vendredi 1 juillet 2011

NIFFF 2011 / Day 1


NIFFF 2011 / Day 1 : 1 juillet 2011

Ca y est , nous y sommes. Après plusieurs semaines d’attente fébrile depuis la parution du programme de cette onzième édition, le NIFFF va officiellement débuter aujourd’hui. Tous les préparatifs sont effectués, les jours de congé sont également pris et c’est avec enthousisame que je clos mon grand appartement durant une semaine pour un voyage aux confins de l’étrange, du fantastique et de l’horreur. Pour cela, je n’aurais même pas besoin d’aller très loin. En embarquant dans le train qui m’emmène de la gare de Lausanne à celle de Neuchâtel, il s’agit d’un voyage qui ne durera même pas une petite heure. Le temps de rejoindre mes quartiers pour mes prochaines nuits – je ne remercierais jamais assez Christine pour son accueil et le fait que je puisse squatter sur un matelas bleu et sous une couverture de fortune, tout ceci au milieu d’un gigantesque salon – me voilà enfin libéré de mes bagages et prêt à déambuler dans les ruelles de la ville…

Il est un peu plus de 14 heures lorsque j’ai atteins le Théâtre du Passage pour l’acquisition de mon Pass de Festival, précieux sésame qui me permettra d’avoir accès au plus grand nombre de films projetés durant ces neuf prochains jours. Etre de retour au NIFFF c’est un peu comme retrouver une grande famille de cinéphiles. Cela fait plaisir d’être là et même sans réellement connaître les gens et les visages qui vous entourent, on a l’impression d’être chez soi. On vous salue, on vous serre la main, vous faites un beau sourire… « Ca fait plaisir de vous voir ici ! ». Et moi, donc ! Je ne crois pas vraiment connaître la personne en face de moi, elle non plus je suppose… Et pourtant on est ravi de se retrouver pour une semaine de plaisirs divers, et avant tout cinéphiles jusqu’au bout de ongles. Le NIFFF c’est un regroupement de passionné(e)s qui, durant 9 jours, va vivre au rythme et sur les couleurs d’un autre planète nommé Cinéma. Je m’en réjouis déjà !

Mes billets en poche pour la journée d’aujourd’hui, je pars l’esprit léger au cœur de la ville en fête. Ce 1er juillet est aussi le début des vacances pour grand nombre de monde et dans les rues de Neuchâtel c’est déjà l’invasion de petits monstres ; non pas de créatures démoniaques tels que l’on pourrait en voir dans les films de David DeCocteau mais d’adorables jeunes gamins venus faire un boucan d’enfer armés de masques et de tambours improvisés. Evénement local pour signer la fin de la saison scolaire, c’est une fanfare assourdissante peuplées d’enfants qui nous accueille sur la place du Festival. Essayant tant bien que mal de siroter une boisson fraîche sur la terrasse d’un café, il m’est quasiment impossible de converser avec les amis qui m’ont rejoint autour d’une table à l’ombre du soleil. Heureusement, les « gamineries » prennent rapidement fin pour virer bruyamment dans un autre quartier de la ville. Ouf ! Un peu de calme, c’est pas trop tôt ! C’est avec mes amis Marlyse et Lukas, pas longtemps rejoins par le sympathique Rémy, qu’une petite petite bande de joyeux cinéphiles se retrouvent dans la joie et l’excitation propre à tous grands adeptes de découvertes à travers le 7ème Art qui se montrera, on l’espère, complètement fantastique !

Aujourd’hui, le marathon ne débute pas avec 16h15. Ce qui nous laisse largement le temps de se poser un peu tranquillement et de profiter du beau temps. Ce qui ne sera pas forcément évident les jours suivants où les séances dans les salles obscures et bien climatisées se succédéront à un rythme beaucoup plus soutenu. Bien que le NIFFF 2011 débute cette fois-ci un vendredi après-midi, prélude d’un weekend qui s’annonce dantesque, les spectateurs du festival ne sont pour l’instant pas très nombreux. Il n’y a pas (encore) trop de foule aux projections, pas de bousculades et de fans hystériques. Les futurs spectateurs savent se tenir. Tout va bien. Comme premier film, il n’y a pas trop le choix car le programme ne propose à cette heure-ci qu’un seul et unique long-métrage. Provenant de Thaïlande, RED EAGLE (Insee Daeng) est le nouveau long-métrage du metteur en scène du fameux LES LARMES DU TIGRE NOIR, western atypique et très coloré. Sur la base de cette information, on peut se douter sans problème de la particularité que va nous proposer cette séance. La Thaïlande étant le pays des improbabilités cinéphiliques, le spectacle risque d’être haut en couleurs. Et, effectivement, ce fut le cas !

