samedi 9 juillet 2011

NIFFF 2011 / Day 9

NIFFF 2011 / Day 9 : 9 juillet 2011

Cela fait déjà 9 jours que je dors sur un matelas posé dans un salon baigné par les légers rayons de soleil lorsque je rentre chaque matin à l’aube après une formidable journée passé au milieu de différents films répartis à travers diverses salles de cinémas à Neuchâtel… Neuf jours de marathon intensif… Un rythme qui ne faiblit pas et dont on voit - enfin, diront sans doute certains esprits fatigués - la fin avec cette dernière journée pour le moins bien remplie. Plus trop le temps de flâner dans les ruelles de Neuchâtel, ni de manger correctement ou de prendre un long bain réparateur… Non, c’est bientôt midi et les séances de la journée vont bientôt commencer…

Aujourd’hui, c’est le tour d’un cinéma fantastique moins graphique qu’à l’accoutumée, plus cérébral et peut-être disons le plus pointu avec des œuvres qui demande davantage d’implication de la part des spectateurs que des applaudissements salvateurs à chaque giclée de sang qui tâche l’écran… Des films qui s’annoncent visuellement moins extrêmes mais que l’on espère tout aussi enthousiasmants.




Contre toute attente, je me décide à sacrifier la projection de TOWER, suite aléatoire d’épisodes tirés d’une série TV russe créé par Denis Neymand, pour finalement aller voir END OF ANIMAL de Sung-Hee Jo (2010), un film coréen diffusé dans le cadre de la Compétition internationale. Non pas que le sujet me passionne particulièrement mais aux dires des quelques personnes qui l’ont déjà vu, cela devrait peut-être me plaire… alors que la plupart des avis sont plutôt négatifs. Une manière plutôt cocasse d’appréhender un long métrage qui m’a été présenté comme « c’est chiant mais je pense que tu vas aimer! »….

Lors d'une froide journée, Sun-Young effectue en taxi le long trajet qui la ramènera chez sa mère, où elle doit accoucher. Cette perspective doit réjouir la timide jeune femme, surtout que l'auto-stoppeur fraîchement embarqué par son chauffeur en cours de route se montre très désagréable à son égard. Il semble tout savoir sur elle et, entre autres insanités, entame un étrange compte à rebours, suivi d'un flash, un bruit assourdissant, puis le néant... À son réveil, Sun-Young est seule. L'électricité ne marche plus et des grognements effrayants émanent des bois. Quelque chose de terrible est arrivé au monde et les survivants que Sun-Young croise ne s'avèrent pas d'une grande aide, bien au contraire...

Du fantastique traité sur un mode réaliste et surtout minimaliste. Le décor se résume à une voiture en panne perdue dans un coin de campagne désertique où une jeune femme se débat avec passivité pour sa propre survie... Dénonciation des tourments de la condition féminine en Corée, END OF ANIMAL nous montre une fin du monde dans un style épuré où les personnages que l’héroïne rencontre s’abandonnent progressivement à leurs pulsions animales. Œuvre contemplative qui joue autant avec notre patience qu’avec nos nerfs, voici un film qui lorgne plus du côté du cinéma d’auteur à la Tarkovsky que d’un simple divertissement inoffensif. Sa radicalité formelle et thématique laissera sans doute beaucoup de spectateurs sur le bord de la route, lassés par son côté froid et hermétique. C’est pourtant ce qui fait toute la force d’un long-métrage qui baigne constamment dans un surréalisme cauchemardesque. La relative lenteur de END OF ANIMAL plonge le spectateur dans une ambiance lancinante que nous fait bien ressentir toute la dégradation physique et mentale de son interprète principale. Une ambiance incroyablement pesante se dégage de ces deux heures de projection pour aboutir à un crescendo émotionnel qui nous emmène dans une impasse. Incompréhensible, certes, mais rendant toute l’expérience proposée par END OF ANIMAL particulièrement troublante. Et cela vaut largement le coup d’œil!

En sortant du Temple du Bas, je retrouve Lukas et Sibylle qui se sont bien amusés en allant assister à la projection de GRIFF THE INVISIBLE. On se regroupe maintenant tous pour aller découvrir un film dont la plupart d’entre nous ont beaucoup d’attente. Il s’agit de l’adaptation cinématographique d’un - paraît-il - excellent bouquin écrit par Lionel Shriver qui a remporté l’Orange Prize en 2005. Sibylle l’a lu sur les conseils de sa maman - qui avait beaucoup apprécié cette lecture - et se réjouis maintenant d’en découvrir le pendant cinématographique…

WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN raconte le point de vue d’une mère vis-à-vis de son enfant à problème qui, le jour de son seizième anniversaire fait un carnage dans son lycée. Un portrait dérangeant d’un enfant malveillant que la réalisatrice Lynne Ramsay essaie de saisir à travers une mise en scène complexe, plus proche du cinéma expérimental que du gros mélodrame classique. Ici, on cherche davantage à saisir le malaise ambiant qui se dégage de cette relation mère-enfant que d’en expliquer les cause et les effets. On est loin d’une analyse psychologique ou d’un suspense familial tragique. L’auteure s’attache surtout à décrire le désarroi de cette femme qui a eu un enfant malgré elle et qui peine à essayer de se faire aimer par son fils. Dans le rôle difficile de la femme qui accouche d‘un monstre, Tilda Swinton est absolument exceptionnelle; tout comme le reste d’une formidable distribution allant de John C. Reilly à l’effrayant Ezra Miller dans le rôle du gamin perfide.



WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN se sert de sa belle esthétique extrêmement léchée pour nous plonger dans une famille parfaite en apparence. Transformant le long-métrage en une expérience sensorielle complètement captivante; curieux contraste entre l’angoisse latente qu’inspire l’œuvre et sa séduisante beauté plastique. Il semble que seule la mère ne semble percevoir la trouble mécanique des rapports silencieux qu’elle entretient avec un gamin manipulateur; le père étant lui-même bien loin de se douter de ce qui se trame derrière son dos, guère averti par son épouse qui essaye pourtant de bien faire pour élever son enfant. Alors qu’il s’agit avant tout d’un drame familial, ce film se révèle comme un puissant film d’horreur devant lequel on aurait envie de crier sans fin. Evocateur de sensations particulières, WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN est sans conteste l’un des films les plus forts du festival!

Un peu d’air, cela fait du bien! Enchaîner à la suite deux longs-métrages aussi intense, ce n’est pas facile de s’en remettre. Le NIFFF touchant à sa fin, on aura donc encore eu droit à une belle dose d’émotions fortes durant ce dernier jour. Et ce n’est pas fini. A 20 heures aura lieu un autre long-métrage qui s’annonce bien éprouvant. Mais avant cela, une petite pause qui s’annonce plutôt récréative avec un des premiers films gore de l’histoire du cinéma : THE FLESH EATERS de Dan Curtis (1964). Mais pour cela, il va falloir remonter au Théâtre du Bas, dans cette détestable salle n°2 et ces sièges qui vous détruise un dos en 90 minutes chrono! Heureusement, c’est avec plaisir que je retrouve Annick pour découvrir ensemble ce film depuis les plus hauts gradins où juste derrière nous se trouve ce fameux projecteur « beamer » bien fatigué qui diffuse une image si pixellisée qu’il serait honteux d’appeler ça du cinéma. Il serait peut-être temps de changer la machine, non? Heureusement, il s’agit pour ma part de ma dernière séance dans cet endroit et ce n’est pas peu dire que j’en suis fort content.




THE FLESH EATERS raconte l’histoire d’un groupe de personnages qui se retrouvent confrontés à une bactérie mangeuse de chair humaine alors qu’ils sont bloqués sur une île déserte sur laquelle officie une étrange scientifique allemand…

Surprenante petite série B d’horreur en noir/blanc, particulièrement démonstrative en ce qui concerne un érotisme plutôt audacieux pour l’époque et quelques étonnantes séquences de violence graphique. Depuis 1964, année de sa sortie officielle, le long-métrage a passablement vieilli mais garde néanmoins tout le charme de ces petites productions fauchées accomplit avec trois fois rien… L’intrigue réserve son lot de surprises avec un scénario très bien construit qui ménage un bon suspense et quelques personnages qui font plaisir à voir comme cette actrice capricieuse et alcoolique, le bel aviateur musclé et protecteur, la plantureuse assistante ou encore le méchant nazi qui se révèle totalement durant la dernière bobine… Efficace et rarement ennuyeux, THE FLESH EATERS est savoureux à suivre de par ses dialogues et situations horrifiques, enchaînant en rythme les mises à mort spectaculaires. Les effets spéciaux sont rudimentaires mais ils fonctionnent encore parfaitement aujourd‘hui et le film nous offre même, dans son acte final, l’apparition d’une gigantesque créature que l’on croirait sortir d’une nouvelle de Lovecraft. Une jolie réussite issue des prémices du cinéma gore que le NIFFF a sorti de l’oubli pour nous l’offrir sur grand écran. Chouette!

Il est 19h30 et on sent que l’on arrive gentiment au bout de nos 9 jours de présence à Neuchâtel... Dans une petite demi-heure débutera la Cérémonie de clôture du NIFFF, avec les incontournables discours pompeux et surtout on connaîtra enfin les grands gagnants de cette année, issus des diverses compétitions qui composent le festival.

