jeudi 28 octobre 2010

Soundtrack of My Life


Parmi les bandes originales des productions d'animation Disney, j'ai une affection particulière pour celle des ARISTOCHATS et ses chansons jazzy qui swinguent un max! Notamment la fabuleuse chanson "Everybody Wants To Be Cat" chanté par l'ensemble des chats, emmené par la voix de Scatman Crothers dans la version originale. A l'époque, le doublage français était de très bonne qualité et offrait aussi des variations françaises qui étaient très réussies. Et pour cette oeuvre-là, le plaisir est aussi immense en V.O. qu'en V.F.! Et pour doubler le plaisir d'écoute, je met ici les deux versions... bien incapable de dire laquelle je préfère le plus. J'adore tout simplement cette chanson pleine d'énergie qui donne une pêche d'enfer à chaque fois qu'on entend cette mélodie irrésistible! Enjoy!




Tout le monde veut devenir un cat
Parce qu'un chat, quand il est cat
Retombe sur ses pattes
C'est vrai !

Tout le monde est piqué de ce pas si bien rythmé
Tout semble auprès de lui très démodé
C'est comme les bottines à boutons !

Une cloche, quoi qu'il joue
Sa trompette vous rend fou !
Ça swingue comme un pied !

Mais oui, c'est pire que l'ennui
Oh, là, là ! Mes amis !
Quelle calamité !
Za, za, za, za ! Ollé !

C'est comme parmi ces gars qui veulent chanter !
Ben, c'est un cat
Le seul qui sache... s'acharne à swinguer !
Qui donc danserait encore la gigue avec des nattes ?
Quand tout le monde veut devenir un cat

Une cloche, quoiqu'il joue
Bientôt, ça vous rend fou !
Ça swingue comme un pied !
Oh ! rinky ! tinky ! tinky !
Oui, c'est pire que l'ennui
Oh là là ! Mes amis !
Quelle calamité !
Oh ! rinky ! tinky ! tinky !
Oui !

Tout le monde veut devenir un cat
Parce qu'un chat
Quand il est cat
Retombe sur ses pattes
À jouer du jazz, on devient vite un acrobate
Oui, tout le monde qu'est dingue du swing est cat

J'aimerais plus de passion
Plus de coeur et d'abandon
Habillez de couleurs cette chanson !

Il n'y a qu'à jouer en d'autres clefs !
Moduler, oh ! oui, ça m'plaît !
Car j'adore faire certaines p'tites variations !

Les autres chats vont s'assembler
Dans la ruelle mal éclairée
La grande nuit va commencer !
Nous les laisserons alors s'aimer !

Tout le monde...
Tout le monde...
Tout le monde veut devenir un cat

Alléluia !
Alléluia ! Alléluia !
Tout le monde veut devenir un cat

J'le dis bien haut !
Tout le monde !
Tout le monde !
Du pirate au bel "Aristocat"
Yeah !

Alléluia ! Alléluia !
Tout le monde veut devenir un cat

Mmmmm !
Tout le monde !
Tout le monde !
Un par un, par trois ou même par quatre !

Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !
Tout le monde veut devenir un cat





Everybody wants to be a cat
Because a cat's the only cat
Who knows where it's at

Tell me!

Everybody's pickin' up on that feline beat
'Cause everything else is obsolete

Strictly high-button shoes.

A square with a horn
Makes you wish you weren't born

Everytime he plays.

But with a square in the act
You can set music back

To the caveman days

I've heard some corny birds who tried to sing

Still the cat's the only cat
Who knows how to swing

Who wants to dig a long-haired gig
And stuff like that

When everybody wants to be a cat
A square with a horn
Makes you wish you weren't born
Every time he plays

Oh, a-rinky-tinky-dinky

With a square in the act
You can set music back
To the caveman days

Oh, a-rinky-dinky-tinky

Yes,
Everybody wants to be a cat
Because a cat's the only cat
Who knows where it's at
When playin' jazz he always has
A welcome mat
'Cause everybody digs a swingin' cat

Oh boy, fellas! Let's rock the joint!

