samedi 27 février 2010

DEMINEURS

DEMINEURS (The Hurt Locker) de Kathryn Bigelow (2008)

Bagdad. Le lieutenant James est à la tête de la meilleure unité de déminage de l'US Army. Leur mission : désamorcer des bombes dans des quartiers civils ou des théâtres de guerre, au péril de leur vie, alors que la situation locale est encore... explosive.

La guerre est une drogue. Prendre un pied d'enfer en désamorçant des bombes. Voilà le point de départ de DEMINEURS, un film presque entièrement masculin et mis en scène par une femme. Et pas n'importe quelle femme. Il s'agit de Kathryn Bigelow, ex-femme de James Cameron et réalisatrice des excellents POINT BREAK et AUX FRONTIERES DE L'AUBE. Une talentueuse réalisatrice qui vient à nouveau de mettre K.O. les spectateurs de son nouveau film. Et il ne faut pas se méprendre sur ce long-métrage, car il ne s'agit pas une grosse production hollywoodienne standardisée mais une oeuvre qui est plus à considérer comme un film "d'art et d'essai" qu'autre chose...

Suite à une sortie quasi-anonyme aux Etats-Unis, le film s'est surtout fait connaître par le biais de nombreux festivals internationaux où il a souvent fait grosse impression. DEMINEURS est sans aucun doute la plongée ultime, parmi les plus secouantes qui existent, dans l'univers du film de guerre. Non seulement ce long-métrage est spectaculaire mais ce n'est pas sa qualité principale. Ce qui en fait une oeuvre-phare dans son genre, c'est l'approche très réaliste de sa mise en scène, et cela sans les artifices (!) propres aux mises en scènes pleines de suspense. C'est une vision naturaliste et très pure du terrain meurtrier où s'engagent des soldats de l'armée américaine pour désamorçer des armes explosives. De ce fait, caméra à l'épaule et au plus proche des émotions de ses protagonises, Kathryn Bigelow développe une mise en images précise et dégraissée de tout superflu. On n'arrive pas sur le terrain miné, on y est directement! C'est une immersion totale, incroyablement prenante, qui plus est chaude et stressante. Un ressenti inédit carrément incomparable avec les autres films de ce genre, toujours assez léché mais jamais réellement captivante où la position du spectateur se trouve directement au coeur de l'action, le souffle haletant, la respiration coupée. C'est comme un journal de bord - on retrouve régulièrement une indication sur le nombre de jours qui restent à l'équipe de déminage avant leur transfert - qui ponctue régulièrement les situations présentées où l'on suit un groupe de militaires spécialisées dans leur profession.

Dans DEMINEURS, il y a bien sûr un côté "cool" de montrer le démantèlement de ces installations complexes destinées à tuer, et pour ses spécialistes de se shooter à l'adrénaline dans son job, et à une dose calibrée 100% de tension pour le spectateur! Ca ne rigole pas, ne serait-ce que nerveusement face à des séquences stratégiques très tendues. Ce qui renforce l'impact de ses séquences, c'est que Kathryn Bigelow s'autorise quelques époustouflantes stylisations visuelles, comme ces superbes ralentis qui décuplent le pouvoir du souffle d'une explosion. Et puis il y a aussi le travail assez incroyable qui a été fait sur la bande sonore. Que ce soit l'utilisation très judicieuse d'une musique jamais trop envahissante ou mélodramatique, sans oublier des effets sonores impressionnants! C'est à la fois terrifiant et d'une sombre beauté. L'accentuation de cette tension se ressent également lors des scènes "d'attente" où l'on suffoque et stresse très vite face aux différentes étapes effrayantes que constitue un job si compliqué. Du coup, c'est avec le même soulagement que l'on vit les instants de repos de cette escouade à nulle autre pareil. Au-delà d'une fraternité masculine bien macho, c'est une belle présentation des fêlures de personnages qui ne semblent pas pouvoir vivre une vie normale en dehors de ces sensations extrêmes. A ce titre, il faut impérativement signaler la prestation sans faute de Jeremy Renner, absolument fabuleux dans le rôle de William James. Une performance assez hallucinante qui devrait lui ouvrir les grandes portes du tout Hollywood. Kathryn Bigelow a réalisé un chef-d'oeuvre absolu du cinéma d'action, qui présente une mise en scène qui allie l'efficacité la plus suprême à une forme de lyrisme inédit. La très grande classe! Une claque énorme! Essentiel! Incontournable!



