dimanche 19 décembre 2010

RENDEZ-VOUS AVEC LE DIABLE

RENDEZ-VOUS AVEC LE DIABLE (Mo Deng Tian Shi) de John Woo (1981)

Employé de théâtre à la ramasse amoureux de la belle Peggy, Kit rêve d’une carrière de chanteur populaire. Ressuscité après avoir péri dans un accident, le révérend Mah a pour mission de convertir Kit à la foi pendant que Pui, un disciple du diable, doit s’emparer de son âme. La bataille pour le contrôle de Kit commence…

Nouvelle collaboration entre John Woo et Ricky Hui pour une comédie un peu plus spéciale que d’habitude. Le réalisateur s’essaie ici au comique fantastique avec une espèce de revisitation du mythe de Faust un peu à la manière du long-métrage de Stanley Donen FANTASMES (Bedazzled) datant de 1967. Ici, RENDEZ-VOUS AVEC LE DIABLE est un film qui ose beaucoup de choses… Très coloré et avec des personnages bien frappadingues comme cette incarnation très cornu du Diable, qui ressemble davantage à une drag-queen vampirique qu’à un suppôt de Satan. Le second degré prédomine et s’autorise toutes les excentricités. On se compare à Clarke Gable, on s’arrache la tête qui valse dans les décors après avoir percuté une balle de baseball, on grille un cochon avec des rayons lasers… Des idées bien délirantes qui transforment son histoire en gros déluge d’effets spéciaux en tout genres.

Curieusement, pour une fois le personnage joué par Ricky Hui n’est de loin pas le plus insupportable du lot. Il se révèle même assez touchant dans son désir de vouloir courtiser sa belle coûte que coûte… En résulte différentes manières d’appréhender le futur, visions qu’offre le disciple moustachu qui sait se montrer très cynique à chaque souhait qu’on lui demande… Comme celui de vivre d’amour et d’eau fraîche qui prend une connotation très bizarre une fois qu’il réalise ce simple vœu.

Mais RENDEZ-VOUS AVEC LE DIABLE c’est aussi une histoire de confrontation entre le Ciel et l’Enfer, autrement dit entre le révérend Mah et Pui, le magicien du Mal qui se prend pour Clarke Gable. John Woo illustre d’ailleurs ce duel à la manière d’un jeu vidéo, époque Atari, et va même jusqu’à en reproduire les schémas visuels. Les effets prédominent donc à l’écran par une mise en scène sophistiquée qui fait la part belle aux images de plus en plus démentes sous des filtres de couleurs qui alternent entre le bleu nuit et le rouge vif. A défaut de kung-fu, les adversaires s’affronteront à grands coups de rayons lasers! Le réalisateur s’éclate donc un maximum et offre un divertissement très soigné et plutôt plaisant à suivre, à la fois rigolo et visuellement très léché. Probablement l’un des films de Woo les plus fous et l’une de ces comédies les plus appréciables. A savourer sans modération!

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