui présente une cruauté érotique entre jeunes adolescents à de quoi troubler le spectateur. A l'heure où une simple imagerie sensuelle de l'enfance est immédiatement assimilée à de la pédophilie, je n'ose imaginer le choc que représenterait ce film aux yeux de bon nombre de gens. Il se dégage donc comme un parfum d'interdit à travers ce long-métrage, à la fois sale et lyrique, étrange et fascinant. Dérangeant mais incroyablement beau. Enjoy!

mardi 24 mai 2011

MINUIT A PARIS

MINUIT A PARIS (Midnight In Paris) de Woody Allen (2011)

Un jeune couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, tout particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne.

C'est le film de Woody Allen que j'ai préféré depuis... VICKY, CHRISTINA, BARCELONA mais, au final, c'est n'est pas suffisant pour que je trouve qu'il s'agisse d'un bon film. L'idée de départ est sympathique, spécialement en ce qui concerne les ballades nocturnes du personnage incarné par Owen Wilson qui trouve là sans doute l'un de ses meilleurs rôles. Mais au-delà de cela, le film ne me plaît pas vraiment... C'est à nouveau une "lettre d'amour" de l'Amérique pour la France fantasmé avec tout ce que cela peut comporter de clichés. Mais ce n'est pas là le problème, car Woody sait bien faire passer pilule même si tout ceci est quand même relativement banal. Difficile de s'en émerveiller comme pourrait le faire des gens qui ne connaissent pas Paris au-delà de son aspect "carte postale".


Venant en au fait, les "nuitées" parisiennes et sa dimension fantastique. La grande question du film c'est "que se passe-t'il donc à Minuit à Paris?". Je ne donnerai pas la réponse pour ne pas gâcher la surprise même si celle-ci est facile à deviner après presque 10 minutes de long-métrage.

Owen Wilson va faire nombre de rencontres à ce moment-là, basculant dans un surréalisme amusant mais guère convaincant au-delà d'un aspect très théâtre de boulevard. C'est rigolo cinq minutes avant de devenir rapidement lassant car le schéma se répète sans grandes variations nuit après nuit. Mais c'est toujours un petit plaisir très bref d'y découvrir nombres de "personnalités" venus faire un caméo qui, malheureusement ne va pas vraiment plus loin qu'un simple clin d'oeil au passé "arty" de Paris. Après, l'intrigue se noue autour d'un triangle amoureux assez lassant avec Marion Cotillard en jeune amoureuse transie... Ah, Paris! (soupirs)... On en baillerai presque d'ennui. Même l'humour si cher à Woody Allen a ici bien de la peine à prendre (en dehors de quelques moments irrésitibles, notamment avec Adrien Brody), mais tout ceci est bien léger et son intrigue finalement guère palpitante non plus.

Les nuits parisiennes se montrent donc sans réelles surprises si ce n'est son ambiance "vieille époque" qui ne manque certes pas de charme mais qui n'arrivent pas non plus à nous hypnotiser comme c'est le cas pour son protagoniste principal. Dommage.

lundi 23 mai 2011

MENU XXL : AVALE ET TAIS-TOI!


Quand on est le manager d’un fast-food, il est aisé de proposer de décompter des heures supplémentaires à ses jolies serveuses pour profiter de leur corps. Il se trouve que l’une d’entre elles est lesbienne, et la transformer en vicieuse dépravée serait loin de déplaire au manager. Pour ça, il décide de faire appel à Masaru, dont il sait qu’elle est secrètement amoureuse…


Du « Hentaï » tout ce qu’il y a de plus basique. Cet « anime » pornographique se divise en 3 petites saynètes d’environ 10 minutes chacune. On y suit les palpitantes aventures sexuelles d’un patron qui s’attache à appliquer à la lettre son devoir sur ses employées : bien servir le client. Après, quelques galipettes dans les toilettes de l’enterprise, le pseudo prétexte scénaristique nous emmène cette fois-ci sur le toit d'un immeuble durant une soirée orageuse, le temps rêvé pour une sombre initiation très particulière…

