lundi 31 mai 2010

L'HOMME A L'HISPANO

L'HOMME A L'HISPANO de Julien Duvivier (1926)

Georges Dewalter, un homme ruiné sur le point de quitter la France, passe pour richissime grâce à une automobile Hispano-Suiza qui lui a été prêtée au moment où il rencontre Lady Stéphane Oswill, une femme riche mal mariée à un homme brutal. Ils tombent amoureux. Dewalter ne peut lui avouer sa situation, mais il a confié son secret à un inconnu rencontré dans le train puis dans un bar : le destin veut que ce soit justement le mari de Stéphane...

Ce film muet datant de 1926 est réalisé par Julien Duvivier, plus connu du grand public pour ses deux réalisations des histoires de DON CAMILLO avec Fernandel. Avec L'HOMME A L'HISPANO, il nous conte ici une histoire d'amour contrarié dans les milieux bourgeois. Un mélodrame à la mise en scène soignée qui offre notamment des scènes romantiques dans des décors de toute beauté, principalement lorsque les deux amoureux se retrouvent dans la maison de campagne de la jeune femme. Le scénario est un imbriglio sentimental compliqué qui pousse l'amoureux ruiné dans ses derniers retranchements, allant jusqu'à une issue tragique pour pouvoir garder le souvenir d'une idylle heureuse... Lors de ce final très bucolique où l'homme retourne à la nature pour une conclusion suffocante d'émotions, le réalisateur multipliant les gros plans sur des gens en pleurs entrecoupée de petits textes lyriques sur l'amour et les souvenirs qui en découlent. Parmi la distribution du film on retiendra surtout l'excellent Acho Chakatouny à qui Julien Duvivier offre le rôle du mari méchant et manipulateur que l'on se plaît à détester.

samedi 29 mai 2010

EUROVISION 2010 - The Winner Is... GERMANY!



L'Eurovision 2010 vient de finir et cette année c'est l'Allemagne qui a gagné le concours avec la chanson "Satellite" chanté par Lena, la jeune interprète de 19 ans. Très content du résultat final car "Satellite" était déjà ma chanson favorite parmi toutes les autres sélectionnées avant même le début de l'émission... Submergée par l'émotion, l'artiste était à la fois très drôle et touchante à voir. "Mais qu'est-ce que je dois faire maintenant?" s'écria-t'elle après qu'elle eut chanté une deuxième fois la chanson gagnante qui clôturait cette 55ème édition. Plein succès pour l'avenir, Lena!

mercredi 26 mai 2010

JOHN RAMBO, un nouveau "Director's Cut"

On l'avait annoncé, on y croyait pas vraiment mais voilà qu'il débarque tout prochainement : JOHN RAMBO, le nouveau "Director's Cut". Le 27 juillet prochain sortira en Blu-Ray et DVD une nouvelle édition du 4ème opus de la saga de Rambo, l'un des personnages fétiches de Sylvester Stallone. Une belle occasioon de faire parler de lui au moment de la sortie de son nouveau film, THE EXPENDABLES, que l'on attend aussi avec grande impatience...

Cette nouvelle édition n'est pas du recyclage de l'actuelle édition DVD/Blu-Ray, aucun des bonus précédents ne se retrouve sur cette nouvelle sortie qui proposera un montage bien différent de la version cinéma. Cette dernière durait 90 minutes, voilà que le film durera cette fois-ci 102 minutes. Et il ne s'agit pas simplement d'une intégration des séquences coupées (se trouvant déjà dans les suppléments) mais bien des scènes complètement inédites. Stallone et son monteur offriront à tous les amateurs du film une nouvelle vision de la dernière aventure de son héros de guerre avec un montage complètement neuf qui ne débute déjà pas de la même manière, avec aussi des dialogues et effets spéciaux améliorés (des choses qu'il n'avait pas pu lui-même arranger à cause du délai très serré de la sortie du film en salles) ainsi que d'autres modifications diverses en plus de ses nouvelles séquences... C'est donc un beau cadeau que nous fait là le réalisateur, cette nouvelle sera donc complèmentaire à la première et on aura pas l'impression de passer deux fois à la caisse pour le même film.