Ha-ha! Groove it, cat!

Shanghai, Hong Kong, Egg Foo Young
Fortune cookie always wrong
That's a hot one!

How 'bout you and me, Duchess?

Yes. Let's swing it, Thomas.

Groovy, mama, groovy!

Blow it, small fry. Blow it.

Boy, he blew it

But he was a-close.

Beautiful

If you want to turn me on
Play your horn, don't spare the tone
And blow a little soul into the tune

Let's take to another key

Modulate and wait for me
I'll take a few ad-libs and pretty soon
The other cats will all commence
Congregatin' on the fence
Beneath the alley's only light

Where every note is out of sight

Everybody, everybody,
Everybody wants to be a cat!

Hallelujah!

Everybody, Everybody,
Everybody wants to be a cat!
I'm tellin' you!
Everybody, Everybody,
Everybody wants to be a cat!
Yeah!
Everybody, Everybody,
Everybody wants to be a cat! Mmm!
Everybody, Everybody,
Everybody wants to be a cat!
Hallelujah!
Everybody, Everybody,
Everybody wants to be a cat!

lundi 25 octobre 2010

LUFF 2010 / Day 5


Dimanche morose. Dehors, il pleut des cordes, il fait froid et le vent secoue les feuilles colorées des arbres. Ce n’est pas vraiment la météo idéale pour mettre le nez dehors ou encore sortir le chien (considérez plutôt l’empaillement!)… Bien que la clôture du LUFF a été effectuée hier au soir, ce n’est pas pour autant que le Festival soit déjà fini. Oh non, il reste encore tout plein de choses à voir, à subir, à écouter malgré le temps de chiottes qu’il fait à l’extérieur. En prenant son courage à deux mains et se munissant d’un parapluie cassé, je m’en vais sous les trombes d’eau dans la ville quasi déserte. Les rares piétons qui parsèment les rues n’ayant pas le profil type du spectateur qui a envie de s’envoyer un bon programme underground. Arrivant à la salle de concert Le Romandie, j’ai l’impression d’être le premier LUFFien à investir les lieux. La place est déserte, devant la scène les chaises blanches en plastique se sentent bien seule face à l’écran de cinéma improvisé. En tout et pour tout, seulement une dizaine de téméraires assisteront au « Destroy All Monster One », première partie d’une case dédié aux films en relation étroite avec la musique…

Le programme du jour est divisé en deux parties : tout d’abord GROW LIVE MONSTERS datant ses créations entre 1971-1976 et un autre court métrage plus récent intitulé SHAKE A LIZARD TAIL OR RUST BELT TRUMP qui a été réalisé en 1996. En tout, c’est un immense collage d’une durée de 90 minutes qui montrent toute la tendresse du groupe Destroy All Monsters (plus communément appelé DAM) pour le cinéma de monstres, les effets spéciaux à base de latex et les scénarios farfelus. Il en découle une sorte de compilation visuelle façonnée d’une manière cheap en 8mm, Super8 et 16mm qui est fusionnée avec leur musique radicale, sorte de spirale infernale bruitiste pas loin d’être insupportable pour les oreilles les plus délicates. Des séquences absurdes, burlesques et grotesques assaillent les spectateurs comme un gigantesque déluge psychédélique décadent, rendant ainsi hommage au style si particulier de l’imagerie du cinéma d’horreur et d’exploitation. Une immersion totale, une expérience audiovisuelle qui peut être finalement assez lassante à suivre, ne variant pas énormément sur la longueur mais permettant dans sa dernière partie de découvrir une performance live du groupe au Japon mixé avec des publicités bon marché. C’était plaisant à découvrir… Mais pour un effet encore plus tripant, il serait sans doute judicieux de proposer de prendre quelques psychotropes juste avant de s’immerger dans leur univers.


