mardi 13 décembre 2011

LA FILLE PERVERSE by Junji Ito

Une vraie peste terrorise le voisinage, sous les yeux horrifiés de son petit frère! Mais les choses sont-elles telles qu’elles paraissent ? Quels souvenirs une jeune fille jadis humiliée par son entourage a-t-elle pu placer autrefois dans une capsule temporelle sur le point d’être déterrée? Voici un nouveau volume d’histoires terrifiantes et déroutantes par le Maître de l’Horreur « made in Japan ».

Petit à petit, l’éditeur Tonkam exhume l’œuvre de Junji Ito pour l’exporter en dehors des frontières de l’Asie. Au sommaire de LA FILLE PERVERSE, sept petits récits traduits en français datant entre 1989 et 1994. « La maison au déserteur », « Le cœur d’un père », « Souvenirs », « Au fond de la ruelle », « Scénario amoureux », « En terre »… Les titres semblent presque anodins mais que l’on ne s’y trompe pas car derrière les apparences se cachent une finalité horriblement humaine. Si le travail de Ito recèle parfois de monstres et autres créatures cauchemardesques - quiconque a lu ces immenses réussites que sont SPIRALE ou TOMIE en gardera un souvenir inoubliable ! - , c’est ici souvent l’innommable qui se présente au détour d’une famille ou d’un groupe d’amis. Il s’agit de drames horribles dans un cadre intimiste. Un père trop proche de ses enfants, une jeune fille un peu trop amoureuse, une gamine obsédée par son portrait apparemment déformé dès qu’il se reflète sur son miroir…

Ito dévoile l’horreur au quotidien, s’attache à décortiquer les petites choses anodines qui nous donneront inévitablement la chair de poule. Et puis ses personnages sont des êtres humains qui ne sont pas primordialement mauvais mais qui le deviennent par la force des choses. C’en est presque de la sociologie de la terreur tant la finesse qu’il nous décrit à travers des portraits de garçons et fillettes a de quoi faire froid dans le dos. La sphère parentale se montre souvent impuissante face à un destin démoniaque quand celui-ci ne le font pas complice d’une atroce finalité. LA FILLE PERVERSE, la première histoire de ce recueil, est d'ailleurs un récit assez ironique… Qui, durant son enfance, n’a jamais été le souffre douleur d’une méchante connaissance et/ou vice-versa? Cette petite fille se retrouve presque malgré elle à vouloir le mal du petit garçon dont elle a la garde et qui ne veut pas se détacher d’elle... Des années plus tard, alors qu’ils se retrouveront presque par hasard, quelle curieuse destinée les attend? La clôture, souvent en suspension, des histoires de Junji Ito est souvent surprenante et laisse planer un malaise persistant qui nous accompagne longtemps après la lecture… Ces histoires sont faites de la matière dont sont issus les mauvais rêves qui nous font hurler au cœur de la nuit. Et les quelques 200 pages qui constituent ce volume, regorgent de ces instants inconfortables. Une lecture absolument parfaite juste avant de dormir…

Petit plaisir pour les amateurs, voici en intégralité l’effrayant récit « Au fond de la ruelle ». Ishida, un jeune étudiant, vient de se trouver un joli hébergement dans une ruelle populaire. Une belle chambre qui va lui réserver quelques petites surprises dès la nuit tombée… Encore une fois, voici une formidable réussite de la part de Ito. Un scénario classique où l’horreur s’immisce parcimonieusement dans le quotidien d’une famille à priori sympathique jusqu’à sa conclusion abrupte et terrifiante qui nous laisse un arrière goût de terreur dont on a bien du mal à se dessaisir. Un petit chef-d’œuvre! Cliquez sur les images pour les agrandir… Bonne lecture, de droite à gauche... N'oubliez pas!

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