vendredi 21 octobre 2011

LUFF 2011 : Séances du jeudi

Une semaine au LUFF et vous voyez le monde différemment. Que vous jouiez la fibre cinéphile ou mélomane, le festival vous gâte en matière de sons alternatifs et d’images curieuses. Alors que les adeptes de concerts étranges vivent leurs soirées durant les nuits noires jusqu’à la pointe de l’aube, les amateurs d’obscures pellicules passent leurs journées enfermés dans de sombres caves et de plus respectables salles de spectacles. A la longue, cela peut altérer la réalité quotidienne pour nous plonger dans un monde bien particulier… forcément underground! Et chaque nouveau jour, on en redemande grâce à la programmation éclectique de cette 10ème édition qui se suit toujours avec un plaisir carnassier.

Jeudi. Troisième journée à naviguer entre plusieurs salles de cinémas. Parcourant les ruelles de la ville, se faisant mordre par le froid glacial de la saison avant de retrouver le petit groupe d’habitués qui squattent les lieux culturels investit par le LUFF. Aujourd’hui, comme d’habitude pour la séance de 14h30, je rejoins à la dernière minute les locaux du Zinéma.

Toujours réjouissant de découvrir une nouvelle rareté malgré des conditions de projections souvent désastreuses; la faute à un je-m’en-foutisme constant de la part du projectionniste. Heureusement, grâce à la « Carte Blanche » octroyée à Stephen Thrower présent pour la diffusion de sa prochaine sélection, la personnalité veille à ce que la vision d’une perle rare du cinéma fantastique des années 70 soit projetée dans des conditions acceptables; au bon format et à la bonne taille de l’écran, essayant de rendre l’image la moins floue possible et sans autres désagréments sonores inutiles…

Pour son troisième choix, Stephen Thrower nous propose un film vraiment très étrange : DEATH BED - THE BED THAT EATS de George Barry (1977). Aux abords d’une grande propriété, non loin d’un manoir tombé en désuétude, se tient un étrange bâtiment de pierres abritant juste une chambre meublée d’un vieux lit à baldaquin. Création d’un démon, le lit est vivant et prêt à consommer le sang et l’essence vitale des voyageurs imprudents.

Voilà une curiosité surréaliste comme on en rencontre rarement. S’adressant au public d’une petite salle bien comble, Thrower raconte la genèse assez inhabituelle du long-métrage. Le réalisateur de ce film ayant déjà mis plusieurs années pour le compléter finira pour arriver à une version plus ou moins terminée en 1977. Sa copie ne comporte pas de générique, ni pour ouvrir et clôturer son œuvre. On y trouve juste le titre affiché après une scène faisant office de prologue à son intrigue. C’est tout. Car George Barry aura eu beaucoup de mal à vendre et distribuer son DEATH BED. Bien trop curieux et bizarre pour satisfaire les dirigeants de salles obscures; demandant sans cesse des modifications et autres rajouts pour pouvoir vraiment le diffuser. Dégoûté, Barry abandonne finalement son film comme une erreur de jeunesse sans toutefois savoir qu’il sera finalement exploité via le biais de copies pirates qui, les années aidant et derrière le dos de son créateur, finiront par lui donner un statut d’œuvre culte à traves l’Angleterre et la Pologne où l’on pouvait à l’époque mettre la main sur des bandes VHS.

Aujourd’hui, un peu plus reconnu par une poignée d’initiés et finalement distribués de manière toujours confidentielle mais tout de même un peu plus officielle, DEATH BED est une pellicule insaisissable que l’on peut enfin découvrir à travers d’événements alternatifs comme le LUFF qui nous offre la chance de le voir sur grand écran et dans des conditions que l’on n'osait imaginer à l’époque.

Amateurs d’ambiances « autres », de poésie excentrique et d’images inhabituelles, bienvenue sur le « lit qui vous mange ». Un film fauché, certes, mais qui possède ce charme indéniable des films improbables et vraiment très spéciaux. Un style et une approche du cinéma bien loin des standards habituels qui offre à ce DEATH BED un côté artisanal et dégénéré proprement envoûtant à regarder. Nous sommes en présence d’un véritable objet cinématographique d’une autre dimension. Grotesque et horrifique, drôle et d’un lyrisme à nulle autre pareille. Une merveille absolue pour les amoureux de l’étrange. Si vous êtes dans les parages du LUFF ce dimanche après-midi, n’hésitez pas à venir découvrir le film; il repasse au cinéma Oblò à 18h30... Je serai à nouveau là pour m’allonger encore une fois avec délectation sur « The Bed That Eats »…

Bon, c’est pas tout ça mais l’heure tourne… Avec effroi, je me rends compte que la prochaine séance se déroule à la Cinémathèque et débutera dans 5 minutes! C’est le moment de faire courir ses jambes pour être à temps pour voir mon premier long-métrage concourant dans la « Compétition Officielle » du LUFF 2011.