De plus, comme le réalisateur l'avait prévu au départ, son film portera enfin le titre de JOHN RAMBO. Sur les territoires étrangers, celui-ci avait été retenu pour éviter toute confusion avec le premier film de la saga mais pas aux USA, où le premier Rambo était titré FIRST BLOOD. Bref, on nous promet une nouvelle version supérieure en tout points à celle qui était sortie en salles et qui présentait déjà un sacré morceau de bravoure cinématographique, limite traumatisant! Une nouvelle référence pour cette bête de guerre qu'est Rambo! Dans les suppléments, il y aura que de l'inédit également : un journal de production de 80 minutes qui s'annonce passionnant à suivre. Avec la sorte prochaine de THE EXPENDABLES et ce nouveau Blu-Ray/DVD qui met la bave aux lèvres, l'été s'annonce bien violent et portera le sceau incontestable de Sly Stallone, l'homme d'action par excellence! Vivement!

mardi 25 mai 2010

BLAXPLOITATION 70's SOUL FEVER

BLAXPLOITATION 70's SOUL FEVER - Julien Sévéon

Cette collection "Cinexploitation" est une bonne idée. Et ce premier volume sur la Blaxploitation est intéressant et nous présente le genre de manière assez large, en ne s'attardant pas uniquement sur les pures bandes d'exploitation mais aussi sur le cinéma noir plus engagé au détour d'oeuvres intrigantes que l'on a bien envie de découvrir. Hélas, sur le support DVD il n'existe pas énormément de ces films et c'est plutôt vers le support VHS qu'il faut se lancer pour découvrir ces longs-métrages. Donc le bouquin fait bien envie mais c'est tout de manière assez dommage que Sévéon ne fait que survoler l'ensemble des films, ne rentrant jamais réellement au coeur de son sujet. On aimerait en savoir beaucoup plus et le bouquin nous laisse, au final, passablement sur notre faim. Le format du bouquin est sympathique et l'iconographie passe par de belles reproductions d'affiches d'époque, ce qui fait toujours plaisir. Par contre, pour les points négatifs, je suis assez halluciné par le nombre impressionnant de fautes de frappes et d'orthographes que contient ce volume. Il y a même des doublons de phrases entières. Cela ne fait pas très professionnel et ça pique les yeux. C'est bien dommage. Ce n'est pas ce qui va m'arrêter de découvrir les autres volumes, mais j'espère tout de même que les autres bouquins à sortir seront beaucoup plus soignés.

Et, pour le plaisir, petit florilège d'affiches et de bandes-annonces "Blaxploitation". Enjoy!












dimanche 23 mai 2010

MUPPET SHOW : Vincent Price

Le MUPPET SHOW c'était quand même fabuleux. Un grand florilège de stars sont venus s'amuser en présence des marionnettes créés par Jim Henson et son équipe. Une de mes apparitions préférées reste celle de Vincent Price. L'acteur fait une démonstration de son talent en se transformant en vampire. Mais Kermit n'a pas dit son dernier mot!... Très amusant! Enjoy!

MOTEURCOUPEZ! MEMOIRES D'UN CINEASTE SINGULIER

MOTEURCOUPEZ! MEMOIRES D'UN CINEASTE SINGULIER par Jean Rollin (Editions Edite)

Je viens de finir ce gros bouquin, suite de souvenirs du cinéaste Jean Rollin. C'est assez passionnant à lire et pas uniquement pour les fans de ce réalisateur à l'univers si particulier. Une suite d'anecdotes souvent cocasses, de tournages catastrophiques et d'ennuis sans fin. Et aussi de douloureux instants où il parle des critiques féroces que la presse a eu à son égard et de ses rapports avec le milieu "professionnel" du cinéma, ses proches collaborateurs, etc... Tout y passe. Des débuts scandaleux avec LE VIOL DU VAMPIRE jusqu'à son ultime long-métrage titré LA NUIT DES HORLOGES. Jean Rollin y évoque également sa période pornographique sous le pseudonyme Michel Gentil. Le tout sans aucun détour, si ce n'est qu'il n'évoque jamais LE LAC DES MORTS-VIVANTS (sous le pseudo de J.-A. Lanzer) ou sa participation à la version alternative de CHRISTINE, PRINCESSE DE L'EROTISME de Jess Franco. C'est d'ailleurs assez curieux mais somme toute logique car il ne s'agissait pas de films à proprement parler de Jean Rollin. Par contre, on y parle aussi de son activité d'écrivain et le bouquin se clôture avec deux scénarios qui n'ont jamais été plus loin que le stade de l'écriture; à savoir L'ITINERAIRE MARIN (en collaboration avec Marguerite Duras qui a écrit les dialogues) et une histoire de loups-garous qui s'intitule WALPURGIS. Un beau livre, souvent drôle et parfois émouvant...toujours passionnant. Le tout agrémenté de nombreuses photographies souvent inédites dont quelques pages sont en couleurs.




