mercredi 14 décembre 2011

THE LAST HOUSE ON THE BEACH

THE LAST HOUSE ON THE BEACH (La Settima Donna) de Franco Prosperi (1978)

LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE (Last House On The Left) que Wes Craven met en scène en 1972 ouvre la voie à un sous-genre du film d'horreur appelé le "rape & revenge". Viol et vengeance! Pas besoin de vous faire un dessin, je pense que c'est assez clair. Produit pour une poignée de dollars par Sean S. Cunningham - futur réalisateur de VENDREDI 13 (Friday The 13Th) - ce petit long-métrage malsain et nauséeux eu l'impact d'une véritable bombe dans le milieu du cinéma d'exploitation et cela ne tardera pas à déclencher dans les années qui suivront sa sortie à avoir une ribambelle de petits bâtards cinématographiques dont on retiendra surtout les superbes LA BETE TUE DE SANG-FROID (L'Ultimo Treno Della Notte) de Aldo Lado en 1975 ou encore DAY OF THE WOMAN - plus connu sous le titre plus racoleur I SPIT ON YOUR GRAVE de Meir Zarchi en 1978. Cette même année sortira donc LA SETTIMA DONNA dont le titre international THE LAST HOUSE ON THE BEACH fait sans détour référence au chef-d'oeuvre de Wes Craven.

Pourtant, bien que cette variation italienne reprenne les codes immuables du genre - violence, terreur, abus sexuel en pagaille et meurtres crasseux - THE LAST HOUSE ON THE BEACH est quand même bien différent. C'est suite à un hold-up qui a mal tourné qu'un petit groupe de vicieux gangsters se retrouvent bien emprunté pour échapper aux forces de police à leurs trousses. Leur voiture tombant en panne très rapidement, les voleurs décident de se retirer de la circulation en s'invitant dans une demeure apparemment vide qui se trouve aux abords de la mer. Rien de plus tranquille pour laisser les événements se calmer un peu... Mais la maison est occupée par un groupe de jeunes étudiantes venues se regrouper en ce lieu de villégiature pour préparer leurs prochains examens scolaires... Une occasion rêvée pour ces hommes de passer le temps dans les meilleures conditions possibles! Ainsi débute le calvaire de ces étudiantes chaperonné par une bonne soeur portant les traits de la toujours superbe Florinda Bolkan.

A partir de là, THE LAST HOUSE ON THE BEACH aligne humiliations, moqueries et brutalités diverses à l'encontre de ces charmantes personnes qui n'en demandait pas tant. Toutefois, contrairement au film de Wes Craven, le long-métrage de Franco Prosperi reste plutôt lumineux et rarement glauque. La faute en incombe presque à une mise en scène très - trop ? - soignée... Il faut dire que le soleil de côtes maritimes donne presque des airs de vacances à cette horrible histoire. La violence graphique est souvent contrebalancée par de belles images de décors naturels ainsi que par des plans judicieusement cadrés sur les jeunes femmes en train de bronzer au bord de l'eau... De plus, le film n'est jamais trop explicite dans sa dépiction des actes de violence de la part de ce groupe d'envahisseurs masculins. Pourtant, lors des séquences de viols - bien appuyé par un usage suffocant du ralenti - cela renforce l'horreur de la situation et créé indubitablement un malaise persistant. Il se dégage de THE LAST HOUSE ON THE BEACH un parfum légèrement sulfureux de comédie noire parfois désarçonnante car le scénario est tout de même plus malin qu'on ne pense et réserve notamment quelques étonnantes surprises; spécialement en ce qui concerne le "gentil" beau gosse de la bande personnifié par Ray Lovelock.

Entre les bourreaux et leurs victimes s'installent progressivement une sorte de confiance qui ne pourra déboucher que sur un drame affreux lorsqu'une jeune fille décide de s'enfuir à la nage à la recherche de secours. Ainsi s'ensuit le véritable tournant de l'histoire où, une fois rattrapée par ses tortionnaires, la victime va subir une punition inimaginable. Bien que suggestive, cette séquence de torture sexuelle se révèle très éprouvante grâce à l'usage d'angles de prises de vue subjectives qui nous mettent littéralement à la place de la victime. Encore une fois, le malaise s'installe et c'est dorénavant la revanche des victimes qui est sur le point de se mettre en route... Dans sa dernière partie, THE LAST HOUSE ON THE BEACH gagne réellement en efficacité. Lorsque les femmes décident de prendre les armes et de se faire justice elles-mêmes tel Charles Bronson en version féminine, une vengeance toute personnelle, sans remords et avec une bonne dose de cruauté.

Plus de trente ans après sa sortie dans les salles obscures, THE LAST HOUSE ON THE BEACH garde toujours cette petite saveur de pellicule scandaleuse de par l'exploitation de la violence envers la gente féminine, d'autant plus lorsqu'il s'agit de jeunes et gentilles étudiantes. Le choc n'en est que plus grand! Même si celles-ci finiront par prendre le dessus sur ces hommes machos et vicieux, elles n'en sortent pas grandit pour autant. La bonne soeur - bien qu'elle attende d'être abusée et violée à son tour - ira finalement jusqu'à renier ses principes religieux pour tuer à son tour. C'est ainsi qu'à travers le "rape & revenge", le film de Prosperi développe un discours un peu plus subtil qu'un vulgaire spectacle à vous mettre la nausée... Et c'est appréciable que le réalisateur essaie de sortir son film d'une simple dépiction d'actes répréhensibles et à la moralité douteuse. Il s'interroge quelque peu sur le concept de la vengeance personnelle qui n'a ici, dans sa finalité, rien de vraiment jubilatoire; nous laissant un goût amer dans la bouche... THE LAST HOUSE ON THE BEACH reste donc un film intéressant à voir même si comparé à d'autres oeuvres du même genre, celle-ci est relativement sage sur le plan visuel.


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