A 18h00, il est temps de quitter la salle du Romandie pour reprendre la route toute mouillée qui mène jusqu’au cinéma Oblò à l’Avenue de France 9. Une petite balade pour se dégourdir les jambes avant d’aller assister à la dernière projection de la rétrospective consacrée à Jean-Louis Van Belle. Même si le lieu ressemble quelque peu à une cave de squat réaménagé avec de vieux sièges de salles obscures, l’endroit est sympathique et il fait bon d’être là. Le public de fidèles est présent, on reconnaît des tronches de « déjà vu », mixage alternatif entre vieux cinéphiles et jeunes curieux, tant hommes que femmes, comme cette belle apparition d’une charmante brunette à lunettes venue déguster un bon petit thé pour se réchauffer juste avant le début de la séance.

La salle est bien silencieuse, car le réalisateur n’est plus des nôtres aujourd’hui, étant sur le départ et contraint de se plier aux horaires des train pour la France. C’est donc sans le Maître que l’on va assister à la diffusion de PERVERTISSIMA. Un journal d’investigation procède à une méthode d’embauche peu orthodoxe : les candidates doivent se présenter nues à ses patrons, un cinquantenaire et son neveu, tous deux dragueurs invétérés et obsédés. C’est la fraîche et charmante (et vierge!?) Françoise qui décroche le poste et qui se voit confier une enquête sur le thème de « L’Amour à Paris ». Françoise accepte avec le sourire et n’hésite pas à donner de sa personne, au sens le plus littéral du terme, pour les besoins de son article…

Tout comme son PERVERSE ET DOCILE avec lequel il partage de nombreux points communs, PERVERTISSIMA est une comédie loufoque et polissonne. A l’aide de son héroïne, il nous fait pénétrer dans différents lieux particuliers : un club de partouzards masqués ou encore sur la scène d’un cabaret; un bout de trottoir emprunté à une tapineuse allant de la rue 49 à 69... Françoise se dévoue à sa cause journalistique et côtoie bon nombre de personnages farfelus, comme ce leader de secte halluciné incarné par le cinéaste lui-même. Ce dernier utilise toujours certains de ses acteurs vus dans ses autres films, comme le fameux « vampire de Paris » ou encore le médecin du SADIQUE AUX DENTS ROUGES. Si la première partie du long-métrage se présente comme une suite de scénettes érotiques légères, la dernière mission de Françoise est plus délicate : l’infiltration d’une clinique aux activités douteuses. A cet instant, PERVERTISSIMA essaie de développer un semblant de suspense avec ce docteur fou qui cherchent à créer des êtres parfaits qui lui permettront de devenir le Maître du Monde! Mais ce virement de situation dramatique est plutôt longuet et répétitif, d’autant plus que Van Belle n’y injecte pas suffisamment d’humour au-delà d’un final constitué d’une ridicule séquence de combat entre un journaliste et le dément armé d’une seringue. De toute la sélection consacré à JVB, ce dernier film au demeurant plutôt sympa et agréable à suivre, restera tout de même le moins bon du lot.


En quittant la petite salle du cinéma Oblò avec Raymond, nous nous dirigeons tranquillement vers la Cinémathèque pour assister au dernier long-métrage présenté dans le cadre de la neuvième édition du LUFF. Quelle belle manière de terminer un festival avec un film de cul. Et ce soir, il s’agit d’une belle curiosité, un porno soft avec Alice Arno dont le titre est LA PIPE AU BOIS. C’est aussi le dernier moment pour écouter encore une fois le passionnant Christophe Bier qui fait tordre l’adage des pornophobes « quand on a vu un porno, on les a tous vus ». Ce qui est complètement faux car je crois que l’on peut dire qu’avec la sélection des 4 films X proposés dans cette carte blanche montre bien la richesse et la diversité d’un genre dont on a encore beaucoup à découvrir. Mais avant le long-métrage, c’est toujours avec plaisir que l’on déguste à nouveau les quelques bandes annonces introduites par Frédéric Lansac et qui figuraient déjà avant la diffusion de MES NUITS AVEC… ALICE, PENELOPE, ARNOLD, MAUD ET RICHARD.


