vendredi 9 décembre 2011

OFFICIAL PSYCHO PARODY

OFFICIAL PSYCHO PARODY de Gary Dean Orona (2010)

Les films pornographiques du 21ème siècle m'ennuient terriblement. Peux-être parce qu'ils se contentent d'aller à "l'essentiel" et, de ce fait, ne font qu'aligner d'interminables coïts plus au moins brutaux et dégradants; prioritairement et quasi-exclusivement en ce qui concerne la femme-objet, esclave consentante des désirs extrêmes du mâle dominant. Gardant raisonnablement mes distances avec la production XXX de ces dernières années, je n'y retrouve quasiment plus aucun intérêt et tout ce qui faisait le sel de "l'âge d'or" a hélas pratiquement disparu.

Pourtant, il est parfois bon de s'étonner qu'il puisse encore exister des "écarts" étonnants dans un cinéma si conditionnés de ses poncifs inaltérables. OFFICIAL PSYCHO PARODY peut s'enorgueillir d'être un de ceux-là. Titre étrange pour un film - de n'importe quel genre qu'il soit - de se désigner déjà lui-même comme une "parodie officielle". Au moins, on peut déjà dire que l'on ne nous ment pas sur la marchandise... Et même plus, puisqu'il ne s'agit pas réellement d'une boutade rigolarde qui se moquerait gentiment d'un véritable classique du cinéma qu'on essaierait de singer tant bien que mal. Ce film mis en scène par Gary Dean Orona choisit d'aller davantage vers l'hommage respectueux plutôt que d'en faire simplement une "parodie" quelconque.

On ressent, à travers un véritable respect de l'oeuvre originelle - ici le mémorable PSYCHOSE d'Alfred Hitchcock - que le réalisateur tente d'apporter un angle d'approche intéressant à son histoire plutôt que d'en faire un vulgaire film pornographique. Premièrement, il s'applique à reprendre les grandes lignes d'un scénario que la plupart des cinéphiles connaissent, ses séquences les plus marquantes de même que ses personnages principaux. Et plutôt que d'en offrir une version moderne, il ancre son film dans une époque particulièrement indéfinissable mais au(x) charme(s) définitivement "rétro". Il y a un vrai travail artistique dans l'élaboration d'un décor typé - même minimaliste - et aussi une recherche un peu plus appuyé que la moyenne en ce qui concerne le maquillage des comédiennes, leurs coupes de cheveux et les différents accessoires vestimentaires (lingerie, bijoux, etc...). Forcément, le film est anachronique à plusieurs reprises. Certains éléments nous rappelant que l'on se situe tout de même à notre bien belle époque contemporaine via des tatouages un peu trop envahissants qui parsèment le corps d'un musculeux mâle ou encore un petit piercing bien brillant entre les lèvres d'un sexe féminin. Mais tout ceci n'est pour ainsi dire pas très gênant car on est loin de s'embarrasser de ce genre de détails dans un film pornographique.

Pourtant, avec cet OFFICIAL PSYCHO PARODY, l'aspect technique et visuel est davantage soigné que dans un film traditionnel. Pour tout admirateur du film d'Alfred Hitchcock, il est assez fascinant d'y voir ce pendant sexuel qui s'autorise à nous montrer ce que l'on ne pouvait que fantasmer en regardant le PSYCHOSE de 1960... Ainsi, on découvre le personnage dévergondée de Marion Crane qui cherche à se racheter une conduite respectable en tentant de changer de vie... Et si, pour se faire un nouvel avenir, il va falloir voler 40'000 dollars à l'un des richissimes clients de l'agence immobilière de son patron. Hâtivement et essayant de fuir cet acte malencontreux qui la rattrape trop rapidement, Marion Crane va précipiter son destin en se jetant dans les bras de Norman Bates, un étrange taxidermiste qui tient un motel pas loin de la route nationale...

Durant son premier acte, Gary Dean Orona prend son temps pour mettre en place son intrigue. Il soigne ses cadrages et sa lumière tandis que ses comédiens "de cul" s'avèrent ici capables d'aligner plus de deux lignes de dialogues sans qu'ils soient complètement risibles. Mieux, on ne peut qu'être admiratif devant le talent de la blondinette Sara Sloane qui arrive à personnifier avec crédibilité cette nouvelle Marion Crane pour le cinéma. Tour à tour fragile et perdue... Elle en deviendrait presque émouvante si les impératifs du cinéma X ne prenait pas les rênes pour en faire un basique spectacle sexuel. Heureusement, du moins dans sa première demie-heure, OFFICIAL PSYCHO PARODY possède les qualités d'un grand moment de cinéma X car tout en étant parodique et amusant - spécialement lors d'échanges de dialogues - le respect que son réalisateur met à construire son film est tout à son honneur. Ce n'est pas tout les jours qu'un (a)mateur de films pornos peut savourer un histoire de fesses, de travestissement et, accessoirement, de meurtre en noir/blanc. Bien entendu, le réalisateur propose une double expérience avec OFFICIAL PSYCHO PARODY en offrant le choix à son public cible de sélectionner la version qu'il préférera visionner : le long-métrage en couleurs ou alors dans le même état d'esprit technique de l'oeuvre mythique d'Hitchcock . Et qu'il soit colorisé ou non, on constate que ce PSYCHOSE-là est conçu et pensé comme un spectacle d'une autre époque. Les teintes pastels et les vêtements sont là pour nous le rappeler et rien ne vient énormément troubler cette sensation qui est plutôt agréable.