Et on ne débute pas avec n’importe quoi : il s’agit-là du premier long-métrage du fils du metteur en scène George P. Cosmatos, titulaire de films comme RAMBO II : LA MISSION (Rambo: First Blood Part II) ou encore de l’excellent LE PONT DE CASSANDRA (The Cassandra Crossing). Pour cet essai cinématographique, Panos Cosmatos (c’est son nom!) nous offre sa vision idéalisée d’un univers de science-fiction tout droit sorti des années 80. Ambiance rétro visuellement très soignée et porté par une musique synthétique qui nous rappelle le meilleur de John Carpenter, BEYOND THE BLACK RAINBOW nous situe en 1983. Dans le mystérieux laboratoire expérimental Arboria travaille le Dr. Barry Nyle, un homme que l’on devine tourmenté. Son sujet de prédilection est d’étudier Elena, une jeune femme silencieuse incarcérée dans une prison lumineuse et douée d’un extraordinaire pouvoir psychique que Barry parvient à tempérer via une pyramide de verre…


Le film est hypnotique et lent. Comme un beau livres d’images à la photographie éthérée, BEYOND THE BLACK RAINBOW est plus proche d’une expérience de cinéma comme pouvait nous en offrir - tout en étant bien différent - des films comme AMER ou encore VINYAN peuvent venir à l’esprit en découvrant ce film de SF! L’univers visuel prend le pas sur la narration qui est parfois assez nébuleuse, les dialogues sont souvent aux abonnés absents; le réalisateur sacrifiant quasiment tout pour un spectacle d’images et de sons. Mais ce qui peut marcher avec certains sujets fonctionne parfois moins bien avec d’autres. C’est le cas avec ce long-métrage qui en plus d’afficher un côté prétentieux rapidement agaçant, sombre à plusieurs reprises dans un ridicule achevé au vu de certaines situations. Comme, par exemple, ces séquences trop étirées avec des personnages qui semblent parler au ralenti; sans parler de la conclusion complètement ratée du long-métrage.

Toutefois, en tant qu’objet visuel et sonore, BEYOND THE BLACK RAINBOW reste très intéressant à voir... Il est juste dommage que ce grand rêve de rétro science fiction est bien trop pénible à savourer à cause de son scénario plombant et d’un réalisateur qui passe un peu trop de temps à se regarder filmer; risquant ainsi de larguer au passage bon nombre de spectateurs potentiels…




Une jeune femme originaire de l’Oregon qui cherche à fuir un passé houleux plante sa voiture au milieu d’une forêt. Désorientée, couverte de son propre sang, elle part à la recherche d’une bonne âme en mesure de la sortir de là. Elle découvre alors un univers de cauchemar dans lequel toute trace de rationalité semble avoir été annihilée.

Synopsis de notre prochain spectacle à voir sur le grand écran de l’immense salle Paderewski de la Cinémathèque. Après la lourdeur de l’expérience SF voici le moment d’aller prendre un bon bol d’air frais dans une région perdue des Etats-Unis. THE OREGONIAN est comme une sorte de « bad trip » qui se pose à nouveau en tant qu’une nouvelle expérience audiovisuelle cette fois-ci dans la même tendance qu’un épisode télévisuel de David Lynch. En découvrant le monde qu’expose son réalisateur Calvin Reeder, on pense immanquablement à TWIN PEAKS auquel THE OREGONIAN emprunte sa forêt inquiétante et ses personnages étranges et décalés. Il crée ainsi une ambiance oppressante parmi laquelle déambule une Lindsay Pulsipher toute droit échappée de la série TRUE BLOOD.

Pratiquement sans aucun dialogue, THE OREGONIAN repose entièrement sur son atmosphère bien particulière qui se dégage de ses images. Une balade dangereuse où, parfois, l’héroïne fait quelques rencontres bizarres à travers des personnages atypiques aux réactions pour le moins déconcertantes. Une vieille femme hilare qui surgit aussi vite qu’elle disparaît sur les routes désertiques que suit la malheureuse accidentée… Il y a aussi un chanteur de folk et sa guitare et puis un groupe de grands barbus amateurs de piña colada, constituant les quelques rencontres sur la route que nous suivons à la recherche d’une aide providentielle…

Si le film distille une angoisse persistante, THE OREGONIAN la dilue quelque peu avec ces quelques seconds rôles atypiques qui donne une petite pointe d’humour salvateur à une intrigue noire qui ne semble jamais pouvoir trouver sa propre résolution. Le film de Calvin Reeder restera spécial jusqu’au bout, ne donnant guère de réponses aux nombreux questionnements rencontrés sur une route perdue de l’Oregon. Un long-métrage déroutant qui pourra également énerver d’éventuels spectateurs; très certainement perturbés par ses images marquantes souvent incompréhensibles. Esprits cartésiens, fuyez! THE OREGONIAN se taille une jolie réputation depuis sa première remarquée au dernier festival de Sundance. Nul doute qu’il aura fait son petit effet sur le public du LUFF ce soir-là…



