jeudi 21 avril 2011

Concert : DUSTIN WONG (USA)

J'arrive un peu à la dernière minute et là c'est la surprise... Personne. Il est pourtant 21h15 et le concert de ce soir est censé commencer dans à peine un quart d'heure. Les employés du Bourg à Lausanne s'affairent entre les tables, allument des petites bougies... Dustin Wong, un jeune asiatique en provenance d'Hawaï est déjà là. C'est son soir. Timide, ne voulant déranger personne, il s'affaire sur la scène épurée en réglant les derniers accords de sa guitare électrique. Au milieu d'un décor vide, juste une chaise pour l'artiste et par terre en demi-cercle une série d'énigmatiques pédales. C'est tout. Le minimalisme de la scène va donc de pair avec une foule éparse qui aura bien de la peine à remplir une salle déjà pas bien grande. Si le public n'est pas plus présent pour la soirée du 21 avril, ce n'est pas bien grave car le show est dégraissé de tout superflu.


Assis sur sa chaise, un peu renfermé sur lui-même et bien concentré sur sa guitare, il commence à jouer ce qui sera une suite d'accords qui constituera le corps d'une oeuvre unique qui durera pas loin d'une bonne heure. Ne s'arrêtant jamais, quittant temporairement les cordes de son instrument pour se plier vers ses étranges pédales qui lui servent à enregistrer les sons qu'il prodigue sur scène comme autant de boucles qui s'acheminent vers son propre monde musical. Etonnant. Les couches sonores se succèdent en partant d'une simple mélodie de départ pour successivement aligner diverses distorsions qui composent une véritable symphonie électro-acoustique, entre l'extase de l'harmonie et les échos d'un étrange avant-gardisme. "Infinite Love" est unique car chaque concert transforme son oeuvre en un parcours polymorphe subjuguant. Même ouverture et sans doute même conclusion mais par des chemins différents. La musique est surprenante, transformant le concert en expérience très particulière.


De voir Dustin Wong assis sur une chaise au milieu de la scène, concentré sur son instrument et dansant de ses pieds et de ses bras entre les diverses pièces d'un puzzle musical surprenant est un véritable spectacle en soi. Et quand, pour son acte final, il se trouve comme pris de convulsions frénétiques, sans doute à force de maîtrise intense de sa guitare; le voilà se projeter de toute sa longueur face à son micro; montant en apothéose et se libérant d'accords éphémères pour aboutir à toute l'électricité musical de son spectacle, sortant quelques vocalises libératrices où confinent l'étrange hystérie poétique d'une musique qui ne semble avoir aucun équivalent. D'un coup, ça s'arrête. Le choc. Applaudissements. Les mains jointes, Dustin salue le public. Laisse sa guitare traîner par terre. L'artiste suggère tout de suite qu'on aille boire des bières dans un phrasé mélangeant gêne et satisfaction. Quel concert, je reste sur le cul. Sans voix. Wow!

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