dimanche 15 mai 2011

Concert : YOUN SUN NAH (COREE)


Il faut parfois se laisser tenter par une rencontre faite au hasard. Comme ce fut le cas ce jour-là où mon regard se posa sur une affiche intrigante présentant le profil d’une belle femme asiatique. Son nom : Youn Sun Nah, présente en Suisse à l’occasion d’un concert dans une belle salle de musique de la ville de Genève. Inconnue jusque là à mes oreilles, je me laisse aisément tenter, pensant avoir affaire à une artiste issue du répertoire classique. Informations prises, je constate qu’il s’agit plutôt d’une musicienne du monde du jazz. Il suffit d’un seul extrait glané sur le Net pour que cela m’emballe et propose à un ami genevois de nous retrouver pour la découvrir…



Une fois sur place dans la salle Ansermet RTS, l’endroit est rapidement bondé mais chacun y trouve une place assise, au parterre ou encore sur les hauteurs du balcon pour une meilleure vue des choses à venir. Le concert se donne à guichets fermés.

L’organisation de la soirée possède une structure assez étrange : il y a tout d’abord une première partie assurée par un groupe de jeunes artistes aux qualités très scolaires intitulé AK Quartet qui jouent une petite demi-heure… pour faire suivre avec un entracte d’une même durée avant de débuter enfin par la tête d’affiche. Mais celle-ci se fera encore un petit peu attendre car l’estrade est d’abord investit par un homme à casquette qui vient gratter de la guitare en solo. Il s’agit d’Ulf Wakenius, prodige scandinave dont les spectaculaires arrangements musicaux époustouflent d’entrée de jeu. Le niveau du concert prend soudain des hauteurs vertigineuses, à la mesure du talent du bonhomme. Après 20 minutes d‘une démonstration captivante, voici enfin l’arrivée sur scène de Youn Sun Nah, qui va permettre à la soirée de gagner encore un sommet supplémentaire.

La chanteuse se poste au centre de la salle, entre un grand piano vide sur sa droite et le guitariste suédois de l’autre côté. Dans ses mains, des instruments particuliers tels qu’une kalimba ainsi qu’une boîte à musique l’accompagneront le temps d’un morceau de musique… Vêtue d’une simple robe rouge, elle salue son public d’une voix timide et se révèle rapidement adorable. Elle arrive sans peine à se faire aimer de son public et développe tout de suite avec lui un rapport de proximité. Elle y rajoute du charme, de l’humour et obtient ainsi un équilibre parfait. Il y a déjà une saveur intimiste à ce récital qui vient à peine de débuter…

Durant près de 90 minutes, You Sun Nah démontre un registre d’une diversité assez extraordinaire. Elle explore différents styles et genres et offre une expérience musicale à nulle autre pareille. Débutant avec sa propre interprétation de la formidable chanson « My Favorite Things » tirée du film LA MELODIE DU BONHEUR, on est tout de suite conquis par l’étonnante expression artistique de la jeune femme. A chaque nouveau morceau de musique, elle y est excellente. Que ce soit à travers ses propres interprétation d’œuvres brésiliennes écrites par Sergio Mendes, d’une variation de « Enter Sandman » du groupe Metalllica ou encore la chanson française avec une émotion de tous les instants sur « Avec Le Temps » de Léo Ferré. De quoi vous mettre les larmes aux yeux.



Youn Sun Nah nous gratifie aussi d’un titre traditonnel coréen « Kangwondo Arirang » pour le public de son pays d’origine présent dans la salle (« Ils sont partout! » dit-elle) et on savoure aussi une variation énergique de « Breakfast In Baghdad » accompagné à la guitare par l’incroyable Ulf Wakenius. Non seulement la chanteuse y est magnifique dans la chant, à la fois puissante et d’une délicatesse qui semble infinie, elle démontre également ses possibilités vocales d’une versatilité impressionnante, notamment lors d’exceptionnelles onomatopées qui laissent pantois d‘admiration.



Sensationnelle et audacieuse, l’artiste délivre un monument à chacune de ses nouvelles interprétations qui donnent aussi un large éventail de ses goûts musicaux. Le fait d’assister en direct à tout ses fabuleux morceaux de musique rend ce concert encore plus unique. Il s’agit très certainement de la plus grande découverte musicale que j’ai faite depuis ces dix dernières années. C’est subjuguant. La chanson devient ici plus qu’un plaisir d’écoute, Youn Sun Nah l’élève ici au rang d’œuvre d’art. C’est ainsi qu’au terme du concert, on ne peut qu’être admiratif devant les talents d’exceptions de l’artiste. Et sa gentillesse et sa simplicité transforme ce concert à Genève comme l’un des plus formidables qu’il m’ait été donné de voir. Une merveille! Enchanté également d’avoir pu repartir comme dans un rêve, avec des disques dédicacés que je ne me lassent pas d’écouter encore et encore…

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