dimanche 8 mai 2011

PSYCHO SHARK

Deux étudiantes, Miki et Mai arrivent sur Sunny Beach, une plage privée d'une île tropicale. Ne trouvant pas l'hôtel dans lequel elles ont effectué leurs réservations, elle se retrouvent un peu désemparées jusqu'à ce qu'un jeune homme se propose de les accueillir dans son lodge. Mais quelque chose cloche, les ongles de leur hôte sont teintés d'une couleur ressemblant fortement à du sang et non loin, dans l'eau, quelque chose rode...

Egalement vendu sous le titre JAWS IN JAPAN, ce "direct-to-video" est intriguant à plus d'un titre. Sous couvert d'une affiche qui a une sacrée gueule (!), PSYCHO SHARK n'a toutefois rien à voir avec LES DENTS DE LA MER. Si vous bavez devant cette image impressionnante en espérant y découvrir la version asiatique de LA MORT AU LARGE d'Enzo G. Castellari (1981), c'est que vous êtes mal parti. Davantage axé sur l'érotisme soft que l'horrifique sanguinolent, l'histoire suit les pérégrinations d'un duo de copines parties pour un weekend de batifolages dans l'eau à mi-taille... Du coup, dès le début des événements, on a rapidement l'impression de voir un film de vacances entre jeunes filles.

Se filmant au camescope, les comédiennes s'adressent directement à la caméra pour se créer ainsi leurs propres souvenirs de vacances. Comme un journal intime, ceci est relativement personnel : on fait la moue, on prend des poses "sexy", on se déshabille, on rigole beaucoup, on se découvre mutuellement en bikini en poussant des petits cris tout mignons. Tout ceci n'est pas loin d'être difficilement supportable; du moins sans grand intérêt si vous n'êtes pas adepte des "J-Idols", ces jeunes et jolies femmes adulés par les japonais pour leur vie palpitante où, réellement, il ne se passe pas grand chose si ce n'est à essayé d'être jolie comme pouffe, drôle et pénible comme une petite gamine gâtée.

Bien pourvues par la nature, elles s'échinent aussi à porter des maillots de bain bien trop petits pour contenir leurs atouts physiques. Trop moulant et trop serré, cela déborde au niveau du balcon. Vous êtes prêt à assister à un semblant asiatique d'ALERTE A MALIBU? C'est sans doute à ce moment-là que l'otaku-type doit certainement faire dans son froc. Préparez les kleenex en provision car au-delà d'un plaisir érotico-déviant, n'importe qui aurait sans doute déjà éteint son téléviseur. Et pourtant...

Une fois bien préparées pour affronter la météo, les donzelles se poursuivent sur le sable chaud pour ensuite faire des vagues tout en continuant à tranquillement mouiller pour nous... Mais, au fait, le requin rôde-t'il dans les parages? N'espérons pas un film d'horreur, car en l'état PSYCHO SHARK tient davantage de la vidéo coquine de collégiennes stupides qu'autre chose. Mais on ne va pas s'en plaindre. Caméra tremblante, netteté hésitante, cadrage mal assuré, le film n'est définitivement pas bien mis en scène lorsqu'il est entre les mains de ses "Idols". Toutefois, on savourera une séquence en état de grâce où, la poitrine bien gonflée dans son mini bikini, l'héroïne s'amuse à jeter de l'eau sur son audience. Ooooooh... Comme c'est excitant!

D'une durée totale de presque 70 minutes, comment faire pour passer le temps sur une aussi longue durée alors que l'on a rien d'autre à offrir que du "fan service" décomplexé qui commence gentiment à tourner en rond après à peine 15 minutes depuis le générique?

Plonger sa prétendue intrigue dans un étrange mélange cinématographique qui entremêle une variable entreLE PROJET BLAIR WITCH (1999) et surtout le terrifiant film japonais RING d'Hideo Nakata (1998). Tout ceci grâce à une cassette vidéo maudite qui va procurer le bon quota hallucinogène de son intrigue toute riquiqui... L'ensemble débouche ainsi sur un bien curieux objet filmique où les séquences se suivent dans un logique qui doit échapper au commun des mortels. Dans le meilleur des cas, on dira que PSYCHO SHARK développe une atmosphère un brin envoûtante qui rappelle quelquefois les oeuvres de David Lynch avec son usage du montage désarçonnant et une bande sonore étudiée pour suscité l'angoisse avec des bruitages particuliers et ses zones de "brouillages" télévisuels par l'intermède de ses divers points de vues. Mais qu'est-ce que tout ceci peut bien vouloir dire?...

Bientôt, il n'est plus vraiment besoin de se poser la question. Juste de se laisser porter par cette expérience "DTV" horrifico-érotique très spéciale et sans véritable sens. A vouloir décrypter les indications parsemées ici et là (les dates et heures en bas de l'image, à droite!) par le metteur en scène ne semble aboutir à rien tant il semble vouloir combler le vide scénaristique de son histoire en décadrant davantage ses plans pour sans doute créer une sensation déstabilisante, à l'instar de ses jolies nanas qui commencent gentiment à deviner qu'il y a peut-être quelque chose qui cloche sur cette île. C'est enfin le moment de pimenter l'intrigue et de dévoiler les quelques personnages mystérieux qui peuplent le décor autour des héroïnes, des gaillards louches qui font un trafic de cassettes vidéos pas très nettes...

Et puis, qu'est-ce donc que cet aileron gigantesque qui se déplace sur les flots marins? Serait-ce l'heure d'aller déjeuner? La bizarrerie ambiante commence à prendre effet et l'inquiétude se lit sur les visages. Alternances de situations entre passé et présent, douches en bikinis et autres flashbacks incluant d'autres jeunes femmes les ayant précédées et semblant avoir subit un sort peu enviables dans les environs. PSYCHO SHARK embrouille notre perception du temps, bien aidé par des images de caméra de surveillance, pour délivrer une histoire insaisissable et loin d'être compréhensible...

Toutefois, sans être désagréable, le film s'achemine ensuite rapidement vers une conclusion surprenante où une bande de serial killers se décident enfin à apparaître pour insuffler un peu de violence à l'écran. Même si tout ceci est relativement timide et forcément toujours bien centré sur les nichons de ses comédiennes, le réalisateur John Hijiri essaie tant bien que mal d'essayer de mettre le mon "fin" à son intrigue. On baigne (toujours) en plein n'importe quoi lors d'une longue et suffoquante séquence où apparaît finalement le squale psychopathe du titre. Et là, pas de raison d'être déçu. L'hénaurme effet spécial en images de synthèses à deux francs cinquante tient toutes ses promesses. Quand la série Z côtoie l'absurdité assumée d'un docucul; Hijiri donne enfin sens au titre de son film avec son gros monstre qui, malgré sa taille gargantuesque, l'envoie voler dans les airs pour saisir son casse-croûte du jour! PSYCHO SHARK devient ainsi un long-métrage parmi les plus improbables jamais vus. Voilà. FIN. Vous n'avez rien compris? Pas grave...




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