samedi 22 mai 2010

Shaw Brothers en "VOD"

THE SEXY KILLER (A-Sir Du Hou Lao Hu Qiang) de Chung Sun (1977), également connu sous le titre LADY EXTERMINATOR (A ne pas confondre avec LADY TERMINATOR!) ainsi que TUEURS SUR LA ROUTE (Xiang Gang Qi An Zhi San Lao Ye Che Zong Huo Mou Sha An) de Shan Hua & Chih-Hung Kuei (1976) sont deux titres issus du fabuleux catalogue de la Shaw Brothers. Des films d'exploitation hong-kongais plutôt rarissimes qui sont apparemment disponibles depuis quelques mois en "VOD" (Video On Demand). En tout, une soixantaine de longs-métrages inédits sur support DVD qui sont à découvrir...

Appréciez le générique d'ouverture de l'un et la bande-annonce de l'autre, ci-dessous! Ca fout la bave aux lèvres, n'est-ce pas?



GRAN TORINO

GRAN TORINO de Clint Eastwood (2008)

Walt Kowalski, un vétéran de la Guerre de Corée quelque peu raciste, vie en solitaire dans sa maison. Sa seule distraction : nettoyer sa voiture de collection, Gran Torino. Mais le jour où un gang menace ses voisins, une famille Hmong, Kowalski décide de reprendre les armes pour les protéger. Il doit ainsi faire face à ses préjugés raciaux.

Eastwood est de retour... Derrière, bien évidemment, mais aussi devant la caméra. Serait-ce ce que l'on peut appler le "Chant du Cygne", une révérence cinématographique pour l'acteur qui commence à se faire vieux? Rien n'est sûr mais c'est en tout cas un très beau rôle que l'acteur s'offre car ce personnage de vétéran grincheux et raciste est une nouvelle occasion pour l'interprète de DIRTY HARRY de nous offrir un film remarquable dans lequel on retrouve l'acteur Clint Eastwood dans un rôle principal qui semble fermer la boucle à plein d'autres personnages références à sa carrière. Et c'est effectivement très touchant, plein de justesse, d'humour et d'émotions. Eastwood reste dans un classicisme absolument parfait car si son histoire ne respire pas l'originalité on y sent tout de même toute la sincérité de l'homme pour de vrais personnages qui vivent et respirent au-delà des clichés et offre sa vision et sa critique du monde et de ses codes.

Religion, amour & haine, l'Amérique et ses étrangers, tout rapports humains et les conséquences qui s'y rapportent. GRAN TORINO fait référence à une belle voiture vintage qui trouve encore sa place aujourd'hui. Cette caisse si cool et toujours aussi belle aujourd'hui, offre une belle balade tranquille mais toujours forte. Et lorsque arrive tranquillement le générique de fin du dernier film de Clint Eastwood, on entend l'acteur chanter une douce chanson de sa voix usée et cassée. C'est désarmant de beauté et absolument bouleversant. De GRAN TORINO, on en ressort la gorge noyée et les larmes dans les yeux. C'est un chef-d'oeuvre. Merci Clint!

Trailers "grindhouse"




Pour le plaisir, une petite sélection de bandes annonces de films d’exploitation : MACUMBA LOVE de Douglas Fowley (1960), KUNG-FU AUX PHILIPPINES (Mo Neuih) de Felix Villar & Albert Yu (1970), MAGDALENA, LA SEXORCISEE (Magdalena, Vom Teufel Besessen) de Walter Boos (1974) et VIOL (Naked Vengeance) de Cirio H. Santiago (1985). Un florilège d’œuvres « grindhouse » allant de la série B au Z, des films assez rares à voir, carrément très difficile si ce n’est impossible à se procurer en DVD ou même en VHS. C’est d’autant plus frustrant que ces bandes annonces sont assez jouissives à voir, prioritairement pour tous les cinéphiles adeptes de bobines filmiques complètement démentes! A savourer, en attendant de pouvoir les découvrir un jour...