Le Japon a souvent un rapport de soumission dès qu’on en vient au sexe. Ici, la femme est rabaissée à sa plus simple expression et doit servir tous les désirs de l’homme, même si celui s’emploie à l’humilier purement et simplement. Dans la représentation des sévices pornographiques, on vire dans le sadomasochisme : corps attaché, bougie allumée planté dans l’anus et même et grosse portion de frites enfoncé dans le vagin; fast-food oblige. Ce n’est pas ce « Menu XXL » qui va empêcher le manager de bien fourrer sa bistouquette dans sa jeune vendeuse pour lui apprendre les bonnes manières...

Des petites déviances culinaires qui ponctuent ces situations sexuellement explicites, centre d’intérêt primaire pour une intrigue banal et sans originalité guère aidé par une animation et un dessin qui assure le strict minimum. MENU XXL : AVALE ET TAIS-TOI n’est donc pas une franche réussite dans le genre. On est même dans la représentation typique d’un produit bâclé, voire même ennuyeux alors qu’il ne dure qu’à peine une trentaine de minutes. Mieux vaut encore se taper un petit MacDo en imaginant ce qu’un lieu comme un fast-food pourrait offrir comme variantes sexuelles stimulantes. Dans ce cas de figure, mieux vaut éviter d’aller faire un tour dans celui-ci!

Le voilà... ENFIN !!

Après des mois d'attente fébrile, voici enfin le moment que tous les cinéphiles pornocrates attendait depuis si longtemps. La sortie du DICTIONNAIRE DES FILMS FRANCAIS PORNOGRAPHIQUES & EROTIQUE - 16 et 35 mm ! Une mine d'informations sur près de 1200 pages, sans illustrations mais avec des critiques et analyses de tous ces films que l'on ne retrouve pas dans une traditionnelle encyclopédie du 7ème Art. C'est dire si l'objet que nous propose Christophe Bier et ses collaborateurs est assez unique. Le dictionnaire est sobre, volumineux et c'est déjà un régal de parcourir les pages au hasard. Voici donc déjà un incontournable pour tous les amateurs de bon goût, qu'ils soient cinéphiles, cinéphages, pornocrates ou tout simplement curieux de dénicher ne serait-ce qu'un bon film de cul!



En bonus, pour les 300 premiers souscripteurs du "Dictionnaire", la chance de pouvoir posséder une copie d'une oeuvre X réalisé par Eric De Winter : l'intrigant MALEFICES PORNOS. Un obscur et alléchant long-métrage pornographique qu'il me tarde de découvrir! En attendant, toutes mes félications à l'équipe de Serious Publishing d'avoir pris le temps de sortir un si beau livre qui trônera fièrement dans ma bibliothèque.


dimanche 22 mai 2011

IL N'Y A PAS LIEU DE S'INQUIETER



Du 3 au 22 mai 2011 au Pulloff, le petit théâtre alternatif de la Rue de l’Industrie à Lausanne, avait lieu une pièce intitulée IL N’Y A PAS LIEU DE S’INQUIETER mise en scène par Anne-Frédérique Rochat. Trois chaises en bois, une vieille lampe en pied et une imposante commode brunâtre compose l'unique décor intime d’un rassemblement d’un soir. Ici, on dépeint un tableau familial qui représente les relations compliquées entre une fille, sa mère et sa grand-mère. De retour de l’enterrement du grand-papa, ces femmes se retrouvent toutes les trois dans le salon de leur vie. Ainsi, elles se confrontent tout en ressassant le passé qu’elles entretenaient chacune avec le défunt. A mesure des discussions plus ou moins agitées, on se rend vite compte du traumatisme latent que l’homme aura infligé à ces femmes; étant plus attentif à ses activités morbides autour de papillons morts qu’il accrochait sur ces murs qu’à s’occuper des personnes qui peuplait son existence…

Ainsi, IL N’Y A PAS LIEU DE S’INQUIETER est un drame psychologique qui fait de l’introspection et parle de métamorphose. L’être humain étant une sorte d'allégorie assimilé un papillon mort, sans vie. Triangle de tension relationnelle, il y a la tristesse de la femme qui a perdu son mari, l’amertume de la maman vis-à-vis de son papa et les ressentiments contrastés de la fille vis-à-vis des deux personnes qui compte le plus à ses yeux : sa mère et sa grand-mère.