Au moyen-âge, Margot et Yolande vivent recluses dans la forêt. Ses deux sœurs s’adonnent à la magie noire et dépouillent les voyageurs qu’elles épuisent sexuellement avant de les tuer. Jadis violée par un châtelain pervers, Margot attend l’heure de la vengeance. L’arrivée d’un jeune homme égaré va bouleverser leur vie… Un porno en costumes, voilà qui est plutôt rare dans la production de ce genre de films en France. Ce qui rend d’autant plus intéressant LA PIPE AU BOIS c’est qu’il s’agit d’un long-métrage où les inserts explicites ont été rajoutés après coup, ce qui crée un décalage assez étonnant avec les séquences sexuelles assez softs effectuées par les comédiens du film. Ainsi, on assiste à quelques parties de baise où les parties génitales cadrées à l’écran sont issues de doublures. Ceci est particulièrement évident car le travail de montage étant complètement catastrophique avec ces brefs changements de colorimétrie qui sautent aux yeux. Mis à part cela, le scénario mixe violence et sorcellerie en plus de son ambiance érotique assez bucolique où l’on viole et tue en milieu forestier. Il y aussi cette superbe séquence où une jeune adolescente nue est affublée d’une muselière alors qu’elle pratique - en étant doublée, bien entendu - une fellation sur un vieux monsieur. Des éléments qui feront bondir la Commission de censure de l’époque qui recommandait l’interdiction totale de diffusion du film. Mais ces petits instants « d’abaissement de la personne humaine » se révèlent finalement guère offensifs et dénotent plutôt un parti pris original loin des standards du X traditionnel. Bien que beaucoup trop long, LA PIPE AU BOIS réserve donc quelques spécialités « outrageantes et dégradantes » à ses spectateurs, offre un beau rôle à Alice Arno et se termine sur un final bien sadique malheureusement gâché par un montage hasardeux. Ainsi se termine la carte blanche sur la pornographie française, un cinéma définitivement à (re)découvrir.


A la Cinémathèque, l’équipe du LUFF a déjà bien débarrassé les lieux. Il ne reste plus beaucoup de traces du Festival. Les affiches ont déjà disparues et tout semble redevenir « normal » dans ce Temple du cinéma. Dehors, il fait froid, déjà nuit et le vent secoue toujours avec vivacité les feuilles colorées des arbres. Les spectateurs se dispersent et nous font prendre connaissance que le mot « Fin » à l’écran est également celui de cette manifestation qui a duré cinq jours bien chargés en découvertes de toutes sortes. Bien qu’il y ait encore un reste de soirée riche d’un concert au café-théâtre Le Bourg, la fatigue semble l’emporter sur tout et c’est ainsi que je prends discrètement congé auprès des dernières personnes présentes; que je me décide de continuer mon chemin sur le retour dans le noir glacial et profond pour y retrouver la douceur d’une couette chaude bien méritée. Le LUFF 2010, c’était super! Bonne nuit, et à l’année prochaine.

Petit bonus, qu'est-ce que trouve Christophe Bier dans un carton de l'Armée du Salut? De bien belles images! Enjoy!

dimanche 24 octobre 2010

LUFF 2010 / Day 4


Vu que maintenant le weekend est entamé, il n’y a plus de raison pour ne pas débuter plus tôt les diffusions des films du LUFF 9ème édition. En même si l’on a passé une soirée tardive à écouter les étranges concerts du festival jusqu’aux premières lueurs de l’aube, il n’est pas rare de voir beaucoup, mais vraiment beaucoup de monde dès la première séance du jour… débutant à 14h30. On aura même droit à des remerciements de la part du « staff » bénévole pour avoir osé se lever si tôt. Car il en faut du courage pour avoir envie de se farcir ce qui reste certainement le film le plus underground de cette année.

