samedi 2 juillet 2011

NIFFF 2011 / Day 2

NIFFF 2011 / Day 2 : 2 juillet 2011

Première nuit passée à Neuchâtel, on essaie de prendre le rythme du festival. A savoir ne pas trop dormir et enchaîner les films à la suite en essayant de faire nos meilleurs choix personnels suivant l’énorme offre que propose le programme de cette année. Des décisions pas toujours très faciles à prendre à mesure que l’on se transforme en cinéphage fou, voulant tout voir, tout découvrir. On compte aussi beaucoup sur les premiers avis récoltés auprès des connaissances qui assistent à d’autres diffusions que vous, pour voir si certaines œuvres que vous n’auriez pas forcément placées dans votre propre sélection valent absolument le détour ou que l’on doit déjà fuir à grands pas certaines autres productions. C’est ainsi que j’ai eu la confirmation plus ou moins certaine que je vais sans doute apprécier de découvrir TROLLHUNTER que je vais enfin voir sur grand écran mardi prochain. Rendez-vous est pris. J’espère que cela va être très cool !

Mais pour aujourd’hui, débutant dans les salles obscures en début d’après-midi ; nous laissant donc bien le temps de pouvoir se restaurer correctement au restaurant « Le Félin » ; nous allons pouvoir savourer la projection de l’Apollo 2, à savoir un grand classique bien déviant mis en scène par Frank Henenlotter : FRERES DE SANG (Basket Case) datant de 1982.

C’est dans un New York crasseux et dangereux que l’on retrouve Duane, un jeune homme qui débarque en ville avec un gros panier en osier sous le bras. Dans ce panier se trouve une étrange créature qui ne tarde pas très longtemps à faire des ravages bien sanglants auprès des clients d’un hôtel miteux dans lequel il s’installe pour quelques temps…

Sur la base d’une histoire très simple, ce long-métrage est bien plus qu’un vulgaire étalage de séquences sanglantes avec un monstre en latex. C’est surtout un étrange objet filmique qui décrit la relation bien dégénérée entre deux frangins. Mis en scène sans moyens mais avec une réelle vision bien tragique des rapports conflictuels très particuliers qu’il peut exister entre frères, FRERES DE SANG est un film curieux film horrifique, à la fois malsain mais aussi touchant et, pourquoi pas, très émouvant. Un objet filmique bien étrange qui peut sans aucun doute être considéré comme une des œuvres les plus aboutis de son auteur. Une petite merveille de cinéma alternatif, bien déviante mais aussi pleine d’une tendresse triste et décalée. Il n’est même pas exclu d’en ressortir un poil bouleversé par la tournure des événements. Une très belle découverte et un réel plaisir de l’avoir vu sur grand écran.



Une fois la séance terminée, on enchaîne assez rapidement avec un film asiatique au titre plutôt prometteur : THE MURDERER (THE YELLOW SEA), dernière œuvre en date du réalisateur sud-coréen Hong-Jin Na qui avait précédemment époustouflé son public avec le fabuleux thriller haletant nommé THE CHASER. Pouvoir donc découvrir son nouveau film en salles est une réelle gageur que nous offre le NIFFF.

Cette nouvelle histoire est autant un drame qu’un polar, doublé d’un formidable film d’action à la violence graphique très excessive. Cela en renforce considérablement l’impact, transformant ce film en incroyable épopée bien barbare.

Et pourtant tout ceci débute calmement où l’on suit un chauffeur de taxi qui cherche à éponger ses dettes de jeu et se retrouve bien malgré lui embarqué dans une sale histoire où les meurtres brutaux s’enchaînent inexorablement… On retrouve ici à nouveau toute la maestria de son auteur qui délivre un spectacle palpitant où le sang coule à flots. Une première partie qui prend son temps pour tout mettre en place, suivant son « héros » dans les pérégrinations de sa mission avant que tout ne dégénère subitement. S’ensuivra beaucoup de morts , de crânes fendus à la hachette et de tôles froissées lors de courses poursuites en voitures.

