mercredi 16 mars 2011

Concert : TAPE (SUEDE)

Il fait déjà sombre.. Bientôt 21h30. Dans l’obscurité, une pluie très fine tombe sur ma tête. Je m’enfonce dans l’obscurité pour aller écouter de la musique car ce soir, il y a un concert au Bourg à Lausanne. Je grimpe la série d’escaliers noirs à travers le couloir tout peint en rouge qui mène à la salle. La découverte de cette nuit : ça s’appelle TAPE et c’est trois grands gaillards qui viennent de Suède. Dans le café-théâtre qui sert d’antre musical, l’ambiance est calme, répartie entre plusieurs tables rondes où s’agglutinent quelques curieux - nous ne sommes qu’une maigre vingtaine de gens - venus faire honneur de leur présence dans ce bel endroit aux superbes tapisseries dont on tombe immanquablement sous le charme… Une caissière rétro à la frange droite bien coupée avant de pénétrer à l‘intérieur, au Bourg tout est question d’atmosphère…

Tout va bien, avec TAPE l’acoustique minimaliste et électronique plonge le public dans une forme de cocon musical dont la matière semble issue des rêves. Parfait pour une soirée morose en manque d’imaginaire. Trois musiciens sur scène : un barbu debout et bien raide dans sa chemise à carreau est devant son Imac, un autre dont le visage n'est guère plus imberbe se cache derrière son ensemble de pianos synthétiques et plus au fond un autre suédois à petite barbe s’affaire tranquillement derrière sa batterie de percussions. Classique. Au milieu de tous ses instruments qui remplissent aisément le décor, le guitariste; dont le crâne rasé luit sous les projecteurs; est assis sur sa chaise et regarde son instrument... C’est tout. Pas de présentation, pas d’échanges avec l’audience… C’est avec un semblant de timidité que le groupe débute… Pas de mouvement, le show est simple tout réside dans le ressenti car le spectacle n’est visuellement guère attrayant. On fermer les yeux durant tout le concert, on n’aurait sans doute pas raté grand-chose. Par contre, la musique… Le décor sonore s’affiche presque instantanément : dans la pénombre, on croit apercevoir une épaisse forêt où grouille tant de choses ou alors une petite grotte humide, images d’un autre temps, d’une autre époque. Peut-être même d’un autre monde. Les accords sont lyriques et luminescents d’où ressortent un sentiment de voyage musical qui pourrait parfois rappeler le groupe AIR de ses débuts mais l’ensemble étant plus mélancolique que joyeusement pop… Les morceaux de musiques ne sont pas nombreux mais surtout assez longs, prenant le temps d’instaurer comme une transe qui semblent s’emparer de l’esprit de ceux qui les écoutent. C’est beau, envoûtant, de petites arches mélodieuses qui montent et vous enlacent vers d’autres cieux. J’ai l’impression de dormir, de rêver, de n’être pas là. C’est un beau voyage musical.

Il est passé 22h30, cela fait quelques minutes que le concert a débuté et puis non, c’est déjà une heure que l’on est rentré dans le monde de TAPE. Pas forcément très originaux, ces œuvres composées par le trio scandinaves ont au moins le don de faire découvrir une sorte de ville imaginaire sans doute perdue dans une vallée que l’on a jamais vu. Un peu comme la pochette de leur dernier disque intitulé « Revelationes » dont le groupe font actuellement la promotion à travers une mini-tournée… A peine 15 francs suisses pour découvrir un petit coup de cœur et repartir tard le soir dans le noir avec leur précieux album dans ma poche. TAPE, c’est bien. Merci, les suédois…

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