Avant cela, c’est toujours très agréable d’avoir un peu de temps pour soi… Spécialement quand on s’impose une stricte discipline en faisant tous les jours une « petite » chronique de sa journée précédente, en détaillant le plus possible les événements petits comme importants et même insignifiants de tout ce qui fait d’une belle journée/soirée/nuit d’un cinéphile un événement que l’on se plaît à figer dans ses instants les plus appréciables. Cela prend forcément un temps fou et remplit d’autant plus mes jours… Mais il faut aussi parfois savoir s’arrêter et essayer de savourer les choses plus simples, comme se nourrir correctement. Ce qui n’a pas été vraiment le cas cette semaine car, oui, il est effectivement assez difficile de combiner une passion dévorante avec son instinct gastronomique. Mais promis, aujourd’hui, j’ai donc pris le temps de bien manger, et surtout un repas chaud en bonne compagnie. Peut-être même un petit peu trop, ce qui me fait parfois oublier mes petites affaires personnelles... De quoi être un petit peu furax quand on ne les retrouve plus après être repassé au restaurant 2 heures plus tard. Mais bon…

Bien que le LUFF se termine dimanche soir, les festivités concernant la clôture du festival auront lieu durant la soirée avec l’habituelle remise des prix aux « meilleures » œuvres de cette édition. C’est donc encore le moment d’afficher ses pronostics et d’aller voir les films en Compétition, notamment en ce qui concerne les cinq longs-métrages en lice. La journée débute donc dans une salle archi-comble au Cinématographe avec TRASH HUMPERS de Harmony Korine. Ne faisont plus durer le suspense, nous avons maintenant devant les yeux le grand gagnant de cette sélection. Est-ce pour autant un excellent film?



Cette production ultra-indépendante montre des images de vieille VHS usagée qui dévoilent les activités inavouables d’un gang de vieillards qui passe son temps à baiser des poubelles, se saouler la gueule et commettre toute une série d’actes de destruction gratuits et imbéciles dans la ville de Nashville, Tennessee. Concept amusant au départ mais qui n’évolue jamais au-delà de son statut complètement con et surtout complètement vain. Cette curiosité amuse peut-être au début mais devient très rapidement assez barbante. Bien qu’il s’agisse d’illustrer des événements auxquels le réalisateur aurait assisté durant son adolescence ne rendent pas plus intéressantes les activités de ces « faux » vieillards qui ne sont en fait que des comédiens portant des masques de latex, un peu à la manière d’un Michael Myers.

Toutefois, le style « guerilla » de sa mise en scène est intéressant à plus d’un titre, spécialement à notre époque de l’ère du digital et des images lisses et bien nettes. Korine prend ici le contre-pied des tendances cinématographiques actuelles avec ses bandes analogiques crades et bourrées de défauts techniques. L’emballage est donc sans doute ce qui a davantage séduit les membres du jury, à commencer par son président Jörg Buttgereit. Durant la remise des prix celui-ci attestera qui s’agit-là « du seul véritable film underground de la Compétition qui, en utilisant des images VHS à la qualité dégueulasse, aura été accueilli par son public comme ce qu’il est : une grosse merde! ». Constat d’autant plus lucide et qui rentre totalement dans l’approche d’une certaine qualité de production underground. Esthétisme d’une autre époque, TRASH HUMPERS est une œuvre insolente et décalée comparable à un vide-ordure cinématographique. Une spectatrice a d’ailleurs passée une partie de la séance à se rouler des joints durant la projection. Une manière comme une autre d’essayer de passer le temps devant ce long-métrage hautement passionnant et qui aura eu le mérite de ne laisser pratiquement personne indifférent devant ce gros étron filmique.

