lundi 24 janvier 2011

THE ECSTASY GIRLS

THE ECSTASY GIRLS de Gary Graver (1979)

A la veille de la mort d'Edgar Church, milliardaire très puritain, son frère décide de lui révéler à quel point ses quatre jeunes nièces, censées hériter de sa fortune, ont les moeurs légères. Il loue les services d'un acteur au chômage, Jerry Stoner, qui devra en rapporter la preuve filmée, épaulé par deux comparses techniciens.



La grande force de ce long-métrage réside surtout dans son scénario satirique plutôt bien construit où l'on suit une véritable progression dramatique en compagnie de sympathiques personnages issus du monde du 7ème Art. Notre héros, personnifié ici par l'excellent Jamie Gillis est en fait un acteur de cinéma momentanément sans job. Ses comparses, John Leslie et Paul Thomas, interprètent ici les rôles de producteur et réalisateur également sans travail, deux as du métier qui - pour les plus connaisseurs - présentent une forme de miroir de leur propre réalité. En plus de ces choix judicieux dans la distribution masculine, on y retrouve les plus grandes figures féminines du X américain de l'époque comme la délicieuse Serena et surtout Georgina Spelvin (6 ans après la révélation que fut L'ENFER POUR MISS JONES) ou encore la mignonne Desiree Cousteau (INSIDE DESIREE COUSTEAU).

Le film regorge de moments sexuellement explicites pratiquement toujours présentés selon un schéma identique. L'acte en lui-même se révèle presque banal où l'imagerie des préliminaires, de la pénétration jusqu'à l'éjaculation (à chaque fois sur le ventre de la jeune femme) se répète à chaque nouvelle séquence. Rien de bien nouveau, si ce n'est les mises en situations qui se montrent souvent plutôt originales et drôles. On retiendra surtout la participation de Laurien Dominique qui interprète ici une jeune sportive infatigable qui va épuiser nos séducteurs à grands renforts de séances de tennis, natation, course à pied ou encore de tir à l'arc avant de se faire prendre comme il faut sur les marches d'un escalier ou encore entre les mailles d'un filet de hamac! Une pièce envahi par des objets d'art africains sert de décor pour la chaude relation entre Gillis et Spelvin où le jeune barbu redore la libido d'une femme frustrée depuis bien trop longtemps. Les séquences X sont plutôt courtes et très bien cadrées, évitant de s'attarder trop longuement sur des détails anatomiques, privilégiant quelques plaisantes positions acrobatiques (notamment avec Desiree Cousteau) ou encore de savourer une jouissance très amusante où l'une des filles prend son pied en regardant une photo de l'acteur principal, torse nu et portant une carabine dans ses mains avant que ce dernier n'éjacule sur le combiné téléphonique avant de prendre son appel !

Le grand moment de THE ECSTASY GIRLS est surtout la participation de Serena, Mme Jamie Gillis à la ville. A eux deux, ils livrent des performances de toute beauté. La comédienne interprète les jumelles Diane et Nancy, diamétralement opposées sur le plan sexuel. Par ce biais, on obtiendra les deux meilleures séquences du long-métrage. Tout d'abord une séquence SM où l'actrice soumet son partenaire à ses désirs en l'enfermant dans une cage; tandis que l'autre soeur, nettement plus fleur bleue, s'offrira à son homme lors d'un pique-nique sous une pluie rafraîchissante. Bucolique. En plus de ces ravissements pornographiques, le film de Gary Graver se moque du puritanisme ambiant à travers son histoire d'héritage détourné et offre quelques délicieux moments de comédie qui se révèlent souvent très amusant à suivre...

Malheureusement, l'édition DVD (zone 2) de Wild Side présente une copie de l'oeuvre passablement charcutée. L'image y est certes magnifiquement restaurée mais il y manque tout de même 18 minutes de film par rapport à la version intégrale! Une mauvaise surprise qui est surtout incompréhensible - l'éditeur ne s'en explique pas! - qui est tout à fait perceptible lorsqu'on visionne le film, même en ne sachant pas où se trouvent les coupes. Du coup, le montage s'avère souvent abrupte, elliptique, et quelques scènes et dialogues perdent de leur sens... C'est particulièrement significatif lors de la séquence sado-masochiste qui nous prive de l'inversion des rôles entre les partenaires où Gillis humilie Serena en l'attachant à un engin de torture et s'amuse avec une bougie qu'il lui enfile dans le vagin. Mais même privé de ce minutage tout de même considérable, THE ECSTASY GIRLS est un petit classique du genre avec de chouettes scènes sexuelles conjointes à un scénario plus élaboré que la moyenne - sans oublier cet humour qui est souvent irrésistible. Un bon moment de cinéma X.

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