lundi 24 octobre 2011

LUFF 2011 : Séances dominicales

Dimanche. Dernier jour du LUFF. Après la grosse soirée du samedi soir qui a bien dû achever les festivaliers encore présents aux aurores après les derniers concerts de la nuit, cette journée dominicale semble bien tranquille. Les rues de la ville sont pour la plupart désertes alors qu'il se trame encore bien des choses dans les diverses salles obscures dédiées à l'underground. Mais il y a encore des téméraires prêt à continuer à s'exploser les yeux avec des pellicules bien barrées pour encore quelques séances de cinéma alternatif...

Pour ma part, je consacre le reste de mon dernier jour de vacances au LUFF dès que le soleil commence à décliner pour rejoindre l'obscurité de la salle de l'Oblò un peu avant 18h30 pour la toute dernière projection d'une autre "Carte Blanche" octroyée à Stephen Thrower. L'ensemble de sa sélection personnelle ayant déjà été diffusé auparavant, il s'agit-là de la deuxième projection de DEATH BED - THE BED THAT EATS de George Barry (1977) après une première fois dans la plus petite des salles du Zinéma.

Même si j'ai déjà vu ce film il y a à peine quelques jours, cette étrange pellicule m'a laissé un souvenir si fort que je n'avais qu'une envie : pouvoir rapidement le revoir dans des meilleures conditions et toujours sur grand écran. La grande rareté de cette oeuvre ne donnerait sans doute aucune autre chance de pouvoir le savourer à nouveau sur la Toile... Face à un nouveau public venu découvrir un avatar des plus étranges du 7ème art, c'est encore une fois que je me régale devant cette extravagante histoire de lit qui croque tous ceux qui ont le malheur de s'y allonger. Que ce soit des hommes, des femmes, un curé ou des partouzeurs; il varie aussi avec ce qu'il trouve dans ses draps comme une pomme, des ailes de poulet, une mouche qui passait par là, une bouteille de vin, une valise qui traîne, etc... Tout se digère à l'intérieur du lit possédé comme dans une grande cuve d'acide. Un film vraiment bizarroïde, beau et envoûtant! Un régal...



Dimanche double programme "Carte Blanche" à la suite car, après celle de Stephen Thrower s'ensuit, dans un tout autre genre, celle de Peaches Christ. Des tréfonds de l'Oblò, je remonte à la surface, longeant les ruelles sombres de l'Avenue de France pour revenir encore une dernière fois dans la salle Paderewski de la Cinémathèque suisse pour la diffusion d'un classique du cinoche bien déjanté : PHANTOM OF THE PARADISE de Brian De Palma (1974). Une variation très glam-gore du "Fantôme de l'Opéra" dans une délirante version rock! Un long-métrage où le travestissement est roi, ce qui ne pouvait que combler d'aise l'auteur de cette ultime "Carte Blanche" offerte par le LUFF 2011. Au fur et à mesure des visions des films sélectionnés par notre hôte Joshua Grannell - encore un fois, l'alter-ego masculin de Peaches Christ, pour tous ceux qui n'auraient pas encore compris! - on y retrouve d'une manière quasi obsessionnelle les thèmes qu'il chérit au cinéma et qu'il a brillamment retranscrit dans son premier et fabuleux ALL ABOUT EVIL. Une oeuvre finalement très intimiste qui nous aura quand même beaucoup révélé de la personnalité de son auteur...

Winslow Leach, jeune compositeur inconnu, tente désespérément de faire connaître l'opéra qu'il a composé. Swan, producteur et patron du label Death Records, est à la recherche de nouveaux talents pour l'inauguration du Paradise, le palais du rock qu'il veut lancer. Il vole la partition de Leach, et le fait enfermer pour trafic de drogue. Brisé, défiguré, ayant perdu sa voix, le malheureux compositeur parvient à s'évader. Il revient hanter le Paradise...