"Thank you for not talking"





Si vous êtes un/e cinéphile assidu/e et que vous fréquentez les salles obscures régulièrement, vous avez sans doute déjà été confronté à une situation similaire... De quoi on parle? De ces séances au cinéma où, parmi le public, se trouve ces gens qui ne peuvent s'empêcher de déranger tout le monde. En parlant fort, bouffant des cochonneries la bouche grande ouverte, utilisant leur saloperie de téléphone portable durant le film, les enfants qui pleurent et Dieu sait quoi d'autres encore! Et parfois, assez souvent même, cela donne envie de péter les plombs et de faire un carnage dans la salle! Comme cette nana, poussée à bout, qui n'hésite pas à péter la gueule, voir carrément à tuer tous les spectateurs qui la font chier! Et ça fait du bien! Enjoy!

CENTIPEDE HORROR

Ce film d'horreur hong-kongais datant de 1984 porte bien son titre : CENTIPEDE HORROR (Wu Gong Zhou) de Keith Li, joue parfaitement sur la répulsion que l'on peut avoir pour ces horribles bestioles que sont les centipèdes. Dans ce long-métrage, elles sont particulièrement énormes et dégoûtantes. Et ce ne sont pas des effets spéciaux, ici il s'agit de véritables insectes dont on recouvre les comédiens, jusqu'à leur en glisser dans la bouche... A vomir! Cela rappelle à notre mémoire le très charmant LA NUIT DES VERS GEANTS (Squirm) de Jeff Lieberman (1973), une autre histoire à vous filer la chair de poule. Rien que le titre du film ouvre l'appétit!Voici donc la bande annonce de CENTIPEDE HORROR, ainsi qu'un extrait qui file automatiquement des frissons et donne même envie d'aller prendre une bonne douche pour se débarrasser des sensations inconfortables que procure le long-métrage. Une curiosité HK pour les plus téméraires d'entre nous!


mardi 18 mai 2010

LA RETAPE

LA RETAPE (L'Alcova) de Joe D'Amato (1984)

Joe D'Amato, le réalisateur italien (re)connu autant pour ses films d'horreur excessifs que pour ses nombreuses oeuvres de la saga BLACK EMANUELLE, met ici en scène un quatuor de comédiens dans une histoire bien perverse. Si on y retrouve ici un Al Cliver (ZOMBIE de Lucio Fulci) guère convaincant dans le rôle du mari, on appréciera surtout la présence des mignonnes Annie Belle (vu dans LEVRES DE SANG de Jean Rollin) et Lili Carati (la bombe sexuelle de AVERE VENT'ANNI de Fernando Di Leo) sans oublier la très belle Laura Gemser sans qui ce long-métrage perdrait beaucoup d'intérêt.

Plus qu'un simple film érotique, LA RETAPE propose un scénario intéressant et prend aussi la peine de reconstituer l'ambiance de l'Italie décadente des années 1930. L'histoire se déroule dans la belle demeure d'un couple de bourgeois. L'époux, de retour d'un voyage en Afrique, rapporte bien plus dans ses bagages que les usuelles statues et masques de bois d'une tribu sauvage. Pour avoir fait acte de bravoure en sauvant un homme, il se voit offrir en retour une jeune femme qu'il ramène avec lui en tant qu'esclave. L'arrivée inopinée de cette négresse va semer le trouble parmi eux, d'autant plus que l'épouse vient de débuter une liaison saphique avec la secrétaire de son mari...

Il y a tout d'abord un rapport de force entre les pensionnaires qui voient d'un mauvais oeil cette nouvelle venue. S'ensuit une série d'humiliations diverses avant que la maîtresse de maison ne tombe sous son charme exotique, délaissant très rapidement à la fois son mari et sa secrétaire. Très vite, la dévouée esclave se soumet un rite d'initation particulier consistant à une passage de pouvoir allant du mari à l'épouse. La voici désormais sous emprise féminine, se délectant de ses nouveaux privilèges.