JUSQU'EN ENFER

JUSQU'EN ENFER (Drag Me To Hell) de Sam Raimi (2009)

Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, vit à Los Angeles avec son petit ami, le Professeur Clay Dalton. Tout va pour le mieux jusqu'au jour où la mystérieuse Mme Ganush débarque à la banque et la supplie de lui accorder un crédit supplémentaire pour sa maison. Christine hésite entre la compassion et la pression de son patron, Mr Hicks, qui la voudrait plus ferme avant de lui octroyer une promotion. Fatalement, Christine choisit sa carrière, même si sa décision met Mme Ganush à la rue. Pour se venger, la vieille femme jette la malédiction du Lamia sur Christine, transformant sa vie en un véritable cauchemar. Hantée par un esprit malfaisant, incomprise de son petit ami, elle se fait aider du medium Rham Jas, qui l'entraine dans une course frénétique contre la damnation éternelle, pour inverser le sortilège...

Le dernier film commis par Sam Raimi semble être un mauvais épisode de TALES FROM THE CRYPT. L'histoire, complètement basique est d'une banalité confondante, qui plus est avec des personnages inintéressants au possible. On s'en ficherait un peu si JUSQU'EN ENFER assurait son quota de séquences "horrifiques" mais ce n'est même pas le cas. L'horreur est bien là mais pas du tout dans le sens où on l'entend. Tout l'aspect "film d'horreur" joue ses cartes à travers un sound design hystérique qui joue sans cesse la saturation pour vous faire sursauter. Sans cela, l'ensemble paraît bien ridicule avec sa p'tite vieille qui ne fait rien d'autres qui montrer ses dents crasseuses et pointues ou sortir son dentier pour baver sur le menton de l'héroïne. Beûrk, comme c'est dégueu! Bref...

Sam Raimi nous refait le coup d'EVIL DEAD avec une Alison Lohman dans le rôle de Bruce Campbell. Le réalisateur malmène son héroïne, la couvre de choses peu ragoûtantes (p'tites bêbêtes, boue, bave, etc...)... La recette est bien connue, l'énergie et la crédibilité en moins. De plus, pour ne rien arranger, on se contrefiche complètement du personnage principale et de ce qui lui arrive. Le film avance tranquillement entre désintérêt total et des effets "chocs" pour réveiller son audience avec des effets surrounds qui vous pète les oreilles. Car JUSQU'EN ENFER esssaie uniquement de fonctionner sur un concept éculé avec des "sursauts" calculés tout le long du métrage pour essayer de faire sauter à fréquence régulières les spectateurs de leur siège... Même principe que le "train fantôme". Cela peut faire son effet 5 minutes avec son décor de foire en carton-pâte mais dans un film d'une heure et demie, malheureusement, on n'y croit pas, d'autant plus que le film n'a rien d'autres à offrir avec son ensemble archi-conventionnel et sans aucune dose d'innovation. Rami semble manquer d'inspiration et se révèle hélas en très petite forme. Encore une fois, sans le son assourdissant, on s'endormirait rapidement à ce film plutôt ridicule! JUSQU'EN ENFER n'est finalement qu'une production "horrifique" standard pour ados, lisse et sans intérêt. Et de la part d'un réalisateur de la trempe de Sam Raimi, voir un résultat pareil à l'écran est plutôt fâcheux et tristounet. Il est dommage de constater que ce brillant réalisateur se commette dans cet inepte exercice de "l'horreur récréative". Raté et ennuyeux au possible.

jeudi 25 février 2010

SICK NURSES

SICK NURSES (Suay Laak Sai) de Piraphan Laoyont & Thodsapol Siriwiwat (2007)

Un médecin bien sous tous les rapports et ses sept infirmières plus belles les unes que les autres mènent en fait des actions pas très légales : ils revendent des cadavres de patients morts. Toutes folles du corps du docteur blasé, les batifolages virent au drame le jour où les infirmières vont tuer l’une d’entre elles par accès de jalousie. Préservant son corps pour le revendre, toute la joyeuse communauté sera finalement « visitée » par le fantôme revanchard de la défunte.