La mise en scène de Magdalena Czartoryjska Meier est minimaliste, presque expérimental; ballet de mouvements sobres où chaque personnage se repose dans des postures savamment étudiées, pieds nus ou recouvert d'une couverture blanche, posées dans un recoin du décor. Le travail de Dagmar Lee Maine sur la lumière est remarquable. Véritable jeux d’ombres qui est comme une sombre réflexion de sensations, exposant ainsi les émotions intenses ressenties par ces beaux rôles féminins. Eclairée de cette manière, la pièce de théâtre affiche une dimension surréaliste; tortueuse aussi de part cette voix masculine qui semble surgir de nulle part et s’intégrant aux discussions animées des participantes… C’est à la fois fascinant et captivant, bien aidée par de formidables comédiennes qui s’immergent dans des rôles difficiles avec tout une gamme d’émotions contrastés remarquablement bien rendues. Dans leurs rôles respectifs, Geneviève Pasqier (la grand-mère), Anne-Frédérique Rochat (la mère) et surtout la jeune Camille Mermet (la fille) délivrent des prestations étonnantes.

Ce qu’il y a aussi de surprenant dans IL N’Y A PAS LIEU DE S’INQUIETER, c’est la dimension fantastique qui s’en dégage durant certains instants, comme ce perturbant rêve d’apparence gothique où des visages humains se découvrent dans la pénombre au-dessus de la grande commode et dans ses tiroirs. Un cauchemar bigrement bien orchestré pour un effet maximum! Il y a donc de la poésie macabre dans l’air, mais aussi une touchante poésie comme cette représentation dansée d’un papillon qui prend son envol en pleine lumière alors que l’orage de la nuit s’est estompé pour laisser place au jour. Un jour nouveau, où les querelles de la veille débouche sur de nouvelles perspectives pour le futur. Incertaines et guère joyeuses, elles ont surtout permit la mise en évidence d’un abîme générationnelle à travers trois femmes qui n’auront pas assez d’une seule nuit pour oublier un grand-père, père et mari qui aura laissés beaucoup de traces marquantes autour de lui en s’entichant davantage de papillons que de la compagnie d’êtres humains. Beau, terrible et puissant, l’œuvre d’Anne-Frédérique Rochat s’ancre durablement en nous, proposant une lecture très intrigante des relations familiales sous divers angles avec une approche pleine d’un lyrisme qui bouscule et bouleverse. Une très belle réussite!

samedi 21 mai 2011

Concert : BRIGITTE (FRANCE)


C‘est le début du weekend, il est 20 heures et ça s’agite déjà du côté du D!Club à Lausanne. Le public s’amasse tranquillement devant la porte pour assister, un peu plus tard dans la soirée, au concert du duo glam-pop féminin nommé Brigitte! Derrière ce nom de scène se trouve une brune et une blonde. Sylvie Hoarau et Aurélie Maggiori sont là pour faire la fête avec son public venu nombreux dans cette petite salle de concert.

Découvert un peu par hasard quelques heures auparavant au détour d’une affichette colorée plutôt équivoque, Brigitte est un nom de la scène musicale relativement inconnus à mes oreilles. Leur premier album est récent, sorti il y a tout juste un mois - le 18 avril 2011 - sous le titre très sympa de « Et vous, tu m’aimes ». Deux artistes plutôt mignonnes, pleine d’humour et de dérision, l’esprit festif et le look sexy. Qu’attendre de plus pour avoir envie de les voir en « live » ?