2016, Bangkok. La peur règne sur la ville, rongée par le crime et la corruption. Mais dans ce chaos jaillit un héros masqué : Red Eagle ! Confronté à une confrérie de politiciens véreux, il décide de nettoyer la capitale de ses rats. Cependant, lorsque ses ennemis mettent un assassin sur ses traces et que la police décide de le pister, les choses se compliquent pour notre vigilante…

Ce film est une revisitation d’une figure populaire du pays qui, dans les années 60, fit les beaux jours du petit écran. Une version moderne qui débouche sur un film d’action que l’on pourrait prendre comme une version « curry » du PUNISHER ! Un spectacle particulièrement jouissif dans son esprit « serial » avec nombre de péripéties ahurissantes qui ne bénéficient pas toujours d’effets spéciaux particulièrement réussis mais qui demeurent constamment dans un esprit très fun. La trame scénaristique surfe sur la vague de l’actualité avec sa critique de l’utilisation de l’énergie nucléaire et mixe l’ensemble avec une bluette sentimentale pleine de naïveté, grande force du cinéma thaïlandais qui n’hésite jamais à partir dans tous les sens avec tous les excès que cela comporte. Sur plus de 2 heures, RED EAGLE mixe un style très bande dessinée avec des préoccupations socio-économiques actuelles et bombarde l’ensemble avec un humour particulier bien soutenu par une bande sonore hard rock littéralement épuisante. Pays produisant des œuvres souvent inconoclastes , la Thaïlande est donc à l’honneur avec ce film bien déjanté où l’on rigole aussi souvent que l’on est surpris par la tournure d’événements qui n’hésitent jamais à virer dans un ridicule grandiloquent mais ô combien agréable. Un diverstissement hautement sympathique qui se termine bien évidemment de manière très abrupte, gelant l’image en pleine action tout en annonçant la suite que l’on espère pouvoir découvrir peut-être l’an prochain et qui est intitulé RED AEGLE : WAR OF THE DEADLY PSYCHOBOTS! Tout un programme…



Après la grosse artillerie asiatique en guise d’apéritif, il est bientôt temps d’aller rejoindre à nouveau le Théâtre du Passage pour participer à la Cérémonie annonçant officiellement le début de la semaine du NIFFF. Un passage obligé pour les autorités culturelles locales où s’ensuivront durant presque trois quarts d’heure différents discours, toujours aussi pompeux et longuets. Pierre-Yves Jeanneret, Président de l’Association du Festival de Neuchâtel, mettra un point d’honneur à rappeler au public présent ce soir de l’importance et l’omniprésence du fantastique à travers tous les genres qui peuplent l’univers du 7ème Art. Un monde gigantesque dont la diversité est aussi unique, genre que le NIFFF met toujours un point d’honneur à défendre sous différentes formes pour en révéler toute sa richesse ; que ce soit à travers l’énorme sélection de projections de films, rencontres diverses avec ses stars et autres événements spéciaux qui ponctueront régulièrement la semaine du NIFFF. Cette année, on inaugure également deux nouvelles sections – « Films Of The Third Kind » et les « Ultra Movies » - qui permettront aux spectateurs de faire le plein d’adrénaline, de sensations fortes et d’objets filmiques improbables…



HIDEAWAYS d’Agnès Merlet est donc le film d’ouverture de cette 11ème édition. A l’instar de ONDINE de Neil Jordan qui ouvrait la précédente édition, ce nouveau film présente une nouvelle fois le cinéma fantastique avec une approche discrète et sans grandes effusions de sang, privilégiant davantage la poésie d’un quotidien où l’étrange s’immisce par petites touches dans la réalité…

Tous les Furlong ont un don surnaturel, mais celui du jeune James ressemble à une malédiction. C’est un pouvoir de destruction. Rejeté par les siens, retiré dans les bois, il découvrira néanmoins l’amour et la rédemption… Jolie histoire qui se suit comme une légende qu’une gentille dame nous raconterait pour nous endormir, HIDEAWAYS possède cette ambiance magique tirée des contes de fées, à la fois naïf et cruel. Situé dans une Irlande contemporaine, le long-métrage bénéficie d’une très belle photographie qui en accentue sa poésie. Si la réalisatrice n’évite pas toujours les maladresses qui rendent parfois son film un peu trop kitsch, l’ensemble se savoure avec un réel plaisir pour qui aime les histoires racontées au premier degré et sans cynisme aucun. Plutôt rafraîchissant, et même émouvant, HIDEAWAYS est un petit objet filmique étonnant d’une douce fragilité dont il est forcément facile de se moquer.

Avant de passer à la projection suivante, petit retour auprès des amis afin de prendre connaissances des premiers avis suite à la diffusion de TROLLHUNTER, première diffusion d’un film de la « Compétition Internationale » concourant pour le Prix H.G. Giger … Les avis sont plutôt unanimes comme étant un très chouette film, souvent drôle et plutôt bien réussi malgré quelques petites longueurs. Le charme de la Norvège doit bien faire effet ! Cool, me réjouis d’autant plus de le découvrir dans quelques jours. Pour la suite de la soirée, je ne bouge pas de salle et me retrouve à nouveau au milieu du public pour voir une nouvelle adaptation d’un classique de la littérature et premiers écrits de la romancière Charlotte Brontë.