Un film d'horreur thaïlandais! Attendez, ne partez pas en courant... Celui-ci est de loin pas ennuyeux, spécialement si vous êtes amateur de jolies petites pépées sexy! Le scénario est tout dans le pitch ci-dessus. Rien de plus... ou presque. Car ce film n'a pas vraiment d'histoire, plutôt juste des idées de mises en scène et une esthétique léchée, proche du vidéoclip. Le long-métrage adopte une structure non linéaire, à grand renforts de flash-backs et autres distorsions du temps, si bien que la plupart du temps on ne se situe pas bien à quel moment correspond les séquences si on essaie de les remettre dans un certain ordre chronologique. Mais, au fond, qui s'en soucie? SICK NURSES ressemble plus à un exercice de style, certes vain mais visuellement assez flamboyant. L'équipe technique s'est défoncée pour soigner ses cadrages aux couleurs giallesques et offre au film une ambiance de cauchemar de la première à la dernière image. Et ce mauvais rêve en pellicule s'imprime sur les rétines de manière chatoyante car les fameuses infirmières du titre sont 7 jeunes femmes plutôt assez jolies et... heu... très très sexy. A la manière thaïlandaise, cela dit. Comme un porno soft, en fait, et sans vulgarité. Bien entendu, le film reste toujours très chaste mais dégage un puissant érotisme qui rend cette histoire à la plastique très coquine assez plaisante à suivre. Les images du film sont de grande qualité, les maquillages et costumes des protagonistes sont toujours bien étudiés, et cela sur tout les angles. SICK NURSES se permet ainsi de véritables petits délires visuels, sans réels sens mais hautement jouissifs, comme cette jeune femme qui prend une douche toute habillée ou bien encore une infirmière qui se fait un cocktail peu ragoûtant pour se faire vomir dans un sachet en plastique!


Le scénario tient dans un dé à coudre et se résume à une suite ininterrompue de scènes horrifico-sexy pratiquement sans aucun dialogue si ce n'est des cris, hurlements et autres gémissements. On réserve néanmoins quelques petites surprises vers la fin, avec quelques déviances sexuelles bienvenues qui en dit long sur les rapports hommes/femmes en Thaïlande! En plus d'être très soignée visuellement, SICK NURSES ne ménage pas ses séquences gores qui sont toutes de grands moments d'horreur, avec forcément de gros geysers de sang, des mutilations violentes et autres sévices bien douloureux parfois décrit avec un humour tordu typiquement thaïlandais qui donnent une note légèrement décalée à l'ensemble. On apprécie l'originalité des mises à mort, toutes très réussies même si parfois le montage hâché, très clip vidéo empêche de les savourer pleinement comme on le voudrait. Heureusement, le film évite les effets "accélérés" ou les ralentis typiques de ce genre de production pour une mise en scène assez délectable pour qui aime les images savamment composées et très colorées en dépit du bon sens. Probablement la production horrifique la plus osée et sexy sorti en Thaïlande, SICK NURSES est un petit plaisir coupable qui régale les yeux, gros fantasme pelliculé pour qui sait déguster ses belles images d'infirmières en lingerie sexy qui déambulent dans des couloirs teintés de spotlights bleus, rouges ou verts. Durant près de 80 minutes, ce film dévoile l'horreur thaïlandaise "à la GRUDGE" d'une manière sexuellement inédite et totalement jubilatoire. Coup de coeur!


mardi 23 février 2010

LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE

LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE (The Princess And The Frog) de Ron Clements & John Musker (2009)

Le Prince Naveen de Maldonia est transformé en grenouille par le Dr. Facilier, un terrifiant sorcier vaudou. Afin de retrouver sa forme humaine à l'aide d'un baiser, Naveen décide de trouver une princesse et tombe sur Tiana, qui n'est en fait qu'une jeune serveuse. Cette erreur de la part du prince Naveen fait que le baiser a pour seul effet de transformer Tiana en grenouille. Tous les deux décident donc de partir dans les marais de la Louisiane à la recherche de Mama Odie, grande prêtresse vaudou aveugle de 197 ans, qui est la seule à pouvoir briser le sort...

Cela fait du bien de voir que les studios Disney reviennent aux sources avec une histoire simple, un conte de fées dans la plus pure tradition. Sans cynisme ou clins d'oeil cinéphiliques, et sans humour parodique ou hystérique. Et la technique lâche pour une fois ces effets en images de synthèse pour proposer un long-métrage entièrement dessiné à la main. Et cela s'en ressent. La palette visuelle gagne ainsi un petit charme "rétro" qui le rend d'autant plus appréciable. Et c'est aussi l'occasion de voir une héroïne "noire" pour la première fois dans un dessin animé!