Si le réalisateur ne renouvelle évidemment pas l’exploit cinématographique que constituait son précent long-métrage, THE MURDERER (THE YELLOW SEA) est tout de même une puissante réussite du cinéma coréen dans ce qu’il offre de meilleur, à savoir une histoire solide bien soutenue par des comédiens formidables et une maestria technique de tous les instants. Le genre de film absolument passionnant à suivre malgré quelques longueurs, tares habituelles des films du pays du matin calme qui étirent parfois ses histoires plus que de raison. Petit défaut qui ne gâche cependant pas du tout un spectacle grandiose dont on ressort plutôt enthousiaste !



Il est déjà passé 18 heures lorsqu’on sort de la salle de cinéma. Le temps passe finalement assez vite lorsqu’on regarde des longs films… Mais ce n’est pas pour autant que l’on a de longues pauses entre deux séances. Parfois à peine un quart d’heure, au mieux une petite demie-heure voire une bonne heure pour les plus chanceux qui veulent se reposer un peu les yeux en quittant l’univers fantasque du cinéma… Mais c’est évidemment pour se retrouver envahit par la peuplade curieuse qui se regroupe en foule compacte devant les cinémas, telle une gigantesque meute de loups appâtés par le sang frais. Durant le NIFFF, tout demeure fantastique !

En face du complexe des salles Apollo 1-2-3, un petit parc sous les arbres accueille différents stands de nourriture et une série de bancs en bois sur lequels on peut agréablement poser ses fesses pour dévorer une asiette en vitesse ou entamer une conversations avec différents passionnés ; de tout âge et de tous horizons. C’est ainsi que se fait de belles rencontres, et parfois aussi de visions particulières ; notamment en ce qui concerne la gente féminine qui se dévoile de manière souvent bien surréaliste. Autant dans l’imaginaire que dans le réel, la vision du monde change radicalement dès que l’on arpente les avenues qui mènent au NIFFF…

Et c’est à Neuchâtel que l’on peut découvrir une autre fascinante contrée via la sélection « From Russia With Screams » qui regroupe plusieurs découvertes à faire en s’immergeant dans le cinéma fantastique russe. Aujourd’hui, c’est TARGET de Alexander Zeldovich qui diffusé dans une petie salle bondée. Mais j’y trouverai ma petit place en allant directement m’assoir au premier rang, profitant ainsi de pouvoir enfin allonger mes gigantesques gambettes bien trop souvent mal repliées sous une rangée de sièges qui ne sont pas très accommodants pour les grandes taille.


TARGET ou le cinéma d’anticipation plutôt cérébral que bourré d’effets spéciaux spectaculaires. On se concentre primordialement sur un groupe de personnages partis à la recherche de l’éternelle jeunesse. Thèmatique fascinante qui se dégage d’un gigantesque long-métrage de presque trois heures adapté d’un roman populaire de Vladimir Sorokin.

Une curiosité science fictionnelle plutôt exotique qui mélange discours philosophique et drame sentimental où les comédiens russes surprennent par leur implication physique dans rôles difficiles ponctués de nombreuses scènes érotiques assez chaudes. Le résultat est souvent déconcertant, un peu long et confus. Mais malgré cela, il arrive toujours à être intéressant à suivre... Le sujet est quand même foisonnant et le traitement assez convaincant, soutenu par de bons comédiens, notamment la troublante Justine Wadell que l’on a pu découvrir dans THE FALL de Tarsem Singh il y a quelques années.



Après la découverte russe, c’est le retour en Italie avec la projection tant attendue par mon ami Lukas du formidable film de Joe D’Amato sobrement intitulé BLUE HOLOCAUST (Buio Omega) . Une histoire d’amour fou, à la fois malsaine et bien macabre ; une symphonie romantique ponctuée par l’incroyable musique des Goblins qui transforme le film en opéra de la Mort en plusieurs actes.