Après 75 minutes pris au piège dans une salle de cinéma, cela fait un peu de bien de se dégourdir les jambes en courant à la recherche de sa belle écharpe… Sur le chemin du retour, carrément devant le bâtiment de la Cinémathèque, j'y croise un couple de jeunes mariés en devenir se baladant entre les arbres aux couleurs automnales alors que je reviens les bras ballants au Salon bleu car les mains vides... Mais qu’importe, j’y repartirai avec un DVD dans les mains, généreusement offert par une amie à moi, l’adorable Aline. Merci pour ce beau cadeau, une édition double DVD qui regroupe deux œuvres phares de Jean-Louis Van Belle. Et merci à l’éditeur Mondo Macabro pour exhumer de tels films qui font le bonheur des cinéphiles de bon goût. Un petit bonheur qui remonte bien le moral après une pénible projection… Mais le pire reste encore à venir. Car, à peine une demi-heure après avoir quitté les vieux baiseurs masqués, je retourne au Cinématographe pour y voir une autre œuvre qui aurait davantage sa place … heu… disons, ailleurs pour rester poli : THE DEATH OF ALICE BLUE de Park Bench.



Alice Blue, fraîchement engagée dans une maison de production publicitaire, a la naïve ambition de monter dans les hautes sphères créatives de la boîte. Peu à peu, elle découvre de sombres secrets liés à cette entreprise en même temps qu’elle intègre un groupe de résistance parallèle à l’intérieur même de son lieu de travail. Sous-titré THE BLOODSUCKING VAMPIRES OF ADVERTISING, cette palpitante aventure bureaucratique possède des relents absurdes qui rappelle parfois le BRAZIL de Terry Gilliam. Adjoint à un sous-texte vampirique pour décrire à quel point ce milieu vous suce le sang, ce premier long-métrage en forme de quête initiatique est passablement pénible à suivre… Ce long-métrage est tellement prévisible et convenu qu’on pourrait se demander ce qu’il y a d’underground dans cette production pour avoir été sélectionnée en Festival. Comédie gothico-vampirique canadienne de pacotille qu’il convient mieux de garder à distance sous peine d’un ennui mortel. On oublie très vite.



Il est temps de passer à autre chose, un bon film par exemple? Histoire de ne pas être tenté de planifier un suicide collectif suite à ces deux très mauvais films qui prouvent, année après année, qu’il est plutôt assez difficile de faire une sélection de qualité avec les films underground actuels. Heureusement, il y a toujours les géniales rétrospectives à s’enfiler. Des retours en arrières salutaires où l’on ressort avec un certain plaisir de vieilles pellicules poussièreuses, faisant ainsi ressurgir les artisans qui les ont concoctées et qui ont toujours tellement de choses à nous faire partager. Des films et des anecdotes à la pelle comme un gars tel que Jean-Louis Van Belle est à même de nous offrir… Eh oui, encore lui!

La foule s’agglutine devant la salle Paderewski et les dizaines de minutes de retard s’accumulent à mesure que JVB fait des allées et venues pour pouvoir y présenter son film. C’est avec presque de 45 minutes après l’heure prévue, que l’on peut enfin investir les lieux. Ce temps perdu serait-il dû au fameux gaillard de l’ECAL venu faire part de ses élucubrations intellectuelles au public de la rétrospective sur Jan Svankmajer? On ne saura le dire… Et finalement on s’en fiche un peu car le plus belge des cinéastes français est déjà sur la scène, complètement survolté et chauffe son audience avant la projection de ce qui doit être son film le plus connu, l’hallucinant LE SADIQUE AUX DENTS ROUGES.

Suite à un accident de voiture, Daniel, un dessinateur de bande dessinée, est persuadé d’être un vampire. D’abord soigné dans un hôpital psychiatrique, il est relâché par son docteur qui va sournoisement prendre soin de le conforter dans ses illusions afin de pouvoir étudier son comportement. Oubliez ce que vous connaissez des vampires, ici ce n’est pas un romantique en smoking ou un dangereux prédateur portant les traits d’un Christopher Lee… Le suceur de sang de Jean-Louis Van Belle est une figure fantastique tout aussi bizarre que les personnages secondaires qui gravitent autour de lui. Et le réalisateur de façonner une nouvelle étape dans son univers surréaliste où se croise des tronches pas croyables issus de ces précédents travaux comme PARIS INTERDIT. On y retrouve ainsi l‘absurde « vampire de Paris » qui va transformer notre Daniel en créature aux dents longues. Du sexe, de l’horreur et une quantité délirante de séquences aussi magnifiques qu’étranges. Car le cinéaste y injecte toujours un humour déconcertant et joue avec les codes mythiques du vampire qui trouve dans ce long-métrage son incarnation la plus anticonformiste. Et visuellement, LE SADIQUE AUX DENTS ROUGES est une réelle splendeur, aux couleurs restaurées absolument superbes. Un régal plastique pour cette expérience cinématographique complètement « autre » où l’absurdité devient totalement enivrante. Une merveille totalement délectable!!