Première surprise du scénario : l'imagerie de la jeune fille qui embrasse une grenouille est prise ici en contre-pied. Le batracien ne se transformera pas en prince... c'est celle qui donne le baiser qui s'en retrouve métamorphosée. L'idée est amusante et permet au duo vedette de vivre par la suite des aventures et des rencontres surprenantes dans les bayous.

Les deux réalisateurs respectent bien le cahier des charges de toutes productions Disney : il y a toujours de nombreux intermèdes musicaux, ici aux influences très jazzy, ce qui est normal vu que l'histoire se déroule en Louisiane. Hélas, les chansons ne sont pas ce qu'il y a de plus réussi dans le film, notamment à cause de la traduction française qui n'est pas toujours très heureuse. On a aussi connu Randy Newman nettement plus inspiré sur d'autres productions du même genre, comme TOY STORY. Heureusement, au niveau musique, les solos de Louis l'alligator trompettiste sont très sympathiques. De plus, il s'agit là sans doute du personnage le plus drôle et attachant du long-métrage. C'est toujours très rigolo de voir un figure animalière à priori dangereuse être à l'opposé de ce qu'il devrait être. Louis fait immanquablement penser à Baloo, l'ours du LIVRE DE LA JUNGLE. Et son côté débonnaire renforce encore plus le côté comique des certaines situations.

L'autre personnage secondaire rencontré dans les bayous se prénomme Raymond, c'est une vieille luciole pratiquement édentée. Plus romantique et porté par son amour des étoiles, il est également assez amusant à voir et permet aussi d'introduire une très belle séquence nocturne dans les marais uniquement éclairés par des milliers de ces petites créatures. Ce qui donne aux images une ambiance féérique du plus bel effet.

Au-delà de ces pittoresques animaux, l'intrigue de LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE reste relativement classique, avec un sorcier charismatique qui utilise les pouvoirs du vaudou pour effectuer ses malveillances. Mais celui-ci est finalement assez inoffensif et rapidement mis hors de nuire. Il n'a rien d'un méchant d'anthologie. Par contre, les sbires du vilain, des ombres maléfiques qui se dispersent à travers la Nouvelle-Orléans, sont nettement plus dangereux.

Au final, ce dernier-né des productions Disney n'est définitivement pas une oeuvre incontournable mais possède suffisamment de charme(s) pour qu'on y trouve son compte. C'est surtout un réel plaisir de voir que ses créateurs n'ont pas perdu la recette magique pour nous émerveiller devant un beau dessin animé. Cela faisait bien longtemps que cela n'était plus arrivé. Et rien que pour ça, ça vaut le coup de le découvrir!



lundi 22 février 2010

17 ANS ENCORE

17 ANS ENCORE (17 Again) de Burr Steers (2009)

Mike O'Donnell, un homme de 37 ans, trouve sa vie ennuyante et pathétique. Il se sépare de sa femme et vit avec son meilleur ami. Ses enfants le considèrent comme un loser. "Si seulement on avait droit à une seconde chance ?" Et il ne croyait pas si bien dire ! Son voeu va être exaucé. Le lendemain matin, Mike découvre qu'il a à nouveau 17 ans! Bien décidé à réparer ses erreurs personnelles, il s'inscrit au lycée pour aider ses enfants. Mike s'aperçoit vite que sa fille est beaucoup moins sage qu'elle ne parait et que son fils, Alex, est le bouc-émissaire de l'athlète de l'école. Son adolescence était bien différente de celle d'aujourd'hui !

Voilà une histoire qui rappelle BIG de Penny Marshall où un jeune garçon de 13 ans se retrouvait dans la peau d'un trentenaire ayant les traits du comédien Tom Hanks. Avec ce nouveau film, c'est le processus inverse qui se passe : un esprit d'adulte dans le corps d'un adolescent. Le scénario est intéressant car il ne sert pas à transformer son idée de base en comédie grossière du style AMERICAN PIE. Notre héros ne s'en va pas draguer de la cuisse fraîche ou tenter d'effacer les erreurs de son parcours de lycéen. L'intrigue se porte plutôt sur le destin de ses enfants. En soi, c'est très conservateur car le personnage incarné par Zac Efron prône des valeurs comme l'abstinence sexuelle au lieu de profiter de cette seconde jeunesse qui lui tombe dans les bras. Si le film est produit par la New Line, on en ressent quand même de très fortes influences disneyennes qui ne sont pas sans rappeler les HIGH SCHOOL MUSICAL! Heureusement, 17 ANS ENCORE joue beaucoup sur le décalage qu'engendre l'esprit d'un adulte dans le corps d'un adolescent. Et c'est très drôle! A ce jeu-là, la performance de Zac Efron constitue l'intérêt principal de cette comédie qui rappelle, par certains aspects, le cinéma de John Hughes avec son étude de caractère sur les adolescents. Le comédien est très convaincant dans son rôle, à la fois amusant (il faut le voir porter sa tenue à la Kevin Federline!) et touchant (sa relation avec sa femme avec qui il est normalement en train de divorcer!). Le réalisateur utilise également ses dons de danseur à l'écran à l'occasion d'une partie de basket. Et c'est plutôt réussi!