En plus d’avoir la chance de (re)découvrir le film en copie restaurée sur écran géant, les organisateurs du NIFFF nous ont concocté une petite surprises pour les fans et les curieux présents dans la salle. Une sculpturale blonde jugée sur d’immenses talons aiguilles se trouve aux côtés d’Anaïs Emery pour la présentation d’usage : il s’agit de Cinzia Monreale, la comédienne qui interprète la tragique Anna Völkl, rôle ou plutôt cadavre principal du long-métrage qui déclencha toute cette morbide histoire. La présence de la comédienne est un véritable festin pour les yeux, charmante et avenante avec le public, notamment avec mon ami Lukas à qui l’on offre l’opportunité d’exprimer son culte vis-à-vis de ce grand long-métrage. Comme une discussion entre deux bons amis, la star italienne et le fan s’échange quelques mots au milieu d’un public qui va, pour la grande majorité des gens présents, découvrir BLUE HOLOCAUST pour la première fois. Le moment est magique. Tout comme le sera cette superbe diffusion du film, véritable chant d’amour cinématographique qui n’a rien perdu de sa puissance nauséabonde malgré les années passées. Un grand moment de ce NIFFF cuvée 2011 !

On en dira moins sur la dernière bobine qui clôtura cette deuxième journée de festival. Alors que les amis cinéphiles vont souffrir le martyr au milieu de l’hystérie collective suscité par HOBO WITH A SHOTGUN au Temple du Bas, je reste avec ma copine Marlyse pour aller voir une comédie musicale érotique asiatique dont le titre était pourtant suavement prometteur : UNDERWATER LOVE ! Une fin de soirée qui s’annonçait jubilatoire. Encore plus lorsque Marlyse m’avoue sans détour qu’elle en mouille déjà de plaisir ! Hélas, on aura vite fait de déchanter…

Présent lors de la séance, le producteur du film nous explique la genèse d’un projet qui a été tourné en 5 jours, sans aucune deuxième prise. La réunion de talents derrière la caméra est curieuse avec notamment le chef opérateur de Wong Kar Waï Christopher Doyle et le groupe Stereo Total qui s’occupe de la musique et des chansons. Tout ceci est chapeauté par un producteur allemand spécialisé dans la distribution de films « Bollywood » en DVD. Cela ne peut effectivement que déboucher sur un film expérimental qui, malheureusement, n’expérimente pas.



Asuka est bien surprise lorsqu’elle retrouve son ami d’enfance Aoki. Décédé il y a des années, ce dernier ne lui avait jamais avoué son amour pour elle. Réincarné en kappa, créature folklorique au bec de tortue et friand de concombres, il se donne pour mission de sauver sa bien-aimée d’un dieu de la mort à l’allure d’un excentrique hippie. Pour se faire, il faudra mettre la main sur la shirikodama, une boule mythique à s’insérer ni plus ni moins que dans… l’anus!

Le synopsis est prometteur, le résultat nettement moins. Misérable et d’une lenteur à donner envie de se suicider, ce premier « Pink Musical » est un échec complet dès sa première séquence. Ridicule et moche, d’un amateurisme qui frôle le scandale ; et surtout d’une banalié confondante qui n’arrive même pas à offrir une quelconque originalité de son sujet. On se vautre dans le racolage le plus naze, n’arrivant même pas à être le moins du monde érotique ou comique. C’est d’un tel lamentable qu’il faudrait presque le voir pour le croire. Et subir cette chose est avant tout un supplice qu’un petit plaisir coupable devant lequel on aurait plus envie de se tuer que de s’y branler. Il n’y a guère que les quelques instants musicaux d’UNDERWATER LOVE pour lui éviter de plonger dans le puits sans fonds des merdes cinématographiques. Mais cela n’est définitivement pas suffisant pour apprécier ne serait-ce qu’une once de ce déchet sans aucune forme ni aucun goût.

Voilà donc comment se termine cette seconde journée au sein d’une édition qui commence quand même très fort avec de grands crûs et une bonne dose de caca sur la fin. D’un certain côté, on est passablement heureux d’avoir pu voir la première vraie daube du festival à cette heure-là… Comme ceci, on a pas de scrupules à somnoler devant un dernier film qui ne méritait de toute façons pas qu’on s’y épuise les yeux. La fatigue est puissante après avoir passé presque 10 heures devant un écran de cinéma. Et comme la journée du lendemain s’annonce cinématographiquement assez corsée, il ne faut pas longtemps avant que je ne m’endorme sur mon matelas ; à plus de 4 heures du matin quand même… Le réveil risque d’être assez rude. On verra bien…

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