Oh, il est déjà 20h30 et c’est l’heure de la cérémonie de clôture. L’audience du samedi soir a investit les couloirs de la Cinémathèque et il commence à devenir un peu pénible de se faufiler entre les gens pour pouvoir sortir et entrer à nouveau dans ce lieu qui n’aura sans doute jamais contenu autant de monde qu’en ce moment… Il faut dire que l’événement regroupe non seulement son public habituel mais aussi celui venu voir une œuvre plus « facile » et « populaire» car il s’agit du nouveau film de Quentin Dupieux, alias le fameux Mr. Oizo auteur de l’excellent « Flat Beat » très connu des oreilles les plus branchées. Avec le retard vertigineux cumulé dans l’horaire de cette journée, on s’en sort finalement pas trop mal au moment de la Remise des Prix 2010. L’organisation du LUFF reste tout de même assez remarquable, d’autant plus qu’il fallait gérer ici la plus grande salle de la Cinémathèque suisse qui se retrouva très rapidement remplit à ras bords... Pas de grands discours, les films récompensés le furent très rapidement avec les différents jury très efficaces des diverses sélections qui nous permirent d’apercevoir le grand blond Buttgereit ou encore la charmante Kata Trüb, co-fondatrice du café-théâtre Le Bourg qui s’est retrouvé parmi les lieux phares à investir durant ces derniers jours à l’occasion de l’édition LUFF de cette année. Pas forcément besoin de rentrer dans les détails des œuvres primées, sachant que j’ai totalement occulté les courts-métrages 2010, n’ayant pas trouvé un moment pour pouvoir les caser dans mon programme. Il reste donc le fameux film qui clôt cet événement culturel lausannois, l’étrange RUBBER.




« You’re nothing than a rubber shit! ». L’histoire d’un pneu qui se réveille au milieu du désert et se met à tuer humains et animaux par une simple volonté exécutée grâce à un don télépathique. Mais pour quelle raison? Faut-il en avoir une, nous avertit un policier sortit du coffre de sa voiture au début du long-métrage? En plus d’être une sorte de film de « serial killer », RUBBER fait aussi de l’introspection avec le 7ème Art. Avec son nouveau film, Quentin Dupieux présente un univers cocasse où, à l’écran, des spectateurs perdus dans le désert californien s’arment de jumelles pour assister aux pérégrinations meurtrières de ce gros pneu déambulant au milieu de nulle part. Concept audacieux pour un film-gadget déroutant et hilarant dans son non-sens et surtout d’une qualité technique époustouflante qui confine au délire, le réalisateur composant des plans d’une précision démentes. Chaque image ressemblant à une photographie ultra-léchée. Peut-être même un peu trop… Un défi cinématographique que son auteur a mis en scène avec un appareil photo numérique pour un résultat complètement fou. Inexplicable et à voir pour le croire, RUBBER est une expérience très particulière - et quelle musique! - qui ne ressemble à rien de connu et c’est un réel bonheur de voir une telle réussite, ô combien rafraîchissante et fait avec des bouts de ficelle. Son talentueux auteur réalisant du coup un OFNI (Objet Filmique Non Identifié) incroyablement divertissant. Et si, en plus, on peut savourer à l’écran le charme diablement vénéneux d’une actrice comme Roxane Mesquida, c’est un nouvel orgasme puissant que le7ème art dans son optique la plus surprenante vient de nous offrir. Fantastique!