Beaucoup, beaucoup de passion et de fureur dans cette hymne à la création artistique, à la fois baroque et tragique avec de nombreuses chansons inoubliables et des personnages délirants incroyablement mis en scène dans un style grandiloquent parfaitement adapté à son sujet. C'est d'ailleurs ce qui fait tout le sel de cette histoire qui prend comme base scénaristique le mythe de Faust adapté au monde de la musique. La patte "De Palma" embrasse totalement l'écran à chaque nouvelle séquence avec ses audaces visuelles démentielles, sa recherche du plan qui tue et d'un cadrage ou effet de montage totalement hallucinant. La maîtrise technique est impressionnante. Davantage encore que son histoire pas forcément passionnante en dehors de ses influences diverses à l'intérieur de sa propre thématique, ce mélange incroyable prend toute sa dimension à travers sa mise en images qui est un véritable festival de pur cinéma. Monstrueusement lyrique! Intense de bout en bout! Magistral! Et puis y'a Jessica Harper qui pousse la chansonnette... Quelle voix! On ne peut qu'en tomber amoureux!




Alors que la salle Paderewski résonne encore de la (fabuleuse) musique du générique de fin de PHANTOM OF THE PARADISE, je me vois déjà devoir partir en courant pour la toute toute dernière projection de ce LUFF 2011. Terminant le festival comme il a commencé, c'est à dire au Zinéma (hélas). L'underground regagne ses caves les plus obscures de la ville. La thématique pornographique "noir" lesbien arrive à sa fin avec les deux derniers films de Maria Beatty regroupés sous le titre "Post Apocalypse & Demons"... L'occasion de pouvoir regarder le travail le plus récent de cette artiste avec la "Première mondiale" de LILITH (MOTHER OF EVIL). Un court-métrage aux couleurs démoniaques qui débute sur une monstrueuse femme hermaphrodite dans de sombres décors minimalistes. Bientôt rejoint par un couple de jeunes frères - Abel & Cain, notez bien les références religieuses! - où le trio infernal passent leur temps en en prodiguant des fellations avant de se défoncer mutuellement le cul dans un esprit sadomasochiste très familial... Sorte de vidéoclip "trash" ultra coloré, gay et gore, le résultat est déjà bien longuet alors qu'il ne fait qu'à peine un peu plus de 10 minutes. Ce nouvel avatar d'un univers "érotique" qui semblait jusqu'à présent tourner tranquillement en rond, prend soudainement une nouvelle tournure avec du sexe "hard" entre hommes. On y gagne en brutalité mais on y perd en glamour. Et la vulgarité de l'ensemble n'en fait pas une oeuvre parmi les plus mémorables de sa génitrice. Vu et déjà oublié!



La suite, pour en finir une bonne fois avec ce festival qui vire de plus en plus dans le "hardcore" crasse et sans imagination, un véritable long-métrage de la part de Maria Beatty : THE RETURN OF THE POST APOCALYPTIC COWGIRLS! Un titre de fou qui dure 80 minutes pour une bonne dose de foufounes poilues à déchirer avec ses doigts! Un projet dingue qui ne justifie absolument pas sa durée vu que ce film est exactement la même chose que d'habitude : à savoir une enfilade de lesbiennes qui mélangent leur langue et leurs doigts entre elles! Des claques et des fessées - et puis un peu de pipi - ponctuent cette bande vidéo d'une affreuse banalité...

Toutefois, on dira que l'ambitieuse réalisatrice persévère dans la recherche de décor naturel unique puisque celui de ce long-métrage atypique se compose principalement d'un gigantesque cimetière d'avions militaires en piteux état perdu au milieu du désert. Des images impressionnantes à voir, à défaut d'une véritable recherche artistique dans sa description sommaire d'un monde post-apocalyptique. De toute manière, arrière-plan sophistiqué ou non, l'important c'est de voir des gouines se défoncer naturellement la moule ou encore de prendre le temps de percer une bite en plastique avec une aiguille de cactus!... Et sur presque une heure et demie, c'est un tantinet pénible à suivre. Pas de surprises, pas de scénarios, l'ennui pointe rapidement son nez. Alors on juge les "actrices" au physique souvent guère avantageux... Si on aime les grosses black à cul d'éléphant ou les femmes plutôt masculines couvertes de tatouages dégueux, il y a peut-être de quoi prendre son pied un petit moment. Il reste que l'univers porno "trash" de Maria Beatty est anti-érotique au possible. On préférera sans peine ses duos humides et minimalistes dans un noir/blanc esthétique plutôt que ces sèches aventures dans un désert aride...

Et voilà. Le LUFF 2011 ferme ses portes. Rideau. Merci, c'était très cool. Allez! Bonne nuit... et à l'année prochaine!

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