D'Amato excelle à mettre en scène ces polisonneries, n'hésitant pas à présenter toutes ses comédiennes en complète nudité frontale se pourléchant les parties intimes dans une extase filmique délectable. Si les amateurs connaissent déjà par coeur chacune des courbes de la belle eurasienne, on découvre avec ravissement celles de Lili Carati qui composent un personnage autoritaire finalement sous la coupe d'une esclave. Leurs moments d'intimité sont visuellement très soignés et superbes à voir... mais le réalisateur qui n'a pas son pareil pour verser dans la luxure la plus débridée nous réserve quelques surprises. Outre ses séquences d'un érotisme délicat, Joe D'Amato met en scène un viol organisé lorsque le mari se décide à réaliser un film pornographique qui mettrait tout le monde à l'abri de leurs soucis financiers! Bondage et nonne lubrique au programme, le scénario dégénère passablement lors de sa dernière partie pour arriver à une conclusion surprenante et bien violente.

LA RETAPE peut très certainement être considéré comme une des oeuvres les plus réussie de son réalisateur, nanti d'une belle photographie et quelques séquences bien excitantes et sexuellement assez explicites (comme lors de la projection d'un vieux porno muet) avant de dériver vers des séquences plus choquantes et davantage proche du cinéma d'exploitation que de l'érotisme soft que l'on trouve dans ce genre de productions. Les fans de Laura Gemser seront également aux anges car la belle comédienne y trouve ici l'un de ses rôles les plus accompli.

lundi 17 mai 2010

FREDDY - LES GRIFFES DE LA NUIT

FREDDY - LES GRIFFES DE LA NUIT (A Nightmare On Elm Street) de Samuel Bayer (2010)

Nancy, Kris, Quentin, Jesse et Dean habitent Elm Street, au coeur d'une banlieue résidentielle semblable à des milliers d'autres - paisible, proprette et sans histoire... Mais depuis quelques temps, ces cinq jeunes sont hantés chaque nuit par le même cauchemar oppressant : un homme à la voix caverneuse surgit des ténèbres. Vêtu d'un t-shirt rouge et vert lacéré, il dissimule sous un vieux chapeau son visage atrocement brûlé et défiguré. Sa main droite, gantée, est munie de quatre longues griffes d'acier plus tranchantes que des lames de rasoir...


Ce qui frappe d'entrée en découvrant ce remake du film de Wes Craven LES GRIFFES DE LA NUIT, c'est la pauvreté de l'interprétation. Les comédiens recrutés pour cette revisitation "moderne" du plus célèbre croquemitaine du 7ème Art ne sont pas du tout convaincants, en plus d'être d'une mollesse assez incroyable. Dès sa séquence d'introduction et guère aidé par des dialogues assez lamentables, on ressent très vite que l'on se retrouve en face d'une reprise laborieuse d'un des plus grands films du cinéma d'horreur.

Ce nouveau cauchemar cinématographique, qui offre toutefois un nouvel angle d'approche assez intéressant en présentant Freddy Krueger comme un abuseur d'enfants en lieu et place d'un tueur sadique, est finalement d'une fadeur confondante. Bien que son sujet soit de prime abord assez malsain, spécialement à notre époque actuelle où la pédophilie représente un véritable cauchemar pour la société, LES GRIFFES DE LA NUIT nouvelle mouture n'exploite même pas cette idée au-delà d'une simple anecdote. Les nouveaux géniteurs du grand brûlé aux griffes d'acier semblent être totalement paralysés devant la dure tâche de faire revivre le mythe à tel point que l'on se retrouve devant un film qui fait une impasse quasi-totale à son imaginaire horrifique.

Sans idées et d'une platitude ronflante, le film de Bayer joue la carte d'une sobriété trop terne et n'offre quasiment rien à ses spectateurs. Le long-métrage met même la pédale douce du point de vue des effets spéciaux, la plupart du temps ceux-ci étant réalisé de manière "old school" et évitent de s'étaler en images de synthèse, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. On ne verse pas non plus dans l'excès de violence à la "torture porn" comme c'est souvent le cas avec ce genre de production. Malheureusement, le réalisateur n'arrive absolument pas à faire vivre ses personnages qui sont désespérément vides et pour lesquels on ne ressent strictement rien. Du coup, il est bien difficile d'avoir de l'empathie pour eux et d'être sous le choc lors de leur mise à mort.

