jeudi 3 mars 2011

LE DECLIC

LE DECLIC de Jean-Louis Richard (1985)

Après avoir été mêlé à une sale affaire, le docteur Fez prépare sa vengeance contre celui qui l’a trahi. Cet ancien médecin décide d’utiliser un appareil dont les ondes ont le pouvoir de transformer la belle et frigide Claudia, mariée à l’homme le plus riche de Louisiane, en créature lubrique aux pulsions incontrôlables...

L’adaptation du classique de la bande dessinée érotique de Milo Manara, LE DECLIC, n’est vraiment pas une bonne transposition cinématographique. Si les grands moments de la BD sont bien présents, le long-métrage de Jean-Louis Richard n’arrive jamais à rendre son sujet électrique… Pire encore, il transforme une intrigue excitante en un téléfilm paresseux et d’une fadeur assez exceptionnelle, malgré la présence toujours très charnelle de Florence Guérin. C’est d’ailleurs grâce à cette charmante comédienne que LE DECLIC ne perd pas son minimum d’intérêt. Et pourtant, au-delà de quelques séquences dénudées, la belle demoiselle se révèle plutôt assez mauvaise car elle n’arrive jamais à faire ressentir le désarroi et même l’audace des pulsions sexuelles incontrôlables de cette bourgeoise coincée. Toutefois, on appréciera de voir l’actrice dans d’amusantes petites vignettes un brin coquines et de l’entendre proclamer quelques phrases chocs comme « Viens me lécher, j’ai la chatte en feu! » ou le très fin « Salé pédé! T’as rien dans ton froc! ». LE DECLIC ne vaut que pour elle, malgré son odieuse garde-robe qu’heureusement elle ne garde jamais très longtemps.

Le reste est d’un ennui mortel, les personnages sont transparents et ne semblent pas être vraiment concernés par ce qui se déroule autour d’eux. Même le décor pourtant envoûtant de la Nouvelle Orléans est filmé sans aucune inspiration. Les dialogues sont souvent ridicules et les situations n’ont rien de subversives et ne rendent aucunement justice au matériau d’origine. Si à la base il s’agit d’un récit érotique sur une femme frigide, LE DECLIC n’en est qu’une adaptation encore plus timorée. Sans idées ni aucune audace, d'une confondante banalité et même pas drôle. Cela en est même consternant de voir que le délice visuel que représente Florence Guérin soit aussi peu mis en avant, si ce n’est au détour d’une séquence dans les bayous où l’on retrouve un petit peu de ce qui faisait le sel des coquineries dessinées par Manara. Mieux vaut donc s’en tenir à l’œuvre à lire d'une main et oublier très vite ce film à l'intérêt plutôt limité!

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