Le film offre aussi de très chouettes seconds rôles dont on reconnaîtra, parmi les interprètes féminines, la très mignonne Michelle Trachtenberg de la série TV BUFFY CONTRE LES VAMPIRES et aussi Leslie Mann qui est un visage dorénavant très connu grâce aux nombreuses comédies de Judd Apatow! Mais on retiendra surtout la performance de Thomas Lennon, qui joue le meilleur ami de Mike O'Donnell. C'est le dingue de service, gros geek qui vit dans un environnement dédié à son amour pour STAR WARS (le lit en forme de vaisseau, il possède également des sabres lasers et autres produits dérivés), porte des oreilles de "Trekkie" ou parle aussi le langage elfique directement sorti du SEIGNEUR DES ANNEAUX. C'est le personnage le plus délirant du film et il est hilarant. Encore plus quand il se décide à séduire à la directrice de l'école, usant de toutes les provocations pour attirer son attention.


17 ANS ENCORE est donc une comédie plutôt sympathique même si le scénario présente de lourdes carences en terme de crédibilité. L'aspect fantastique de l'intrigue est quasiment passé sous silence et aucune explication ne viendra justifier comment et surtout pourquoi un adulte se retrouve à nouveau à l'âge de ses 17 ans. Mais ce n'est pas si grave finalement car l'ensemble est emballé avec une belle énergie très communicative où l'humour fait souvent mouche et permet à son interprète principal d'afficher une belle maturité dramatique qui va certainement le sortir doucement des rôles acidulés qu'il jouaient dans les productions Disney!

IVRESSE ET CONSEQUENCES

IVRESSE ET CONSEQUENCES (A Guy Thing) de Chris Koch (2003)

Au lendemain de son enterrement de vie de garçon, le futur marié se réveille aux côtés d'une parfaite inconnue. Incapable de se souvenir de cette nuit bien arrosée, il craint d'avoir trompé sa fiancée. Il tente alors de cacher la vérité à son entourage et mène paralllèlement son enquête sur cette fille.

L'histoire classique des lendemains de beuveries intenses. Voilà un sujet guère original comme point de départ d'une comédie plus rigolote que romantique. Un jeune homme pris en sandwich entre deux femmes, l'une qu'il doit épouser et l'autre... qu'il trouve dans son lit! Et cela se corse légèrement quand cette dernière se révélera être la cousine de la première. S'ensuit, bien entendu, une série de quiproquos assez burlesques : la culotte perdue, les morpions, l'agression du flic psychopathe, le cambriolage improvisé, l'arrêt au poste de police pour possession de drogues ou encore l'attaque d'un chien plutôt agressif... Le futur jeune marié n'arrête pas de se compromettre dans des situations impossibles. L'humour se base essentiellement sur une série de gags sexuels ou scatologiques qui, s'il ne sont pas très subtils, se révèlent parfois assez amusants à suivre.

IVRESSE ET CONSEQUENCES est une de ces comédies typiques comme on en trouve à la pelle dans le cinéma US. Sans surprises et plutôt classique dans son déroulement. Néanmoins, elle s'apprécie surtout grâce à sa distribution. Si Jason Lee est très bien dans son rôle de jeune homme stressé par les catastrophes en chaîne qui lui tombent dessus, le film vaut surtout le coup d'oeil pour ces deux rôles féminins, interprétés par Selma Blair et Julia Stiles (sexy en tenue hawaïenne!). C'est les atouts de charme de cette sympathique petite production. Les personnages sont aisément appréciables, on ne met pas très longtemps à s'attacher à eux. Même si l'intrigue est construites de manière plutôt laborieuse, ressassant encore et toujours les mêmes procédés comiques gentiment délirants, le long-métrage tient uniquement la route grâce à ses rôles principaux finalement assez touchants. Bien plus que l'humour un peu graveleux dont on aurait pu aisément se passer, le film fonctionne surtout au niveau de la relation entre le jeune homme et cette femme énigmatique qui change de job tout le temps. C'est donc finalement assez dommage que le scénario ne développe pas davantage cet axe. Une fois que l'histoire s'achève, c'est surtout cette aventure que l'on aurait aimé suivre, davantage que les situations un peu bêtes dans lesquelles le film s'enlise...