Un autre grand moment de festival est sur le point d’enfin avoir lieu, la projection en 35mm d’un film de Jess Franco : UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS. Artiste chéri parmi mes cinéastes fétiches, j’étais impatient de pouvoir enfin découvrir un morceau de l’univers de cet auteur fou sur grand écran. Ce qui est encore plus réjouissant est d’avoir l’honneur d’une projection dans un lieu aussi respectable que la Cinémathèque suisse. Qui aurait pensé qu’un jour, le petit Jess aurait les honneurs d’une telle institution. Grâce soit rendue au LUFF et à son programmateur Stephen Thrower qui a choisit ce long-métrage pour le faire figurer dans sa sélection « Carte Blanche ».

Thrower investit la scène pour présenter ce film bien particulier, avertissant du même coup le public qui vont découvrir par ce biais leur premier long-métrage de ce prolifique réalisateur. On ne sort pas indemne d’un Jess Franco. L’expérience est prometteuse car, parmi quelques endurcis à l’exercice de sa mise en scène particulière, la majorité des spectateurs présents vont vivre leur premiers émois francoesque! Quelle chance pour eux!

Dans la foule dispersée, je suis très vite repéré comme amateur du genre, charmant petit clin d’œil d’un fanatique à un autre. Alors que la projection doit débuter incessamment, une bobine casse sa pellicule à plusieurs reprises, empêchant ainsi le bon déroulement de la séance. Après plusieurs tentatives infructueuses, le staff technique décide de changer de projecteur afin de pouvoir diffuser UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS dans des conditions un peu plus optimales. Cela laisse un peu de temps à Mr. Thrower d’échanger une discussion un peu plus fouillée avec le public sur Jess Franco et son cinéma; les conditions de tournage de ces films et surtout d’expliquer ce besoin quasi-obsessionnel de filmer chez Franco. Plusieurs anecdotes ressurgissent dont une bien cocasse où à une certaine époque il décida d’enchaîner subitement la mise en place d’une nouvelle œuvre après avoir gagné par hasard de l’argent au loto; débutant ainsi sa création avant même d’avoir pu mettre la main immédiatement sur le pactole, ne voulant pas attendre plus longtemps avant de se saisir d’une caméra pour y composer de nouvelles images… Un acharné pour qui le cinéma était comme une question de survie.

Finalement, après presque une demie-heure de retard sur l’horaire des projections, débute enfin et d’une seule traite - sans aucun problème technique - la diffusion sur grand écran dans une copie bien abîmée mais aux couleurs et au grain de cinéma chatoyant l’histoire vaporeuse d’UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS. Un conte fantastique incohérent mais incroyable à suivre, comme un rêve hypnotisant gravé sur celluloïd. Existant en plusieurs versions et montages différents; portant même le titre de CHRISTINA, PRINCESSE DE L’EROTISME sur certaines copies ou incluant une scène d’orgie où apparaît Alice Arno, voire aussi une séquence de résurrection de morts mis en boîte par Jean Rollin lui-même, voici un film qui a été bien malmené pour ratisser une audience potentielle la plus large possible.





Ce soir, UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS est peut-être la version la plus proche de la vision initiale de Franco sans toutes ces diverses retouches sur ordre de producteurs souvent peu scrupuleux du côté artistique d’une œuvre de cinéma. Et UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS est un superbe exemple du cinéma de Jess Franco. Souvent indéfinissable, son film est un sinueux voyage cinématographiquement très riches en sensations fantasmagoriques. Sa narration libertaire qui s’affranchit de toute logique nous plonge dans les méandres d’un sublime cauchemar érotique. Nombreuses sont les séquences d’une beauté visuelle indéniable. Les amateurs d’images enivrantes ne peuvent que se gorger de plaisir devant la juvénile Christina Von Blanc venue à la demeure familiale pour la lecture du testament de son père récemment décédé… S’étonner devant le comportement déroutant d’un oncle incarné par le fantastique Howard Vernon… S’extasier devant le visage incroyable de Britt Nichols et le délice de ses courbes offertes à une caméra indécente… Une baignade toute nue parmi les nénuphars, épié par un étrange comte; un pendu qui parle, une aveugle qui se fait sucer le seins, un vol de bague sur un bras arraché, un gode géant trouvant sa place sur le sol d‘une chambre à coucher… Tout y est absurde et magnifique. Et puis cette végétation luxuriante cachant une grande demeure près d’un étang où se déroule tout ces événements défiant toute compréhension. Une malédiction nébuleuse qui nous immerge dans une ambiance spéciale où flotte en permanence une poésie de l’image si caractéristique chez Jess Franco. La projection d’UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS est définitivement un grand moment de cinéma « autre ». Une vraie et pure extase de 7ème art!