De plus, le réalisateur s'autorise même quelques timides reprises d'instants marquants de l'original (la main gantée qui surgit du bain, le sac à cadavre dans les couloirs du collège...) qui ne font qu'enfoncer le film dans la médiocrité tant il peine à dégager un semblant d'atmosphère misérable et des instants de terreur tellement bon marché qu'il ne lui reste qu'un traitement sonore excessif pour faire sursauter son audience. D'un ennui mortel de bout en bout, LES GRIFFES DE LA NUIT version 2010 est un échec créatif total d'autant plus cinglant qu'avec un sujet pareil il y avait de quoi faire une oeuvre monumentale avec la technologie actuelle. Ne serait-ce que pour en faire un spectacle visuel grandiose... Mais non, l'ensemble est d'un sérieux et d'une monotonie tellement plombants que cela vous plonge dans un état somnolent auquel il est difficile de résister. Pour un film pareil, c'est quand même le comble! Les créateurs de ce remake n'arrivent même pas élever le niveau au rang de la suite de la saga la plus ratée - LA FIN DE FREDDY de Rachel Talalay (1991) , la rendant du coup bien meilleure qu'elle ne l'est réellement!

La seule bonne idée de ce remake résidait dans le choix de l'acteur Jackie Earle Haley qui était parfait pour interpréter le rôle de ce Freddy Krueger présenté ici comme un prédateur sexuel. Hélas, son personnage est bien creux, tellement peu développé qu'il a même de la peine à s'imposer face à une distribution de djeunes sans aucune saveur. FREDDY - LES GRIFFES DE LA NUIT est un remake inutile qui n'apporte absolument rien à la saga, et sûrement pas de cauchemars face à ce grand brûlé qui fait plutôt de la peine à voir...

dimanche 16 mai 2010

CANNIBAL GIRLS, bientôt en Blu-Ray!

Avant d'être le réalisateur à succès de S.O.S. FANTÔMES, Ivan Reitman a fait ses débuts dans la comédie noire et horrifique avec un film au titre très évocateur : CANNIBAL GIRLS! Une oeuvre méconnue faite dans un esprit très "grindhouse", combinant érotisme, violence et gore. Le tout, sur un ton très décalé... Le film possède même un petit gadget audiovisuel qui pimente sa vision : Une sonnette d'alarme prévient et interrompt temporairement par une gelure d'image le court de l'histoire à chaque séquences chocs, permettant ainsi aux spectateurs les plus sensibles de se détourner de l'écan. Un gimmick rigolo rappelant à notre souvenir un autre long-métrage, intitulé LA CHAMBRE DES HORREURS, qui utilise le même procédé technique.

Ce film oublié ressurgit sur grand écran grâce à une société canadienne qui s'appelle Filmswelike.com, faisant ainsi la joie de toutes les cinéphiles adeptes de curiosités. CANNIBAL GIRLS bénéficie donc d'une belle copie restaurée qui est diffusée durant une période limitée uniquement dans les salles de cinéma américaines. Et, comme un bonheur cinéphile ne vient jamais seul, CANNIBAL GIRLS est également prévu pour une sortie en Haute Définition pour l'automne 2010. Une bien grande nouvelle! On va enfin pouvoir découvrir le côté obscur de la filmographie de l'auteur d'UN FLIC A LA MATERNELLE! Et si c'était finalement son meilleur film? Réponse très bientôt!


samedi 15 mai 2010

Eye Candy : MARGOT KIDDER

Margot Kidder, actrice américaine née au canada, est notamment célèbre pour quelques-uns de ses rôles dans des films fantastiques comme SOEURS DE SANG (Sisters) de Brian De Palma (1973); BLACK CHRISTMAS de Bob Clark (1974) et AMITYVILLE LA MAISON DU DIABLE (Amityville) de Stuart Rosenberg (1979); a posé nue pour le magazine de charme PLAYBOY. C'était en 1975, trois ans avant la consécration qui viendra avec le film SUPERMAN de Richard Donner (1978). L'actrice, qui a débuté à la télévision a aussi fait une délicieuse apparition en bikini orange dans la série BANACEK créé par Anthony Wilson en 1972. Elle y avait pour partenaire George Peppard qui était un séduisant parti pour une autre belle du cinéma, Audrey Hepburn, dans DIAMANTS SUR CANAPE (Breakfast At Tiffanyde Blake Edwards (1961).