dimanche 21 février 2010

LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT

LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT (Dial M For Murder) de Alfred Hitchcock (1954)

Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers. Craignant que sa femme le quitte et le laisse sans le sou, Tony fait appel au capitaine Lesgate et le charge d'assassiner Margot en échange d'une grosse somme d'argent.

Ce qui est assez incroyable avec cette intrigue, c'est qu'elle se situe presque intégralement dans un appartement. Le réalisateur nous faisant que très rarement sortir de cet endroit confiné, ne serait-ce que pour observer les mouvements de certains personnages à travers les fenêtres. Le long-métrage n'en est pas pour autant théâtral, Hitchcock arrivant à donner un style visuel bien marqué à son histoire. L'ensemble est superbe de bout en bout, porté par des interprétations très solides. Il y a surtout la très belle Grace Kelly, dans le rôle de la femme adultère. Le réalisateur jouant habilement avec les couleurs de ses vêtements, l'habillant toujours avec des tons très clairs en présence de son mari, et la revêt d'une magnifique robe rouge lorsqu'elle se retrouve avec son amant. Ray Milland, le mari qui planifie l'assassinat, un personnage permet au comédien de livrer lui aussi une très belle performance, tout en charme et élégance, disposant habilement son piège machiavélique pour se débarrasser de son épouse. Dans le rôle du meurtrier, on reconnaît l'excellent Anthony Dawson qui, quelques années plus tard, jouera le rôle du Prof. Dent qui tente d'assassiner un autre célèbre personnage de cinéma : l'agent 007 dans JAMES BOND CONTRE DR. NO!




La grande scène du CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT reste bien évidemment la fameuse nuit du meurtre où Hitchcock fait montre de tout son talent pour instaurer un suspense de plus en plus insoutenable. L'ambiance devient même progressivement macabre avec le superbe usage de l'obscurité et des ombres de son décor, transformant cette tentative d'assassinat en pur instant de terreur. Le film ayant été tourné en 3D, les séances de cinéma de l'époque devait lui donner une dimension encore plus spectaculaire (la main de Grace Kelly qui se tend au milieu de l'écran, face au spectateur). Même visionné "à plat", le long-métrage ne perd absolument rien de sa superbe. On en ressent encore très bien les effets subtils qui mettent en place le spectateur au coeur même de l'intrigue, dans cet appartement, où de petits détails du mobilier vous place au centre de l'action. Il utilise aussi le procédé de la 3 D pour décupler la puissance de certains objets comme une clé ou une paire de ciseaux.

Bien que l'assassinat prévu soit raté, rien n'empêche que le plan diabolique du mari se mette en place pour se débarraser de l'épouse, qui se retrouve peu après en prison et condamnée à mort! Et l'enquête qui s'ensuit démontera tous les mécanismes du piège avec une maestria impressionnante. Même si l'ensemble du long-métrage est davantage basé sur de longs dialogues explicatifs que sur de véritables moments d'actions, le film reste passionnant à suivre! L'inculpation, la valse des clés de l'appartement et la conclusion de l'intrigue sont tous de grands instants de cinéma, superbement mis en scène. Petite anecdote amusante, il est intéressant de savoir qu'Hitchcock, pour le gros plan sur le "M" du téléphone, a dû faire construire un exemplaire géant exprès pour cette séquence capitale, les techniques de la 3D ne lui permettant pas de faire un aussi gros "close-up", renforçant par cette image forte la tension qui se dégage de cette scène! Basée sur une pièce de théâtre à succès, LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT offre donc à Alfred Hitchcock les moyens de faire un excellent film à suspense doublé d'un formidable exercice de style avec de très belles idées de mise en scène.



