mercredi 20 juillet 2011

PALEO 2011 : PORTISHEAD en live!

PALEO FESTIVAL : 20 juillet 2011

Paléo 2011 sous la pluie. Heureusement, pour ce second jour de festival il y a une petite accalmie au niveau du mauvais temps. Mais, putain, qu'est-ce qu'il fait froid pour une période d'été! Sur place, au milieu des mélomanes qui débarquent, cela laisse quand même un terrain bien détrempé et boueux juste comme il faut. On se dit que ça fera du bien pour la peau... N'ayant pas eu le temps d'acheter une paire de bottes de pluie pour la circonstance, c'est avec de bonne grosses godasses que j'arpente la colline du festival en me promenant parmi les nombreux stands qui parsèment le gigantesque espace de l'Asse.

Aujourd'hui, le gros morceau de bravoure, c'est le concert prévu sur la grande scène à 21h30, raison pour laquelle je me suis déplacé à Nyon cette année. D'ici là, bien le temps de flâner sous les différentes tentes et chapiteaux pour faire quelques petites découvertes, boire un petit sirop artisanal et dévorer une gauffre couverte de crème fraîche. C'est assis sur un banc juste à côté du "Club Tent" que j'écoute Beak, un projet solo de l'architecte musical de Portishead Geoff Barrow. Exploration bruitiste et expérimentale, ce petit voyage minimaliste nous projette dans un cosmos enivrant qu'il fait bon d'écouter à distance tout en regardant les festivaliers se balader parapluie à la main en éparpillant la gadoue tout partout sur la pointe des pieds...

Au Paléo, les saveurs sont très exotiques, comme les stands très diversifiés de nourritures ou encore la musique provenant de divers horizons proposant un beau panorama qui excitent les sens. Sous le "Chapiteau" je me joins à l'estrade pour découvrir en live Bonobo, une formation DJ à la base et qui s'attaque ici à la scène en mêlant diverses influences pour un résultat à la rythmique sympathique et entraînante mais dont les interventions de Ruby Wood, plantureuse jeune femme à la robe ouverte jusqu'au bas de son dos mais dont la voix guère expressive se mélange plus que de raison aux beats incessants d'une instrumentation électro-jazz. Plaisant mais anecdotique.

Le véritable plaisir d'écoute aura lieu un peu plus tard, alors que le ciel se découvre gentiment et que les spectateurs se réfugient où la boue se fait plus rarissime : sous la tente "Le Détour" avec Oh The Tiger Mountain! Un masque de tigre attaché au micro sur le devant de la petite scène où va se produire un artiste marseillais à barbe et cheveux longs; une belle gueule, un sourire carnassier et des yeux malicieux. Des mains qui savent gratter une guitare, une silhouette qui sait se déhancher et surtout une voix suave qui a du coffre et qui sait fondre son public instantanément. Le gaillard au doux nom de Matthieu Poulain a le charisme du diable et une attitude propre à faire chavirer les jeunettes qui minaudent tout en mouillant certainement leur petite culotte. Le spectacle est simple et franc, presque intime comme on peut l'être avec son copain ou sa copine. Cette proximité donne une ambiance et une chaleur unique à un concert sous influences blues et soul, bien rythmé par les percussions de son acolyte Kid Francesco. Leur premier disque sort en septembre prochain. On meurt déjà d'impatience.

Marche dans la boue. Eclabousse. Amusant de voir ces quelques chaises roulantes peinant dans le terrain pour assister aux spectacles du jour... Retour au "Club Tent" pour assister au concert d'Anika, nouvelle ambassadrice trip-hop et toujours sous la protection de Geoff Darrow. Le soleil se couche, je monte sur la grille tout au-devant du chapiteau, à l'abri du terrain aux copeaux humides. On nous annonce la chanteuse, le public doit être prêt à succomber... L'artiste, grande blonde toute habillée de noir et à la coupe de cheveux strict fait la tronche, n'adresse qu'un regard froid et dédaigneux aux spectateurs et use d'une voix sans entrain pour des reprises des classiques de Bob Dylan et des Pretenders à la mode synthétique. La musique enveloppe les paroles d'une chanteuse qui ne s'entend guère et s'écoute péniblement. Je tiendrai 20 minutes. Pas un sourire, pas de présence, pas de jeu de scène... même le bassiste semble fatigué alors que la nuit n'est même pas encore tombé. Je ne donne pas davantage de temps à une artiste qui ne donne rien aux curieux venus l'écouter.

Profitant d'une mauvaise performance pour s'éclipser et aller s'avaler une petite assiette avant de découvrir ENFIN Portishead droit devant moi! Moment fort en perspective. L'occasion aussi de retrouver de bons vieux copains que je ne quitterai plus jusqu'à la fin de la soirée... Bientôt 21 heures 30 et nous voici déjà face à la grande scène. La foule s'attroupe, les nuages sombres recouvrent le ciel mais il ne pleut pas... Les fans s'excitent, hurlent, crient... Beth Gibbons est là, la musique s'emballe, le concert commence et le public s'enflamme. La voix de l'artiste hypnotise autant qu'elle émeut, les chansons sont sublimes et le spectacle à la hauteur de l'attente... Le groupe se dévoile dans un maelstrom d'images qui forment une véritable oeuvre d'art contemporaine filmée en vidéo, toute droit sortie des ténèbres d'un rêve comme autant d'émotions prenant vie au gré de ses formes et qui invite surtout à l'enivrement de sons et sensations. On y plonge le coeur ouvert à voir une artiste de ce calibre à mettre autant de son âme dans sa musique... pour finir par un rapprochement auprès de son public en serrant des mains anonymes et prodiguant des accolades à qui voudrait la serrer dans ses bras. Alors que la musique soutient l'action, c'est ainsi le temps fort de ce jour de Paléo 2011 qui s'achève en apothéose orgasmique suprême!



Mais la soirée n'est pas encore finie car peu avant minuit, il y a encore les Chemical Brothers à voir aussi au même endroit. De la musique techno en festival, pourquoi pas, mais qu'y a-t'il vraiment à voir? Un monstrueux show de lumières soutenus par des projections de formes numériques qui se répètent indéfiniment. Un peu comme la formule musicale du groupe qui propose des "samples" bien ravageurs secouant le public dans tous les sens. Les petits jeunes qui sautent sur place à hurler "Fuck Yeah!", "This is the best shit ever!" et autres "Oh My God! There's a circle of light"... L'ambiance boîte de nuit en plein air, avec les petites loupiotes qui clignotent. Passé 15 ans, il n'y a vraiment pas de quoi s'extasier. D'autant plus qu'on a largement l'impression que le groupe a préparé son CD compilant quelques-uns de ses meilleurs tubes avant de presser "Play" en se cachant dans le noir... Et après, on vient de temps en temps sur le bord de scène faire un petit coucou les bras en l'air à un public rendu fou par leurs sons bien épais. Atmosphère de dingue! Amusant mais rapidement saoûlant. Aucun regret à quitter la place avant l'apothéose finale qui s'entend sans doute à des kilomètres à la ronde.

Prendre la voiture dans un parking de boue. Des véhicules qui patinent quelque peu et puis ensuite qui s'enfilent à l'indienne pour quitter l'Asse et le Paléo Festival... Plus de 2 heures 30 du matin une fois atteint son chez soi. On déchausse ses godasses bien dégueulasses. Plongée dans les draps. On ferme les yeux et on dort. Au plus profond de soi, les oreilles sifflant légèrement des beats ingurgités. C'était une chouette soirée...

Ambiances :


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Au revoir...

Au revoir...
Related Posts with Thumbnails page counter
Web Counter