jeudi 16 juin 2011

BABY FESSE

BABY FESSE (Baby Face) de Alex De Renzy (1977)

Dan, un ouvrier du bâtiment malchanceux, a été surpris en compagnie de Priscilla, mineure, et encourt la colère de la mère de la jeune fille, une fanatique religieuse bien décidée à le castrer. Pour se cacher un moment, il intègre un bordel à l'usage de femmes riches...

Un « classique » du cinéma X américain. Avec BABY FESSE, le metteur en scène Alex De Renzy met en place une histoire finalement assez sordide avec une bonne dose d’humour et de perversions. La distribution du film qui comporte une majeure partie de moustachus, possède une particularité parmi ses interprètes féminines. Lyn « Cuddles » Malone, titulaire du rôle-clé de ce long-métrage, était apparemment mineure à l’époque du tournage. Ce qui revient à rappeler aux amateurs de films pornographiques le scandale qui entoura la célèbre Traci Lords qui établira sa carrière dans ce domaine en étant âgé tout juste de 16 ans. Il est néanmoins difficile de vérifier l’authenticité de cette information car les versions divergent selon les intervenants. Toutefois, cela n’enlève en rien le trouble ressenti à la vision de BABY FESSE dont il s’agit de l’unique film de cette jeune personne. Elle incarne à la perfection une gamine perverse qui se sert des hommes pour obtenir des faveurs sexuelles. Sa séquence avec Dan Roberts, qui incarne l’ouvrier manipulé qui la déflorera dans une cabine à foin juste à côté d’une cage à lapin blanc, est surprenante pour l’époque car la jeune gamine présente à l’écran un sexe totalement imberbe. Le trouble n’en reste que plus persistant…

Menacé par la maman de la fille et accompagné d’un policier noir, le pauvre homme voit son destin prendre une tournure plutôt malheureuse… Il s’ensuit une scène d’action, encore une fois inhabituelle dans le genre, où le metteur en scène met en image une course-poursuite entre l’agent et le pervers avec tirs au pistolet et destruction de propriété avec de finir par une impressionnante chute dans la baie où l’homme disparaît inconscient aux fonds des eaux. C’est ainsi que, par la suite des choses, il se retrouvera bientôt dans un « camp d’entraînement » grâce aux conseils avisés de deux jeunes femmes qui viennent de le sauver de la noyade non sans avoir également profité de lui pour s’organiser une partie à trois.

Cette maison close, où se déroulera les prochains événements de l’intrigue, est particulière car ses pensionnaires sont exclusivement des hommes sélectionnés pour leurs physiques avantageux et destinés à satisfaire des clientes qui ont de gros moyens. Sans verser dans le sexe bourgeois, BABY FESSE continue de nous étonner car les scènes torrides sont bien surprenantes, notamment un gang bang détonant où la rafraîchissante Kristine Heller s’enverra tous les hommes de la demeure, appelant même des renforts bien montés afin de satisfaire son appétit qui semble sans fin. En résulte une incroyablement chaude partie de jambes en l’air où les partenaires se succèdent à un rythme frénétique, prenant la belle dans tous les sens sur un fauteuil balançoire avant de se faire reluire le corps de sperme chaud sous un déluge d’applaudissements!

Mais l’apothéose est encore à venir lorsque Dan se retrouve enfin pris au piège par la maman de Priscilla, bien décidée à faire payer le viol qu’il avait fait subir il y a quelques temps déjà à la gamine de 15 ans. L’étrange physique de Marion Eaton, la vengeresse de 45 ans, accentue encore plus le malaise de ce qui va suivre. La mère ne va pas simplement coucher avec le « tortionnaire » de sa fille… Elle l’enrobe complètement dans du cellophane, ne lui laissant aucune possibilité de mouvement; un petit trou d’air pour le laisser à peine respirer par la bouche et la voilà déjà en train de prodiguer une profonde fellation à l’homme haletant pour sa survie. Un moment de cinéma porno qui ne ressemble à aucun autre, entre totale absurdité et ambiance glauque où la femme sort un gigantesque couteau de boucher pour lui sectionner le sexe. Afin d’accentuer le côté surréaliste de la situation, la vengeance est entrecoupée par un autre moment de sexe autrement plus jovial : celui de Baby Face en train de se faire prendre en sandwich par deux pensionnaires bien désireux de profiter au maximum de la jeunesse corporel de leur partenaire…

Le film d’Alex De Renzy possède de grandes qualités pour un film pornographique, outre sa myriade d’instants sexuels diversifiés. Le scénario est plutôt riche et étonnant, comportant son lot de surprises à la fois excitantes et dérangeantes. De plus, les dialogues sont souvent drôlement savoureux, apportant une petite touche supplémentaire à l’ensemble. Et puis il faut aussi saluer une distribution des plus réussies, notamment avec l’excellent Dan Robert qui, grâce à son imposante stature, ressemble à un géant face à ses « petites » partenaires féminines. BABY FESSE représente un peu la quintessence du film libertaire américain, où la réussite cinématographique se combine d’un judicieux mélange d’intensité sexuelle adjoint à la recherche d’un scénario davantage élaboré que la moyenne. Plus de 30 ans après sa sortie, il reste toujours l’un des incontournables du cinéma X, tout pays confondus!


Sorti en DVD zone 2 chez l’éditeur Blue One, BABY FESSE est présenté dans une version altérée de plusieurs dizaines de minutes. En effet, sur cette édition qui comporte également 3 autres films du même réalisateur, le chef d’œuvre d’Alex Renzy est ici réduit à une durée de 72 minutes. Sur le DVD américain édité par Alpha Blue Archives, la copie présente une version apparemment « uncut » de 106 minutes. Ce qui revient à plus de 30 minutes de « censure » sur le disque français. Il serait donc intéressant de pouvoir découvrir ce qu’on cache sur une telle durée aux amateurs X francophones. En l’état, même sévèrement réduit dans sa durée initiale, BABY FESSE reste une perle dans son genre. Néanmoins, il me tarde d’en découvrir l’intégralité un jour ou l’autre…

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