LA NUIT DES TRAQUEES

LA NUIT DES TRAQUEES de Jean Rollin (1980)

Je n'avais plus revu le film depuis des années. Depuis sa 1ère sortie en DVD chez Image Entertainement en fait. A l'époque de cette première vision, LA NUIT DES TRAQUEES était le film de Rollin que j'aimais le moins. Principalement parce qu'il diffère radicalement avec le reste de sa filmographie peuplée de vampirettes dénudées et autres cimetières mélancoliques. Ici, Rollin s'attaque à un récit très froid, à la lisière du fantastique et même d'une certaine idée de la science-fiction. Comme à son habitude, Rollin n'a pas son pareil pour instaurer une atmosphère particulière, allié à son manque évident de moyens qu'au côté singulier dans sa direction d'acteurs. Alors forcément il y a beaucoup à sourire dans ce film, qualifiant l'ensemble de très amateur. Et pourtant, c'est l'un des films de Rollin les plus techniquement abouti. Les décors très épurés et le lieu de tournage (les tours de la Défense) dégagent une atmosphère très clinique, à la limite d'une terreur qui ne dit jamais son nom. Glaçant! L'occasion pour Brigitte Lahaie de briller dans un rôle loin de ses performances pornographiques, où l'aspect enfantin de son jeu convient parfaitement à son personnage. Ce qui ne l'empêche pas de se dénuder également et d'offrir son corps parfait à notre regard ébahi. LA NUIT DES TRAQUEES est également un film très intéressant car Rollin y greffe une étrange histoire d'amour, triste et décalée où les dialogues résonnent comme des citations littéraires un rien ridicules mais à chaque fois touchantes. Et c'est un peu dans un état "autre" que l'on quitte ce film vraiment très étrange, étonnament émouvant et plutôt réussi!

Le DVD de ENCORE-FILMS est certainement la plus belle copie que l'on puisse trouver à ce jour (et je doute que l'on puisse faire mieux!) de cette oeuvre de Rollin. Comme d'habitude, l'éditeur offre une édition de grande qualité pour un film qui n'en méritait finalement pas autant. Tant mieux pour les fans de Rollin (I Am), qui se délecteront des suppléments très intéressants qui parsèment cette double édition dans un packaging luxueux et vraiment très bien conçu! Le volumineux petit livret ajoint est toujours une belle aubaine pour Rollin d'y raconter des anecdotes assez incroyables sur les conditions de tournage et de distribution de son film. L'iconographie du livret comblera d'aise les fans de cette "Rollinade" décidément bien faite! Seul point "négatif", la copie du film à beaucoup souffert du temps qui passe et, comparé aux standards techniques actuelles, filera sans doute des cauchemars aux puristes d'une image léchées et du son DTS. Sautes d'images, craquages, défauts de pellicules à la pelle... LA NUIT DES TRAQUEES n'est pas au mieux de sa forme! Mais cela participe amplement à l'expérience que représente le film... N'exagèrons rien, la copie n'est pas épouvantable à regarder, elle possède quand même une image bien définie et nette et de bonnes couleurs. Le son est très correct! Fan de Jean Rollin, n'hésitez plus!




LE CHAT QUI VIENT DE L'ESPACE

LE CHAT QUI VIENT DE L'ESPACE (The Cat From Outer Space) de Norman Tokar (1978)

La soucoupe volante de Zunar 5J/90 Doric Fourseven atterrit sur la planète Terre en catastrophe, suite à une avarie technique. Cet extra-terrestre (qui est en fait un chat en provenance d'une galaxie lointaine) doit réussir à réparer son vaisseau rapidement, afin de rejoindre un engin de secours à une date précise. S'il rate le rendez-vous fixé, le félidé intergalactique est condamné à rester sur Terre... Grâce à son collier électronique qui lui confère des pouvoirs surnaturels, il réussit à communiquer avec un humain sympathique, le docteur Wilson, qui le rebaptise "Jake le chat" et veut bien lui venir en aide. Toutefois, l'armée américaine et d'étranges espions vont leur mettre des bâtons dans les roues...

Comédie familiale disneyenne avec un chat comme protagoniste principal. Donc, c'est mignon comme tout. Principalement à cause du chat qui est adorable avec son collier qui lui permet de faire à peu près tout (ouvrir une porte, monter les stores, figer les gens). Il peut aussi parler aux humains mais sans que sa bouche soit retouchée. Ben oui, les images de synthèses ça existait pas encore. Donc : télépathie!