Du coup, l’officielle séance finale regroupe un nombre toujours plus hallucinant de spectateurs, de même que tout le gratin des célébrités présentes, jury et autres journalistes venus suivre la manifestation qui fête avec entrain toute la vitalité d’un cinéma fantastique toujours aussi enthousiasmant. On se croirait presque à Cannes avec tout ce déploiement technique caméra au point, à capter l’arrivée d’une foule bien compacte qui se dirige vers l’immense salle du Théâtre du Passage. Celui-ci est bien entendu comble et il y a encore de nombreux spectateurs sur liste d’attente dans l’espoir de se choper un billet qui se libérerait à la dernière minute. Tout le monde n’aura hélas pas la chance d’assister à ce rendez-vous incontournable…

Après l’habituel retard d’une quinzaine de minutes, voilà que débute enfin la procédure qui honorera, pour la onzième fois depuis ses débuts, les films les plus appréciés du festival. Je ne vais pas trop m’attarder sur les résultats qui, pour la plupart, ne sont vraiment pas une surprise… mais font tout de même plaisir! Notamment le fait de voir TROLL HUNTER à l’honneur avec pas moins de 3 récompenses : celui du « Prix H.R. Giger Narcisse du meilleur film » ainsi que le « Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen » et, peut-être le plus important, le « Prix du public« ! Une belle réussite pour ce film norvégien qui semble avoir conquis la majeure partie des festivaliers.

Je me prononcerai moins sur la « Mention spéciale du jury international » envers STAKE LAND ou encore le « Prix du meilleur film asiatique » attribué à HELLO GHOST de Kim Young-Tak, n’ayant pas vu ce dernier qui, à la base, ne m’intéressait pas du tout! Content, par contre, de voir THE VIOLENT KIND gagner le « Prix Mad Movies du film le plus Mad »; il le mérite largement. Et, du coup, cela rend son producteur complètement heureux en venant chercher son trophée sur scène. Je commenterai encore juste le « Prix Titra Film » attribué à INSIDIOUS de James Wan. Un prix pour l’aide au sous-titrage pour un film qui n’en a définitivement pas besoin vu la large distribution qu’est déjà offerte à ce long-métrage plutôt mauvais débarquant d’Hollywood. Il aurait peut-être mieux fallu offrir ce prix à un film qui ne bénéficie pas d’une aussi grande visibilité sur le territoire suisse! Enfin… Pour le reste, on se contentera de voir le palmarès complet qui est désormais affiché sur le site du festival.

A l’occasion de cette cérémonie de clôture, différentes personnalités s’afficheront sur scène, effectuant quelques « speeches » non dénués d’humour avant d’arriver au regroupement du Jury International présidé par William Lustig, remerciant les organisateurs pour leur accueil chaleureux et tout ce qui s’ensuivit… Avant les habituels cadeaux de différents sponsors; il faut bien soigner ses invités. Ce 11ème NIFFF se voit couronner d’un succès toujours plus grandissant, ayant toujours plus d’amateurs venant découvrir la grande richesse d’une manifestation cinématographique de plus en plus importante à l’échelle mondiale. Ce qui fait surtout plaisir, c’est de pouvoir découvrir une sélection d’une aussi bonne qualité que celle de cette année qui nous aura réservé de sacrées surprises tout au long de la semaine! Et maintenant que les formalités sont terminées, on embarque pour l’ultime projection tant attendue : MELANCHOLIA de Lars Von Trier…

À l'occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la sœur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre...

Grand film de dépressif, MELANCHOLIA est divisé en deux chapitres, reprenant les points de vue de la fin du monde à travers deux portraits de femmes interprétés respectivement par Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg. Deux visions qui se recoupent en présentant une perspective finale de l’existence vécu de manière aussi différente que complémentaire. Et Von Trier d’y injecter toute la noirceur du monde à travers les relations humaines lors d’une cérémonie de mariage qui ne déroule pas dans la joie et la bonne humeur…



Film spectaculairement intimiste MELANCHOLIA est le dernier voyage émotionnel de personnages qui voient là arriver la fin de toutes choses. Avec un savant dosage qui mélange sérénité et panique avant de virer dans la résignation, il décrit les derniers instants de la vie humaine à travers une série de personnages issue d’une famille qui vole en éclats. Et pour cela il convie à l’écran une belle distribution de comédiens dominé par le talent équitable de ces deux grands rôles féminins qui livrent des performances aussi bouleversantes que le film est plastiquement superbe et d’une émotion qui vous détruira au passage. Von Trier réalise ici ce qui est sans doute un de ses films les plus réussis d’une filmographie déjà bien exceptionnelle. C’en est presque dommage d’avoir à le découvrir en fin de festival, après s’être regardé une cinquantaine de longs-métrages sur une semaine, la fatigue et les émotions vous mettant à genoux devant ce dernier grand film que l’on reverra sans aucun doute avec un plaisir renouvelé lorsqu’il sortira officiellement dans les cinémas du monde entier.