Je ressors de la projection ravi. De même que l’ami Lukas tandis que les autres connaissances aux alentours, qui découvraient ce film pour la première fois, se disent interpellés par l’expérience visuelle sans pour autant avoir réellement apprécié le long-métrage qu‘ils jugent incompréhensible. Une chose est sûre, avec UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS, il est parfois bon de se laisser porter par son ambiance pour plonger dans cet univers qui envoûte autant qu’il déconcerte. Une vision d’un cinéma underground qui ne peut laisser indifférent…


Dehors, la nuit est bien froide. Même pour le temps d’une cigarette, il faut avoir envie de s’aventurer dehors par ce temps. Heureusement, pour la suite et fin du programme de ce jeudi soir, tout se terminera à la Cinémathèque. Alors que Roland prend congé et que rendez-vous est déjà pris pour demain soir, je convainc deux amis de me rejoindre cette fois-ci dans la salle du Cinématographe pour l’ultime projection au titre alléchant : PROFANE.

Il s’agit là d’une réalisation de Usama Alshaibi dans un style quasi-documentaire et purement transgressif. Muna est une dominatrice dont le quotidien se résume au sexe et à la défonce. Mais la musulmane qu’elle est traverse une crise spirituelle et ses réflexions l’amènent à s’interroger sur l’idée de la soumission d’un point de vue religieux, psychologique et sexuel. Afin de réconcilier son mode de vie excessif avec ses origines islamiques, Muna aspire à la possession de son âme par un djinn, l’équivalent musulman d’un démon. Selon le Coran, ces démons seraient aussi bons que mauvais, et il est dit que chacun de nous en possède un.


Encore une fois, le LUFF nous gratifie ici d’une nouvelle découverte underground qui se présente comme un véritable choc culturel déstabilisant. Curieux de voir ainsi une femme d’une religion « différente » transgresser l’un après l’autre tous les tabous propres aux croyances islamiques : nourriture, relations, rapports sexuels, nudité, idée du mariage… On y voit même cette jeune femme - ancienne escort girl - s’afficher sans détour dans des relations sexuelles « dures », maltraiter des hommes jusqu’à violer un partenaire consentant avec une tenue sado-masochiste bien équipée! Il y a tout un discours inhabituel chez cette jeune femme qui donne à penser qu’il ne s’agit-là que de pure provocation à l’encontre de coutumes traditionnelles de son pays d’origine.

Pourtant PROFANE s’affiche comme une sorte d’exorcisme filmé où cette femme essaie de lutter pour comprendre la culture et la religion qu’il l’a aliénée. Un voyage déconcertant et parfois excessif qui présente une mise en perspective très intéressante à défaut d’être captivante sur la place des coutumes dans une vie codifiée par certains principes. PROFANE est très déstabilisant. Entre sa présentation visuelle proche des standards de documentaires classiques et un catalogue érotique de déviances « religieuses » diverses, on ne peut qu’être interpellé par la vie de cette jeune femme bien torturée, autant de corps que d’esprit. Impact fort troublant que ce film/documentaire que j’ai beaucoup de mal à saisir pour l’apprécier véritablement. Mais cela vaut définitivement le coup d’œil! A ne pas manquer…


Voilà, le LUFF au cinéma c’est fini pour aujourd’hui. Il reste bien entendu encore de nombreux concerts qui occuperont la salle des Fêtes jusque tard dans la nuit pour le plaisir des noctambules adeptes de sonorités bien underground… Alors que les locaux de la Cinémathèque se vident rapidement et qu’un curieux bourré bizarre traîne encore sur les marches de la porte d’entrée du bâtiment, je me dis qu’il est déjà suffisamment tard pour rejoindre enfin mon lit bien chaud et aller se reposer un peu les yeux qui commencent sérieusement à piquer. Reste encore à affronter le vent glacial; accompagnant non désirable de la traditionnelle petite balade nocturne sur le chemin du retour. Encore une nouvelle expérience pour la soirée, affronter l’air libre alors qu’on a passé la journée dans les recoins étonnants du monde de l’Underground. La suite, ça sera pour demain, dès 18 heures… D’ici là, ZzzzZZZzzZZZZzzzzZZZZZZZ….


Bonus : Juste pour se tenir éveillé encore quelques minutes, une vidéo ci-dessous qui donne un léger aperçu du show de Peaches Christ et ses copines lors de la Cérémonie d'Ouverture du LUFF ayant eu lieu mardi soir passé à la Cinémathèque suisse, salle Paderewski...

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