jeudi 21 juillet 2011

PALEO 2011 : PJ HARVEY, le corbeau noir

PALEO FESTIVAL : 21 juillet 2011

Le ciel est couvert par des cumulus bien floconneux et même, par certains endroits, on y décèle une belle couleur bleue. Cela change largement de la météo guère enchanteresse d'hier soir... Le terrain est toujours aussi impraticable mais au moins cela ne s'aggravera pas davantage, du moins pour aujourd'hui. Du coup, c'est plutôt agréable de se balader au Paléo et d'avoir même quelques petits rayons de soleil à l'horizon. On se plaindrait presque qu'on a un peu trop chaud...

Le début de programme d'une journée de festival n'est souvent pas très enthousiasmant et l'on se contente simplement de pouvoir passer le temps en allant voir n'importe quoi, juste histoire de découvrir ce qu'il y a à cette heure-là, sans trop savoir ce que l'on va voir...

Je n'aime pas le reggae et ce n'est pas en me vendant Congotronics Vs. Rockers sous cette appellation que cela va m'enchanter. Toutefois, je me dis que je peux toujours être surpris. Et bien m'en a pris de m'attarder sous un "Chapiteau" passablement vide pour découvrir ce collectif congolais assez particulier qui mixe instrumentations traditionnelles avec des expérimentations électroniques. Qui plus est, la troupe se voit accompagnée de plusieurs artistes de la scène internationale avec des participations de divers horizons tels que Deerhof, Juana Molina et même Wildbirds & Peacedrums! En tout, 19 musiciens! L'ensemble est une création pétrie d'influences diverses lui donnant une sonorité originale et énergique; qui donne la pêche! Curieux à voir sur scène, c'est un peu la grande parade où des musiciens noirs à peau de bête se croisent avec une minuscule asiatique sautillante sur un pied; une dame d'Argentine aux percussions et des voix autant féminines que masculines et qui portent et vous transportent... Un mixage d'univers assez exceptionnel. Grande découverte!! C'est juste un petit peu dommage de voir que les organisateurs de concerts se doivent de respecter à la minute les horaires du programme; interrompant parfois brutalement la fête musicale, comme ce fut le cas ici...

En bonne compagnie, je parcours le site de l'Asse de long en large alors que Jean-Louis Aubert se fait déjà entendre sur la Grande Scène. Le public, venu en masse pour le voir (de loin!) et l'écouter, lui font un triomphe alors qu'il met immédiatement une ambiance de feu dans l'air... Agréable d'écouter ses anciennes chansons alors qu'il officiait au sein du groupe Téléphone, tout en se baladant sur de la paille tout propre au milieu de gens qui se bécottent sans aucune pudeur... Petit détour aux alentours de la Ruche, espace dédié aux arts du cirque et des spectacles de rue pour voir un duo de femmes trapézistes s'envoyer en l'air dans un petit décor qui rappelle les petits théâtres des années 30; revoir une photographie des marionnettes humaines dans un couloir rouge avant de revenir vers le "Club Tent" pour se garder une place dans la foule venue voir Anna Calvi.

Beaucoup de monde par ici pour écouter une sacrée voix... Armée d'une guitare et accoutrée comme un mec; costard noir bien serré, cheveux lissés et bien tirés en arrière, Anna est accompagné d'un batteur et d'une autre jeune femme qui s'occupera de manipuler toute une galerie d'instruments allant d'une grosse cymbale à un énorme accordéon posé sur une table devant elle. Ce qui frappe tout de suite ici, c'est la grande qualité des cordes vocales de la chanteuse qui donne à son spectacle relativement tranquille une aura assez envoûtante. Mais, décidément, ce ne sera pas davantage un coup de coeur, n'arrivant pas à me laisser complètement porter par le talent de la chanteuse. Il faudra que je lui redonne une chance sur platine, peut-être plus tard...


Il est pas loin de 21 heures. C'est le moment de dévorer une saucisse avant de se faufiler entre les gens pour être au coeur de la plaine et bien au centre de vision de la scène où PJ Harvey ne tardera pas à arriver. C'est quand même énorme comme décor pour un concert pas aussi festif que certains l'espéraient, plus proche d'un show sans fioritures que d'une avalanche de lumières colorés. Polly Jean arrive comme un sombre corbeau sorti d'une brume épaisse, des plumes bien noires en guise de couvre-chef et une impressionnante collection d'instruments à cordes qui passeront entre ses mains, changeant quasiment de guitare à chaque nouvelle chanson. Si le décor se révèle bien trop grand pour un concert finalement relativement calme, PJ Harvey nous gratifie d'une performance pleine d'émotions avec une ribambelle de chansons qui bouleversent le coeur. Poésie d'un lyrisme noir qu'on apprécierait encore davantage si le rendez-vous s'était fait plus intimiste. N'en pouvant plus, au bout d'un moment, je me décide avec un ami d'écouter d'une oreille la suite et la fin du concert d'un peu plus loin tout en sirotant une boisson énergétique pour tenir le coup jusqu'à la fin de la soirée...

Si cela ne tenait qu'à moi, je serai sans doute parti à ce moment-là, plus rien ne m'intéressant vraiment dans le reste de la sélection des concerts de la nuit... Ne serait-ce qu'une infime curiosité de voir un groupe de gamins californiens s'emparer à leur tour, avec la vaillance de leur jeune âge, du "Club Tent" pour nos transmettre leurs émois postadolescents... On ne tarde pas trop avant de tirer nos propres conclusions de cette attroupement juvénile tout droit sorti d'un AMERICAN PIE qui se transforme en pseudo SCOTT PILGRIM en ayant une guitare en main. La rigolade est de mise et l'on ne tarde pas trop avant de se retirer vers un ailleurs plus calme et moins clinquant... Il ne restera donc plus qu'à subir quelques assauts musicaux de The Strokes depuis la colline, voyant la Grande Scène à nouveau s'enflammer pour un exutoire rock bien carré et efficace qui fait son office sans toutefois emballer complètement. Des notes pleine puissance qui redonnent toute sa fièvre à un journée de Paléo Festival finalement plutôt tranquille et agréable à défaut d'être inoubliable...

Ah oui, et puis il y a l'odyssée de retour qui est toujours aussi agaçante à effectuer, spécialement lorsqu'on ne retrouve plus son véhicule de retour sur un parking bondé et mal éclairé. Mais on y arrivera, 20 minutes plus tard... Les yeux se ferment et c'est un plaisir de quitter le terrain et son odeur pestilentiel. Dur retour à cause de la fatigue, mais on est toujours vivants, je crois qu'on a donc dû rentrer se coucher sans encombres hier soir...

Ambiances :

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