Difficile d’exprimer ce que l’on ressent en voyant une œuvre pareille. Les avis divergents fusent; beaucoup de monde ont adoré tandis que certains ont proprement détesté; mais ce qui est sûr c’est que MELANCHOLIA n’a pas laissé grand monde insensible… Il donnera à coup sûr par la suite de grandes discussions entre cinéphiles avertis, pour l’instant il s’agit de s’en remettre et de réaliser que l’on vient de voir le dernier chef-d’œuvre du NIFFF, issu d’une sélection qui comporte un grand nombre d’œuvres fabuleuses qu’il fait bon d’avoir pu (re)découvrir sur grand écran!

A 23 heures passées, il est déjà bien trop tard pour pouvoir aller voir le NIGHT FISHING (Paranmanjang) de Chan-wook Park encore diffusé au Temple du Bas sans courir à s’en perdre haleine pour être présent en début de projection. Le célèbre réalisateur de OLD BOY et SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE a réalisé cet étrange court-métrage d’une trentaine de minutes avec un iPhone. Il paraîtrait que c’est formidable mais je n’aurai pas le courage de m’enfermer à nouveau dans une salle de cinéma directement après avoir pris un nouveau chef-d’œuvre labellisé « Von Trier » dans la gueule! Tant pis, on aura sans doute l’occasion de découvrir cette petite curiosité au détour d’une prochaine édition DVD…





Par contre, après avoir un peu traîné au cœur des tentes publics du NIFFF et parmi ses festivaliers autour d’une assiette chaude et d’un bon « drink », je me décide finalement à tenter une ultime projection avant de traîner ma carcasse fatiguée dans mon lit de fortune… Donc, pour finir le festival, je m’envoie encore un long-métrage à minuit et demie dans une salle encore incroyablement bondée d’un public toujours avide de se faire une bonne toile : NORWEGIAN NINJA (Kommandør Treholt & Ninjatroppen) de Thomas Cappelen Malling (2010).

Durant la Guerre Froide, la Norvège a trouvé un moyen imparable pour protéger sa neutralité: une troupe d’élite entraînée selon les principes millénaires des ninjas. Ces guerriers devront user de leurs plus extraordinaires pouvoirs pour vaincre un rival légèrement facho.

Lorsqu’on a les yeux éclatés, rien de tel qu’une comédie d’action bien délirante. Cette curiosité kitsch à l’esthétique emprunté aux films d’espionnage des années 70 est un bon moyen de terminer le NIFF sur une bonne ambiance faite de gros rires et d’applaudissement en chaîne. Sauf que l’œuvre en soi n’est de loin pas aussi dingue que son titre original. Passé la petite fraîcheur exotique des premiers instants, NORWEGIAN NINJA se révèle très vite être un de ces films dont le synopsis est cool mais dont le résultat final est loin d’être une franche réussite. Il n’y a vraiment pas de quoi se tordre de rire devant cette intrigue répétitive aux lourdauds effets comiques. Il manque surtout un bon grain de folie à ce long-métrage devant lequel j’ai bien de la peine à garder les yeux ouverts. J’en viens presque à souhaiter que cela se termine rapidement pour que je puisse enfin me décider à rentrer dormir un peu…


C’est à deux heures du matin, dans la nuit fraîche et les rues passablement désertes, que se termine pour moi le festival de Neuchâtel. Grande édition, peut-être même l’une de ses meilleures; avec beaucoup de belles surprises et de grands moments de cinéma. Dans l’ensemble, ce fut particulièrement orgasmique d’enchaîner merveilles sur merveilles, guère entachées par quelques très mauvais films dont j’aurais probablement oublié les titres dans pas très longtemps. Et puis il y a cet esprit très convivial de festival où l’on se retrouve pour célébrer un genre du 7ème Art qui est la plupart du temps dénigré par les exploitants des salles obscures. Et c’est d’autant plus précieux de venir en festival pour voir ces longs-métrages sur la grande toile. En temps normal, on aurait uniquement l’occasion de les voir en DVD, les distributeurs ayant relativement grande peine à les programmer dans les cinémas suisses. Donc merci au NIFFF d’exister et de continuer à nous faire découvrir les films les plus fantastiques, étranges, horrifiques, surréalistes et bizarres que des cinéastes plus ou moins inspirés accouchent chaque année. Il va sans dire que j’impatiente déjà pour l’année prochaine!

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