mercredi 28 septembre 2011

BD ELVIFRANCE - LE SIGNE DU DEMON


LE SIGNE DU DEMON - Bande dessinée Adulte


La couverture est alléchante, de même que son titre qui laisse augurer une joyeuse lecture "démoniaque". En débutant le récit qui est situé à Madrid, on assiste à une étrange scène se déroulant dans le parc de Buenavista : un chien noir agresse une jeune femme se baladant avec une poussette, l'éloignant avec succès tandis qu'un inconnu parvient à se saisir du landau pour y effectuer un échange de bambin. Lorsque la nourrice recouvre ses esprits, elle ne se rend pas compte de la machiavélique manigance qui vient de se tramer derrière son dos. Le petit Ramon s'est envolé au profit d'un enfant particulièrement malveillant. Le fils du Diable? Le récit ne le présente jamais comme tel, restant passablement évasif sur les motivations réelles du gosse si ce n'est faire le mal... Grâce à Elvifrance, je tiens entre mes mains une variation subtile des desseins du Malin qui emprunte beaucoup à la saga LA MALEDICTION (The Omen) initiée en 1976 alors que la bande dessinée situe son histoire en 1977. Curieuse coïncidence, non?

LE SIGNE DU DEMON développe hélas un scénario assez fade, alignant des péripéties sans réelle originalité. L'enquête, menée par une femme professeur d'histoire et géographie officiant dans une école primaire, s'investit d'une mission périlleuse pour connaître la véritable identité de l'enfant maléfique. Un personnage qui fait immanquablement écho au rôle de David Warner dans le film de Richard Donner. L'intrigue est également ponctuée d'accidents tragiques, dont celui des parents du gamin; avec la participation toujours active du chien venu de l'Enfer. Tout ceci reste donc relativement classique si ce n'est à quelques détails près, comme cette idée bien tordue de voir Ramon à 8 ans se masturber devant deux petites filles tout en les obligeant à enlever leur slip devant lui. Ou quand le bon goût de la BD pour adultes reprend quelque peu ses droits...

Une fois orphelin, l'enfant est pris en charge par un tuteur qui conte fleurette à l'investigatrice tout en parcourant le monde à la recherche du Père Athanasios, seul personnage capable de les aider à révéler la nature diabolique de Ramon. Ici, pas d'attaques de chiens dans un cimetière, mais plutôt un combat intrépide avec une chauve-souris humanoïde sur un bateau au large de la Grèce. Histoire d'insuffler un peu d'exotisme à l'ensemble, sans doute... Pour finir, il y a tout de même un petit peu de nouveautés dans cette histoire : alors que Allan Layne (le tuteur) laisse sa bien-aimée Estrella se mourir d'un cancer de l'utérus à l'hôpital (pourquoi? comment? Mais comme tout ceci est diaboliquement illogique!!), il se découvre une nouvelle alliée en la personne d'une journaliste nommée Lorenza Mercader. A eux deux, il percera à jour les méchants plans de l'enfant et sauveront pour un temps Estrella de son tragique destin médical grâce à une poupée vaudou... Ca part un peu dans tous les sens!

Heureusement, avant d'arrivée de l'inévitable et sombre acte final, LE SIGNE DU DEMON nous réserve une petite surprise. A la recherche d'une preuve attestant de sa nature diabolique, il faut trouver le chiffre "666" sur l'enfant. Où se cache-t'il? Ce ne sera pas aussi simple que dans les films, pas de numéro satanique dans la paume des mains ou caché sur le cuir chevelu. Ici, le "666" est inscrit directement sur le pénis du petit Ramon; plus précisément sur son gland!! Le choc! Comment le découvrir? Demander à une journaliste de branler un enfant en public, attirer l'attention d'un policier en plein acte pédophile et vous serez sûr que tout ceci ne finira pas forcément mal pour le bien de l'humanité. Une conclusion bien perverse qui revoie à la même noirceur que nous offrait l'ultime plan final de LA MALEDICTION. Comme quoi, pourquoi se battre, de toute manière ça sera toujours le Mal qui triomphera? Merci Elvifrance pour ces grands moments de n'importe quoi! Une oeuvre finalement assez banale, heureusement sauvée par quelques scènes nauséeuses qui relèvent un peu l'ensemble relativement timide en matière de déviances, violences diverses et érotisme torride. Le Diable serait finalement plus prude que l'on ne pense?

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