Si le scénario est un rien délirant, le film est quand même sacrément pauvre même si l'idée de départ est sympathique. Etrange similitude de scénario avec le STARMAN de John Carpenter. L'ensemble de la distribution n'est pas vraiment top malgré la présence toujours appréciable de Roddy McDowall. L'ensemble est platement mis en scène, cela n'a absolument rien d'éclatant, sans parler des problèmes de rythme. On saluera tout de même le design du vaisseau spatial qui ressemble à une sorte de gros scarabée avec des yeux verdâtres!

Cela vaut néanmoins le coup d'oeil pour les fanas des félidés. Comme d'habitude, l'armée américaine est montrée sous son meilleur jour : crétine et incompétente à souhait. C'est rigolo, y'a Lalo Schifrin à la musique. Cela faisait bien longtemps que j'avais pas entendu une musique aussi transparente. Finalement, l'aura du film a bien meilleur réputation que le résultat final. Niveau divertissement avec un chat, vaut mieux s'en tenir au très cool L'ESPION AUX PATTES DE VELOURS!

samedi 20 février 2010

TOURIST TRAP

TOURIST TRAP de David Schmoeller (1979)

Découvrir ce film aujourd'hui ne lui garantit absolument pas une once d'originalité et tout ceci semble maintenant bien convenu. Mais, plus de 30 ans après sa sortie en salles, TOURIST TRAP vieillit plutôt bien. Bien entendu, ce n'est pas grâce à son scénario qui fait quand même penser aux centaines (aux milliers?) d'autres films d'horreurs incluants des adolescents ou jeunes adultes qui sortent des sentiers battus pour se retrouver face à face avec une famille de tarés. On pense bien entendu à nombre de films du genre, allant de HALLOWEEN à VENDREDI 13, en passant par MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, DETOUR MORTEL ou encore LA MAISON DE CIRE. Pourtant, ce TOURIST TRAP reste vraiment très honorable et digne d'être découvert, tout simplement parce qu'il atteint sans problème son but : faire peur. Non pas que le film soit une complète réussite mais il distille une ambiance suffisamment malsaine, appuyé par une superbe composition de Pino Donaggio pour avoir bien les boules à visionner cette petite bande plutôt efficace.


Les étranges mannequins "vivants" aux visages dérangeants suffisent à instaurer un malaise persistant, de même que le tueur, en apparence très accueillant, qui utilise ses pouvoirs télékinésiques pour assassiner ses victimes. A travers la bande de jeunes se faisant trucider, on reconnaîtra non sans déplaisir la toute en jambes Tanya Roberts et sa merveilleuse paire de shorts courts. De quoi flatter l'oeil du spectateur à mesure que l'ambiance bien macabre se met en place. Le film de David Schmoeller est un inquiétant petit film, certes pas très original mais plutôt bien amené et efficace malgré son côté forcément déjà vu. Il possède suffisamment d'atouts pour être chérit par les amateurs du genre!




DIL SE..

DIL SE.. de Mani Ratnam (1998)

Bollywood fait quand même des films incroyables. DIL SE.. se présente comme une histoire d'amour contrariée avec toute la dramaturgie requise qui fera fondre en larmes les spectateurs les plus sensibles aux destinées de ces personnages. Ce qui change la donne, c'est qu'ici le grand Shahrukh Khan, dans le rôle d'un journaliste de la radio "All India Radio", va tomber amoureux d'une énigmatique jeune femme qui se révélera être un membre d'un groupe terroriste préparant un attentat à Delhi...


L'amour peut-il changer le destin? Cette femme, habitée par sa mission, rêve-t'elle d'autres choses? Être attirée par une autre vie, par l'envie d'être une jeune femme amoureuse... Manisha Koirala personnifie très bien ces torments qui l'assaillent pour livrer une prestation tout en finesse qui renforce encore plus l'émotion qui se dégage de son rôle. Ses duos musicaux avec Shahrukh Khan sont simplement divins, en plus d'être plastiquement incroyables. Il n'y a pas énormément de passages musicaux dans DIL SE.. mais ceux-ci sont à chaque fois à marquer d'une pierre blanche, autant au niveau de la musique que des chorégraphies souvent hallucinantes. On retiendra spécialement le fabuleux "Chaiyya Chayyia", qui se déroule sur un train, véritable morceau d'anthologie dont on ne peut se passer une fois qu'on l'a entendu (Spike Lee en réutilisera d'ailleurs une version remixée pour le générique de son INSIDE MAN!). Et, bien entendu, l'inoubiable séquence finale, d'une force émotionnelle peu commune. Incontournable!

Au revoir...

Au revoir...
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