samedi 18 décembre 2010

LE MAÎTRE DE TAEKWONDO

LE MAÎTRE DE TAEKWONDO (Nu Zi Tai Quan Qun Ying Hui) de John Woo (1975)

Le jeune Fang décide de partir en Corée du Sud pour y apprendre de nouvelles techniques d'arts martiaux. A Séoul, il rencontre Sheng et Nan Kung, deux experts en Taekwondo. Nan Kung est la coqueluche de ses dames. A l'université, il fait sensation à chaque nouveau championnat. Mais son coeur bat pour Ming-hei, la fille de Sheng. Entre Fang et Nan Kung, une rivalité s'installe. Face aux menaces des frères Yuen qui mettent à sac toutes les écoles de Taekwondo, les deux rivaux décident d'unifier leurs forces pour les mettre hors état de nuire.

John Woo illustre ici le sujet de la rivalité entre différentes classes d’arts martiaux. Il ne s’agit pas de conflit entre chinois et japonais comme ce fut le cas pour « Le Petit Dragon » dans LA FUREUR DE VAINCRE (Jing Wu Men) de Lo Wei en 1972 mais plutôt d’essayer d’unifier différentes catégories de combattants. Du coup, LE MAÎTRE DE TAEKWONDO présente une brochette assez exceptionnelle d’artistes en tout genres, spécialement du côté des femmes car ici ce ne sont pas uniquement les mâles qui ont le monopole des scènes d‘action. Avec beaucoup de charme, la gente féminine assure aussi au niveau des nombreuses bastons qu’offre le long-métrage avec de superbes séquences de bagarres dans la boue ou encore après le bain où les demoiselles sont carrément dénudées! Le ton est directement donné dès le générique d’ouverture avec une superbe présentation qui rappelle avec bonheur les affrontements entre Reiko Ike et Miki Sugimoto dans différentes œuvres labellisées « Pinky Violence». Chez les hommes, le réalisateur regroupe aussi une belle galerie de comédiens, notamment James Tien et Han Jae Ji qui ont eu la chance de partager l’affiche aux côtés de Bruce Lee, que ce soit dans BIG BOSS (Tang Shan Da Xiong) de Lo Wei (1971) ou encore LE JEU DE LA MORT (Game Of Death) de Robert Clouse (1978). Mais le rôle principal est tenu par l’imposant Carter Wong qui livre une très belle performance et se révèle un très crédible artiste martial.

LE MAÎTRE DE TAEKWONDO ne possède pas un scénario qui permet à John Woo d’exposer ses thématiques les plus chères. Ici, il se consacre davantage à de l’action quasi non-stop qui est quelquefois entrecoupée par de petits instants sentimentaux où les interprètes roucoulent dans de jolis décors naturels. Mais tout ceci ne dure pas vraiment, même si on a droit à une brève sous-intrigue de rivalité amoureuse où nos deux interprètes principaux entament une bagarre pour les yeux d’une belle. Dans ce film, il y a des combats sur fond d’apprentissage, esquissant par là différentes techniques d’arts martiaux et ceux plus brutaux où l’on cherche carrément à faire creuser une tombe à son ennemi. Avec la mort à l’issu de ces affrontements, John Woo ne joue pas trop les esthètes adeptes des longs ralentis mais s’illustre plutôt bien dans la description des coups qui font mal et des nuques que l’on brise. Au cours de son intrigue plutôt légère, il assure le spectacle avec quantité de scènes d’action dont le meilleur à retenir reste un dernier acte assez mémorable avec un vilain moustachu suivi de près par une méchante jeune femme à l’ample chevelure et aux yeux durs avec son costume entièrement rose. Une manière de conclure sur de beaux moments d’arts martiaux et nous prouver que son réalisateur n’a pas besoin de gangsters et de flingues dans chaque main pour livrer un feu d’artifice d’action très efficace.

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