Comme le précédent "EYE CANDY", voici une nouvelle occasion de se régaler les yeux. Savourez quelques-unes de ces photos où la belle se dévoile dans un magnifique noir/blanc vaporeux digne d'une oeuvre de David Hamilton. Superbe! Enjoy!




DES FEMMES POUR LE BLOCK 9

DES FEMMES POUR LE BLOCK 9 (Frauen Für Zellenblock 9) de Jess Franco (1977)

Dans une prison perdue dans la jungle, des femmes sont prisonnières est condamnées à une vie inhumaine. Leur pénitencier est dirigé de manière dictatoriale par une gardienne sadique et cruelle qui a pouvoir de vie et de mort sur ses détenues. Afin de récolter des informations sur les rebelles aux alentours, les tortionnaires torturent leurs pensionnaires sans aucune retenue, pour la plus grande joie d’un docteur bien pervers qui prend plaisir à faire souffrir ses patients. Par la suite, elles vont tenter une fuite désespérée vers une possible liberté...

Tourné la même année que LE PENITENCIER DES FEMMES PERVERSES, ce nouveau «Women In Prison » (WIP) de Jess Franco est une petite production hispano suisse au scénario tout simple mais remplit de personnages hauts-en-couleurs. On se régale spécialement de la présence d’Howard Vernon dans le rôle d’un docteur très spécial qui prend un malin plaisir à faire souffrir les patientes de cette prison située dans un obscur « no man’s land » de l’Amérique du Sud. DES FEMMES POUR LE BLOCK 9 ne s’embarrasse pas d’une intrigue bien compliquée et se résume à une suite de séquences qui combinent pêle-mêle les tortures d’usage, humiliations diverses et scènes de lesbianismes... Après le repas du soir, on appréciera de voir une victime qui plonge sa tête dans l'entrejambe de la directrice pour pouvoir étancher sa soif... avant qu'on lui offre un verre de champagne salé!


Jess Franco possède des atouts de charme avec une très belle distribution féminine devant sa caméra. On y voit la belle blonde Karine Gambier, actrice de cinéma pornographique, qui jouera plusieurs fois devant la caméra de Franco, notamment dans DEUX SŒURS VICIEUSES sorti la même année; ainsi que, dans un second rôle, la jeune et séduisante Susan Hemingway que l’on peut aussi apprécier dans un autre film bien croustillant du cinéaste espagnol intitulé LETTRES D’AMOUR D’UNE NONNE PORTUGAISE où elle tenait le rôle-titre.

Durant 75 minutes, Jess Franco ménage de très belles séquences qui raviront les amateurs de cinéma d’exploitation . Dans son film, les femmes sont enfermées dans un cachot où elles sont toujours laissées entièrement nues et enchaînées par le cou l’une à côté de l’autre. Un minimalisme formel qui confine à une beauté suprême lorsque celles-ci font même mine de faire l’amour pour séduire le gardien qui ne tardera pas à se joindre à elles. Une manière extrême pour pouvoir ensuite s’enfuir de leur enfer carcéral. Mais avant cela, plusieurs victimes passeront entre les mains du Dr. Milton et de ses chers instruments de tortures : une détenue se voit enjamber un tréteau métallique qui lui cisaille le sexe, une autre se fait électrifier les seins… Karine Gambier reçoit un double traitement de faveur, à savoir une corne de rhinocéros dans l’entrejambe avant qu’Howard Vernon ne lui fasse glisser une petite souris affamée dans un long tube qui rejoint le vagin de l’infortunée jeune femme, hurlant de douleur. Si le film ne manque pas d’idées toutes plus déviantes les unes que les autres, DES FEMMES POUR LE BLOCK 9 se montre néanmoins assez timide en terme de violence visuelle. Par contre, il se rattrape davantage avec la nudité et ses comédiennes quasiment à poil durant toute la durée du film.