Hélas, au-delà de sa photographie et de son ambiance soignée, OFFICIAL PSYCHO PARODY doit se conformer aux dictats du X en offrant son quota de séquences sexuellement explicites. Et celles-ci, nombreuses et bien trop longues, nous rappelle combien le "gonzo" du porno a contaminé toute ambition cinématographique dans le genre. Sur plus de 2 heures de long-métrage, on peut aisément constater que plus de la moitié de cette histoire est un ramassis d'enfilades guère palpitantes. Si les comédiennes s'affichent avec un petit air démodé, on soupire assez rapidement devant d'interminables préliminaires et de basiques figures de style telles que la levrette ou encore l'éjaculation faciale. Le schéma reste immuable, apparemment on ne change pas une formule qui satisfait un public davantage préoccupé par sa branlette personnelle que les évidentes qualités plastiques - dans le sens cinématographique, je ne parle pas du physique des comédiennes, comprenons-nous bien! - d'un travail qui va quand même au-delà de son cahier des charges. Est-ce si difficile aujourd'hui, dans le monde de la pornographie, d'être ambitieux et de sortir des formules préétablies?

Le scénario de OFFICIAL PSYCHO PARODY est quand même un brin plus évolué qu'on pourrait s'y attendre. Il y a un vrai désir d'essayer de créer des personnages et de les faire vivre bien plus loin que d'une simple illustration d'un rapport physique. C'est particulièrement vrai pour celui de Marion Crane et Norman Bates. Sara Sloane offrant sans doute l'une des plus crédibles prestations dramatiques dans le domaine du film pour adultes tandis que le gérant du Bates Motel est présenté comme un fétichiste refoulé sous l'emprise d'une Mère folle à lier, véritable diva accro aux modes vestimentaires. C'est là qu'il est intéressant de voir que OFFICIAL PSYCHO PARODY s'amuse à ouvrir des thématiques intéressantes comme le travestissement, le refoulement homosexuel, l'attrait pour les dessous coquins et la quincaillerie féminine. Car si Norman Bates tue Marion Crane sous la douche, ce n'est pas forcément pour les raisons que l'on croit! Hélas, si le film se permet de présenter des pistes thématiques forcément captivantes, cela ne va jamais plus loin qu'une esquisse presque anecdotique dans le déroulement de son histoire. C'est d'autant plus regrettable que le réalisateur aurait pu exploiter davantage ces aspects, voire de même nous présenter un Norman Bates torturé et gay. Peux-être est-ce un peu trop tordu pour l'audience très typée de ce genre de films? Pourquoi l'homosexualité masculine n'aurait-elle pas sa place ici alors que les séquences entre lesbiennes ne semblent dérouter jamais personne?

OFFICIAL PSYCHO PARODY est donc une oeuvre à la fois fascinante et ennuyeuse. Fascinante dans sa première partie où l'on suit le parcours de Marion Crane jusqu'à son assassinat lors de sa douche bien méritée (elle vient de s'envoyer en l'air avec Norman, voyons!)... Et ennuyeuse pour tout ce qui s'ensuit. Le fameux détective responsable de l'enquête suite à la disparition de Marion préfère se payer une prostituée plutôt que de s'affairer à son travail. Le shérif Chambers et sa femme ne font que s'envoyer en l'air sur leur canapé après avoir évoqué le passé de Norman et son attachement - pas si malsain que cela - aux vêtement et accessoires féminins... Si les séquences de sexe s'affirment quelque peu dans un fétichisme un brin excitant avec de la belle lingerie et des chaussures vertigineuses, voir une actrice de cul s'étouffer en suçant à fond - et plus que de raison - un sexe érigé devant son visage ne fait pas forcément partie des meilleurs plaisirs visuels qu'offre ce long-métrage. On se délecte davantage des monologues de "Mother" et de ses théories psychotiques sur le monde de la mode. Ou quand la jouissance peut prendre différent aspect, et pas seulement d'un point de vue sexuel!

La conclusion de ce "Psycho-cul" est malheureusement sacrifiée au profit d'une enfilade de plans de baise où la soeur de Marion préfère s'accoupler avec le "boyfriend" de la victime et de laisser la résolution de l'intrigue à l'imagination des admirateurs de l'oeuvre originale qui se sentiront quelque peu frustrés que la dernière partie du long-métrage ne prenne pas plus de temps pour soigner son épilogue comme c'était le cas avec le début du film. On se consolera comme on peut en se disant que Breanne Benson est quand même vachement mignonne à regarder et que ce n'est pas forcément tous les jours qu'on voit de beaux instants fétichistes où un shérif déverse sa chaude semence sur les hauts talons "Louboutin" de sa compagne. Ceci, contrebalancé par d'interminables séquences sexuelles guère imaginatives et finalement très peu bandulatoire... Le superbe noir/blanc étant la seule chose réellement appréciable à voir devant des rapports si répétitifs. Et puis toujours cette finalité sur fond d'éjaculations faciales au détriment d'une autre utilisation qui aurait été davantage savoureuse si cela s'était concentré sur les fétiches de son tourmenté et triste personnage principal.

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