JANE EYE de Cary Fukunaga est un film somptueux. Terme galvaudé pour tout long-métrage en costumes se déroulant dans l’Angleterre du XIXème siècle. Mais ce mot-là est ici entièrement justifié tant la patine visuelle du film est proche des peintures des plus grands maîtres. Le travail de composition et de lumière en révèle toute sa beauté gothique. Même s’il s’agit d’une histoire d’amour contrarié, JANE EYRE possède ce pouvoir fascinant qui le rapproche d’un film à suspense pétri d’étrangeté. Il doit aussi beaucoup à l’interprétation générale de ses comédiens – formidables Michael Fassbender et Jamie Bell - d’où ressort nettement l'exceptionnelle performance tout en émotions contenues de Mia Wasikowska que l’on avait découverte dans le dernier film de Tim Burton en nouvelle ALICE AUX PAYS DES MERVEILLES. Le long-métrage est particulièrement envoûtant, comme une œuvre d’art devant laquelle il fait bon de se laisser enivrer et dont le bel écrin qu’est la musique écrite par Dario Marianelli la sublime encore davantage. On est ressort carrément intoxiqué devant tant de beauté et de maîtrise formelle, où une histoire archi-connue retrouve ici une seconde jeunesse. Chef-d’œuvre !



Une fois le générique de fin amorcé, pas le temps de trop s’éterniser car la programmation du prochain film, selon le petit fascicule du NIFFF qui ne me quitte pas, débute déjà dans quelques minutes. Et il ne s’agit pas de n’importe quel autre film du festival mais bien d’une des curiosités filmiques que j’impatientais le plus de voir : LES NUITS ROUGES DU BOURREAU DE JADE !

Premier film du duo français composé de Julien Carbon et Laurent Courtiaud, anciens collaborateurs de John Woo et Johnnie To, il s’agit là d’une première tentative derrière la caméra qui débouche sur une délicieuse expérience visuelle à défaut d’être un brillant long-métrage. Scénario prétexte qui voit deux femmes fatales – une brune et une blonde - se disputer un mystérieux flacon avec pour décor de fond la moiteur de Hong Kong, le film est surtout un gros délire fétichiste de la part de ses réalisateurs. Polar sadomasochisme très explicite, LES NUITS ROUGES DU BOURREAU DE JADE regorge d’idées bien déviantes mélangeant sexe et plaisir dans la violence. Un spectacle vénéneux dirigé de main de maître par une très belle et énigmatique Carrie Ng dans un rôle bien pervers qui nous réserve quelques surprises de taille. Dommage toutefois que le film ne s’échine pas davantage à soigner une histoire prétexte à tous les débordements graphiques. Mais la splendeur de l’Orient, le soin apporté à chaque détail ; allant du choix des costumes, chaussures et maquillages élaborés jusqu’aux décors souvent surprenants ; parfaite alliance du fétichiste maniaque qui s’excite sur un vêtement ou un objet, le film est à se mordre les doigts d’extase. Entre un univers très bédéesque qui rappelle parfois autant James Bond que les intrigues machiavéliques de Fu Manchu, c’est un film aux raffinements pointus qui contentera surtout les adeptes de déviances cinématographiques.



Première projection au Temple du Bas, sorte de grande salle des fêtes où les traditionnels fauteuils de cinéma cèdent leurs places au détriment de chaises rembourées, il s’agit là d’un nouveau lieu de diffusion pour la sélection des films du NIFFF. Regrettable car l’endroit n’est pas vraiment destiné à offrir tout le confort d’une véritable salle obscure. Point de problème en ce qui concerne l’écran géant mais par contre on émettra plus de réserves à propos de la qualité sonore de ces séances où les dialogues en français ne sont guère compréhensibles, voire carrément inaudibles à cause d’une probable réverbération dûe sans doute à cause de la configuration de cette gigantesque pièce qui n’est pas adaptée pour « écouter » un film dans les meilleures conditions. Peux-être s’agit-il d’un problème mineur parfois récurrent en début d’une manifestation de ce genre. En espérant que celui-ci soit résolu très rapidement… Car il s’agit d’un défaut bien dommage à constater car une majeure partie des projections à venir se dérouleront par ici. Cela donnerait presque envie de revoir son programme afin d’éviter d’y mettre les pieds. Les diffusions de ces prochains jours devraient nous dire s’il faudra vraiment fuir le Temple du Bas ou non ; ou encore revoir nos standards techniques à la baisse pour pouvoir réellement apprécier les futures projections de grands films à voir. On verra bien…

Il est bientôt 3 heures du matin, voilà que la première journée du NIFFF touche à sa fin. Quatre films vus sur les plus de quarante à subir ces prochains jours. Il y a encore du chemin à parcourir. Pour un début de festival, cela commence plutôt agréablement avec un choix assez diversifié dans l’offre des films qui devraient contenter les cinéphiles les plus gourmands. Et, à l’issue des projections de ce vendredi 1er juillet, que des avis plus ou moins positifs sur les longs-métrages découverts. Une enthousiasmante mise en bouche qui donne envie d’y retourner au plus vite. Vivement demain avec 5 nouveaux longs-métrges à se mettre devant les yeux ! Can’t wait !!

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