Même durant l’évasion des prisonnières qui constitue le dernier quart d’heure du long-métrage, les jeunes femmes s’enfoncent dans la jungle les seins et les fesses à l’air. Une piètre dernière partie bourrée de « stock-shots » animaliers qui peine à rendre crédible cette forêt tropicale qui ne semble guère dangereuse. On a tout de même droit à une timide attaque de crocodiles qui fait plus sourire que frémir avant de se clôturer sur un final nihiliste un peu trop abrupte pour convaincre ou réellement choquer son audience. DES FEMMES POUR LE BLOCK 9 reste tout de même un petit plaisir coupable tout à fait appréciable du genre « WIP » auquel Jess Franco a beaucoup contribué. Ce film-là se focalisant surtout sur la torture sexuelle plutôt que sur toute la mécanique d’une évasion finalement assez vite bâclée. L’ensemble contentera tous les adeptes de délices humides et bien tordus que l’on pourrait imaginer sortant d’un milieu carcéral entièrement féminin et dominé par des pervers qui redoublent d’imagination quand il s’agit d’humilier et de tuer.

jeudi 13 mai 2010

FEMMES SANS PUDEUR

FEMMES SANS PUDEUR (Frauen Ohne Unschuld) de Jess Franco (1977)

Après avoir été retrouvée nue et recouverte de sang dans une somptueuse villa aux côtés d’un couple assassiné, Margarita Martin est en état de choc et se retrouve dans une clinique spécialisée. Incapable de prononcer un mot, la jeune femme suit une thérapie médicale afin que l’on puisse comprendre ce qu’il s’est passé. Les deux personnes mortes étant des trafiquants de diamants, Margarita va autant susciter les convoitises des patientes à la libido exarcerbée que les médecins qui veulent s’appropier les pierres précieuses qui ont mystérieusement disparues…

Cette collaboration entre le cinéaste espagnol Jess Franco et le producteur suisse Erwin C. Dietrich débouche sur un de leurs films les plus cohérent. Cette intrigue policière est assez simple et ne dérive pas dans un délire fiévreux incompréhensible comme cela peut être souvent le cas avec ce genre de films. Du coup, l’ensemble reste très classique, sans réelles surprises et presque banal… mais c’est sans compter sur le talent du cinéaste qui y injecter une sacrée dose d’érotisme. L’ensemble de sa distribution féminine se retrouvant la plupart du temps en tenue d’Eve. Les amateurs y reconnaîtront de nombreuses comédiennes déjà vues dans d’autres productions ce type. On y retrouve surtout l’incroyable Peggy Markoff qui compose un personnage excessivement halluciné totalement hilarant et on se délecte également de la fraîche Muriel Montossé qui y fait sa première apparition au cinéma. Elle sera par la suite largement plus célèbre pour ses prestations dans l'émission "LA CLASSE" sur la chaîne TV FR3!


FEMMES SANS PUDEUR vaut spécialement le coup d’œil pour Lina Romay, muse du réalisateur, qui y interprète le rôle principal et se retrouve ici avec une coupe de cheveux particulièrement courts. On reverra la comédienne d’ailleurs coiffée de manière similaire dans le fameux PENITENCIER DES FEMMES PERVERSES (Troisième opus de la saga « nazisploitation » ILSA avec Dyanne Thorne), le film ayant été tourné la même année. Lina Romay livre ici une prestation plutôt réussie de femme traumatisée et se montre à nouveau très à son avantage au niveau physique. Le film regorge donc de séquences érotiques « softcore » avec son lot de personnages lesbiens ou bisexuels dont le point d’orgue reste une intense partouze féminine où chacune des pensionnaires de la clinique se sent émoustillée par les gémissements de chienne de la nouvelle venue.


Remplis de nymphomanes déshabillées qui récitent des dialogues ridicules ou qui chantent des « Aria » et agissent comme des folles, FEMMES SANS PUDEUR est un petit film d’exploitation sympathique avec son scénario qui ne vole pas bien haut mais il y manque tout de même un petit grain de folie pour le sortir du lot. Agréable à suivre, surtout pour le regard, on notera aussi que FEMMES SANS PUDEUR a été tourné en Suisse, dans la ville de Lugano et bénéficie d’une très belle photographie. Le cinéaste y inclut aussi des clins d’œil au giallo en mettant en scène un étrange tueur masqué d’une cape noire qui assassine plusieurs pensionnaires avec un grand couteau avant d’afficher un petit retournement de situation pour clôturer cette histoire érotico-policière qui n’intéressera certainement que les acharnés de la filmographie de Jess Franco ou encore toutes les personnes fascinés par l’impudeur de Lina Romay qui se livre toujours corps et âme à la caméra voyeuriste de son réalisateur fétiche.

Au revoir...

Au revoir...
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