Alors que la grande salle se vide tranquillement de ses spectateurs les plus occasionnels, les LUFFiens les plus accros et spécialement les plus coquins se retrouvent à nouveau dans la même salle pour ce qui est de la troisième projection d’un film pornographique et certainement le plus particulier du lot. Christophe Bier, à qui l’on a donné carte blanche pour sa sélection XXX, vient à nouveau sur le devant de la scène pour présenter son choix de la soirée et s’étendre plus ou moins longuement mais toujours avec une érudition passionnante des vertus incroyablement malfaisantes de la « loi X » qui tua progressivement le riche monde de ce cinéma sexuellement explicite. Toujours aussi passionnant, ce discours l’est tout autant en ce qui concerne RIEN QUE… PAR DERRIERE qui est en fait la version hétérosexuelle d’un film gay où l’éphèbe de LES PHALLOPHILES - le titre original de l’œuvre - est remplacé par la blondeur incandescente de la superbe Karine Gambier que l’on a vu de nombreuses fois aussi nue qu’au sein des productions fauchées d’un Jess Franco.

Récit initiatique de Patricia, quittant sa chaumière. Dans la forêt, elle fait la connaissance d’un pâtre athlétique qui la sauve de « la Vérité », un homme des bois bestial. Mais l’âme de celui-ci se réincarnera en quatre morceaux, poursuivant les amants de sa malédiction. Voici un film porno assez spécial avec son univers qui se présente comme une sorte de jardin d’Eden alternatif avec ses beaux mâles bien musclés - chevauchant tout nu un cheval blanc - et ses jeunes femmes aux couronnes de vignes qui se baladent comme des anges dénudées dans des décors naturels enchanteurs. Il y a ici une dimension fantastique incroyablement envoûtante, portée également par de superbes compositions musicales très lyriques, dont une chorale d’enfants qui donnent à certaines séquences explicites une aura parfois bien décalée.

RIEN QUE… PAR DERRIERE, titre évocateur suggérant la sodomie qui ne s’affichera finalement pas à l’écran, du moins frontalement à l’aide de gros plans. Le long-métrage étant plutôt avare en inserts explicites. La faute, sans doute, à l’utilisation de comédiens homos qui n’arrive pas spécialement à s’exciter devant le corps pourtant délectable de Karine Gambier. L’actrice devant surtout subir mille avanies, comme des viols à répétition par un homme bramant des monologues hallucinés ou en compagnie forcée d’une bûcheronne armée d’une hache; ainsi que d’être porté dans des positions qui nous font craindre le pire pour sa colonne vertébrale. Cette curiosité X dégage aussi une poésie surnaturelle au détour de nombreuses séquences, comme celle des naïades se masturbant au milieu d’une rivière, un assassinat au tire à l'arc ou encore l’image des pendus sous un arbre; ce qui lui procure une beauté inédite dans ce genre de cinéma. Le sexe se pratique souvent à l’extérieur ou alors dans une grange au milieu du foin, donnant ainsi à RIEN QUE.. PAR DERRIERE une approche très naturiste d’inspiration néoclassique. On ressort troublé devant ce porno qui sort largement des conventions du genre en ayant le sentiment d’avoir assisté à une projection unique en son genre. Une sacrée découverte qui met un point final à cette exquise quatrième journée du LUFF.

Il est aussi à noter que cette dernière séance fut complétée par la diffusion de formidables bandes annonces aux titres toujours aussi incroyables: BAISER AU SOLEIL, RAPPORT SUR LA VIE SEXUELLE DE LA MENAGE sans oublier LES PETROLEUSES DU SEXE. De quoi alimenter notre nuit en fantasmes divers en allant rejoindre Morphée…Et ceci, sans censure d’aucune sorte! Je me réjouis d’être demain pour les ultimes événements d’un LUFF à la programmation décidément exceptionnel!

Au revoir...

Au revoir...
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