Après pratiquement une heure et demie d’attente au milieu d’une majorité de filles dans une ambiance chaude et moite, le décor de la boîte de nuit s’obscurcit, les couleurs se font plus « flashy » tandis qu’un brouillard artificiel prend possession de l‘estrade. Les amplis font trembler les murs et, dans une lente procession quasi-hypnotique, les artistes entre enfin sur scène comme dans une rêverie peuplée de fantômes encapuchonnés. Brigitte est là, sa voix acclame le public déjà mis à ses pieds. Les demoiselles ne tarderont pas à laisser tomber le grand voile qui dissimule leurs silhouettes de jeunes beautés effrontées et sensuelles. Une explosion de musique déchaîne l’assistance décidé à faire le plus de bruit possible à la découverte des belles venues pour nous chanter leur répertoire et surtout pour s’amuser avec nous.

Look rétro et tenues couverte de paillettes argentées de la tête aux pieds, laissant découvrir de succulentes gambettes pour l’une, et un dos dénudé pour l’autre; Sylvie et Aurélie incarnent l’impertinence de Brigitte. Avec son image de strass sophistiqué et en même temps dégageant un style très « hippie attitude » cool et positif, elles donnent immédiatement la pêche. Dès le début, c’est survolté! Les textes des chansons sont directes, plein de bons mots un rien provocants, déclamés dans une ambiance galvanisante et bon enfant, colorée et qui donne le sourire.

Brigitte c’est les sixties retrouvé. Comme une grosse pièce montée où s’entremêle deux voix qui s’éclatent à l’unisson; où déhanchements sexy et grosses lunettes « vintage » font partie d’un look bien étudié venant d’une autre époque pour deux filles qui cherchent avant tout à se déchaîner devant son audience. Et tous ensemble, elles vont faire des étincelles!…


Accompagné de garçons musiciens perdus entre leurs instruments au fond de la salle, les deux belles chantent, jouent des cymbales, du tambourin et de la guitare; multiplient les styles allant de la douce balade tranquille (« Je veux un enfant »), une surprenante reprise hip-hop avec « Ma Benz » emprunté à NTM ou encore leurs hits qui sont déjà de petits classiques comme « La Vengeance D’Une Louve » et surtout l’excellent « Battez-vous » tout en frappant en rythme dans leurs mains. A travers un esprit un rien provocateur et déconnant, s’affiche un univers à la fois mélancolique et disco qui enchantent autant les yeux que les oreilles. Ces deux demoiselles sont vraiment extras!!






En plus d’offrir à son public de belles chansons faites d’histoires de gangsters et de filles faciles, Brigitte est aussi un savoureux show où s’entremêle diverses influences visuelles allant d’ABBA à Marilyn Monroe, un peu de kitsch, un soupçon d’esprit « bad girl » et d’attitude de pin-up provocantes; elles emballent le tout dans la bonne humeur et avec une bonne dose d’autodérision. Et puis, elles savent mettre de l’ambiance et chauffer une salle qui ne demande qu’à s’exciter davantage devant ses merveilleuses mélodies accrocheuses que l’on chante à tue-tête… Et quelle présence, quelle énergie, quelle classe dans cette irrésistible « retro attitude »! Elles envoûtent sans problème son public qui se pâment d’extase et jubile à chaque nouvelles interprétations!


Au terme du concert, lors d’un rappel demandé par un public qui secoue toutes les surfaces rigides du D!Club, Brigitte revient sur le devant de la scène pour quelques morceaux aux ambiances diverses avant de terminer le spectacle avec une variation bien déjantée du fameux « Eye Of The Tiger » que le groupe Survivor composa pour le film ROCKY III de Sylvester Stallone. Une manière décalée de clôturer la soirée avec une approche décomplexée de ce grand « classique » de la musique populaire, remixé à la sauce des années 60 avant de virer dans une techno alternative qui fait chauffer les basses et déhancher les demoiselles aux alentours. Un dernier titre bien festif qui emballe totalement la salle qui remercie les deux « Brigitte » dans un vacarme assourdissant de bonheur, concluant de cette manière un petit peu plus d'une heure de musique qui nous fait partir dans la nuit le sourire aux lèvres.


Au revoir...

Au revoir...
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