jeudi 20 janvier 2011

AU-DELA

AU-DELA (Hereafter) de Clint Eastwood (2010)

C'est l'histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu'elle soulève. George est un Américain d'origine modeste, affecté d'un "don" de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, est confrontée à une expérience de mort imminente, et en a été durablement bouleversée. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd l'être qui lui était le plus cher et le plus indispensable, il se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir, la même quête. Leurs destinées vont finir par se croiser pour tenter de répondre au mystère de l'Au-delà.

Clint Eastwood se fait vieux, voilà que la mort le taraude!

Le sujet est intéressant. La mort depuis le point de vue de 3 personnages différents. Quelqu'un qui fait l'expérience de la mort au détour d'une catastrophe naturelle, quelqu'un qui verra la mort à travers le décès tragique d'un membre de sa famille et quelqu'un qui ressentira la mort à travers un don qu'il considère comme une malédiction... Et tout ceci à travers trois contrées différentes : les Etats-Unis, l'Angleterre et la France... Un exercice difficile qui rappelle un petit peu ce que fait le cinéaste Alejandro González Iñárritu avec un film comme BABEL même si l'approche est tout de même bien différente. Le recoupement entre les personnages est alors bien entendu inévitable, ce qui lui confère une sensation de film "choral" avec un sujet universel qui touchera le plus grand nombre.

Eastwood aime le drame et joue toujours sur la brèche du mélo larmoyant... mais ne franchit pas la ligne et reste toujours bien en retrait, juste comme il faut. Son oeuvre est remplit de sensibilité, avec une belle mise en scène et des personnages qu'il essaie avec peine de rendre touchants. Mais ce n'est pas pour autant que son film se révèle émouvant, mis à part au détour de quelques jolies séquences. En fait, le côté émotionnel se fait même plutôt rare, peut-être est-ce dû au fait que j'ai eu bien du mal à ressentir le désarroi de ces personnages, en particulier en ce qui concerne le rôle de Cécile De France ou encore le jeune gamin à Londres. Je trouve d'ailleurs que celui-ci n'est vraiment pas un très bon comédien, ce qui me fait encore plus être en retrait au niveau de l'émotion. Quand à Matt Damon, c'est tout de même celui qui s'en sort le mieux, malgré quelques réserves quand à ses "séances de l'au-delà" qui me font davantage sourire que de me bouleverser.

Par contre, la relation que le médium entretient avec une jeune femme rencontré dans un cours de cuisine se révèle être parmi les meilleurs moments du long-métrage. Bryce Dallas Howard confère une aura à son personnage qui l'élève bien au-dessus des autres. Sans oublier qu'elle possède également une superbe coupe de cheveux (un simple détail mais qui m'a beaucoup plu!). Un second rôle bien marquant.

Mis à part cela, le célèbre acteur/réalisateur se frotte aux effets spéciaux complexes avec une reconstitution d'un célèbre tsunami de sinistre mémoire. Une séquence bien spectaculaire et angoissante qui sert d'excellent préambule à l'AU-DELA et reste un des moments les plus marquants de son dernier long-métrage. Eastwood parle de la mort à travers la vie, un beau sujet mais qui débouche sur un résultat qui ne convainc pas vraiment et qui est un brin ennuyeux. La faute sans doute à un scénario qui garde de nombreuses zones d'ombres, peinant ainsi à justifier certains actes de ses personnages, notamment celui incarné par Cécile De France. Ce rôle est aussi certainement le plus cliché, celui qui se met bien en rapport avec la mort comme certainement beaucoup de gens la conçoive : en écrivant un livre qui relate son "expérience" avec l'autre monde. Le film d'Eastwood pose de nombreuses questions et ne délivre pas assez de réponses. Même son approche poétique, aidé par une petite musique douce à la guitare, ne suffit pas à me faire fondre en larmes. Son nouveau film n'aura suscité qu'une maigre implication en tant que spectateur tout en reconnaissant le style toujours très appliqué de son auteur même s'il m'a davantage laissé de glace que passionné de bout en bout!

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