dimanche 13 février 2011

LE MUSEE DU SILENCE

LE MUSEE DU SILENCE de Yoko Ogawa

Un jeune muséographe vient d'entrer en fonction dans un manoir aux confins du monde. Sous la direction d'une vieille femme plutôt étrange, il devra recenser, agencer, mettre en scène une véritable collection d'objets, de reliques du quotidien, de vestiges d'une intimité disparue et pourtant soutirée depuis des années aux défunts du village voisin. Car ces objets ont un seul point commun : ils furent tous volés quelques heures après la mort de leur propriétaire... Empreintes du temps qui passe, variations autour de la mémoire, accumulations, obsessions : la mission de cet homme est complexe car le musée du Silence devra être à la hauteur des souvenirs de la vieille dame.

Je connais assez mal la littérature japonaise mais cette lecture me tentait bien car j'ai été simplement attiré par sa belle couverture. Eh bien, quelle découverte! Tout d'abord, il n'est pas besoin d'être féru de culture asiatique pour apprécier ce roman car son intrigue pourrait se dérouler dans n'importe quel pays. Il possède un côté "universel" car chaque personnage n'a pas de nom et est uniquement présenté sous des appellations comme "la vieille dame", "la jeune fille", "la femme de ménage", "le jardinier", etc...

L'histoire possède une dimension quasiment fantastique et le style d'écriture est fluide et très précis, avec beaucoup de descriptions sur le travail de mise en place du Musée du Silence. Il se dégage un sentiment d'étrangeté, voire même de malaise, durant toute la lecture... Comme une sorte de poésie du bizarre. C'est très beau et troublant à lire, avec un sens du lyrisme peu commun. On flotte en permanence à travers les diverses saisons d'un petit village perdu on ne sait où... Dans sa dernière partie, on flirte un petit peu avec une sorte de récit policier où des enquêteurs bien acharnés sont à la recherche d'un tueur qui découpe les tétons des seins de ses victimes. Une contribution à suspense mineur mais qui continue à faire baigner son histoire dans un décor qui reflète le temps qui passe aux senteurs de la mort. On pourrait trouver cela mordible, LE MUSEE DU SILENCE est surtout une oeuvre d'une très belle sensibilité comme on en lit rarement. Hautement recommandable!

2 commentaires:

  1. Grand fan de littérature asiatique. C'est souvent très particulier et envoûtant. Avec Natsuo Kirino et Haruki Murakami, Yoko Ogawa fait partie de mes auteurs favoris.

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Au revoir...

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